{"id":53762,"date":"2025-11-03T00:57:00","date_gmt":"2025-11-03T00:57:00","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=53762"},"modified":"2026-02-13T19:12:14","modified_gmt":"2026-02-13T19:12:14","slug":"avis-dexperts-sur-la-derniere-resolution-du-conseil-de-securite-sur-la-question-sahraouie-entre-la-legalite-internationale-et-la-logique-des-puissances","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=53762","title":{"rendered":"Avis d\u2019experts sur la derni\u00e8re r\u00e9solution du Conseil de S\u00e9curit\u00e9 sur la question sahraouie : Entre la l\u00e9galit\u00e9 internationale et la logique des puissances"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/rasd-1-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-53763\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/rasd-1-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/rasd-1-300x169.jpg 300w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/rasd-1-768x432.jpg 768w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/rasd-1.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le d\u00e9bat autour de la derni\u00e8re r\u00e9solution du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 sur la question du Sahara occidental a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un malaise profond au sein de la communaut\u00e9 internationale : celui d\u2019un d\u00e9s\u00e9quilibre croissant entre la l\u00e9galit\u00e9 internationale et la logique des puissances.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019analyse d\u2019experts intervenant samedi dernier sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision AL24 NEWS de cette r\u00e9solution met en lumi\u00e8re un glissement inqui\u00e9tant, o\u00f9 le droit c\u00e8de le pas \u00e0 la politique et o\u00f9 le principe d\u2019autod\u00e9termination, pierre angulaire du droit international, semble rel\u00e9gu\u00e9 au second plan.<br>Prenant la parole en premier, le Pr Abdelatif Bouroubi, expert en g\u00e9opolitique, estime que cette d\u00e9rive marque une rupture dans la tradition juridique du Conseil de s\u00e9curit\u00e9. \u00ab La lecture de cette r\u00e9solution peut se faire sous plusieurs angles. Nous pensions jusqu\u2019ici que le Conseil de s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 travers ses d\u00e9cisions, exprimait un consensus fond\u00e9 sur une approche juridique solide. Or, on constate que cette nouvelle r\u00e9solution n\u2019est pas b\u00e2tie sur les pr\u00e9c\u00e9dentes. Elle traduit un parti pris \u00e9vident, orient\u00e9 dans une seule direction. Elle ne d\u00e9finit ni clairement les parties au conflit, ni la m\u00e9thodologie, ni m\u00eame les param\u00e8tres du processus, sinon selon une logique et une orientation uniques \u00bb a-t-il expliqu\u00e9 en longeur.<br>En effet, depuis 2007, la dynamique du dossier sahraoui reposait sur une reconnaissance claire des acteurs : le Maroc et le Front Polisario. Cette base avait permis de maintenir une forme de coh\u00e9rence institutionnelle autour du processus de paix, avec la MINURSO comme instrument de mise en \u0153uvre du r\u00e9f\u00e9rendum d\u2019autod\u00e9termination. \u00ab Entre 2007 et 2024, plus de vingt r\u00e9solutions ont d\u00e9fini les parties au conflit : le Front Polisario et le Maroc. De plus, la mission de la MINURSO a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1991 pr\u00e9cis\u00e9ment pour organiser un r\u00e9f\u00e9rendum d\u2019autod\u00e9termination. C\u2019est l\u00e0 sa raison d\u2019\u00eatre et le fondement de son mandat \u00bb, rappelle le Pr Bouroubi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Washington oublie l\u2019essence du probl\u00e8me<br><\/strong>Cette tendance \u00e0 la personnalisation du processus de d\u00e9cision, notamment par les \u00c9tats-Unis, inqui\u00e8te nombre d\u2019observateurs. En cherchant \u00e0 imposer leur propre lecture du dossier, Washington et ses alli\u00e9s semblent oublier que la question du Sahara occidental rel\u00e8ve d\u2019abord du droit des peuples \u00e0 disposer d\u2019eux-m\u00eames, non d\u2019un marchandage g\u00e9opolitique.<br>Ahmed Mohamed Nafi, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Union des travailleurs sahraouis, partage ce constat amer. Dans son intervention, il a replac\u00e9 cette crise dans un contexte mondial plus large, celui d\u2019une \u00e9poque o\u00f9 les principes fondateurs de la communaut\u00e9 internationale vacillent. \u00ab Nous vivons dans un monde domin\u00e9 par les tensions et les bouleversements, o\u00f9 la logique des int\u00e9r\u00eats a pris le pas sur les valeurs et les principes. Nous l\u2019avons vu depuis deux ans avec la guerre \u00e0 Ghaza, marqu\u00e9e par un g\u00e9nocide contre le peuple palestinien sans d\u00e9fense. Le peuple sahraoui, lui aussi, subit depuis cinquante ans une forme d\u2019injustice similaire. \u00bb<br>Pour lui, la responsabilit\u00e9 de la communaut\u00e9 internationale est clairement engag\u00e9e. L\u2019inaction prolong\u00e9e du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 et la complaisance de certaines puissances ont permis au statu quo de s\u2019enraciner. Ce qui devait \u00eatre une mission temporaire \u2014 la MINURSO \u2014 s\u2019est transform\u00e9 en symbole d\u2019immobilisme diplomatique. \u00ab Cela fait trente ans que les r\u00e9solutions onusiennes demandent l\u2019organisation d\u2019un r\u00e9f\u00e9rendum d\u2019autod\u00e9termination. La MINURSO, cr\u00e9\u00e9e en septembre 1991, devait le tenir dans un d\u00e9lai de six mois. Cela n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 fait. \u00c0 quoi servent donc les r\u00e9solutions si elles ne sont pas contraignantes ? \u00bb s\u2019interroge Nafi.<br>L\u2019homme pointe \u00e9galement le double jeu des puissances occidentales, en particulier des \u00c9tats-Unis et de la France. Selon lui, leur soutien constant au Maroc n\u2019a rien d\u2019un hasard. \u00ab Les \u00c9tats-Unis et la France ont toujours soutenu, de mani\u00e8re flagrante, le colonialisme marocain au Sahara occidental, et cherchent aujourd\u2019hui \u00e0 le l\u00e9gitimer par un \u201cancrage \u00e9conomique\u201d du statu quo, dont ils tirent profit. \u00bb Derri\u00e8re les discours sur la stabilit\u00e9 r\u00e9gionale se cachent des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques colossaux, li\u00e9s \u00e0 l\u2019exploitation des ressources naturelles sahraouies \u2014 phosphates, p\u00eache, \u00e9nergies renouvelables. Face \u00e0 cette instrumentalisation du droit, l\u2019Alg\u00e9rie tente de raviver le d\u00e9bat sur la l\u00e9gitimit\u00e9 du syst\u00e8me onusien. Elle plaide pour un retour \u00e0 la vocation initiale des Nations unies : celle d\u2019un organe garantissant la justice, et non un simple relais des grandes puissances. Nafi insiste sur ce point : \u00ab Alger a tir\u00e9 la sonnette d\u2019alarme : nous avons besoin d\u2019une ONU fid\u00e8le \u00e0 son r\u00f4le d\u2019organe ex\u00e9cutif des d\u00e9cisions de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale et du Comit\u00e9 sp\u00e9cial de d\u00e9colonisation.\u00bb La question du Sahara occidental reste, rappelons-le, une question de d\u00e9colonisation inscrite \u00e0 l\u2019agenda de la 4e Commission des Nations unies. Elle concerne un territoire non autonome parmi les 17 encore r\u00e9pertori\u00e9s comme tels. Mais, comme le souligne Nafi, \u00abl\u2019expression \u201cnon autonome\u201d ne signifie pas automatiquement \u201cautonomie\u201d. Elle pose plut\u00f4t la question de comment les Sahraouis peuvent exercer leur droit \u00e0 se gouverner eux-m\u00eames \u00bb.<br>En r\u00e9alit\u00e9, ce qui se joue \u00e0 New York d\u00e9passe largement les fronti\u00e8res du Sahara occidental. C\u2019est la cr\u00e9dibilit\u00e9 m\u00eame du multilat\u00e9ralisme qui est en jeu. Comment croire \u00e0 la neutralit\u00e9 du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 lorsque certaines r\u00e9solutions sont calibr\u00e9es pour satisfaire les int\u00e9r\u00eats d\u2019un seul camp ? Comment pr\u00e9tendre \u00e0 la d\u00e9fense du droit international tout en ignorant le principe d\u2019autod\u00e9termination ?<br>Au fond, le message des deux experts converge : le probl\u00e8me n\u2019est pas juridique, il est politique. Et la solution ne viendra pas des capitales occidentales, mais du peuple sahraoui lui-m\u00eame. Comme le r\u00e9sume Nafi avec gravit\u00e9 : \u00abLe seul d\u00e9tenteur de la d\u00e9cision finale reste le peuple sahraoui lui-m\u00eame. C\u2019est lui \u2014 et lui seul \u2014 qui doit \u00eatre consult\u00e9 sur son avenir. Quelle que soit l\u2019agenda des puissances, nul ne peut imposer une \u00e9quation politique en niant la volont\u00e9 d\u2019un peuple. Et ce peuple a d\u00e9j\u00e0 dit qu\u2019il poursuivra la voie qu\u2019il aura librement choisie. \u00bb La v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est que tant que ce droit fondamental restera suspendu, le Sahara occidental demeurera un miroir des contradictions du monde contemporain : un espace o\u00f9 les discours sur la justice et la libert\u00e9 se heurtent aux calculs du pouvoir et aux silences int\u00e9ress\u00e9s des grandes nations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une r\u00e9gression de la doctrine onusienne<br><\/strong>La nouvelle r\u00e9solution du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 sur le Sahara occidental est, selon les intervenants, une r\u00e9gression dangereuse dans la doctrine onusienne de d\u00e9colonisation. Loin de marquer une avanc\u00e9e, ce texte rel\u00e8ve de la pr\u00e9\u00e9minence des calculs politiques sur les principes du droit international.<br>Le Pr Bouroubi a rappell\u00e9 d\u2019embl\u00e9e que ce texte \u00ab ne refl\u00e8te ni fid\u00e8lement ni suffisamment la doctrine onusienne en mati\u00e8re de d\u00e9colonisation \u00bb. L\u2019universitaire souligne que l\u2019Alg\u00e9rie, en participant \u00ab de bonne foi et avec un esprit constructif aux n\u00e9gociations pour am\u00e9liorer le texte initial \u00bb, a cherch\u00e9 \u00e0 consacrer le \u00ab droit inali\u00e9nable du peuple sahraoui \u00e0 l\u2019autod\u00e9termination \u00bb. Pourtant, ce principe fondateur semble aujourd\u2019hui vid\u00e9 de sa substance.<br>L\u2019expert d\u00e9nonce une d\u00e9rive structurelle : le Conseil de s\u00e9curit\u00e9, cens\u00e9 \u00eatre le gardien de la paix et de la l\u00e9galit\u00e9 internationale, agit d\u00e9sormais comme un organe \u00e9minemment politique. \u00ab Il faut comprendre que le Conseil de s\u00e9curit\u00e9, bien qu\u2019il soit une institution onusienne, fonctionne sur un registre politique. Ses d\u00e9cisions expriment avant tout les int\u00e9r\u00eats des \u00c9tats les plus influents, pas la justice internationale. \u00bb Cette franchise met en lumi\u00e8re un constat amer : la g\u00e9opolitique a remplac\u00e9 le droit comme boussole de l\u2019action multilat\u00e9rale. Depuis la r\u00e9solution 1754 de 2007, la question du Sahara occidental \u00e9tait pourtant encadr\u00e9e par des principes clairs : identification des parties au conflit \u2014 le Maroc et le Front Polisario \u2014, organisation d\u2019un r\u00e9f\u00e9rendum d\u2019autod\u00e9termination et supervision du processus par les Nations unies. Bouroubi insiste sur la rupture historique qu\u2019introduit le dernier texte : \u00ab Ce nouveau texte marque un recul par rapport \u00e0 toutes les r\u00e9solutions ant\u00e9rieures. Il efface les fondements juridiques \u00e9tablis depuis 2007, en particulier la reconnaissance du Front Polisario comme partie l\u00e9gitime au conflit. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Des man\u0153uvres non innocentes<br><\/strong>Le politologue Amar Sigha partage ce constat, mais va plus loin en d\u00e9non\u00e7ant \u00ab des man\u0153uvres non innocentes visant \u00e0 instrumentaliser une organisation internationale qui devrait \u00eatre un espace de justice et de stabilit\u00e9 mondiale \u00bb. Il estime que la situation actuelle est le fruit d\u2019une s\u00e9rie de manipulations diplomatiques et d\u2019un biais syst\u00e9mique au sein du Conseil de s\u00e9curit\u00e9. M. Sigha expose la triple approche d\u00e9fendue par l\u2019Alg\u00e9rie dans ce dossier. La premi\u00e8re est le maintien du principe de l\u2019autod\u00e9termination comme fondement de toute solution politique : \u00ab L\u2019Alg\u00e9rie part d\u2019un principe constant : la r\u00e9alisation du droit du peuple sahraoui \u00e0 l\u2019autod\u00e9termination. C\u2019est une conviction enracin\u00e9e dans l\u2019histoire m\u00eame de la lutte sahraouie et dans la doctrine des Nations unies. \u00bb La deuxi\u00e8me approche est la pr\u00e9vention de l\u2019escalade et la d\u00e9fense du r\u00f4le de la MINURSO, la mission onusienne charg\u00e9e du suivi de la situation sur le terrain. Or, selon Sigha, il existe \u00ab une tentative claire de liquidation de la MINURSO, qui reste pourtant le t\u00e9moin direct des violations et des exactions commises dans les territoires sahraouis occup\u00e9s \u00bb. Sa disparition marquerait, dit-il, \u00ab la fin de la seule pr\u00e9sence internationale capable de rendre compte de la r\u00e9alit\u00e9 des crimes et des pressions exerc\u00e9es sur le peuple sahraoui \u00bb.<br>Enfin, la troisi\u00e8me approche alg\u00e9rienne concerne la lutte contre l\u2019influence politique et \u00e9conomique des puissances \u00e9trang\u00e8res. Sigha d\u00e9nonce \u00ab un parti pris flagrant, soutenu par des puissances internationales complices, qui cherchent \u00e0 contourner les d\u00e9cisions onusiennes \u00bb. Pour lui, il ne s\u2019agit plus seulement de diplomatie, mais d\u2019un r\u00e9seau d\u2019int\u00e9r\u00eats imbriqu\u00e9s : \u00ab Le Maroc a tent\u00e9 de monnayer le soutien politique, comme il l\u2019a fait au Parlement europ\u00e9en, en achetant des voix et des faveurs pour influencer les r\u00e9solutions sur le Sahara occidental. \u00bb<br>Sigha \u00e9voque les d\u00e9cisions de la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne, qui ont invalid\u00e9 plusieurs accords commerciaux entre l\u2019UE et le Maroc au motif qu\u2019ils incluaient ill\u00e9galement le territoire sahraoui.<br>Dans ce contexte, l\u2019universitaire alg\u00e9rien estime que le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 est devenu \u00ab un instrument de d\u00e9s\u00e9quilibre, incapable de consacrer la justice internationale dans certaines r\u00e9gions du monde \u00bb. Pire encore, il constate \u00abune imposition du fait accompli au peuple sahraoui, \u00e0 travers une logique de puissance qui remplace le droit par la force\u00bb.<br>Pour Amar Sigha, la persistance des violations dans les territoires occup\u00e9s, les manifestations r\u00e9prim\u00e9es dans les villes sahraouies et la censure m\u00e9diatique t\u00e9moignent d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 que le monde pr\u00e9f\u00e8re ignorer. \u00ab Le silence international et le black-out m\u00e9diatique autour des violations des droits humains au Sahara occidental ne font qu\u2019aggraver l\u2019injustice. Pourtant, ces faits constituent une preuve suppl\u00e9mentaire de la l\u00e9gitimit\u00e9 du combat sahraoui. \u00bb<br>L\u2019Alg\u00e9rie, rappelle-t-il, ne cherche pas \u00e0 tirer profit de ce dossier, mais \u00e0 d\u00e9fendre un principe universel : celui du droit des peuples \u00e0 disposer d\u2019eux-m\u00eames. \u00ab L\u2019Alg\u00e9rie se tient aux c\u00f4t\u00e9s du peuple sahraoui, non par opportunisme, mais par fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 sa doctrine constante de soutien aux causes justes et aux luttes de lib\u00e9ration. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La conscience des peuples face au silence du droit<br><\/strong>Pour Ahmed Nafi, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Union des travailleurs sahraouis, l\u2019enjeu est clair : \u00ab Nous vivons dans un monde domin\u00e9 par les tensions et les bouleversements, o\u00f9 la logique des int\u00e9r\u00eats a pris le pas sur les valeurs et les principes. \u00bb L\u2019homme d\u00e9nonce le r\u00f4le majeur de certains \u00c9tats, notamment les \u00c9tats Unis d\u2019Am\u00e9rique et la France, qu\u2019il accuse d\u2019avoir soutenu \u00ab de mani\u00e8re flagrante le colonialisme marocain \u00bb et de \u00ab chercher aujourd\u2019hui \u00e0 le l\u00e9gitimer par un ancrage \u00e9conomique du statu quo \u00bb. Selon lui, cette posture remet en cause la capacit\u00e9 m\u00eame du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 \u00eatre un acteur de justice internationale.<br>La conclusion logique, mais aussi la plus d\u00e9rangeante, c\u2019est que le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 est aujourd\u2019hui \u00e0 la crois\u00e9e des chemins : entre sa vocation originelle \u2014 garantir la paix par le droit \u2014 et sa d\u00e9rive contemporaine \u2014 maintenir l\u2019ordre par le rapport de force. La question du Sahara occidental n\u2019est plus seulement une affaire r\u00e9gionale ; elle est devenue le r\u00e9v\u00e9lateur d\u2019une crise syst\u00e9mique du multilat\u00e9ralisme.Ce dossier met \u00e0 nu une v\u00e9rit\u00e9 que beaucoup pr\u00e9f\u00e8rent contourner : les r\u00e9solutions sans courage ne produisent que des injustices prolong\u00e9es. En vidant le principe d\u2019autod\u00e9termination de son contenu, la communaut\u00e9 internationale signe une d\u00e9faite morale, celle d\u2019un monde qui se pr\u00e9tend fond\u00e9 sur le droit mais ob\u00e9it \u00e0 la logique des alliances et des profits. L\u2019histoire, en tout cas, retiendra ceux qui ont d\u00e9fendu le principe, pas ceux qui l\u2019ont marchand\u00e9. Le Sahara occidental n\u2019est pas un \u00ab dossier gel\u00e9 \u00bb, c\u2019est le miroir du XXI\u1d49 si\u00e8cle, o\u00f9 se joue la derni\u00e8re bataille entre la raison d\u2019\u00c9tat et la conscience des peuples.<br><strong>G. Salah Eddine<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le d\u00e9bat autour de la derni\u00e8re r\u00e9solution du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 sur la question du Sahara occidental a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un malaise profond au sein de la communaut\u00e9 internationale : celui d\u2019un d\u00e9s\u00e9quilibre croissant entre la l\u00e9galit\u00e9 internationale et la logique des puissances. 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