{"id":41940,"date":"2025-06-16T03:05:07","date_gmt":"2025-06-16T03:05:07","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=41940"},"modified":"2025-08-19T19:43:10","modified_gmt":"2025-08-19T19:43:10","slug":"ali-maachi-la-voix-de-lalgerie-libre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=41940","title":{"rendered":"Ali Ma\u00e2chi, la voix de l&rsquo;Alg\u00e9rie libre"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"745\" height=\"470\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/maachi.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-41941\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/maachi.jpg 745w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/maachi-300x189.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 745px) 100vw, 745px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 8 juin 1958 s\u2019\u00e9teignait dans la douleur et la dignit\u00e9 l\u2019un des plus grands symboles de la chanson patriotique alg\u00e9rienne : Ali Ma\u00e2chi. Soixante-sept ans plus tard, sa voix r\u00e9sonne encore dans les m\u00e9moires comme celle d\u2019un artiste-martyr, d\u2019un chantre de la libert\u00e9, tomb\u00e9 pour que l\u2019Alg\u00e9rie se rel\u00e8ve. \u00c0 travers son art, il aura incarn\u00e9 l\u2019\u00e2me r\u00e9volutionnaire d\u2019un peuple opprim\u00e9, tout en portant avec courage l&rsquo;\u00e9tendard d&rsquo;une culture que le colonialisme voulait effacer. N\u00e9 le 12 ao\u00fbt 1927 \u00e0 Tiaret dans une famille modeste, Ali Ma\u00e2chi a tr\u00e8s t\u00f4t go\u00fbt\u00e9 \u00e0 la rudesse de la vie sous domination coloniale. Contraint d\u2019interrompre ses \u00e9tudes pour soutenir son p\u00e8re dans les travaux agricoles, il grandit au rythme des humiliations inflig\u00e9es \u00e0 ses compatriotes par l\u2019administration coloniale et l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Ces injustices quotidiennes forgeront en lui une conscience politique aigu\u00eb et l\u2019\u00e9lan irr\u00e9pressible d\u2019un engagement artistique au service de la cause nationale. \u00c0 un peu plus de 20 ans, il est envoy\u00e9 pour accomplir son service militaire \u00e0 Bizerte, en Tunisie, dans une base fran\u00e7aise. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il acquiert une formation technique qui, une fois de retour en Alg\u00e9rie, lui ouvre les portes de la Radio nationale, en tant que technicien. Ce nouvel environnement l\u2019immerge dans le monde artistique et lui offre les moyens d\u2019exprimer pleinement son talent musical. En 1953, \u00e0 seulement 26 ans, il fonde \u00e0 Tiaret son premier orchestre baptis\u00e9 Safir Ettarab \u2013 L\u2019ambassadeur de la chanson. Ce groupe, compos\u00e9 de musiciens anim\u00e9s par le m\u00eame id\u00e9al, se distingue par un style b\u00e9doui modernis\u00e9, enracin\u00e9 dans le patrimoine musical alg\u00e9rien. Leur particularit\u00e9 ? Chanter exclusivement les textes de Ma\u00e2chi, porteurs de r\u00eaves d\u2019ind\u00e9pendance, de dignit\u00e9 retrouv\u00e9e, et de r\u00e9sistance culturelle. Les membres de l\u2019orchestre, habill\u00e9s aux couleurs de l\u2019embl\u00e8me national, affirmaient, par leur simple pr\u00e9sence sur sc\u00e8ne, une volont\u00e9 in\u00e9branlable de lutter contre l\u2019effacement identitaire impos\u00e9 par la colonisation. Leur musique devenait un acte militant, un cri d\u2019amour pour l\u2019Alg\u00e9rie. Parmi les \u0153uvres phares d\u2019Ali Ma\u00e2chi, Angham El Djazair (Les m\u00e9lodies de l\u2019Alg\u00e9rie), enregistr\u00e9e en 1956, s\u2019impose comme un chef-d\u2019\u0153uvre intemporel. Par sa richesse lyrique et rythmique, elle puise dans les grandes traditions musicales du pays pour affirmer une identit\u00e9 plurielle et indomptable. Plus qu\u2019une chanson, elle devient un hymne \u00e0 la r\u00e9sistance, un rempart contre les tentatives de d\u00e9culturation et de d\u00e9personnalisation impos\u00e9es par le r\u00e9gime colonial. Mais Ali Ma\u00e2chi n\u2019\u00e9tait pas qu\u2019un artiste. Il \u00e9tait un militant, un r\u00e9sistant de l\u2019ombre. Au d\u00e9clenchement de la guerre de Lib\u00e9ration nationale, lui et les membres de Safir Ettarab prennent le chemin du maquis. Certains en paieront le prix fort : Mokhtar Okacha et Larbi Hachemi Oueld El-Garde tombent les armes \u00e0 la main ; le violoniste Mostefa Belarbi est emprisonn\u00e9 et tortur\u00e9 en 1957 ; Zekri Moulay, Mekki Benaouda, et Abdeslem Mustapha rejoignent, eux aussi, les rangs de la lutte arm\u00e9e. Le 8 juin 1958, Ali Ma\u00e2chi est captur\u00e9 par l\u2019arm\u00e9e coloniale fran\u00e7aise, en m\u00eame temps que deux de ses compagnons, dont Mohamed Djahlane. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 atrocement tortur\u00e9s, ils sont ex\u00e9cut\u00e9s sans proc\u00e8s. Dans un ultime geste d\u2019ignominie, leurs corps sont exhib\u00e9s publiquement sur la place centrale de Tiaret, en guise d\u2019intimidation. Loin de faire plier les consciences, ce crime barbare renforcera encore davantage l\u2019aspiration du peuple alg\u00e9rien \u00e0 la libert\u00e9. Depuis 1997, l\u2019Alg\u00e9rie rend hommage \u00e0 cette figure embl\u00e9matique, en c\u00e9l\u00e9brant chaque 8 juin la Journ\u00e9e nationale de l\u2019artiste. En 2006, le prix Ali-Ma\u00e2chi du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique est institu\u00e9 pour r\u00e9compenser les jeunes cr\u00e9ateurs de toutes les disciplines artistiques, perp\u00e9tuant ainsi la m\u00e9moire d\u2019un homme qui fit de sa voix une arme et de sa musique un drapeau. Ali Ma\u00e2chi n\u2019aura pas eu le temps de voir l\u2019Alg\u00e9rie libre, mais il en a chant\u00e9 l\u2019espoir avec tant de force, de passion et de sinc\u00e9rit\u00e9, que son nom est d\u00e9sormais inscrit dans l\u2019histoire non seulement comme un po\u00e8te et un chanteur, mais comme un combattant de la libert\u00e9. <br><strong>G. S. E.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 8 juin 1958 s\u2019\u00e9teignait dans la douleur et la dignit\u00e9 l\u2019un des plus grands symboles de la chanson patriotique alg\u00e9rienne : Ali Ma\u00e2chi. Soixante-sept ans plus tard, sa voix r\u00e9sonne encore dans les m\u00e9moires comme celle d\u2019un artiste-martyr, d\u2019un chantre de la libert\u00e9, tomb\u00e9 pour que l\u2019Alg\u00e9rie se rel\u00e8ve. 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