{"id":57820,"date":"2026-03-22T23:24:14","date_gmt":"2026-03-22T23:24:14","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=57820"},"modified":"2026-03-22T23:24:14","modified_gmt":"2026-03-22T23:24:14","slug":"aid-el-fitr-a-ghaza-celebrer-sous-les-ruines-resister-par-la-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=57820","title":{"rendered":"A\u00efd el-Fitr \u00e0 Ghaza : C\u00e9l\u00e9brer sous les ruines, r\u00e9sister par la vie"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"585\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/ghaza-1-1024x585.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-57821\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/ghaza-1-1024x585.jpg 1024w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/ghaza-1-300x171.jpg 300w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/ghaza-1-768x439.jpg 768w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/ghaza-1.jpg 1115w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Cette ann\u00e9e, l\u2019A\u00efd el-Fitr n\u2019a pas le go\u00fbt habituel de f\u00eate dans la bande de Ghaza. Il s\u2019impose dans un contexte humain d\u2019une gravit\u00e9 exceptionnelle, o\u00f9 la c\u00e9l\u00e9bration se confond avec la survie et o\u00f9 chaque geste du quotidien devient un acte de r\u00e9sistance.<br>\u00c0 Ghaza, l\u2019A\u00efd ne commence pas avec des rires. Il commence avec le silence. Un silence lourd, presque irr\u00e9el, qui plane au-dessus des tentes, des immeubles \u00e9ventr\u00e9s et des rues vid\u00e9es de leur insouciance. Ici, l\u2019A\u00efd el-Fitr n\u2019est pas une parenth\u00e8se festive. C\u2019est un acte de r\u00e9sistance.<br>Plus de 2,4 millions de Palestiniens entrent dans cette f\u00eate dans des conditions que m\u00eame les mots ont du mal \u00e0 contenir. Blocus, p\u00e9nuries, services effondr\u00e9s\u2026 tout ce qui fait normalement tenir une soci\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 fragilis\u00e9, parfois d\u00e9truit. Et pourtant, quelque chose tient encore. Une volont\u00e9 presque obstin\u00e9e de continuer.<br>Imagine un instant. Tu es parent. Ton enfant te regarde, attendant ce moment de joie qu\u2019il associe \u00e0 l\u2019A\u00efd. Sauf que cette ann\u00e9e, il n\u2019y a ni v\u00eatements neufs, ni abondance, ni l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Il y a des prix qui explosent, des \u00e9tals \u00e0 moiti\u00e9 vides, et ce calcul permanent : acheter le strict n\u00e9cessaire\u2026 ou rien du tout.<br>C\u2019est exactement ce que raconte Lina Abou Talal, journaliste et m\u00e8re de famille. Apr\u00e8s deux ans de guerre, offrir de la joie devient un d\u00e9fi quotidien. Elle fait ce que beaucoup font ici : r\u00e9duire, adapter, improviser. Garder un minimum, juste assez pour que les enfants sentent encore que ce jour compte.<br>Parce que oui, m\u00eame ici, l\u2019A\u00efd compte.<br>Mais il est diff\u00e9rent. Plus discret. Presque retenu. Par respect pour les martyrs, les bless\u00e9s, les disparus. La f\u00eate ne s\u2019efface pas, elle se transforme. Elle devient sobre, int\u00e9rieure, presque fragile.<br>Dans les march\u00e9s, les sc\u00e8nes sont r\u00e9v\u00e9latrices. Les gens avancent lentement, comparent, h\u00e9sitent. Les mains se tendent vers les produits, puis se retirent. Trop cher. Trop peu. Pas essentiel. L\u2019\u00e9conomie de survie a remplac\u00e9 celle du quotidien.<br>Houda Jemaline, m\u00e9decin, vit d\u00e9sormais sous une tente apr\u00e8s avoir perdu son domicile. Elle parle de s\u00e9quelles profondes, pas seulement mat\u00e9rielles, mais psychologiques. Et malgr\u00e9 tout, elle essaie. Elle insiste. Apporter un sourire \u00e0 ses enfants devient une mission.<br>C\u2019est \u00e7a, la vraie histoire ici. Pas seulement la souffrance. Mais l\u2019effort constant pour ne pas laisser la vie dispara\u00eetre.<br>M\u00eame les traditions r\u00e9sistent. Parfois de mani\u00e8re presque symbolique. Dans des cuisines improvis\u00e9es, entre deux murs ab\u00eem\u00e9s ou sous une b\u00e2che, l\u2019odeur des g\u00e2teaux de l\u2019A\u00efd revient timidement. Semoule, sucre, beurre\u2026 des ingr\u00e9dients simples, mais charg\u00e9s de sens.<br>Sawsan Najadi, engag\u00e9e dans le social, le dit clairement : ce n\u2019est pas une question de d\u00e9pense. C\u2019est une question de dignit\u00e9. Faire un g\u00e2teau, m\u00eame modeste, c\u2019est dire aux enfants que la vie continue. Que tout n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9.<br>Et c\u2019est l\u00e0 que \u00e7a devient presque irr\u00e9el. Parce que pendant que le monde parle de g\u00e9opolitique, de strat\u00e9gies et d\u2019\u00e9quilibres r\u00e9gionaux, \u00e0 Ghaza, la bataille est beaucoup plus simple\u2026 et beaucoup plus humaine. Garder un peu de normalit\u00e9 et de chaleur. Garder un peu d\u2019espoir.<br>Alors non, il n\u2019y a pas de grande f\u00eate. Pas de d\u00e9corations flamboyantes ni d\u2019exc\u00e8s. Mais il y a quelque chose de plus puissant, presque d\u00e9rangeant dans sa force.<br>Une population qui, malgr\u00e9 tout, refuse de c\u00e9der compl\u00e8tement.<br>Et si on regarde bien, c\u2019est peut-\u00eatre \u00e7a, la vraie d\u00e9finition de la r\u00e9silience. Pas les grands discours. Juste des gens qui, dans le chaos, continuent \u00e0 pr\u00e9parer un g\u00e2teau, \u00e0 sourire \u00e0 leurs enfants, et \u00e0 croire, m\u00eame un peu, que demain peut encore exister.<br><strong>G. S. E.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette ann\u00e9e, l\u2019A\u00efd el-Fitr n\u2019a pas le go\u00fbt habituel de f\u00eate dans la bande de Ghaza. 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