{"id":36170,"date":"2025-04-06T21:24:47","date_gmt":"2025-04-06T21:24:47","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=36170"},"modified":"2025-04-06T21:24:48","modified_gmt":"2025-04-06T21:24:48","slug":"une-ressource-pillee-au-profit-des-colons","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=36170","title":{"rendered":"Une ressource pill\u00e9e au profit des colons"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.aps.dz\/media\/k2\/items\/cache\/6365d2fac6ed84c74b92157b3b474cf3_M.jpg\" alt=\"Epoque coloniale : le li\u00e8ge alg\u00e9rien, une ressource pill\u00e9e au profit des colons\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s les premi\u00e8res ann\u00e9es de la colonisation fran\u00e7aise en Alg\u00e9rie, le li\u00e8ge alg\u00e9rien est devenu un objet de convoitise, subissant pendant 132 ans la gestion maladroite de l&rsquo;administration coloniale et une surexploitation excessive.<br>Les 400 000 hectares de ch\u00eane-li\u00e8ge que la France coloniale a rapidement d\u00e9limit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9puisement des peuplements de cette ressource naturelle, en raison de l&rsquo;augmentation mondiale de la demande pour celle-ci \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque.<br>D&rsquo;apr\u00e8s une compilation de donn\u00e9es de l&rsquo;administration coloniale, fond\u00e9e sur des rapports et des \u00e9crits relatifs \u00e0 la sub\u00e9raie alg\u00e9rienne, la r\u00e9colte de li\u00e8ge a enregistr\u00e9 une augmentation constante, sans respecter le mode de rotation requis, ce qui a nui \u00e0 la sant\u00e9 des arbres.<br>\u00c0 cette \u00e9poque, la production alg\u00e9rienne constituait pr\u00e8s des deux tiers de celle de la France, qui, \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle et au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, fournissait plus d&rsquo;un quart de la production mondiale.<br>Ainsi, sous le pr\u00e9texte d&rsquo;une \u00ab\u00a0foresterie rationnelle\u00a0\u00bb, l&rsquo;administration coloniale a mis en \u0153uvre un plan de mainmise sur les for\u00eats, en particulier celles de ch\u00eane-li\u00e8ge, dont la rentabilit\u00e9 mondiale croissante \u00e9tait per\u00e7ue comme une opportunit\u00e9 lucrative.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L&rsquo;Exploitation du Li\u00e8ge Alg\u00e9rien<br><\/strong>Ce processus a \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9 de l&rsquo;instauration de modes de gestion et de lois qui ont peu \u00e0 peu limit\u00e9 l&rsquo;acc\u00e8s de ces espaces aux Alg\u00e9riens.<br>D\u00e8s 1840, un syst\u00e8me de concessions avec redevance a \u00e9t\u00e9 mis en place pour les for\u00eats de ch\u00eanes-li\u00e8ge, attribu\u00e9es principalement \u00e0 des concessionnaires priv\u00e9s fran\u00e7ais et europ\u00e9ens, pour une dur\u00e9e initiale de 16 ans, prolong\u00e9e ensuite \u00e0 40 ans, puis \u00e0 90 ans.<br>En 1847, les premi\u00e8res r\u00e9coltes de la sub\u00e9raie alg\u00e9rienne sous l&rsquo;occupation fran\u00e7aise ont atteint 447 quintaux de li\u00e8ge brut. L&rsquo;administration coloniale a, entre-temps, adopt\u00e9 des d\u00e9crets en 1867 et 1870, renfor\u00e7ant encore les avantages des concessionnaires forestiers en leur accordant la cession gratuite des sections de leurs concessions br\u00fbl\u00e9es depuis 1863. Par ailleurs, un tiers des sections non br\u00fbl\u00e9es leur a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 sans frais.<br>Apr\u00e8s 1865, le gouvernement imp\u00e9rial fran\u00e7ais de l&rsquo;\u00e9poque a consenti \u00e0 l&rsquo;ali\u00e9nation facultative des for\u00eats conc\u00e9d\u00e9es, permettant ainsi la cession de 165 000 hectares aux colons.<br>20 ans plus tard, parmi les 400 000 hectares de for\u00eats alg\u00e9riennes de ch\u00eane-li\u00e8ge, l&rsquo;\u00c9tat colonial en poss\u00e9dait 275 000 hectares. \u00c0 partir de 1891, un syst\u00e8me de r\u00e9gie directe a \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9 pour les for\u00eats domaniales, marquant le d\u00e9but de l&rsquo;exploitation de 100 000 hectares.<br>En 1904, l&rsquo;ensemble des for\u00eats domaniales exploitables, estim\u00e9es \u00e0 200 000 hectares, \u00e9taient en production.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Avidit\u00e9 coloniale et d\u00e9gradation du patrimoine li\u00e8ge<br><\/strong>La politique de \u00ab\u00a0foresterie rationnelle\u00a0\u00bb a permis, entre 1900 et 1915, d&rsquo;augmenter la surface productive de 200 000 \u00e0 250 000 hectares, avec un rendement moyen d&rsquo;environ 60 kg par hectare. \u00c0 cette \u00e9poque, le nombre total d&rsquo;arbres exploit\u00e9s d\u00e9passait les 27 millions. Faisant preuve d&rsquo;une avidit\u00e9 insatiable, l&rsquo;administration coloniale a intensifi\u00e9, apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale, l&rsquo;exploitation du li\u00e8ge afin de compenser les pertes dues \u00e0 l&rsquo;instabilit\u00e9 \u00e9conomique qui r\u00e9gnait en Europe, principal march\u00e9 du li\u00e8ge alg\u00e9rien.<br>Profitant pleinement de la conjoncture de l&rsquo;\u00e9poque, marqu\u00e9e par une forte augmentation des besoins en li\u00e8ge pour la fabrication de divers produits modernes, la production moyenne par arbre a ainsi augment\u00e9, passant de 5,5 kg \u00e0 10 kg.<br>Le rebut a atteint une augmentation record de 800% et le li\u00e8ge de premi\u00e8re qualit\u00e9 a atteint une production de pr\u00e8s de 70 000 q.<br>Entre 1931 et 1941, la production totale de li\u00e8ge sur l&rsquo;ensemble du territoire alg\u00e9rien d\u00e9passait 300 000 quintaux de li\u00e8ge de reproduction et jusqu&rsquo;\u00e0 100 000 quintaux de li\u00e8ge m\u00e2le. L&rsquo;ann\u00e9e 1937 avait, quant \u00e0 elle, \u00e9tabli un record in\u00e9gal\u00e9 avec une production de 553 919 quintaux de li\u00e8ge.<br>En 1930, apr\u00e8s cent ans de colonisation de l&rsquo;Alg\u00e9rie et d&rsquo;exploitation excessive du li\u00e8ge alg\u00e9rien, les administrateurs forestiers coloniaux constataient \u00ab\u00a0un \u00e9puisement des peuplements de ch\u00eane-li\u00e8ge\u00a0\u00bb, ce qui avait entra\u00een\u00e9 une diminution de la production, passant \u00e0 environ 225 000 quintaux entre 1930 et 1946.<br>Autour du li\u00e8ge alg\u00e9rien, l&rsquo;administration fran\u00e7aise avait favoris\u00e9 le d\u00e9veloppement d&rsquo;une industrie de transformation, et des usines furent ouvertes dans plusieurs r\u00e9gions, notamment \u00e0 Alger, B\u00e9jaia, Jijel et Collo (wilaya de Skikda). Le li\u00e8ge y \u00e9tait alors transform\u00e9 sous diverses formes : bouchons, planches bouillies, disques, flotteurs pour filets de p\u00eache, semelles en li\u00e8ge et granul\u00e9s.<br><strong>A. Ryad<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e8s les premi\u00e8res ann\u00e9es de la colonisation fran\u00e7aise en Alg\u00e9rie, le li\u00e8ge alg\u00e9rien est devenu un objet de convoitise, subissant pendant 132 ans la gestion maladroite de l&rsquo;administration coloniale et une surexploitation excessive.Les 400 000 hectares de ch\u00eane-li\u00e8ge que la France coloniale a rapidement d\u00e9limit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9puisement [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":36171,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[63],"tags":[2202],"class_list":["post-36170","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-economie","tag-chene-liege"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/36170","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=36170"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/36170\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":36172,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/36170\/revisions\/36172"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/36171"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=36170"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=36170"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=36170"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}