{"id":50551,"date":"2025-09-18T00:55:00","date_gmt":"2025-09-18T00:55:00","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=50551"},"modified":"2025-10-07T19:08:29","modified_gmt":"2025-10-07T19:08:29","slug":"de-bruxelles-a-lagos-via-alger-lafrique-en-pleine-mutation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=50551","title":{"rendered":"De Bruxelles \u00e0 Lagos via Alger : L\u2019Afrique en pleine mutation"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"512\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/afrique-1024x512.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-50552\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/afrique-1024x512.jpg 1024w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/afrique-300x150.jpg 300w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/afrique-768x384.jpg 768w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/afrique.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Lors d\u2019une \u00e9mission diffus\u00e9e lundi dernier sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision belge Atipik TV, l\u2019ancien d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en, le Franco-Alg\u00e9rien Karim Zeribi, a livr\u00e9 une analyse riche \u00e0 la fois sur la dynamique africaine, le r\u00f4le de l\u2019Alg\u00e9rie et sur la relation complexe entre l\u2019Union europ\u00e9enne et l\u2019Afrique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Par G. Salah Eddine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Analyste reconnu, essayiste et ancien d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en fran\u00e7ais, Karim Zeribi fait partie de ces voix rares qui, au carrefour de l\u2019Europe et de l\u2019Afrique, s\u2019emploient \u00e0 d\u00e9crypter les mutations profondes d\u2019un monde en recomposition. Habitu\u00e9 des plateaux m\u00e9diatiques et des forums internationaux, il multiplie les interventions pour alerter sur les d\u00e9s\u00e9quilibres \u00e9conomiques, l\u2019urgence des r\u00e9formes politiques, mais aussi sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un r\u00e9cit africain port\u00e9 par les Africains eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019IATF d\u2019Alger a battu tous les records<br><\/strong>D\u00e8s le d\u00e9but de son intervention, Karim Zeribi n\u2019a pas cach\u00e9 son enthousiasme face \u00e0 la r\u00e9ussite de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Les chiffres parlent d\u2019eux-m\u00eames : \u00abLorsque l\u2019on regarde les chiffres de cette 4e \u00e9dition, on constate qu\u2019il y avait 60 000 visiteurs professionnels, 2 200 exposants, des centaines d\u2019experts et d\u2019entreprises africaines, 132 pays repr\u00e9sent\u00e9s et surtout un chiffre qu\u2019il faut retenir : plus de 48,5 milliards de contrats sign\u00e9s. C\u2019est un record.\u00bb En effet, ces chiffres ont d\u00e9pass\u00e9 les pr\u00e9visions les plus optimistes de l\u2019Afreximbank qui esp\u00e9raient au mieux 44 milliards de dollars d\u2019accords et la moiti\u00e9 de visiteurs professionnels.<br>Cette dynamique \u00e9conomique, fruit de plusieurs ann\u00e9es de coop\u00e9ration et de volont\u00e9 politique, ne doit rien au hasard. Pour Zeribi, elle marque une \u00e9tape d\u00e9cisive dans le processus d\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique continentale, port\u00e9e par la Zone de libre-\u00e9change continentale africaine (ZLECAf). \u00abIl s\u2019agit d\u2019animer, de dynamiser cette zone de libre-\u00e9change intra-africaine qui doit favoriser la production, le commerce et surtout l\u2019avenir de la jeunesse. L\u2019Afrique doit \u00eatre moins d\u00e9pendante des autres continents\u00bb, explique-t-il.<br>Il a \u00e9galement tenu \u00e0 saluer l\u2019organisation impeccable de l\u2019Alg\u00e9rie, h\u00f4te de cette \u00e9dition. \u00abLe Centre international des congr\u00e8s ferait envie \u00e0 bien des capitales europ\u00e9ennes. L\u2019h\u00e9bergement \u00e9tait de qualit\u00e9 et beaucoup d\u2019acteurs \u00e9trangers ont exprim\u00e9 leur volont\u00e9 de revenir en Alg\u00e9rie pour d\u00e9velopper des relations d\u2019affaires.\u00bb Une reconnaissance qui, selon lui, consacre l\u2019image d\u2019un pays en train de s\u2019imposer comme un hub africain incontournable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019Alg\u00e9rie, leader et boussole continentale<br><\/strong>Au-del\u00e0 de l\u2019\u00e9v\u00e9nement, M. Zeribi s\u2019attache \u00e0 replacer la r\u00e9ussite alg\u00e9rienne dans une vision plus large. Pour lui, l\u2019Alg\u00e9rie incarne une direction, une orientation, un point de rep\u00e8re : \u00abJe crois que l\u2019Alg\u00e9rie est une boussole pour le continent. C\u2019est une puissance m\u00e9diterran\u00e9enne, une puissance africaine, qui a d\u00e9cid\u00e9 de faire \u00e9tat d\u2019une grande souverainet\u00e9, sur les plans politique, \u00e9conomique et culturel.\u00bb<br>Cette souverainet\u00e9, ajoute-t-il, s\u2019inscrit dans une continuit\u00e9 historique. L\u2019Alg\u00e9rie a longtemps \u00e9t\u00e9 l\u2019un des porte-voix de la lutte anticoloniale et demeure, encore aujourd\u2019hui, un acteur central des d\u00e9bats sur la d\u00e9colonisation. \u00abIl faut construire un r\u00e9cit africain. Ne plus subir celui des anciens pays colonisateurs. La d\u00e9colonisation doit \u00eatre abord\u00e9e de mani\u00e8re globale et l\u2019Alg\u00e9rie joue un r\u00f4le moteur dans ce processus.\u00bb<br>Ce propos prend un relief particulier au moment o\u00f9 de nombreux pays africains, notamment dans le Sahel, revendiquent une rupture avec l\u2019ordre postcolonial et cherchent \u00e0 red\u00e9finir leurs partenariats. Pour Zeribi, l\u2019Alg\u00e9rie est \u00e0 la fois un mod\u00e8le et un catalyseur de cette aspiration.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La ZLECAf, enjeu \u00e9conomique et migratoire<br><\/strong>L\u2019entretien s\u2019oriente ensuite vers les perspectives offertes par la ZLECAf. La prochaine \u00e9dition de l\u2019IATF se tiendra au Nigeria, autre g\u00e9ant africain. Mais les enjeux restent les m\u00eames. \u00abIl faut que les mati\u00e8res premi\u00e8res africaines soient transform\u00e9es en Afrique et non plus pill\u00e9es et transform\u00e9es ailleurs. C\u2019est un enjeu \u00e9conomique mais aussi migratoire : il faut offrir des emplois \u00e0 une jeunesse form\u00e9e et dipl\u00f4m\u00e9e qui ne doit pas chercher l\u2019Eldorado \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur.\u00bb<br>L\u2019alerte est claire : l\u2019Afrique doit rompre avec la d\u00e9pendance structurelle qui la lie aux grandes puissances \u00e9conomiques. L\u2019exploitation brutale et unilat\u00e9rale des ressources africaines appartient \u00e0 un pass\u00e9 qui, selon Zeribi, ne peut plus durer. \u00abL\u2019Afrique doit red\u00e9finir des r\u00e8gles de partenariat gagnant-gagnant, d\u2019\u00e9gal \u00e0 \u00e9gal, avec l\u2019Occident et l\u2019Asie. L\u2019exploitation sans partage des richesses africaines n\u2019est plus acceptable.\u00bb<br>Ce discours trouve un \u00e9cho particulier dans le contexte actuel, o\u00f9 les migrations, la crise climatique et les tensions g\u00e9opolitiques p\u00e8sent lourdement sur la stabilit\u00e9 des \u00c9tats africains.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019Europe et le test africain<br><\/strong>Sans surprise, M. Zeribi a \u00e9largi son analyse \u00e0 la relation complexe entre l\u2019Europe et l\u2019Afrique. Prenant l\u2019exemple du partenariat Alg\u00e9rie\u2013UE, il met en lumi\u00e8re les d\u00e9s\u00e9quilibres structurels : \u00abAujourd\u2019hui, nous avons 47 milliards d\u2019\u00e9changes entre l\u2019Union europ\u00e9enne et l\u2019Alg\u00e9rie. Mais 95 % des exportations alg\u00e9riennes sont des hydrocarbures. Ce n\u2019est pas suffisant. L\u2019Europe doit accepter les produits agricoles, agroalimentaires et industriels made in Algeria.\u00bb<br>Cet \u00e9tat de fait conduit, selon lui, \u00e0 une r\u00e9vision n\u00e9cessaire de l\u2019accord d\u2019association sign\u00e9 en 2002 et entr\u00e9 en vigueur en 2005. \u00abCet accord a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s avantageux pour l\u2019Union europ\u00e9enne. L\u2019Alg\u00e9rie demande sa r\u00e9vision pour \u00e9quilibrer les \u00e9changes. L\u2019Europe doit entendre ce message.\u00bb<br>Zeribi insiste que si l\u2019Europe veut pr\u00e9server une relation solide avec l\u2019Afrique, elle doit se d\u00e9partir d\u2019une vision paternaliste et reconna\u00eetre l\u2019\u00e9mergence de nouveaux p\u00f4les \u00e9conomiques et politiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Coop\u00e9ration, s\u00e9curit\u00e9 et respect mutuel<br><\/strong>L\u2019enjeu n\u2019est pas seulement \u00e9conomique, rappelle Zeribi. Il est aussi s\u00e9curitaire. \u00abL\u2019accord d\u2019association ne contient pas que des aspects \u00e9conomiques. Il y a aussi des enjeux s\u00e9curitaires, notamment dans la r\u00e9gion sah\u00e9lienne. L\u2019Alg\u00e9rie, aguerrie \u00e0 la lutte contre le terrorisme apr\u00e8s dix ann\u00e9es noires, est un partenaire strat\u00e9gique pour l\u2019Europe. Mais pour cela, il faut aller sur le chemin du respect.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il rappelle les atouts d\u2019un pays souvent sous-estim\u00e9 par ses partenaires occidentaux : \u00abLe plus grand pays d\u2019Afrique, 10e plus grand au monde, 7e producteur de gaz, 17e producteur de p\u00e9trole, avec 1,8 million d\u2019universitaires. C\u2019est un pays qui se r\u00e9forme, qui produit et qui doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un partenaire de confiance.\u00bb<br>Pour M. Zeribi, la stabilit\u00e9 de l\u2019Afrique du Nord et du Sahel est directement li\u00e9e \u00e0 la reconnaissance du r\u00f4le central de l\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un avenir commun \u00e0 b\u00e2tir<br><\/strong>Enfin, l\u2019ancien d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en esquisse une vision prospective. Elle repose sur l\u2019id\u00e9e d\u2019une coproduction structurante entre l\u2019Europe et l\u2019Afrique : \u00abL\u2019Union europ\u00e9enne doit voir dans la mont\u00e9e en puissance africaine une opportunit\u00e9 et non une concurrence. L\u2019avenir passe par la coproduction euro-africaine. C\u2019est du gagnant-gagnant.\u00bb<br>Sa conviction est sans \u00e9quivoque : \u00abL\u2019Afrique doit avancer vers les \u00c9tats-Unis d\u2019Afrique, une organisation politique et \u00e9conomique forte, tandis que l\u2019Europe doit sortir de son arrogance pour b\u00e2tir un partenariat durable. C\u2019est la seule voie pour assurer l\u2019avenir de la jeunesse africaine et la prosp\u00e9rit\u00e9 commune.\u00bb<br>Une d\u00e9claration qui, au-del\u00e0 de l\u2019analyse, r\u00e9sonne comme un appel. Un appel \u00e0 d\u00e9passer les h\u00e9ritages lourds du pass\u00e9, \u00e0 briser les logiques de domination et \u00e0 construire un avenir o\u00f9 l\u2019Alg\u00e9rie, fid\u00e8le \u00e0 son histoire, reste au c\u0153ur des dynamiques d\u2019un continent en pleine renaissance.<br>En tout cas, l\u2019appel de Zeribi r\u00e9sonne comme une exigence : l\u2019heure n\u2019est plus \u00e0 la r\u00e9signation face aux logiques anciennes de domination, mais \u00e0 la construction d\u2019un partenariat fond\u00e9 sur l\u2019\u00e9galit\u00e9, le respect mutuel et la coproduction. Si l\u2019Europe entend pr\u00e9server son avenir commun avec l\u2019Afrique, elle devra reconna\u00eetre dans l\u2019Alg\u00e9rie et ses partenaires africains non pas des interlocuteurs secondaires, mais des architectes d\u2019un nouvel ordre mondial en gestation. Plus qu\u2019une simple analyse, c\u2019est une mise en garde et un cap que trace Zeribi : celui d\u2019un continent qui, en reprenant son destin en main, impose d\u00e9j\u00e0 une nouvelle grammaire g\u00e9opolitique.<br><strong>G. S.\u2008E.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors d\u2019une \u00e9mission diffus\u00e9e lundi dernier sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision belge Atipik TV, l\u2019ancien d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en, le Franco-Alg\u00e9rien Karim Zeribi, a livr\u00e9 une analyse riche \u00e0 la fois sur la dynamique africaine, le r\u00f4le de l\u2019Alg\u00e9rie et sur la relation complexe entre l\u2019Union europ\u00e9enne et l\u2019Afrique. Par G. 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