{"id":23314,"date":"2024-11-02T11:06:34","date_gmt":"2024-11-02T11:06:34","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=23314"},"modified":"2024-11-02T11:06:35","modified_gmt":"2024-11-02T11:06:35","slug":"les-heros-du-lequipe-fln-quand-le-football-se-fait-combat-pour-lindependance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=23314","title":{"rendered":"Les H\u00e9ros du l&rsquo;\u00e9quipe FLN: Quand le Football se Fait Combat pour l\u2019Ind\u00e9pendance"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par G. Salah Eddine<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Ils \u00e9taient les prodiges des stades, les figures de proue des clubs europ\u00e9ens. Leurs noms inspiraient le respect, leurs dribbles la fascination. Et pourtant, ces 32 joueurs alg\u00e9riens firent un choix d\u00e9chirant mais puissant le 13 avril 1958, celui d\u2019hisser le drapeau juste, celui de la libert\u00e9.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"900\" height=\"647\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/equipe-fln.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-23315\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/equipe-fln.jpg 900w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/equipe-fln-300x216.jpg 300w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/equipe-fln-768x552.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Abandonnant le confort des clubs prestigieux et l&rsquo;\u00e9clat des carri\u00e8res prometteuses, ils r\u00e9pondirent \u00e0 un appel br\u00fblant : celui de l\u2019Alg\u00e9rie en lutte pour son ind\u00e9pendance. Sous la conduite visionnaire de Mohamed Boumezrag, ils fond\u00e8rent l\u2019intr\u00e9pide et inoubliable \u00c9quipe du FLN. Cette \u00e9quipe de guerriers en crampons, devenus ambassadeurs de la cause alg\u00e9rienne, allait brandir l\u2019honneur et la dignit\u00e9 d\u2019un peuple sur les terrains du monde entier.Ces h\u00e9ros n\u2019\u00e9taient pas de simples joueurs : certains \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 promis aux plus grands honneurs. En 1958, alors que la guerre de lib\u00e9ration alg\u00e9rienne entre dans sa quatri\u00e8me ann\u00e9e, plusieurs d\u2019entre eux \u00e9taient \u00e0 la porte de la gloire mondiale, en lice pour repr\u00e9senter la France \u00e0 la Coupe du Monde, en Su\u00e8de. Mustapha Zitouni, Abdelaziz Bentifour, et Rachid Mekhloufi, alors \u00e2g\u00e9 de 22 ans et \u00e9toile montante de l\u2019AS Saint-\u00c9tienne, devaient r\u00e9aliser leur r\u00eave sur les plus grandes sc\u00e8nes du football international. Mais le r\u00eave, pour eux, prit une autre forme : un serment de loyaut\u00e9 envers leur terre d\u2019origine, un serment scell\u00e9 avec courage, d\u00e9termination, et un espoir ardent. Le dimanche 13 avril 1958, des milliers de spectateurs suivent la 30e journ\u00e9e de Division 1 en France. Mais, pour neuf joueurs alg\u00e9riens pr\u00e9sents sur le terrain, ce jour-l\u00e0, l\u2019enjeu est ailleurs : dans les heures qui suivent, ils quitteront la France dans le plus grand secret. Leur destination ? Tunis ! L\u00e0 o\u00f9 si\u00e8ge le Gouvernement provisoire de la R\u00e9publique alg\u00e9rienne (GPRA). L\u00e0, au c\u0153ur de l&rsquo;exil, ils rejoindront le FLN et feront de chaque passe, chaque but, un acte de d\u00e9fiance contre la domination coloniale.Rachid Mekhloufi, symbole de ce sacrifice, se souvient de ce moment d\u00e9cisif avec une intensit\u00e9 intacte : \u00ab Nous \u00e9tions des d\u00e9serteurs aux yeux de la France, mais des combattants aux yeux de l\u2019Alg\u00e9rie. Quand Bentifour est venu me voir pour me proposer de tout quitter, je n&rsquo;ai pas h\u00e9sit\u00e9 une seule seconde. Face \u00e0 la cause nationale, il n\u2019y avait qu\u2019un seul choix. \u00bb Le lendemain, la presse fran\u00e7aise r\u00e9agit comme frapp\u00e9e par un s\u00e9isme : L&rsquo;\u00c9quipe titre en gras, parlant des \u00ab neuf footballeurs alg\u00e9riens disparus \u00bb. Et, comme un coup de tonnerre, la France r\u00e9agit : elle condamne cet acte d\u2019insubordination, use de toute son influence pour que la FIFA interdise aux f\u00e9d\u00e9rations de rencontrer l\u2019\u00e9quipe du FLN. Mais rien n\u2019arr\u00eatera les rebelles en crampons : l\u2019\u00c9quipe du FLN part en tourn\u00e9e et, par ses triomphes, elle emporte l\u2019Alg\u00e9rie au-del\u00e0 des fronti\u00e8res, de l\u2019Europe \u00e0 l\u2019Afrique, en passant par l\u2019Asie.<br>Ces joueurs n\u2019\u00e9taient plus de simples sportifs ; ils \u00e9taient les messagers de l\u2019Alg\u00e9rie, les ambassadeurs d\u2019un pays dont l\u2019existence m\u00eame \u00e9tait ni\u00e9e. Au-del\u00e0 des terrains, ils frappaient l\u2019oppression d\u2019un autre but, celui de la libert\u00e9, et avec chaque victoire, ils \u00e9branlaient l\u2019injustice.<br>Ils avaient quitt\u00e9 les projecteurs du football fran\u00e7ais pour la lueur plus aust\u00e8re mais \u00e9clatante de la lutte nationale, et dans ce renoncement, ils trouv\u00e8rent une nouvelle forme d\u2019immortalit\u00e9. Leurs noms restent inscrits non seulement dans l\u2019histoire du football, mais dans celle de la lib\u00e9ration de l\u2019Alg\u00e9rie, h\u00e9ro\u00efques et inoubliables.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"900\" height=\"675\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/equipe-fln-3.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-23316\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/equipe-fln-3.jpg 900w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/equipe-fln-3-300x225.jpg 300w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/equipe-fln-3-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une \u00e9pop\u00e9e h\u00e9ro\u00efque<br><\/strong>Moins d\u2019un mois apr\u00e8s leur arriv\u00e9e \u00e0 Tunis, l\u2019\u00e9quipe de football du FLN se pr\u00e9pare \u00e0 participer \u00e0 son premier tournoi international, un rendez-vous symbolique face \u00e0 la Tunisie, le Maroc, et la Libye. Ce tournoi marque le d\u00e9but d\u2019un p\u00e9riple audacieux et inoubliable, une odyss\u00e9e o\u00f9 chaque match devient une nouvelle bataille dans la guerre pour la libert\u00e9 de l\u2019Alg\u00e9rie. Ces hommes, bannis par la FIFA, transcend\u00e8rent le jeu pour devenir les \u00e9missaires d\u2019une nation en qu\u00eate de reconnaissance.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"751\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Photo-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-23317\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Photo-2.jpg 751w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Photo-2-220x300.jpg 220w\" sizes=\"auto, (max-width: 751px) 100vw, 751px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">(De G\u00e0D) Les footballeurs alg\u00e9riens Mustapha Zitouni, Kadour Bekhloufi, Abdelaziz Ben Tifour, Abderramane Boubekeur et Amar Roua\u00ef posent \u00e0 Tunis, le 18 avril 1958. A l&rsquo;appel du FLN (Front de Lib\u00e9ration national), dans le contexte de la guerre de lib\u00e9ration alg\u00e9rienne, dix footballeurs alg\u00e9riens de l&rsquo;\u00e9quipe de France ont quitt\u00e9 clandestinement la France entre le 12 et 14 avril 1958 pour rejoindre l&rsquo;\u00e9quipe du Front de Lib\u00e9ration nationale. Certains de ces joueurs \u00e9taient pressentis pour faire partie de l&rsquo;\u00e9quipe nationale fran\u00e7aise appel\u00e9e \u00e0 participer \u00e0 la coupe du monde de 1958 en Su\u00e8de. (Photo by AFP)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Partout o\u00f9 ils allaient, ils \u00e9taient porteurs de l\u2019espoir de millions d\u2019Alg\u00e9riens, incarnant sur le terrain la lutte, la dignit\u00e9, et l\u2019ind\u00e9pendance de leur patrie. Chaque d\u00e9placement comportait des risques : plusieurs f\u00e9d\u00e9rations nationales de football, en accueillant cette \u00e9quipe interdite par les autorit\u00e9s fran\u00e7aises et par la FIFA, s\u2019exposaient \u00e0 de lourdes sanctions. Mais pour ces nations, affronter l\u2019\u00e9quipe du FLN \u00e9tait un acte de solidarit\u00e9, un appui au combat d\u2019un peuple fr\u00e8re. Ce soutien international contribuait \u00e0 amplifier le retentissement de l\u2019\u00e9quipe, \u00e0 marquer les esprits bien au-del\u00e0 des fronti\u00e8res alg\u00e9riennes. D\u00e8s le d\u00e9but, l\u2019\u00e9quipe mit tout en \u0153uvre pour ne pas appara\u00eetre comme des victimes, mais comme des ambassadeurs d\u2019un pays qui exigeait le respect. Comme l\u2019expliqua avec \u00e9motion Abdelhamid Zouba, l\u2019un des piliers de cette \u00e9quipe l\u00e9gendaire : \u00ab Il ne s\u2019agissait pas d\u2019appara\u00eetre comme des pauvres malheureux dont le monde aurait piti\u00e9. Il fallait au contraire imposer le respect, donner une image puissante et digne de l\u2019Alg\u00e9rie, m\u00eame au-del\u00e0 du terrain. \u00bb Cette vision audacieuse devint une r\u00e9alit\u00e9. Pendant quatre ann\u00e9es de combats sportifs, le \u00ab Onze de l\u2019ind\u00e9pendance \u00bb conquit les c\u0153urs et les esprits, encha\u00eenant les victoires \u00e9clatantes et les prestations h\u00e9ro\u00efques. En Afrique, en Europe, en Asie, l\u2019\u00e9quipe mena un v\u00e9ritable marathon d\u2019espoir, disputant pas moins de 83 matchs et remportant 57 victoires, pour seulement 12 d\u00e9faites. Chaque but marqu\u00e9 \u00e9tait une voix pour la libert\u00e9, chaque victoire r\u00e9sonnait comme une r\u00e9bellion face au colonialisme, chaque match livr\u00e9 d\u00e9fiait les tentatives d\u2019\u00e9crasement de l\u2019identit\u00e9 alg\u00e9rienne. Puis vint la cons\u00e9cration tant attendue de leur combat, le jour glorieux o\u00f9 l\u2019Alg\u00e9rie obtint son ind\u00e9pendance, le 5 juillet 1962. La mission du Onze de l\u2019ind\u00e9pendance touchait \u00e0 sa fin, mais les joueurs, forts de leur exp\u00e9rience, d\u00e9cid\u00e8rent de ne pas baisser les bras. La F\u00e9d\u00e9ration Fran\u00e7aise de Football finit par lever leurs suspensions le 29 juin 1962, offrant \u00e0 ces h\u00e9ros l\u2019option de retourner jouer en France. Cependant, beaucoup d\u2019entre eux choisirent de rester pour poser les premi\u00e8res pierres du football alg\u00e9rien et d\u2019en faire une fiert\u00e9 nationale. Ils s\u2019engag\u00e8rent dans l\u2019\u00e9dification du jeune championnat d\u2019Alg\u00e9rie, non seulement en tant que joueurs, mais aussi comme mentors et s\u00e9lectionneurs, formant ainsi les g\u00e9n\u00e9rations futures de footballeurs alg\u00e9riens. Pour eux, l\u2019aventure ne s\u2019arr\u00eata pas l\u00e0. Ils endoss\u00e8rent le r\u00f4le de leaders de la nouvelle nation, guidant avec la m\u00eame ardeur et le m\u00eame sens du devoir. Rachid Mekhloufi, Abdelhamid Zouba, Abdelhamid Kermali, entre autres, se consacr\u00e8rent corps et \u00e2me \u00e0 la cause sportive alg\u00e9rienne, devenant des figures tut\u00e9laires, charg\u00e9es de transmettre aux plus jeunes cet esprit indomptable. Mekhloufi, l\u2019un des h\u00e9ros de l\u2019ind\u00e9pendance, mena l\u2019\u00e9quipe alg\u00e9rienne vers sa premi\u00e8re m\u00e9daille d\u2019or aux Jeux M\u00e9diterran\u00e9ens de 1975 en battant la France en finale, un succ\u00e8s au symbolisme \u00e9clatant. Trois ans plus tard, en 1978, il guida l\u2019\u00e9quipe \u00e0 la victoire aux Jeux Africains, triomphant du Nigeria en finale.Quant \u00e0 Abdelhamid Kermali, il marqua de mani\u00e8re ind\u00e9l\u00e9bile l\u2019histoire du football alg\u00e9rien en menant l\u2019\u00e9quipe nationale \u00e0 la conqu\u00eate de sa premi\u00e8re Coupe d&rsquo;Afrique des Nations en 1990. Cette victoire \u00e9tait d&rsquo;autant plus \u00e9mouvante qu\u2019elle survint le 55e anniversaire de la cr\u00e9ation de l&rsquo;\u00e9quipe du FLN, en \u00e9cho poignant aux sacrifices et au courage de ses pionniers.<br>Aujourd\u2019hui, l\u2019h\u00e9ritage de l\u2019\u00e9quipe du FLN d\u00e9passe les fronti\u00e8res du sport. Elle est le symbole d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration enti\u00e8re qui a risqu\u00e9 sa vie pour une cause plus grande qu\u2019elle-m\u00eame, un t\u00e9moignage vivant de ce que l&rsquo;amour pour la patrie peut accomplir. Cette \u00e9quipe n\u2019\u00e9tait pas compos\u00e9e de simples joueurs de football ; elle \u00e9tait une incarnation de l\u2019Alg\u00e9rie insurg\u00e9e, un cri de libert\u00e9 qui a travers\u00e9 le monde. Chaque match, chaque but, chaque victoire reste grav\u00e9e dans la m\u00e9moire collective, et chaque joueur est aujourd\u2019hui honor\u00e9 comme un h\u00e9ros dont le d\u00e9vouement \u00e0 la nation continue d&rsquo;inspirer les g\u00e9n\u00e9rations actuelles et futures.<br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par G. Salah Eddine Ils \u00e9taient les prodiges des stades, les figures de proue des clubs europ\u00e9ens. Leurs noms inspiraient le respect, leurs dribbles la fascination. 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