{"id":51512,"date":"2025-09-29T00:38:00","date_gmt":"2025-09-29T00:38:00","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=51512"},"modified":"2025-10-07T19:11:42","modified_gmt":"2025-10-07T19:11:42","slug":"journee-mondiale-du-tourisme-a-la-decouverte-de-messaad-la-merveille-insoupconnee-de-lalgerie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=51512","title":{"rendered":"Journ\u00e9e mondiale du tourisme : \u00c0 la d\u00e9couverte de Messa\u00e2d, la merveille insoup\u00e7onn\u00e9e de l&rsquo;Alg\u00e9rie"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"750\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Sans-titre-8-1024x750.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-51513\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Sans-titre-8-1024x750.jpg 1024w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Sans-titre-8-300x220.jpg 300w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Sans-titre-8-768x563.jpg 768w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Sans-titre-8.jpg 1062w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Que savez-vous vraiment de Messa\u00e2d (76 km de Djelfa) ? Cette ville discr\u00e8te, nich\u00e9e au c\u0153ur de l\u2019Alg\u00e9rie profonde, que l\u2019on traverse souvent sans la conna\u00eetre, cache derri\u00e8re ses collines et ses plaines ocres un patrimoine qui n\u2019attend que d\u2019\u00eatre d\u00e9couvert. Invit\u00e9 par l\u2019Office national du tourisme, Alger16 est parti sur ses routes pour explorer cette r\u00e9gion et ses monuments insoup\u00e7onn\u00e9s. Ce que nous y avons d\u00e9couvert d\u00e9passe largement l\u2019image qu\u2019on se fait de cette r\u00e9gion \u2013 une Alg\u00e9rie authentique, vibrante et encore secr\u00e8te. Embarquez avec nous pour un voyage inattendu au c\u0153ur de l\u2019Alg\u00e9rie profonde.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Reportage de notre envoy\u00e9 sp\u00e9cial \u00e0 Djelfa, G. Salah Eddine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Notre p\u00e9riple d\u00e9bute la matin\u00e9e et apr\u00e8s plus de 5h de route, nous arrivons enfin sur place. Accueillis par des membres de l&rsquo;ONT, nous profitons d\u2019un petit moment pour nous reposer, ensuite nous prenons la route. Elle nous conduit vers la commune de Sed Rahal, premi\u00e8re \u00e9tape de notre tourn\u00e9e, et s\u2019\u00e9tire comme un ruban clair \u00e0 travers les plaines ocres. Le vent souffle sec, mais la vie palpite partout : de petites oasis surgissent au loin, ponctu\u00e9es de palmiers \u00e9lanc\u00e9s et de sources claires. Notre bus s\u2019arr\u00eate brusquement, ses roues enlis\u00e9es dans un passage boueux. \u00c0 peine dix minutes plus tard, des habitants apparaissent, un \u00e0 un, pour nous aider. Sourires francs, mains tendues : la solidarit\u00e9 ici est instinctive. Le pr\u00e9sident de l\u2019APC local nous explique qu\u2019un projet de route sur huit kilom\u00e8tres est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vu pour d\u00e9senclaver la zone et faciliter l\u2019acc\u00e8s des familles et des visiteurs.<br>Enfin, nous atteignons \u00abOued El \u00bb. Devant nous, un filet d\u2019eau bord\u00e9 de dattiers dessine un tableau presque biblique. Le nom, qui signifie ouverture et abondance, semble raconter \u00e0 lui seul l\u2019esprit de ce territoire. Sous mes doigts, je touche des roches grav\u00e9es : des fresques rupestres, t\u00e9moins d\u2019un Sahara qui n\u2019a jamais cess\u00e9 d\u2019\u00eatre habit\u00e9. Autour des palmiers, des enfants jouent et rient. Selon le pr\u00e9sident de l\u2019APC, l\u2019endroit est s\u00fbr : \u00abIl n\u2019y a presque jamais eu d\u2019accident ici.\u00bb Le temps s\u2019\u00e9tire, lent et puissant comme le vent du d\u00e9sert. Sur une terrasse naturelle, nous observons le soleil dispara\u00eetre derri\u00e8re les dunes. \u00c0 ce moment pr\u00e9cis, je comprends pourquoi on surnomme cette r\u00e9gion \u00abMessa\u00e2d la discr\u00e8te\u00bb : elle ne cherche pas \u00e0 \u00e9blouir, elle envo\u00fbte. La nuit tombe, douce et \u00e9toil\u00e9e, et nous rejoignons notre g\u00eete.<br>Le lendemain matin, samedi, l\u2019ambiance est joyeuse : c\u2019est la Journ\u00e9e mondiale du tourisme. Nous partageons un petit-d\u00e9jeuner m\u00ealant croissants, millefeuilles et g\u00e2teaux locaux avec l\u2019\u00e9quipe m\u00e9diatique et les acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile, dont plusieurs pr\u00e9sidents d\u2019association. Bient\u00f4t, les guides locaux nous rejoignent et nous reprenons la route.<br>Devant nous se dessine un paysage d\u2019oasis et de villages anciens, domin\u00e9 par des montagnes d\u00e9sertiques aux contours presque irr\u00e9els. L\u2019impression est si forte qu\u2019on croirait pouvoir serrer ces montagnes dans nos bras. Ironie du sort, nous finissons par en escalader une. La mont\u00e9e est exigeante, ponctu\u00e9e de petites cascades inattendues. Les associations locales nous confient qu\u2019elles esp\u00e8rent des infrastructures touristiques ici, mais nous montons quand m\u00eame, jeunes et impatients, en aidant les plus \u00e2g\u00e9s du groupe \u00e0 gravir les pentes.<br>Tout en haut, le vent nous enveloppe d\u2019une fra\u00eecheur saisissante. Nous d\u00e9couvrons alors les ruines du palais de D\u00e9med, appel\u00e9 par les habitants \u00abpalais El Qa\u00e2da\u00bb. Ce lieu, qui domine la vall\u00e9e \u00e0 1 000 m d\u2019altitude, n\u2019est pas une simple ruine : c\u2019est une ancienne forteresse militaire romaine, vestige du point le plus profond atteint par l\u2019Empire romain en Afrique du Nord. Son nom viendrait de Calcitium Demidi, chef de la r\u00e9gion, et l\u2019\u00e9difice remonterait \u00e0 pr\u00e8s de deux si\u00e8cles avant notre \u00e8re. Le site respire encore l\u2019histoire et offre une vue panoramique sur Messa\u00e2d et ses environs, une v\u00e9ritable vigie sur le d\u00e9sert.<br>La descente est tout aussi p\u00e9rilleuse, mais l\u2019adr\u00e9naline est mont\u00e9e et nous rions. Nous ignorons \u00e0 ce moment que l\u2019apr\u00e8s-midi nous r\u00e9serve un site encore plus surprenant, un lieu pourtant absent des brochures touristiques mais capable de marquer l\u2019imaginaire pour longtemps. D\u2019abord, nous prenons la route vers le centre-ville. Dans l\u2019enceinte de la Direction locale du tourisme, un Salon de l\u2019artisanat s\u2019anime sous nos yeux. Des mains expertes tressent des nattes, sculptent le bois, brodent des burnous aux fils d\u2019or. Les femmes des villages voisins viennent pr\u00e9senter leurs dattes, leurs poteries verniss\u00e9es, leurs \u00e9pices. Pleins de stands de kachabia sont l\u00e0.. c\u2019est plus qu&rsquo;un v\u00eatement, c\u2019est tellement vaste et \u00e7a revient \u00e0 la mode. Des ateliers de fabrication de robes nailies sont aussi l\u00e0. Et surtout, tout le monde dancend et chante aux rythmes locaux devant l&rsquo;entr\u00e9e principale.<br>Dans un coin, un musicien fait vibrer un bendir. La secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale de la wilaya d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e passe saluer les exposants. Ici, la tradition n\u2019est pas un folklore fig\u00e9 mais une \u00e9conomie vivante, un langage d\u2019avenir.<br>C\u2019est magnifique, les sourires ne nous quittent pas, encore plus quand on nous ram\u00e8ne le rfis et la chakhchoukha sucr\u00e9e locale. Elle est accompagn\u00e9e d\u2019un verre de lait de vache soigneusement r\u00e9colt\u00e9. Les enfants nous regardent les yeux impressionn\u00e9s devant nos micros, nos cam\u00e9ras et les diffrents animateurs parlant en arabe et fran\u00e7ais avec nous. C&rsquo;\u00e9tait plaisant \u00e0 voir qu&rsquo;une simple attention accord\u00e9e \u00e0 cette r\u00e9gion et ces gens peut dessiner autant de sourires sur les l\u00e8vres. C\u2019est magnifique, nous avons compris l&rsquo;humilit\u00e9 et que peu importe d&rsquo;o\u00f9 l\u2019on vient, tout notre peuple est uni.<br>Un homme a entendu que nous sommes en visite et aussit\u00f4t, nous avons \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s par pleins de gens chez eux. Finalement, nous suivons un homme qui habite \u00e0 quelques pas d&rsquo;ici. Il nous ouvre les grandes portes de son salon et les femmes ont \u00e9t\u00e9 accueillies par les voisines. Ici, tout le monde s&rsquo;assoit par terre et les tables font \u00e0 peine 20 cm de hauteur. D\u2019abord, on nous sert une d\u00e9licieuse hrira et \u00e0 peine termin\u00e9e, on se fait surprendre. C\u2019est un grand mouton mechoui qui est d\u00e9pos\u00e9 sur la table. Ces gens sont all\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 nous offrir tout un mouton, en guise d\u2019accueil. Nous \u00e9tions impressionn\u00e9s et surtout g\u00ean\u00e9s. Nous ne savions pas comment les remercier. Et Dieu, merci, ils ne voulaient m\u00eame pas des remerciements. C\u2019est dans leur nature. Ils nous servent m\u00eame pleins de fruits dont des grenades, des raisins, des bananes et des p\u00eaches avec, bien s\u00fbr, du th\u00e9 local, des cacahu\u00e8tes et des noix. Nous n\u2019avons jamais autant mang\u00e9, qu&rsquo;\u00e0 notre arriv\u00e9e \u00e0 Messa\u00e2d.<br>\u00c0 la fin de ce repas inoubliable, l\u2019un de nos h\u00f4tes nous r\u00e9unit, hommes et femmes, dans un cercle. Il r\u00e9cite la Fatiha et prononce des invocations pour chacun de nous. Un moment suspendu, simple et puissant. Apr\u00e8s ce d\u00e9jeuner, notre petite caravane repart vers ce qui sera sans doute l\u2019un des lieux les plus \u00about of this world\u00bb de notre tourn\u00e9e : Amoura. \u00c0 mesure que nous avan\u00e7ons, des pans de murailles romaines se devinent entre les herbes folles. Nous grimpons une butte et la vue embrasse tout Messa\u00e2d, ses plateaux et ses vall\u00e9es. \u00abC\u2019est notre petite Pomp\u00e9i\u00bb, sourit un historien local. L\u2019eau r\u00e9appara\u00eet sous forme de cascades et de grottes myst\u00e9rieuses. Nous progressons \u00e0 l\u2019ombre fra\u00eeche de cavit\u00e9s pr\u00e9historiques, anciennes habitations datant de plusieurs mill\u00e9naires. Une cascade magnifique nous accueille au centre de cette ville antique m\u00e9connue. L\u2019eau de la fontaine est douce, fra\u00eeche, et se d\u00e9verse sur une citadelle endormie. Plus loin, les montagnes se dressent, rouges et rugueuses, comme sur une autre plan\u00e8te. Certains comparent ces paysages aux westerns am\u00e9ricains ; d\u2019autres y voient une Mars terrestre. Le contraste est saisissant : en quelques kilom\u00e8tres, Messa\u00e2d vous fait traverser dix mille ans et mille paysages.<br>\u00c0 la fin de notre parcours, nous tombons sur une petite cit\u00e9 aux maisons anciennes et une modeste mosqu\u00e9e pourtant centenaire. Nous savons qu\u2019il est temps de repartir, mais nous gardons l\u2019impression d\u2019avoir touch\u00e9 un autre monde.<br>La journ\u00e9e s\u2019ach\u00e8ve dans une exploitation agricole d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la grenade. \u00c0 perte de vue, des rang\u00e9es d\u2019arbres alignent leurs fruits rouges, \u00e9clatants sous un soleil d\u00e9clinant. Les responsables locaux nous parlent d\u2019agrotourisme : ici, l\u2019ambition est de m\u00ealer agriculture et accueil touristique, d\u2019offrir aux visiteurs non seulement des paysages mais aussi des saveurs, des savoir-faire et des rencontres. L\u2019id\u00e9e est claire : cr\u00e9er une dynamique positive qui lie la terre aux hommes et attire de nouveaux voyageurs.<br>Nous prenons ensuite la direction de la mosqu\u00e9e Al Atik, dont l\u2019histoire raconte \u00e0 elle seule un pan du pass\u00e9 alg\u00e9rien. Ancienne \u00e9glise fran\u00e7aise \u00e9difi\u00e9e en 1850, elle est aujourd\u2019hui en pleine restauration. Les \u00e9chafaudages masquent encore ses lignes, mais chacun imagine d\u00e9j\u00e0 la splendeur retrouv\u00e9e de ce lieu, t\u00e9moin de plusieurs \u00e9poques. Dans quelques mois, promettent les ouvriers, elle sera de nouveau ouverte aux fid\u00e8les et aux curieux.<br>La nuit tombe. Le ciel constell\u00e9 s\u2019\u00e9tend au-dessus de nous, immobile et profond. Et je me dis que c\u2019est peut-\u00eatre cela, le vrai luxe du tourisme en Alg\u00e9rie : l\u2019impression rare de toucher l\u2019authenticit\u00e9 sans filtre, avec ses parfums, ses couleurs et ses asp\u00e9rit\u00e9s.<br>Le 28 au matin, nous reprenons la route de la capitale. Le minibus file et les paysages de Messa\u00e2d s\u2019effacent peu \u00e0 peu. Dans ce mouvement de retour, je mesure le privil\u00e8ge d\u2019avoir d\u00e9couvert un \u00abbout du monde\u00bb \u00e0 seulement quelques heures d\u2019Alger. Des sources aux gravures rupestres, des mosqu\u00e9es antiques aux forteresses oubli\u00e9es, cette wilaya d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e condense tout ce qui peut s\u00e9duire le voyageur : une histoire longue, une nature brute, une hospitalit\u00e9 sinc\u00e8re. En quittant Messa\u00e2d, je ne vois plus seulement un nom sur une carte mais une promesse : celle d\u2019un tourisme alg\u00e9rien capable, s\u2019il se donne les moyens, de rivaliser avec les grandes destinations du monde.<br><strong>G.\u2008S.\u2008E.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que savez-vous vraiment de Messa\u00e2d (76 km de Djelfa) ? Cette ville discr\u00e8te, nich\u00e9e au c\u0153ur de l\u2019Alg\u00e9rie profonde, que l\u2019on traverse souvent sans la conna\u00eetre, cache derri\u00e8re ses collines et ses plaines ocres un patrimoine qui n\u2019attend que d\u2019\u00eatre d\u00e9couvert. 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