{"id":47247,"date":"2025-08-09T21:54:57","date_gmt":"2025-08-09T21:54:57","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=47247"},"modified":"2025-08-19T19:54:59","modified_gmt":"2025-08-19T19:54:59","slug":"algerie-france-fin-definitive-de-laccord-de-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=47247","title":{"rendered":"Alg\u00e9rie \u2013 France : Fin d\u00e9finitive de l\u2019accord de 2013"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"758\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/france2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-47248\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/france2.jpg 1024w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/france2-300x222.jpg 300w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/france2-768x569.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Lors de l\u2019\u00e9mission \u00abL\u2019\u00e9chiquier international\u00bb, diffus\u00e9e jeudi dernier sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision AL24 News, deux experts de renom se sont pench\u00e9s sur les r\u00e9percussions diplomatiques et politiques de la r\u00e9cente lettre adress\u00e9e par le pr\u00e9sident fran\u00e7ais Emmanuel Macron \u00e0 son Premier ministre, une missive dont le contenu et la tonalit\u00e9 visent directement l\u2019Alg\u00e9rie. Cette intervention t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e a offert un \u00e9clairage in\u00e9dit sur la port\u00e9e r\u00e9elle de ce message pr\u00e9sidentiel et sur ses cons\u00e9quences potentielles dans un contexte o\u00f9 les relations entre Alger et Paris connaissent d\u00e9j\u00e0 de fortes tensions.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les relations entre Paris et Alger connaissent depuis plusieurs mois une d\u00e9gradation progressive, rythm\u00e9e par des \u00e9changes de plus en plus tranchants entre responsables politiques, pol\u00e9miques relay\u00e9es par la droite fran\u00e7aise et interventions \u00e0 peine voil\u00e9es de l\u2019extr\u00eame droite. Mais la publication dans \u201cLe Figaro\u201d d\u2019une lettre adress\u00e9e par Emmanuel Macron \u00e0 son Premier ministre Fran\u00e7ois Bayrou marque un nouveau palier dans cette escalade diplomatique. Pour la premi\u00e8re fois, le Pr\u00e9sident fran\u00e7ais, habituellement plus mesur\u00e9 dans ce dossier, adopte un ton frontal et accusateur envers Alger.<br>L\u2019Alg\u00e9rie, fid\u00e8le \u00e0 sa doctrine de r\u00e9ponse imm\u00e9diate, a r\u00e9agi dans la foul\u00e9e, d\u00e9non\u00e7ant les amalgames et rappelant fermement sa souverainet\u00e9. Cette confrontation \u00e9pistolaire soul\u00e8ve une question centrale : assiste-t-on \u00e0 un point de non-retour ou \u00e0 une man\u0153uvre politique de circonstance ?<br>Intervenant en premier dans l\u2019\u00e9mission, Gamal Abina, journaliste sp\u00e9cialiste de la question internationale, a expliqu\u00e9 qu\u2019il est illusoire de voir dans cette lettre un simple coup de sang. \u00abOn a l\u2019impression que M. Macron a lu \u201cThe Art of the Deal de Trump\u201d et qu\u2019il maximalise sa position pour n\u00e9gocier dans des conditions un peu meilleures\u00bb, analyse-t-il. Loin d\u2019\u00eatre un geste isol\u00e9, cette prise de position s\u2019inscrirait dans une s\u00e9rie de d\u00e9clarations controvers\u00e9es du chef de l\u2019\u00c9tat, depuis les propos sur la \u00abrente m\u00e9morielle\u00bb de l\u2019Alg\u00e9rie jusqu\u2019\u00e0 l\u2019affaire Boualem Sansal.<br>Abina replace cette sortie dans le contexte politique int\u00e9rieur fran\u00e7ais : \u00abMacron est pris en otage [\u2026] avec une droite extr\u00eame dans son gouvernement. Il est en cohabitation [\u2026] et il a besoin d\u2019amadouer l\u2019extr\u00eame droite pour qu\u2019elle ne fasse pas de motion de censure. Donc, il joue un peu sur des \u0153ufs.\u00bb Ce m\u00e9lange de fermet\u00e9 rh\u00e9torique et de prudence calcul\u00e9e, selon lui, illustre la complexit\u00e9 d\u2019un pr\u00e9sident cherchant \u00e0 satisfaire un \u00e9lectorat sensible aux discours muscl\u00e9s sur l\u2019Alg\u00e9rie tout en pr\u00e9servant un minimum de canal diplomatique : \u00abC\u2019est \u00e0 la fois des positions violentes [\u2026] et en m\u00eame temps une fa\u00e7on de dire qu\u2019il ne faut pas couper le cordon.\u00bb<br>Mais pour le journaliste, une certitude se d\u00e9gage : la France ressort affaiblie de cette s\u00e9quence. \u00abPolitiquement, elle va pas bien. \u00c9conomiquement, on n\u2019en parle m\u00eame pas. Sur le plan international, elle n\u2019est plus du tout prise au s\u00e9rieux. [\u2026] La politique bilat\u00e9rale entre l\u2019Alg\u00e9rie et la France se d\u00e9grade \u00e0 cause de \u00e7a.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La diplomatie fran\u00e7aise dans l\u2019impasse<br><\/strong>Du c\u00f4t\u00e9 associatif, Nasser Khabat, pr\u00e9sident du Mouvement dynamique des Alg\u00e9riens de France (MOUDAF), voit dans cette lettre non pas un d\u00e9rapage mais l\u2019aboutissement d\u2019une orientation d\u00e9j\u00e0 act\u00e9e. \u00abC\u2019est la confirmation d\u2019un \u00e9tat de fait, d\u2019une politique qui tend depuis plusieurs mois \u00e0 restreindre la souverainet\u00e9 absolue de l\u2019Alg\u00e9rie\u00bb, tranche-t-il. Selon lui, cette posture s\u2019inscrit dans une ligne trac\u00e9e depuis des mois par le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, G\u00e9rald Darmanin, et prolong\u00e9e par Bruno Retailleau : \u00abIl n\u2019y a pas de diplomatie. [\u2026] Cette France aujourd\u2019hui, qui est dans une impasse \u00e9conomique et politique, s\u2019aventure dans des directions sans issue avec l\u2019Alg\u00e9rie.\u00bb<br>Khabat insiste lors de la m\u00eame intervention dans l\u2019\u00e9mission, sur l\u2019impact pour la diaspora : \u00ab Nous ne serons jamais les otages d\u2019une politique suicidaire mais [\u2026] nous ne pouvons pas rester passifs face \u00e0 une politique qui commence \u00e0 exasp\u00e9rer les Alg\u00e9riens de la diaspora. \u00bb Il rappelle que les Franco-Alg\u00e9riens, citoyens \u00e0 part enti\u00e8re, participent \u00e0 la vie \u00e9conomique et sociale fran\u00e7aise et que leurs attentes vont \u00e0 l\u2019encontre de cette escalade : \u00abNous voulons une relation apais\u00e9e, de construction, avec des int\u00e9r\u00eats partag\u00e9s et non un pays condescendant avec des relents de n\u00e9o-colonialisme.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les provocations sont fran\u00e7aises<br><\/strong>Pour Gamal Abina, la situation actuelle n\u2019est pas n\u00e9e d\u2019Alger, mais bien de Paris. \u00abLa France essaie de faire porter l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la responsabilit\u00e9 des probl\u00e8mes avec l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie elle-m\u00eame, alors qu\u2019on sait tr\u00e8s bien que depuis le d\u00e9but, c\u2019est toujours l\u2019Alg\u00e9rie qui n\u2019a fait que r\u00e9agir en appliquant le principe de r\u00e9ciprocit\u00e9.\u00bb<br>Selon lui, le discours politique fran\u00e7ais, notamment celui de figures comme Bruno Retailleau, instrumentalise sans cesse certains sujets sensibles \u2014 les accords de 1968, le pass\u00e9 colonial, ou encore la question du Sahara occidental \u2014 pour nourrir une posture offensive. \u00abCe n\u2019est pas une rente m\u00e9morielle, et si elle existe, elle est entretenue par la France. Il suffirait qu\u2019elle demande pardon et il n\u2019y aurait plus de rente\u00bb, mart\u00e8le-t-il. L\u2019analyste pointe aussi un facteur \u00e9conomique : la frustration de voir l\u2019Alg\u00e9rie diversifier ses partenariats vers l\u2019Italie, l\u2019Allemagne, l\u2019Espagne, le Portugal, l\u2019Asie et m\u00eame l\u2019ASEAN. \u00ab L\u2019Alg\u00e9rie commence \u00e0 s\u2019\u00e9manciper d\u2019une relation quasiment exclusive et malheureuse avec la France. Aujourd\u2019hui, il y a une frustration \u00e9vidente \u00e0 Paris. \u00bb Cette perte d\u2019influence se traduit, selon lui, par une crispation politique, o\u00f9 Emmanuel Macron chercherait \u00e0 s\u00e9duire une droite de plus en plus dure en adoptant son langage, plut\u00f4t qu\u2019en apaisant les tensions. Pour Gamal Abina, certains symboles sont r\u00e9v\u00e9lateurs. Les rappels \u00e0 de vieilles pol\u00e9miques, la remise sur la table d\u2019accords consulaires, ou encore l\u2019exag\u00e9ration du dossier migratoire (QTF), ne sont que des \u00ab man\u0153uvres politiques grossi\u00e8res \u00bb. Et de rappeler que \u00ab les Alg\u00e9riens partent de moins en moins vers la France, pr\u00e9f\u00e9rant rester au pays ou s\u2019installer dans des pays offrant de meilleures conditions \u00e9conomiques et un accueil respectueux \u00bb.<br>La conclusion qu\u2019il tire est tranchante : \u00ab Si la France n\u2019accepte pas de regarder son histoire en face et de dire \u201cla faute est la n\u00f4tre, on va r\u00e9parer\u201d \u2014 pas financi\u00e8rement mais psychologiquement \u2014, alors elle restera prisonni\u00e8re de cette posture accusatoire. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019Alg\u00e9rie n\u2019acceptera plus les diktats<br><\/strong>Nasser Khabat insiste sur un autre aspect : la dignit\u00e9 et la souverainet\u00e9 du peuple alg\u00e9rien. \u00ab L\u2019Alg\u00e9rie et les Alg\u00e9riens sont un peuple qui a pay\u00e9 le prix cher, un million de chahids, pour retrouver sa souverainet\u00e9. Ce n\u2019est pas aujourd\u2019hui qu\u2019on acceptera les diktats. \u00bb<br>Pour lui, la mani\u00e8re dont Paris formule ses attentes est contre-productive. \u00abCe n\u2019est pas en dictant, en imposant et en sommant l\u2019\u00c9tat, la nation et le peuple alg\u00e9rien de faire les choses que la relation pourra s\u2019apaiser.\u00bb Il appelle \u00e0 \u00abramener de la diplomatie \u00e0 la France\u00bb et \u00e0 conseiller \u00abceux qui conseillent Macron\u00bb afin de sortir des postures conflictuelles. Il rappelle aussi que la diaspora alg\u00e9rienne en France pourrait jouer un r\u00f4le d\u2019interm\u00e9diaire positif, \u00e0 condition que la relation se reconstruise sur des bases d\u2019\u00e9galit\u00e9. \u00abNous pourrions \u00eatre un atout pour cette relation bilat\u00e9rale, mais une relation apais\u00e9e, de souverain \u00e0 souverain.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Lignes rouges franchies<br><\/strong>Le charg\u00e9 d\u2019affaires de l\u2019ambassade de France en Alg\u00e9rie a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 par les autorit\u00e9s alg\u00e9riennes, avec remise de notes verbales li\u00e9es \u00e0 l\u2019accord de 2013 sur l\u2019exemption de visas pour les d\u00e9tenteurs de passeports diplomatiques et de service.<br>Pour Gamal Abina, journaliste g\u00e9opolitique, \u00abil y a un comportement erratique\u00bb, o\u00f9 un jour on dit oui, le lendemain non. Ces accords bilat\u00e9raux, rappelle-t-il, \u00abint\u00e9ressent les deux parties\u00bb et leur remise en cause est un signe d\u2019instabilit\u00e9.<br>Citant le Pr\u00e9sident Tebboune, Abina souligne : \u00abJe ne parle pas \u00e0 des personnages insignifiants\u2026 je parle au responsable, c\u2019est M. Macron.\u00bb Il appelle le chef de l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais \u00e0 \u00abvoir l\u2019int\u00e9r\u00eat de son pays\u00bb et non \u00able dogmatisme imb\u00e9cile de certains\u00bb, afin de renouer un dialogue direct et respectueux.<br>Sur le plan \u00e9conomique, Abina avertit que \u00abl\u2019Alg\u00e9rie n\u2019a pas besoin de la France pour son d\u00e9veloppement \u00bb, mais une coop\u00e9ration intelligente pourrait b\u00e9n\u00e9ficier aux deux pays, notamment via le march\u00e9 africain. Il invite Paris \u00e0 \u00ab prendre exemple sur l\u2019Allemagne \u00bb dans sa strat\u00e9gie industrielle.<br>Enfin, il replace la tension dans une perspective historique : \u00ab La guerre d\u2019Alg\u00e9rie a consacr\u00e9 200 ans de d\u00e9faites fran\u00e7aises.\u00bb Pour lui, si la France veut revenir au premier plan, elle doit \u00abrevoir sa copie sur le plan politique\u00bb et \u00e9viter de \u00abbafouer les conventions diplomatiques\u00bb.<br>En r\u00e9ponse, Alger a d\u00e9cid\u00e9 de soumettre les titulaires de passeports diplomatiques fran\u00e7ais aux m\u00eames conditions de visas impos\u00e9es par la France aux Alg\u00e9riens, un geste que Gamal Abina consid\u00e8re encore comme \u00abune preuve de retenue\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une relation bilat\u00e9rale \u00e0 la crois\u00e9e des chemins<br><\/strong>L\u2019\u00e9change Macron\u2013Bayrou, bien plus qu\u2019une simple correspondance administrative, r\u00e9v\u00e8le deux r\u00e9alit\u00e9s. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, une France en tension politique interne, o\u00f9 le pouvoir joue la carte de la fermet\u00e9 symbolique pour r\u00e9pondre \u00e0 des pressions \u00e9lectorales. De l\u2019autre, une Alg\u00e9rie s\u00fbre de son assise diplomatique et \u00e9conomique, refusant toute lecture jug\u00e9e paternaliste ou intrusive.<br>Si la relation entre Paris et Alger a connu de nombreuses crises depuis l\u2019ind\u00e9pendance, la pr\u00e9sente s\u00e9quence se distingue par sa r\u00e9currence et son ancrage dans les d\u00e9bats politiques int\u00e9rieurs fran\u00e7ais. La question reste enti\u00e8re : cette lettre scelle-t-elle une rupture durable ou n\u2019est-elle qu\u2019un \u00e9pisode suppl\u00e9mentaire dans une histoire faite de tensions suivies de r\u00e9conciliations pragmatiques ?<br>Pour l\u2019heure, chaque camp campe sur ses positions, et la diplomatie, d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9e, peine \u00e0 retrouver le langage commun qui a par le pass\u00e9 permis d\u2019\u00e9viter le pire.<br>Des deux c\u00f4t\u00e9s, le diagnostic converge : tant que la France refusera d\u2019assumer ses responsabilit\u00e9s historiques et continuera de jouer la carte de la provocation ou de l\u2019accusation invers\u00e9e, la relation restera empoisonn\u00e9e. L\u2019Alg\u00e9rie, elle, affirme qu\u2019elle continuera de r\u00e9pondre coup pour coup, appliquant ce principe de r\u00e9ciprocit\u00e9 qui, selon Gamal Abina, est la cl\u00e9 de sa posture depuis des d\u00e9cennies.<br>En creux, se dessine une v\u00e9rit\u00e9 plus large : la relation franco-alg\u00e9rienne ne pourra s\u2019apaiser que lorsqu\u2019elle sera d\u00e9barrass\u00e9e des calculs politiciens et replac\u00e9e sur le terrain du respect mutuel \u2014 celui qui va d\u2019\u00c9tat souverain \u00e0 \u00c9tat souverain.<br><strong>G. Salah Eddine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Dr Osama Bouchemakh, professeur en sciences politiques : \u00abLa France n\u2019accepte pas qu\u2019un autre pays europ\u00e9en soit le premier partenaire de l\u2019Alg\u00e9rie\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"662\" height=\"550\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/bouchemakh.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-47251\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/bouchemakh.jpg 662w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/bouchemakh-300x249.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 662px) 100vw, 662px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lors de l\u2019\u00e9mission Hadith al Djazair, diffus\u00e9e jeudi dernier au soir sur la cha\u00eene AL24 News, l\u2019expert en g\u00e9opolitique et relations internationales Oussama Bouchemakh a livr\u00e9 une analyse approfondie des tensions croissantes entre Alger et Paris, dans un contexte marqu\u00e9 par la d\u00e9nonciation par l\u2019Alg\u00e9rie de l\u2019accord bilat\u00e9ral de 2013 relatif \u00e0 l\u2019exemption de visa pour les d\u00e9tenteurs de passeports diplomatiques et de service.<br>M. Bouchemakh a point\u00e9 le r\u00f4le d\u00e9terminant des m\u00e9dias fran\u00e7ais dans l\u2019escalade verbale : \u00abLa quasi-totalit\u00e9 des cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision et une grande partie de la presse \u00e9crite sont d\u00e9sormais align\u00e9es sur la vision d\u2019un seul homme : Vincent Bollor\u00e9, dont les orientations id\u00e9ologiques sont connues de tous et alli\u00e9es \u00e0 l\u2019extr\u00eame droite.\u00bb<br>Selon Bouchemakh, cette concentration m\u00e9diatique a marginalis\u00e9 les voix mod\u00e9r\u00e9es, les poussant \u00e0 se tourner vers les plateformes en ligne pour s\u2019exprimer. Certains universitaires et sp\u00e9cialistes en g\u00e9opolitique affirment m\u00eame craindre pour leur s\u00e9curit\u00e9. L\u2019universitaire r\u00e9fute par ailleurs l\u2019id\u00e9e d\u2019une politique \u00e9trang\u00e8re alg\u00e9rienne instable : \u00abD\u00e9fendre ses int\u00e9r\u00eats cr\u00e9e in\u00e9vitablement des adversaires. L\u2019Alg\u00e9rie refuse le statu quo impos\u00e9 par certains acteurs et agit pour pr\u00e9server ses int\u00e9r\u00eats vitaux et tracer son avenir.\u00bb Il rappelle \u00e9galement une \u00e9poque pas si lointaine o\u00f9, pour investir en Alg\u00e9rie, un partenaire \u00e9tranger devait \u00abpasser par Paris\u00bb.<br>En tout cas, cette s\u00e9quence diplomatique r\u00e9v\u00e8le plus qu\u2019un simple diff\u00e9rend protocolaire : elle met \u00e0 nu deux visions du monde qui ne se rencontrent plus. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, une Alg\u00e9rie qui assume pleinement son ind\u00e9pendance strat\u00e9gique, refusant toute forme de tutelle et, de l\u2019autre, une France en qu\u00eate de rep\u00e8res dans un environnement g\u00e9opolitique mouvant. Les experts s\u2019accordent \u00e0 dire que la crise actuelle ne rel\u00e8ve pas de l\u2019accident, mais d\u2019une recomposition profonde des rapports de force, o\u00f9 chaque geste compte comme un signal politique. <br><strong>G.\u2008S.\u2008E.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors de l\u2019\u00e9mission \u00abL\u2019\u00e9chiquier international\u00bb, diffus\u00e9e jeudi dernier sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision AL24 News, deux experts de renom se sont pench\u00e9s sur les r\u00e9percussions diplomatiques et politiques de la r\u00e9cente lettre adress\u00e9e par le pr\u00e9sident fran\u00e7ais Emmanuel Macron \u00e0 son Premier ministre, une missive dont le contenu et la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":47248,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[65],"tags":[272],"class_list":["post-47247","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-monde","tag-algerie-france"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/47247","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=47247"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/47247\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47252,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/47247\/revisions\/47252"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/47248"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=47247"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=47247"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=47247"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}