{"id":40525,"date":"2025-05-26T23:36:26","date_gmt":"2025-05-26T23:36:26","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=40525"},"modified":"2025-08-19T19:32:23","modified_gmt":"2025-08-19T19:32:23","slug":"paix-et-securite-dans-la-region-sahelienne-le-role-central-de-lalgerie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=40525","title":{"rendered":"Paix et s\u00e9curit\u00e9 dans la r\u00e9gion sah\u00e9lienne : Le r\u00f4le central de l\u2019Alg\u00e9rie"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"885\" height=\"500\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/anp-6.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-40528\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/anp-6.jpg 885w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/anp-6-300x169.jpg 300w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/anp-6-768x434.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 885px) 100vw, 885px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Lors de l\u2019\u00e9mission \u00abHadith Al-Djazair\u00bb, diffus\u00e9e dimanche soir sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision AL24 News, des experts ont analys\u00e9 en profondeur la situation du Sahel et les travaux du s\u00e9minaire national intitul\u00e9 \u00abLe Sahel africain\u00bb supervis\u00e9 dimanche par le g\u00e9n\u00e9ral d\u2019arm\u00e9e Said Changeriha, ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 aupr\u00e8s du ministre de la D\u00e9fense nationale, chef d\u2019\u00e9tat-major de l\u2019Arm\u00e9e nationale populaire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Par G.\u2008Salah Eddine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Alg\u00e9rie, fid\u00e8le \u00e0 sa doctrine diplomatique ax\u00e9e sur la stabilit\u00e9 r\u00e9gionale, continue de jouer un r\u00f4le central dans la pr\u00e9servation de la paix et de la s\u00e9curit\u00e9 dans la r\u00e9gion du Sahel, malgr\u00e9 les turbulences g\u00e9opolitiques et les tentatives de marginalisation de son influence. Cette d\u00e9termination a \u00e9t\u00e9 r\u00e9affirm\u00e9e lors du colloque national intitul\u00e9 \u00abLe Sahel africain : d\u00e9fis s\u00e9curitaires et de d\u00e9veloppement \u00e0 l\u2019aube des rivalit\u00e9s g\u00e9opolitiques dans la r\u00e9gion\u00bb, tenu sous l\u2019\u00e9gide du g\u00e9n\u00e9ral d\u2019arm\u00e9e Sa\u00efd Chanegriha, chef d&rsquo;\u00e9tat-major de l\u2019Arm\u00e9e nationale populaire.<br>Ce forum strat\u00e9gique, qui a r\u00e9uni des hauts responsables militaires, des diplomates et des experts, t\u00e9moigne de l\u2019approche globale adopt\u00e9e par Alger, laquelle repose sur une analyse lucide des menaces multiformes et les d\u00e9fis qui p\u00e8sent sur les \u00c9tats du Sahel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les d\u00e9fis du Sahel<br><\/strong>S\u2019exprimant sur AL24 News quelques heures apr\u00e8s ce s\u00e9minaire, le professeur Samir Bouaissa, enseignant en sciences politiques et relations internationales, a dress\u00e9 un tableau sans complaisance des difficult\u00e9s persistantes dans le Sahel, une r\u00e9gion hautement strat\u00e9gique.<br>\u00abJe pense que les d\u00e9fis majeurs auxquels font face ces pays ont \u00e9t\u00e9 largement \u00e9voqu\u00e9s \u00e0 de nombreuses reprises. Mais il n\u2019est pas inutile de les rappeler, car malheureusement, malgr\u00e9 les efforts fournis pour y faire face, la situation perdure\u00bb, a-t-il soulign\u00e9 d\u2019entr\u00e9e.<br>Parmi les p\u00e9rils les plus redoutables, le terrorisme continue de ronger les fondements des \u00c9tats sah\u00e9liens. L\u2019expert pr\u00e9cise :<br>\u00abLe premier fl\u00e9au auquel ces pays sont confront\u00e9s est bien la menace terroriste. N\u2019oublions pas que ce ph\u00e9nom\u00e8ne se propage de mani\u00e8re transversale. Le ministre alg\u00e9rien des Affaires \u00e9trang\u00e8res l\u2019a, d\u2019ailleurs, qualifi\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises de guerres men\u00e9es par des arm\u00e9es terroristes, tant la menace est profonde.\u00bb<br>Ce diagnostic rappelle l\u2019approche adopt\u00e9e par Alger, qui voit dans le terrorisme non seulement une menace militaire, mais aussi un facteur de destruction sociale et \u00e9conomique. Comme le souligne M. Bouaissa :<br>\u00abLe terrorisme entra\u00eene la destruction des infrastructures de base, s\u00e8me la terreur parmi les citoyens et instaure une culture de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Or, lorsqu\u2019un pays est priv\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9, toutes les autres dimensions \u2014 \u00e9ducation, sant\u00e9, d\u00e9veloppement \u2014 s\u2019effondrent.\u00bb<br>Le deuxi\u00e8me d\u00e9fi \u00e9voqu\u00e9 par l\u2019expert concerne l\u2019explosion de la criminalit\u00e9 organis\u00e9e. Le Sahel est devenu un carrefour pour les trafics en tous genres \u2014 drogues, armes, \u00eatres humains \u2014 qui alimentent les conflits et sapent les institutions locales.<br>\u00abIl s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un autre mal end\u00e9mique. Quand on parle de criminalit\u00e9 dans cette r\u00e9gion, on pense bien s\u00fbr aux trafiquants de drogue, mais aussi aux r\u00e9seaux de contrebande et \u00e0 ceux qui exploitent la pauvret\u00e9 pour faire de la traite humaine un business lucratif\u00bb, pr\u00e9cise l\u2019orateur.<br>Cette situation favorise la porosit\u00e9 des fronti\u00e8res et affaiblit davantage la souverainet\u00e9 des \u00c9tats, mettant en p\u00e9ril leurs capacit\u00e9s de gouvernance.<br>Face \u00e0 ce constat alarmant, l\u2019Alg\u00e9rie ne se contente pas d\u2019un r\u00f4le d\u2019observateur. Fid\u00e8le \u00e0 son approche fond\u00e9e sur la coop\u00e9ration et le respect de la souverainet\u00e9 des \u00c9tats, elle propose des m\u00e9canismes de dialogue s\u00e9curitaire, de formation et de d\u00e9veloppement solidaire.<br>Les initiatives alg\u00e9riennes, telles que la coordination s\u00e9curitaire via le Comit\u00e9 d\u2019\u00e9tat-major op\u00e9rationnel conjoint (Cemoc) ou encore les programmes de d\u00e9veloppement transfrontalier, visent \u00e0 renforcer la r\u00e9silience des pays voisins. Ce positionnement d\u00e9coule d\u2019une vision strat\u00e9gique claire : la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019Alg\u00e9rie est indissociable de celle du Sahel.<br>\u00abLa stabilit\u00e9 de la r\u00e9gion est une question de survie collective\u00bb, conclut M. Bouaissa. \u00abL\u2019Alg\u00e9rie a pleinement conscience de l\u2019ampleur des menaces et de la n\u00e9cessit\u00e9 de proposer des solutions durables qui ne se limitent pas \u00e0 la r\u00e9ponse militaire.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une approche alg\u00e9rienne tr\u00e8s \u00abacad\u00e9mique\u00bb<br><\/strong>S\u2019exprimant lors de la m\u00eame \u00e9mission, le professeur Anis Boukaider, sp\u00e9cialiste en sciences politiques et relations internationales, revient avec lucidit\u00e9 sur les fondements de cette dynamique. Pour lui, ce type de rencontre s\u2019inscrit dans une lecture \u00e0 la fois pragmatique et prospective du contexte r\u00e9gional :<br>\u00ab\u00a0Ce colloque national s&rsquo;inscrit dans une vision strat\u00e9gique et acad\u00e9mique du d\u00e9cideur alg\u00e9rien. On y observe un r\u00e9el rapprochement entre le d\u00e9cideur de terrain et les \u00e9lites intellectuelles et acad\u00e9miques, qui peuvent contribuer \u00e0 \u00e9clairer la prise de d\u00e9cision et l\u2019opinion publique sur les grands enjeux r\u00e9gionaux qui nous entourent.\u00a0\u00bb<br>Cette volont\u00e9 de connecter l\u2019analyse scientifique \u00e0 la gestion des crises r\u00e9gionales est une d\u00e9marche de plus en plus structurante dans la politique ext\u00e9rieure alg\u00e9rienne. Anis Boukaider insiste sur l\u2019importance du moment :<br>Dans le cadre du Sahel, l\u2019Alg\u00e9rie ne se contente plus d\u2019une posture d\u00e9fensive. Elle d\u00e9veloppe une v\u00e9ritable diplomatie proactive, conjuguant les leviers s\u00e9curitaires, \u00e9conomiques et institutionnels. Les d\u00e9fis sont multiples, comme le souligne encore le chercheur :<br>\u00ab\u00a0Nous sommes aujourd\u2019hui confront\u00e9s \u00e0 des d\u00e9fis multiples dans le Sahel africain. Le colloque l\u2019a bien r\u00e9sum\u00e9 : il y a d\u2019un c\u00f4t\u00e9 les d\u00e9fis s\u00e9curitaires, de l\u2019autre les d\u00e9fis du d\u00e9veloppement. Le fil conducteur qui relie ces deux dimensions, c\u2019est justement le r\u00f4le de l\u2019Alg\u00e9rie dans cette \u00e9quation.\u00a0\u00bb<br>L\u2019Alg\u00e9rie, fid\u00e8le \u00e0 sa doctrine de non-ing\u00e9rence mais \u00e9galement de solidarit\u00e9 active, continue de d\u00e9fendre une solution africaine aux crises africaines. Dans ce sens, elle renforce sa coop\u00e9ration bilat\u00e9rale avec les \u00c9tats du Sahel, tout en pr\u00f4nant un multilat\u00e9ralisme pragmatique, fond\u00e9 sur la coordination r\u00e9gionale et l\u2019autonomisation des institutions locales.<br>La pertinence de cette approche prend tout son sens dans un contexte o\u00f9 plusieurs puissances \u00e9trang\u00e8res rivalisent d\u2019influence dans la r\u00e9gion sah\u00e9lienne, souvent au d\u00e9triment des \u00e9quilibres internes. C\u2019est pourquoi, selon M. Boukaider, l\u2019Alg\u00e9rie reste une exception : \u00ab\u00a0L\u2019Alg\u00e9rie ne joue pas un r\u00f4le marginal. Au contraire, elle est un acteur pivot dans la s\u00e9curisation de la r\u00e9gion, et sa lecture des dynamiques r\u00e9gionales repose sur une exp\u00e9rience historique, une expertise militaire, et une l\u00e9gitimit\u00e9 diplomatique reconnue.\u00a0\u00bb<br>Le message est clair : le Sahel est d\u00e9sormais au c\u0153ur de la doctrine s\u00e9curitaire \u00e9largie de l\u2019Alg\u00e9rie. Il s\u2019agit non seulement de contrer les menaces transnationales \u2013 terrorisme, crime organis\u00e9, trafics illicites \u2013, mais aussi de stimuler une coop\u00e9ration r\u00e9gionale orient\u00e9e vers un d\u00e9veloppement inclusif et durable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le recul de l\u2019influence fran\u00e7aise au Sahel un point positif ?<br><\/strong>Dans la suite de l\u2019\u00e9mission, une question tr\u00e8s pertinente a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9 \u00e0 l\u2019expert en g\u00e9opolitique, M. Anis Boukaider. En effet, alors que les rapports de force \u00e9voluent rapidement au Sahel, le retrait progressif de la France \u2013 acteur longtemps dominant dans la r\u00e9gion \u2013 redessine profond\u00e9ment les \u00e9quilibres s\u00e9curitaires et diplomatiques. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, qui s\u2019est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 au fil des crises politiques internes et des critiques croissantes envers la politique fran\u00e7aise en Afrique, suscite des r\u00e9actions partag\u00e9es.<br>Pour le professeur Anis Boukaider, cette \u00e9volution s\u2019inscrit dans une lecture \u00e0 deux volets, \u00e0 la fois positive et n\u00e9gative.<br>\u00ab\u00a0En v\u00e9rit\u00e9, le recul de l\u2019influence fran\u00e7aise peut \u00eatre lu sous deux angles : un angle positif et un angle n\u00e9gatif.\u00a0\u00bb<br>Du point de vue historique, nombre d\u2019\u00c9tats sah\u00e9liens gardent en m\u00e9moire les stigmates d\u2019une domination coloniale prolong\u00e9e. L\u2019expert rappelle que<br>\u00abla nature de la relation entre la France, en tant qu\u2019ancienne puissance coloniale, et les pays de la r\u00e9gion a longtemps \u00e9t\u00e9 bas\u00e9e sur l\u2019exploitation.\u00bb<br>Ce retrait est donc per\u00e7u par certaines capitales africaines comme une opportunit\u00e9 de red\u00e9finir leur souverainet\u00e9. C\u2019est d\u2019autant plus vrai, que la pr\u00e9sence militaire fran\u00e7aise \u00e9tait souvent per\u00e7ue comme une forme de n\u00e9o-colonialisme, jug\u00e9e inefficace \u00e0 enrayer durablement l\u2019ins\u00e9curit\u00e9.<br>Selon le chercheur, \u00ables s\u00e9quelles de la pr\u00e9sence militaire fran\u00e7aise ont \u00e9t\u00e9 bien connues de tous les pays de la r\u00e9gion\u00bb, faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des op\u00e9rations militaires controvers\u00e9es qui ont parfois aggrav\u00e9 les tensions locales.<br>\u00abLe retrait de la France a laiss\u00e9 de tr\u00e8s nombreux vides s\u00e9curitaires. Ce n\u2019est pas parce que la France jouait un r\u00f4le militaire positif, mais plut\u00f4t parce que son d\u00e9part n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9 d\u2019un relais organis\u00e9.\u00bb<br>Ce vide a donc ouvert la voie \u00e0 une nouvelle dynamique d\u2019influence, o\u00f9 d\u2019autres puissances \u2014 r\u00e9gionales ou extra-continentales \u2014 tentent de s\u2019implanter ou de renforcer leur pr\u00e9sence, parfois avec des agendas ambigus.<br>Dans ce contexte instable, l\u2019Alg\u00e9rie se positionne comme un acteur pivot. Elle refuse de consid\u00e9rer le retrait fran\u00e7ais comme une fin en soi et s\u2019efforce de proposer une alternative fond\u00e9e sur la coop\u00e9ration r\u00e9gionale, le respect de la souverainet\u00e9 des \u00c9tats et la lutte contre les causes profondes de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9.<br>L\u2019analyse du professeur Boukaider entre donc en r\u00e9sonance avec la vision d\u00e9fendue par Alger, qui insiste sur une approche endog\u00e8ne des crises africaines : dialogue politique, d\u00e9veloppement durable, et coordination s\u00e9curitaire \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale, sans d\u00e9pendance excessive \u00e0 des acteurs ext\u00e9rieurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Quand les coups d\u2019\u00c9tat compromettent l\u2019avenir du Sahel<br><\/strong>La r\u00e9gion sah\u00e9lienne traverse une phase critique marqu\u00e9e par une recrudescence des coups d\u2019\u00c9tat militaires. Du Mali au Niger, en passant par le Burkina Faso, ces ruptures de l\u2019ordre constitutionnel plongent les pays concern\u00e9s dans une instabilit\u00e9 profonde, affaiblissant davantage des structures \u00e9tatiques d\u00e9j\u00e0 fragiles. Si les d\u00e9fis s\u00e9curitaires et \u00e9conomiques sont bien connus, le ph\u00e9nom\u00e8ne des putschs ajoute une couche d&rsquo;incertitude qui menace aussi bien la gouvernance que les perspectives de d\u00e9veloppement.<br>Samir Boua\u00efssa, professeur en sciences politiques et relations internationales, observe avec inqui\u00e9tude l&rsquo;effet r\u00e9current de ces basculements autoritaires :<br>\u00ab\u00a0Le plus grand ennemi d\u2019un \u00c9tat, c\u2019est l\u2019absence de stabilit\u00e9. Or, chaque fois qu\u2019un pays entre dans une spirale d\u2019instabilit\u00e9 politique, il compromet ses propres fondations institutionnelles, \u00e9conomiques et sociales.\u00a0\u00bb<br>Selon lui, les coups d\u2019\u00c9tat ne sont pas de simples accidents de parcours, mais des sympt\u00f4mes profonds d\u2019un mal enracin\u00e9 dans les faiblesses des institutions, la corruption persistante et l\u2019\u00e9rosion du contrat social.<br>Si, \u00e0 chaque putsch, les militaires justifient leur action par des slogans porteurs \u2013 redressement du pays, lutte contre la corruption, retour \u00e0 la souverainet\u00e9 nationale \u2013 la r\u00e9alit\u00e9 est souvent bien diff\u00e9rente.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0Chaque prise de pouvoir par la force commence par des promesses de rupture, mais finit presque toujours par la reproduction des m\u00eames logiques d\u2019exclusion, de client\u00e9lisme, voire de r\u00e9pression,\u00a0\u00bb souligne Boua\u00efssa.<br>Et lorsque ces r\u00e9gimes finissent par organiser une transition, celle-ci se heurte fr\u00e9quemment \u00e0 une absence de consensus national, \u00e0 des rivalit\u00e9s internes ou \u00e0 un contexte r\u00e9gional explosif. L\u2019une des cons\u00e9quences les plus pr\u00e9occupantes de cette instabilit\u00e9 reste l\u2019impact direct sur les infrastructures de base : \u00e9coles, h\u00f4pitaux, r\u00e9seaux d\u2019eau et d\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Ces structures essentielles se retrouvent souvent \u00e0 l\u2019abandon ou deviennent les cibles collat\u00e9rales de conflits internes. \u00ab\u00a0L\u2019instabilit\u00e9 chronique provoqu\u00e9e par les coups d\u2019\u00c9tat d\u00e9sorganise les services publics, freine les investissements et plonge les populations dans une pr\u00e9carit\u00e9 croissante,\u00a0\u00bb explique-t-il.<br>En outre, le climat d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par l\u2019affaiblissement des \u00c9tats profite aux groupes arm\u00e9s terroristes et aux r\u00e9seaux criminels transnationaux. Ces derniers exploitent les vides s\u00e9curitaires pour renforcer leur pr\u00e9sence, notamment dans les zones frontali\u00e8res peu contr\u00f4l\u00e9es.<br>\u00ab\u00a0Moins l\u2019\u00c9tat est fort, plus les acteurs violents gagnent du terrain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une ar\u00e8ne de confrontation<br><\/strong>La r\u00e9gion sah\u00e9lienne ne se contente plus d\u2019\u00eatre un simple foyer de tensions localis\u00e9es. Elle est devenue, au fil des ann\u00e9es, une sc\u00e8ne g\u00e9opolitique complexe, travers\u00e9e par une pluralit\u00e9 d\u2019int\u00e9r\u00eats, de rivalit\u00e9s et de visions du monde. Aujourd\u2019hui, plus que jamais, elle s\u2019affirme comme un v\u00e9ritable th\u00e9\u00e2tre de confrontation entre puissances r\u00e9gionales et internationales, entre projets porteurs de stabilit\u00e9 et ambitions pr\u00e9datrices. Pour le professeur Samir Boua\u00efssa, sp\u00e9cialiste en sciences politiques et relations internationales, la nature du conflit qui se joue au Sahel est d\u2019une lisibilit\u00e9 saisissante : \u00abIl s\u2019agit fondamentalement d\u2019un affrontement entre les forces du bien et celles du mal.\u00bb<br>Une dichotomie assum\u00e9e, dans laquelle l\u2019Alg\u00e9rie, selon lui, s\u2019inscrit clairement du c\u00f4t\u00e9 des acteurs porteurs de paix.<br>Il a rappel\u00e9 que cette position alg\u00e9rienne ne rel\u00e8ve pas du discours abstrait, mais d\u2019une d\u00e9marche strat\u00e9gique coh\u00e9rente et constante, fond\u00e9e sur des principes non n\u00e9gociables : \u00abL\u2019approche de l\u2019Alg\u00e9rie repose sur le respect mutuel, la non-ing\u00e9rence dans les affaires int\u00e9rieures et la souverainet\u00e9 pleine des \u00c9tats de la r\u00e9gion.\u00bb<br>Ce positionnement \u00e9thique se traduit concr\u00e8tement par un engagement multidimensionnel : militaire, diplomatique, mais aussi d\u00e9veloppemental. \u00abL\u2019Alg\u00e9rie ne vend pas des armes, elle partage une exp\u00e9rience. Elle propose la stabilit\u00e9, la s\u00e9curit\u00e9, la coop\u00e9ration en mati\u00e8re de renseignement et une v\u00e9ritable vision pour le d\u00e9veloppement.\u00bb<br>L\u2019expert a rappell\u00e9 que cette dynamique s\u2019incarne aussi dans de grands projets structurants, \u00e0 l\u2019instar du gazoduc transsaharien reliant le Nigeria, le Niger et l\u2019Alg\u00e9rie, ou encore le corridor routier strat\u00e9gique appel\u00e9 \u00e0 relier le c\u0153ur du Sahel \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e, catalysant ainsi les flux \u00e9conomiques et les \u00e9changes humains.<br>Dans ce contexte, l\u2019Alg\u00e9rie se positionne non pas comme une puissance intrusive ou h\u00e9g\u00e9monique, mais comme un m\u00e9diateur r\u00e9gional l\u00e9gitime, fort de son exp\u00e9rience historique et de sa cr\u00e9dibilit\u00e9 diplomatique. Pour Samir Boua\u00efssa, cette approche contraste vivement avec certaines logiques d\u2019ing\u00e9rence ou de domination qui ont marqu\u00e9 l\u2019histoire r\u00e9cente de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019Alg\u00e9rie, pilier de stabilit\u00e9<br><\/strong>Dans ces temps de crise au Sahel, l\u2019Alg\u00e9rie r\u00e9affirme avec clart\u00e9 et constance sa vocation de puissance d\u2019\u00e9quilibre et de paix. Le s\u00e9minaire national consacr\u00e9 au Sahel, organis\u00e9 sous l\u2019\u00e9gide du g\u00e9n\u00e9ral d\u2019arm\u00e9e Sa\u00efd Chanegriha, a mis en lumi\u00e8re une approche strat\u00e9gique fond\u00e9e sur l\u2019anticipation, la coop\u00e9ration et le refus de toute ing\u00e9rence.<br>Dans la fin de son intervention, le politologue, Samir Bouaissa a soulign\u00e9 l\u2019importance de ces forums nationaux, comme des espaces de r\u00e9flexion collective o\u00f9 se rencontrent d\u00e9cideurs, strat\u00e8ges et intellectuels afin d\u2019affiner une r\u00e9ponse nationale aux enjeux g\u00e9opolitiques<br>En effet, \u00e0 travers une lecture lucide des d\u00e9fis s\u00e9curitaires et des imp\u00e9ratifs de d\u00e9veloppement, l\u2019Alg\u00e9rie d\u00e9montre qu\u2019elle reste fid\u00e8le \u00e0 sa doctrine diplomatique.<br>Note pays assume pleinement sa responsabilit\u00e9 r\u00e9gionale, non comme une posture, mais comme une exigence politique, historique et morale. Plus que jamais, la stabilit\u00e9 du Sahel passe par une vision partag\u00e9e, inclusive et port\u00e9e par les \u00c9tats de la r\u00e9gion. Une vision que l\u2019Alg\u00e9rie s\u2019emploie, avec constance et d\u00e9termination, \u00e0 d\u00e9fendre sur la sc\u00e8ne continentale et internationale. <br><strong>G. Salah Eddine<br><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors de l\u2019\u00e9mission \u00abHadith Al-Djazair\u00bb, diffus\u00e9e dimanche soir sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision AL24 News, des experts ont analys\u00e9 en profondeur la situation du Sahel et les travaux du s\u00e9minaire national intitul\u00e9 \u00abLe Sahel africain\u00bb supervis\u00e9 dimanche par le g\u00e9n\u00e9ral d\u2019arm\u00e9e Said Changeriha, ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 aupr\u00e8s du ministre de la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":40528,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[36],"tags":[810,267],"class_list":["post-40525","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","tag-general-darmee-said-chanegriha","tag-sahel"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/40525","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=40525"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/40525\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":40529,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/40525\/revisions\/40529"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/40528"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=40525"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=40525"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=40525"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}