{"id":52380,"date":"2025-10-13T08:40:24","date_gmt":"2025-10-13T08:40:24","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=52380"},"modified":"2025-10-13T08:40:27","modified_gmt":"2025-10-13T08:40:27","slug":"situation-politique-en-france-le-seisme-dun-quinquennat-a-bout-de-souffle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=52380","title":{"rendered":"Situation politique en France : Le s\u00e9isme d\u2019un quinquennat \u00e0 bout de souffle"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/macron-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-52381\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/macron-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/macron-300x169.jpg 300w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/macron-768x432.jpg 768w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/macron.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Lors de l\u2019\u00e9mission \u00abVision\u00bb diffus\u00e9e mercredi soir sur Canal Alg\u00e9rie, plusieurs experts sont revenus sur la crise politique actuelle qui secoue la France, affirmant que la politique fran\u00e7aise est aujourd\u2019hui \u00e0 bout de souffle.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9mission surprise du Premier ministre S\u00e9bastien Lecornu, moins d\u2019un mois apr\u00e8s sa nomination, a plong\u00e9 la France dans une zone de turbulence in\u00e9dite. En \u00e0 peine 24 heures, le nouveau gouvernement a implos\u00e9, r\u00e9v\u00e9lant l\u2019extr\u00eame fragilit\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me institutionnel \u00e9puis\u00e9 par les divisions partisanes et les fractures sociales.<br>\u00c0 Matignon, la foudre est tomb\u00e9e. Lecornu a reconnu, devant la presse, \u00ab le r\u00e9veil d\u2019app\u00e9tits partisans \u00bb et l\u2019impossibilit\u00e9 de constituer une majorit\u00e9 stable. Ses partenaires de droite ont pris leurs distances, la gauche a exig\u00e9 un gouvernement \u00e9cologiste, et jusque dans le premier cercle du pouvoir, des figures comme Bruno Le Maire ont claqu\u00e9 la porte. Le socle pr\u00e9sidentiel s\u2019est effondr\u00e9.<br>Face \u00e0 la crise, Emmanuel Macron a choisi la temporisation. Il a accord\u00e9 \u00e0 Lecornu 48 heures pour reformer un gouvernement d\u2019unit\u00e9 nationale, tout en se disant pr\u00eat \u00e0 \u00abprendre ses responsabilit\u00e9s \u00bb en cas d\u2019\u00e9chec. Mais derri\u00e8re cette formule diplomatique se cache un dilemme lourd : dissoudre l\u2019Assembl\u00e9e, reconduire un Premier ministre d\u00e9missionnaire ou g\u00e9rer une crise institutionnelle \u00e0 ciel ouvert.<br>Ce nouveau tremblement politique illustre la fin d\u2019un cycle. L\u2019hyper-pr\u00e9sidence macronienne, b\u00e2tie sur la verticalit\u00e9 et la centralisation du pouvoir, se heurte \u00e0 ses limites. Les partis traditionnels, longtemps marginalis\u00e9s, reviennent au centre du jeu, tandis que les appels \u00e0 la cohabitation, voire \u00e0 la destitution, gagnent du terrain.<br>Dans les chancelleries \u00e9trang\u00e8res, on observe avec inqui\u00e9tude cette \u00e9rosion de la stabilit\u00e9 fran\u00e7aise, pilier historique de l\u2019Union europ\u00e9enne. L\u2019image d\u2019une France fractur\u00e9e, en qu\u00eate d\u2019un second souffle d\u00e9mocratique, s\u2019impose d\u00e9sormais comme le nouveau visage de la Ve R\u00e9publique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une d\u00e9linquance chronique<br><\/strong>Cette crise politique francaise, in\u00e9dite par sa rapidit\u00e9 et son intensit\u00e9, traduit selon l\u2019expert en g\u00e9opolitique Badis Khenissa \u00ab une d\u00e9linquance politique chronique, pathologique \u00bb, sympt\u00f4me d\u2019un r\u00e9gime arriv\u00e9 \u00ab au bout de son souffle \u00bb.<br>Pour M. Khenissa, cette s\u00e9quence politique r\u00e9v\u00e8le bien plus qu\u2019une simple m\u00e9sentente gouvernementale : elle consacre l\u2019effondrement d\u2019un mod\u00e8le. \u00ab C\u2019est un pr\u00e9sident aujourd\u2019hui isol\u00e9. C\u2019est une crise de r\u00e9gime \u00bb, analyse-t-il, avant d\u2019ajouter que \u00ab la Macronie peut d\u00e9sormais \u00eatre d\u00e9crite comme l\u2019anatomie d\u2019une chute, celle d\u2019un pouvoir vertical arriv\u00e9 \u00e0 ses limites \u00bb.<br>Dans cette lecture critique, l\u2019expert met en lumi\u00e8re la d\u00e9composition interne du cercle pr\u00e9sidentiel. Les alliances fondatrices du macronisme se fissurent : \u00ab Les alli\u00e9s d\u2019hier \u2014 le parti Horizons d\u2019\u00c9douard Philippe, le centre de Fran\u00e7ois Bayrou, et m\u00eame les plus proches collaborateurs du Pr\u00e9sident \u2014 interpellent d\u00e9sormais ouvertement un mod\u00e8le rest\u00e9 sourd \u00e0 la voix populaire. \u00bb<br>Ce d\u00e9senchantement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 s\u2019explique, selon lui, par un choix politique initialement guid\u00e9 par \u00ab l\u2019opportunisme \u00e9lectoral \u00bb plut\u00f4t que par une r\u00e9elle volont\u00e9 de stabilit\u00e9. M. Khenissa rappelle \u00e0 ce titre que \u00ab le Pr\u00e9sident avait justifi\u00e9 son refus de nommer un Premier ministre issu du Nouveau Front populaire pour \u00e9viter l\u2019instabilit\u00e9. Or, aujourd\u2019hui, il ne s\u2019agit plus d\u2019instabilit\u00e9 : c\u2019est une crise sans pr\u00e9c\u00e9dent qui met en p\u00e9ril la Ve R\u00e9publique elle-m\u00eame \u00bb.<br>Ce diagnostic rejoint celui de nombreux observateurs europ\u00e9ens qui voient dans cette crise la cons\u00e9quence d\u2019une pr\u00e9sidence hypercentralis\u00e9e, coup\u00e9e des r\u00e9alit\u00e9s sociales et des \u00e9quilibres partisans. \u00ab Il faut toujours pr\u00e9f\u00e9rer son pays \u00e0 son parti \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 r\u00e9cemment S\u00e9bastien Lecornu, une phrase que Badis Khenissa juge \u00abr\u00e9v\u00e9latrice de la d\u00e9rive clanique du pouvoir fran\u00e7ais, incapable de s\u2019\u00e9lever au-del\u00e0 des int\u00e9r\u00eats \u00e9lectoraux imm\u00e9diats. \u00bb<br>Au-del\u00e0 de l\u2019\u00e9pisode Lecornu, l\u2019expert souligne la mont\u00e9e d\u2019un climat d\u2019\u00ab instinct de survie politique \u00bb, nourri par les ambitions personnelles et la proximit\u00e9 des \u00e9ch\u00e9ances \u00e9lectorales : \u00ab Il y a des carri\u00e9ristes, des ambitions pr\u00e9sidentielles pour 2027, mais aussi les municipales qui approchent. \u00bb<br>Le syst\u00e8me macronien semble d\u00e9sormais fonctionner dans une logique de court terme, o\u00f9 chaque acteur cherche \u00e0 sauver sa position avant le naufrage.<br>Ainsi, la France entre dans une zone d\u2019incertitude politique majeure, que d\u2019aucuns comparent \u00e0 une \u00ab crise organique \u00bb au sens gramscien : celle d\u2019un pouvoir qui ne parvient plus \u00e0 gouverner, et d\u2019une opposition qui ne parvient pas encore \u00e0 incarner l\u2019alternative.<br>Pour Badis Khenissa, \u00ab cette situation marque la fin d\u2019un cycle. La Ve R\u00e9publique ne parvient plus \u00e0 absorber les chocs politiques, sociaux et institutionnels. Elle doit se r\u00e9inventer ou s\u2019effondrer sur elle-m\u00eame \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La fragmentation du camp Macron<br><\/strong>Pour Mohamed Achir, ma\u00eetre de conf\u00e9rences en \u00e9conomie, cette situation illustre \u00ab une fragmentation aggrav\u00e9e, non seulement au niveau du Parlement, mais aussi au sein m\u00eame de la minorit\u00e9 pr\u00e9sidentielle \u00bb.<br>Selon l\u2019universitaire, le pr\u00e9sident Emmanuel Macron se trouve aujourd\u2019hui dans une impasse politique majeure. \u00ab Macron essaie de gagner du temps \u00bb, explique-t-il, \u00ab en attendant d\u2019avoir des marges de n\u00e9gociation avec d\u2019autres formations politiques ou de reconstituer un peu son camp, celui de la majorit\u00e9 pr\u00e9sidentielle \u00bb. Mais cette strat\u00e9gie du temps long ne masque qu\u2019imparfaitement la d\u00e9sagr\u00e9gation d\u2019un pouvoir d\u00e9sormais sans base solide.<br>La d\u00e9mission de S\u00e9bastien Lecornu, suivie du d\u00e9part retentissant de Bruno Retailleau, a agi comme un catalyseur. \u00ab En quelque sorte, on peut dire que c\u2019est Retailleau qui a provoqu\u00e9 la situation de d\u00e9mission du Premier ministre \u00bb, souligne Mohamed Achir. Ces d\u00e9parts traduisent, selon lui, une crise de confiance interne et une rupture dans les \u00e9quilibres fragiles de la Macronie.<br>Le constat est s\u00e9v\u00e8re : \u00ab Le camp pr\u00e9sidentiel est fissur\u00e9 et cela provoque beaucoup de probl\u00e8mes pour le chef de l\u2019\u00c9tat, qui ne peut plus compter sur son socle politique traditionnel \u00bb, analyse M. Achir. Pire encore, ajoute-t-il, \u00ab il est d\u00e9sormais d\u00e9savou\u00e9 par la plupart des formations politiques, \u00e0 l\u2019exception du Parti socialiste, qui poursuit ses propres calculs politiciens et ses ambitions de pouvoir \u00bb.<br>Pour Mohamed Achir, la man\u0153uvre d\u2019Emmanuel Macron reste pr\u00e9visible : \u00ab Il va tenter de convaincre Lecornu de rester Premier ministre et d\u2019\u00e9largir les n\u00e9gociations \u00e0 d\u2019autres formations politiques. \u00bb Une hypoth\u00e8se de court terme, dict\u00e9e par la volont\u00e9 du Pr\u00e9sident de retarder une dissolution incertaine et politiquement risqu\u00e9e.<br>Mais au-del\u00e0 de la tactique, cette s\u00e9quence r\u00e9v\u00e8le la fin d\u2019un cycle. Entre d\u00e9saveu, fragmentation et isolement, Emmanuel Macron voit s\u2019\u00e9roder le socle m\u00eame de sa l\u00e9gitimit\u00e9 politique. Et selon Mohamed Achir, \u00ab cette perte de coh\u00e9rence interne pourrait, \u00e0 moyen terme, pr\u00e9cipiter la France dans une instabilit\u00e9 durable, o\u00f9 chaque compromis devient un aveu de faiblesse \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un s\u00e9isme<br><\/strong>Samy Kaidi, journaliste et consultant international, a de son c\u00f4t\u00e9 affirm\u00e9 qu\u2019 \u00ab il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un v\u00e9ritable s\u00e9isme politique \u00bb.<br>Dans une France d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9e par les divisions partisanes et l\u2019usure du macronisme, la chute express du nouvel ex\u00e9cutif r\u00e9v\u00e8le un d\u00e9sordre institutionnel profond. \u00ab Certains pr\u00e9f\u00e8reront parler de \u201ctemp\u00eate politique\u201d, mais en r\u00e9alit\u00e9, il y a eu une acc\u00e9l\u00e9ration de l\u2019histoire \u00bb, souligne M. Kaidi, \u00e9voquant une \u00ab d\u00e9cision surprenante prise \u00e0 la derni\u00e8re minute \u00bb dans un contexte o\u00f9 la pression s\u2019est rapidement intensifi\u00e9e, \u00e0 la fois \u00ab au sein du gouvernement et dans la classe politique \u00bb.<br>Selon lui, l\u2019architecture m\u00eame du gouvernement Lecornu portait en germe sa propre fragilit\u00e9. \u00ab Parmi les dix-huit membres de l\u2019ex\u00e9cutif fran\u00e7ais, quatre provenaient directement des R\u00e9publicains et douze appartenaient au bloc de droite \u00bb, rappelle-t-il. Ce d\u00e9s\u00e9quilibre, entre alliances opportunistes et rivalit\u00e9s latentes, a fini par rendre \u00ab la situation insoutenable au fil des heures \u00bb. Les tensions internes ont \u00e9t\u00e9 aggrav\u00e9es par les attaques venues de l\u2019ext\u00e9rieur. Marine Le Pen, chef de file du Rassemblement national, n\u2019a pas tard\u00e9 \u00e0 d\u00e9noncer \u00ab une crise de r\u00e9gime \u00bb, affirmant qu\u2019Emmanuel Macron n\u2019avait d\u00e9sormais \u00ab que deux choix : la dissolution ou la d\u00e9mission \u00bb. Ces propos, selon Samy Kaidi, traduisent \u00ab l\u2019onde de choc qui traverse tout le spectre politique fran\u00e7ais, de la droite r\u00e9publicaine jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extr\u00eame droite \u00bb.<br>L\u2019analyste estime que la d\u00e9cision du Pr\u00e9sident fran\u00e7ais r\u00e9sulte d\u2019une double pression : \u00ab Des pressions internes, au sein de l\u2019ex\u00e9cutif, mais aussi externes, venues d\u2019une classe politique en recomposition permanente. \u00bb Dans ce contexte de d\u00e9fiance g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, chaque d\u00e9cision pr\u00e9sidentielle appara\u00eet comme une man\u0153uvre de survie.<br>Pour Kaidi, l\u2019enjeu d\u00e9passe le simple \u00e9pisode gouvernemental : c\u2019est \u00ab la cr\u00e9dibilit\u00e9 du r\u00e9gime lui-m\u00eame \u00bb qui est mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve. L\u2019effritement du consensus au sommet de l\u2019\u00c9tat, conjugu\u00e9 \u00e0 la perte de rep\u00e8res id\u00e9ologiques, place la Ve R\u00e9publique \u00ab face \u00e0 une de ses plus grandes \u00e9preuves depuis des d\u00e9cennies \u00bb.<br>Le s\u00e9isme politique que traverse la France n\u2019est donc pas seulement institutionnel ; il est aussi symbolique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019\u00e9preuve du compromis<br><\/strong>Intervenant lors de la m\u00eame \u00e9mission, le politologue Mohamed Sa\u00efd Benazouz estime que cette crise n\u2019est pas seulement institutionnelle, mais culturelle. \u00ab Les responsables politiques fran\u00e7ais sont devenus plus politiciens que politiques \u00bb, observe-t-il, soulignant la d\u00e9rive d\u2019une classe dirigeante \u00ab davantage tourn\u00e9e vers le calcul partisan que vers la construction nationale \u00bb.<br>S\u00e9bastien Lecornu, pourtant per\u00e7u comme un homme de dialogue, \u00ab a travaill\u00e9 dans la discr\u00e9tion et cherch\u00e9 \u00e0 b\u00e2tir des ponts \u00bb, rappelle M. Benazouz. Son geste fort \u2014 le renoncement \u00e0 l\u2019article 49.3, symbole du passage en force l\u00e9gislatif \u2014 n\u2019a pourtant \u00abpas suffi \u00e0 convaincre tout le monde \u00bb. Ce refus d\u2019imposer les d\u00e9cisions par la contrainte aurait pu marquer un tournant d\u00e9mocratique, mais il s\u2019est heurt\u00e9 \u00e0 une classe politique fragment\u00e9e, prisonni\u00e8re de ses postures id\u00e9ologiques.<br>Pour Benazouz, ce blocage institutionnel s\u2019explique aussi par une mutation du syst\u00e8me de la Ve R\u00e9publique. \u00ab Si l\u2019on revient \u00e0 la Constitution de 1958, celle du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle, les pouvoirs du Pr\u00e9sident se sont accentu\u00e9s au d\u00e9triment du Parlement \u00bb, rappelle-t-il. Or, la France contemporaine est marqu\u00e9e par une \u00abr\u00e9alit\u00e9 parlementaire \u00e9clat\u00e9e \u00bb, o\u00f9 plus aucune force politique ne d\u00e9tient la majorit\u00e9 absolue.<br>Cette fragmentation du paysage politique fran\u00e7ais, in\u00e9dite depuis des d\u00e9cennies, rend la gouvernance presque impossible. Les exp\u00e9riences de cohabitation du pass\u00e9 ne suffisent plus \u00e0 servir de mod\u00e8le. \u00abAujourd\u2019hui, m\u00eame au niveau mondial, il faut que les politiciens commencent \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir en termes de coalition \u00bb, plaide M. Benazouz, estimant que la survie du r\u00e9gime d\u00e9pendra de la capacit\u00e9 des partis \u00e0 d\u00e9passer les logiques de clan.<br>S\u00e9bastien Lecornu lui-m\u00eame l\u2019a reconnu dans sa derni\u00e8re d\u00e9claration : \u00ab Personne n\u2019\u00e9tait majoritaire, mais tout le monde \u00e9tait intransigeant. \u00bb Pour le politologue, cette phrase r\u00e9sume le c\u0153ur du probl\u00e8me. La classe politique fran\u00e7aise, dit-il, souffre d\u2019une incapacit\u00e9 structurelle \u00e0 composer, \u00e0 partager le pouvoir, \u00e0 \u00e9couter l\u2019autre.<br>Avec une touche d\u2019ironie historique, Benazouz \u00e9voque la c\u00e9l\u00e8bre formule du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle : \u00ab Comment voulez-vous gouverner un pays qui produit 246 types de fromages ? \u00bb Une m\u00e9taphore qui, selon lui, n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi pertinente. \u00ab Elle illustre la diversit\u00e9 des opinions, mais aussi l\u2019extr\u00eame difficult\u00e9 \u00e0 concilier des int\u00e9r\u00eats divergents dans une d\u00e9mocratie fragment\u00e9e\u00bb, commente-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Remettre en question le mod\u00e8le fran\u00e7ais<br><\/strong>Ce qui se joue aujourd\u2019hui en France d\u00e9passe la simple d\u00e9mission d\u2019un Premier ministre ou la recomposition d\u2019un gouvernement : c\u2019est la remise en question d\u2019un mod\u00e8le r\u00e9publicain fond\u00e9 sur la verticalit\u00e9 du pouvoir et la personnalisation extr\u00eame de la d\u00e9cision.<br>Les analyses crois\u00e9es de Badis Khenissa, Mohamed Achir, Samy Kaidi et Mohamed Sa\u00efd Benazouz dressent le portrait d\u2019une R\u00e9publique fatigu\u00e9e, min\u00e9e par les fractures partisanes, l\u2019usure du Macronisme et l\u2019incapacit\u00e9 collective \u00e0 inventer un nouveau contrat politique. Le Macronisme, qui se voulait d\u00e9passement des clivages, s\u2019ach\u00e8ve dans la confusion des alliances et la d\u00e9sagr\u00e9gation du centre. La France se retrouve face \u00e0 elle-m\u00eame, confront\u00e9e \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une refondation d\u00e9mocratique.<br>Cette crise, observ\u00e9e avec attention depuis les capitales europ\u00e9ennes, traduit la fin d\u2019une illusion : celle d\u2019une stabilit\u00e9 institutionnelle garantie par la seule autorit\u00e9 pr\u00e9sidentielle. Le temps des compromis est venu. Mais pour qu\u2019il advienne, encore faut-il que la classe politique fran\u00e7aise accepte de substituer au r\u00e9flexe partisan une v\u00e9ritable culture de coalition et de dialogue. Faute de quoi, la Ve R\u00e9publique, \u00e9puis\u00e9e par ses contradictions internes, pourrait bien s\u2019effondrer non pas sous le poids d\u2019une opposition, mais sous celui de son propre mod\u00e8le.<br><strong>G. Salah Eddine<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors de l\u2019\u00e9mission \u00abVision\u00bb diffus\u00e9e mercredi soir sur Canal Alg\u00e9rie, plusieurs experts sont revenus sur la crise politique actuelle qui secoue la France, affirmant que la politique fran\u00e7aise est aujourd\u2019hui \u00e0 bout de souffle. La d\u00e9mission surprise du Premier ministre S\u00e9bastien Lecornu, moins d\u2019un mois apr\u00e8s sa nomination, a plong\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":52381,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[65],"tags":[396],"class_list":["post-52380","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-monde","tag-france"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/52380","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=52380"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/52380\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":52382,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/52380\/revisions\/52382"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/52381"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=52380"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=52380"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=52380"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}