{"id":60769,"date":"2026-04-29T00:18:00","date_gmt":"2026-04-29T00:18:00","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=60769"},"modified":"2026-04-29T16:22:41","modified_gmt":"2026-04-29T16:22:41","slug":"face-aux-risques-au-mali-alger-prone-lunite-et-la-fermete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=60769","title":{"rendered":"Face aux risques au Mali : Alger pr\u00f4ne l\u2019unit\u00e9 et la fermet\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"580\" height=\"350\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mae.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-60770\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mae.jpg 580w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/mae-300x181.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Lors de l\u2019\u00e9mission \u00ab Edition sp\u00e9ciale\u00bb diffus\u00e9e lundi soir sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision AL24 News, des experts sont revenus sur la situation s\u00e9curitaire au Mali. Ils ont unanimement alert\u00e9 sur une d\u00e9gradation rapide et coordonn\u00e9e de la situation s\u00e9curitaire mettant en garde contre un risque r\u00e9el de fragmentation du pays, sur fond d\u2019\u00e9chec de la strat\u00e9gie s\u00e9curitaire actuelle.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le Mali traverse l\u2019une des s\u00e9quences les plus critiques de son histoire r\u00e9cente, et cette fois, il ne s\u2019agit pas d\u2019une simple r\u00e9surgence de violences cycliques. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle du pays, les signaux convergent vers une crise syst\u00e9mique, profonde, o\u00f9 l\u2019effondrement s\u00e9curitaire se combine \u00e0 une fragilisation politique in\u00e9dite. \u00c0 quelques centaines de kilom\u00e8tres de la fronti\u00e8re alg\u00e9rienne longue de 1.330 km, l\u2019instabilit\u00e9 s\u2019intensifie, avec des implications directes pour l\u2019ensemble de la r\u00e9gion sah\u00e9lo-saharienne.<br>Tout bascule \u00e0 l\u2019aube du 25 avril. \u00c0 5 heures du matin, une offensive surprise, simultan\u00e9e et m\u00e9thodiquement coordonn\u00e9e, frappe le Mali du nord au sud. Bamako, Gao, Kidal, mais aussi plusieurs autres localit\u00e9s strat\u00e9giques, sont cibl\u00e9es dans une op\u00e9ration qui porte clairement les marques d\u2019une planification avanc\u00e9e. L\u2019objectif semble \u00e9vident : d\u00e9sorganiser, d\u00e9sorienter et frapper au c\u0153ur du pouvoir.<br>Le point n\u00e9vralgique de cette attaque reste la ville de Kati, v\u00e9ritable centre de gravit\u00e9 militaire du r\u00e9gime, situ\u00e9e \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de la capitale Bamako. Des explosions y retentissent, provoquant une onde de choc politique et s\u00e9curitaire. Le ministre de la D\u00e9fense, le g\u00e9n\u00e9ral Sadio Kamara, y perd la vie. D\u2019autres figures cl\u00e9s de l\u2019appareil s\u00e9curitaire sont touch\u00e9es, certaines gri\u00e8vement bless\u00e9es, d\u2019autres potentiellement \u00e9limin\u00e9es. Dans le m\u00eame temps, des informations troublantes circulent autour de l\u2019absence du chef de l\u2019\u00c9tat Assimi Go\u00efta, alimentant les sp\u00e9culations sur une crise de commandement au sommet.<br>Mais ce qui frappe le plus les observateurs, au-del\u00e0 de la violence, c\u2019est la sophistication relative du mode op\u00e9ratoire. Des combattants infiltrent des positions sensibles, parfois v\u00eatus d\u2019uniformes de l\u2019arm\u00e9e malienne, avant de lancer des assauts rapides, cibl\u00e9s, puis de se retirer. Une tentative d\u2019attaque contre Bamako est signal\u00e9e, repouss\u00e9e selon les autorit\u00e9s, mais r\u00e9v\u00e9latrice d\u2019un changement d\u2019\u00e9chelle.<br>Au nord, la situation est tout aussi critique. Le Front de lib\u00e9ration de l\u2019Azawad m\u00e8ne une offensive coordonn\u00e9e et reprend plusieurs villes, dont Kidal, haut lieu de la r\u00e9bellion touar\u00e8gue et symbole politique majeur depuis pr\u00e8s de deux d\u00e9cennies.<br>Pour l\u2019expert s\u00e9curitaire Akram Kharief, cette s\u00e9quence ne peut \u00eatre comprise qu\u2019\u00e0 la lumi\u00e8re des \u00e9volutions r\u00e9centes du conflit. Il nuance d\u2019embl\u00e9e le caract\u00e8re totalement in\u00e9dit de la situation, tout en reconnaissant une rupture claire dans sa configuration :<br>\u00ab Ce n\u2019est pas in\u00e9dit dans le sens o\u00f9 le Mali a d\u00e9j\u00e0 connu des \u00e9pisodes de tr\u00e8s forte intensit\u00e9, notamment l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier avec le blocus de Bamako, ou encore les offensives dans l\u2019ouest du pays qui avaient coup\u00e9 les axes vers la Mauritanie et le S\u00e9n\u00e9gal, perturbant gravement les approvisionnements en denr\u00e9es alimentaires et en carburant. Mais ce qui est in\u00e9dit cette fois, c\u2019est la combinaison des forces en pr\u00e9sence. On voit pour la premi\u00e8re fois une coordination op\u00e9rationnelle entre les forces de lib\u00e9ration de l\u2019Azawad et le groupe terroriste Muslimine G\u00e9nim. Cette alliance, m\u00eame circonstancielle, change compl\u00e8tement la nature du conflit. \u00bb<br>Dans cette analyse, un point cl\u00e9 \u00e9merge : la convergence entre des groupes aux objectifs historiquement diff\u00e9rents. Les mouvements ind\u00e9pendantistes touaregs, centr\u00e9s sur une revendication territoriale, semblent d\u00e9sormais capables de coop\u00e9rer avec des organisations jihadistes \u00e0 vocation transnationale.<br>De son c\u00f4t\u00e9, le sp\u00e9cialiste du droit international Basem Larej insiste sur la dimension tactique de cette offensive, qu\u2019il d\u00e9crit comme particuli\u00e8rement efficace malgr\u00e9 des moyens apparemment limit\u00e9s :<br>\u00ab On a assist\u00e9 \u00e0 une attaque exceptionnelle par son ampleur g\u00e9ographique et sa coordination. Plusieurs villes ont \u00e9t\u00e9 cibl\u00e9es simultan\u00e9ment, avec des points strat\u00e9giques comme Kati et Kidal. Mais surtout, la strat\u00e9gie adopt\u00e9e par les groupes rebelles et jihadistes repose sur une logique de mobilit\u00e9 extr\u00eame. Ils utilisent des motos, des pick-up l\u00e9gers, tr\u00e8s peu de mat\u00e9riel lourd. Cela leur permet de frapper vite, fort, puis de se retirer avant m\u00eame que les forces r\u00e9guli\u00e8res puissent organiser une riposte efficace. \u00bb<br>Il ajoute : \u00ab Cette tactique n\u2019est pas nouvelle dans le Sahel, mais ce qui est nouveau ici, c\u2019est le niveau de coordination. L\u2019op\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 parfaitement synchronis\u00e9e entre les diff\u00e9rents groupes. Cela fait plus d\u2019un an qu\u2019il y a des discussions entre les forces de l\u2019Azawad et les structures du JNIM pour former une coalition. Et cette fois, on voit le r\u00e9sultat concret de ces n\u00e9gociations. L\u2019efficacit\u00e9 est redoutable, avec des pertes importantes du c\u00f4t\u00e9 des forces maliennes, y compris au plus haut niveau de l\u2019\u00c9tat. \u00bb<br>Sur le plan symbolique et strat\u00e9gique, la reprise de Kidal constitue un tournant. Ville embl\u00e9matique, consid\u00e9r\u00e9e comme la \u201ccapitale\u201d des revendications touar\u00e8gues, sa perte affaiblit consid\u00e9rablement le pouvoir central. Dans le m\u00eame temps, l\u2019attaque contre Kati envoie un message clair : m\u00eame le c\u0153ur du dispositif s\u00e9curitaire n\u2019est plus \u00e0 l\u2019abri.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le point de rupture est proche<br><\/strong>De son cot\u00e9, intervenant sur la m\u00eame \u00e9mission, Basem Larej, expert en g\u00e9opolitique souligne \u00e9galement l\u2019instabilit\u00e9 politique qui accompagne cette crise militaire : \u00ab Il y a des \u00e9l\u00e9ments tr\u00e8s pr\u00e9occupants. On parle de la mort du ministre de la D\u00e9fense, de blessures graves ou de disparitions au sein des services de renseignement et de l\u2019\u00e9tat-major. Et surtout, il y a cette incertitude autour de la position du chef de l\u2019\u00c9tat. Cela montre que le pouvoir malien traverse une p\u00e9riode extr\u00eamement trouble. Dans ce genre de contexte, les \u00e9v\u00e9nements peuvent \u00e9voluer tr\u00e8s rapidement, parfois de mani\u00e8re incontr\u00f4lable. \u00bb<br>Du c\u00f4t\u00e9 alg\u00e9rien, la vigilance est maximale. La proximit\u00e9 g\u00e9ographique, la porosit\u00e9 des fronti\u00e8res et l\u2019historique des crises sah\u00e9liennes imposent une lecture strat\u00e9gique de ces \u00e9v\u00e9nements. Le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res Ahmed Attaf a r\u00e9affirm\u00e9 la position de l\u2019Alg\u00e9rie, rejetant toute forme de terrorisme et appelant \u00e0 une coh\u00e9sion nationale malienne comme seule issue durable \u00e0 la crise. Le Mali s\u2019approche dangereusement d\u2019un point de rupture, et cette fois, ce n\u2019est pas seulement une question d\u2019attaques arm\u00e9es ou de pertes territoriales. Ce qui se dessine, en arri\u00e8re-plan, c\u2019est l\u2019\u00e9chec d\u2019une doctrine, celle du tout s\u00e9curitaire, adopt\u00e9e par la junte militaire depuis sa prise de pouvoir. Une strat\u00e9gie qui, au lieu de stabiliser le pays, semble aujourd\u2019hui produire l\u2019effet inverse.<br>Pour l\u2019expert Basem Larej, le constat est sans d\u00e9tour. La situation actuelle n\u2019est pas une surprise, mais la cons\u00e9quence logique de choix politiques assum\u00e9s :<br>\u00abOn voit clairement l\u2019\u00e9chec de la strat\u00e9gie du tout s\u00e9curitaire adopt\u00e9e par la junte. Elle a \u00e9t\u00e9 illustr\u00e9e notamment par la remise en cause des Accords d\u2019Alger, avec cette id\u00e9e que le recours exclusif \u00e0 la force pouvait r\u00e9gler un probl\u00e8me qui est en r\u00e9alit\u00e9 multidimensionnel.<br>Autrement dit, le pouvoir malien a tent\u00e9 de traiter une crise politique, sociale et territoriale comme un simple probl\u00e8me militaire.\u00bb Mauvais calcul.<br>Mais l\u2019analyse de Larej ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 un constat pessimiste. Il ouvre aussi la porte \u00e0 un sc\u00e9nario interne, souvent sous-estim\u00e9 mais loin d\u2019\u00eatre improbable :<br>\u00ab On ne peut pas exclure un changement de r\u00e9gime venant de l\u2019int\u00e9rieur. Il y a eu, ces derniers mois, une v\u00e9ritable purge au sein de l\u2019institution militaire. Certains cadres n\u2019\u00e9taient pas d\u2019accord avec cette strat\u00e9gie. Cela peut cr\u00e9er des tensions internes qui d\u00e9bouchent sur une remise en cause du pouvoir actuel. \u00bb<br>Dans ce cas de figure, une alternative pourrait \u00e9merger, selon lui :<br>\u00ab Il est possible que de nouveaux responsables militaires, plus ouverts au dialogue, prennent le relais. Cela pourrait permettre de relancer un processus politique inclusif, en impliquant l\u2019opposition malienne, notamment celle qui se trouve \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, en Europe ou ailleurs. \u00bb<br>Et l\u00e0, on revient \u00e0 une \u00e9vidence que beaucoup avaient mise de c\u00f4t\u00e9 un peu trop vite : sans dialogue, il n\u2019y a pas de sortie durable de crise.<br>M. Larej insiste d\u2019ailleurs sur cette n\u00e9cessit\u00e9 : \u00ab Il faut imp\u00e9rativement revenir \u00e0 une logique de dialogue global, inclusif, capable de traiter les causes profondes du conflit. C\u2019est la seule voie pour stabiliser le Mali sur le long terme et mettre fin \u00e0 la spirale de violence. \u00bb<br>Dans cette \u00e9quation, un acteur revient syst\u00e9matiquement : l\u2019Alg\u00e9rie. Et pour une fois, ce n\u2019est pas juste pour faire joli dans les discours diplomatiques.<br>\u00ab L\u2019Alg\u00e9rie a un r\u00f4le tr\u00e8s important \u00e0 jouer en tant que m\u00e9diateur historique. Ce n\u2019est pas nouveau. Elle a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur de plusieurs accords de paix, bien avant 2015. Elle dispose d\u2019une exp\u00e9rience, d\u2019une l\u00e9gitimit\u00e9 et surtout d\u2019un capital de confiance aupr\u00e8s de nombreux acteurs maliens. \u00bb<br>Et il appuie encore : \u00ab Le Mali repr\u00e9sente une profondeur strat\u00e9gique pour l\u2019Alg\u00e9rie. Les liens entre les deux pays sont historiques et fraternels. Cela donne \u00e0 Alger une position unique pour relancer un processus de m\u00e9diation cr\u00e9dible. \u00bb<br>En r\u00e9sum\u00e9, pendant que certains misent encore sur les armes, d\u2019autres rappellent une r\u00e9alit\u00e9 simple mais visiblement difficile \u00e0 accepter : une crise multidimensionnelle ne se r\u00e8gle pas avec une seule r\u00e9ponse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un processus plus profond<br><\/strong>Depuis l\u2019offensive du 25 avril, qui a frapp\u00e9 simultan\u00e9ment plusieurs villes du pays, les signaux d\u2019alerte se multiplient. Attaques coordonn\u00e9es, infiltration de positions militaires, \u00e9limination de figures cl\u00e9s du pouvoir, reprise de villes symboliques comme Kidal\u2026 tout indique une mont\u00e9e en puissance des groupes arm\u00e9s, mais surtout une transformation de leur mani\u00e8re d\u2019op\u00e9rer.<br>Pour Karim Belgacem, expert en g\u00e9opolitique et analyste en strat\u00e9gie internationale, la situation actuelle n\u2019est pas une simple flamb\u00e9e de violence, mais l\u2019aboutissement d\u2019un processus plus profond :<br>\u00ab Cela fait quand m\u00eame plusieurs mois que le Mali est en \u00e9bullition. On en entendait un peu moins parler r\u00e9cemment, mais ce qu\u2019on voit aujourd\u2019hui peut \u00eatre extr\u00eamement grave. On se focalise beaucoup sur la stabilit\u00e9 du Sahel et le Mali appara\u00eet clairement comme un des maillons faibles. Les \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cents confirment que le pays peut litt\u00e9ralement se scinder en deux. \u00bb<br>Et il ne parle pas d\u2019une hypoth\u00e8se abstraite. Il d\u00e9crit un sc\u00e9nario de fragmentation territoriale tr\u00e8s concret :<br>\u00ab On pourrait avoir une partie nord contr\u00f4l\u00e9e par les Touaregs et une partie sud qui tomberait sous l\u2019influence de groupes terroristes affili\u00e9s \u00e0 Al-Qa\u00efda. Ce n\u2019est plus une simple crise s\u00e9curitaire, c\u2019est une remise en cause de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 m\u00eame de l\u2019\u00c9tat malien.\u00bb Dans ce contexte, les offensives simultan\u00e9es, notamment contre Kati et Bamako, prennent une dimension encore plus inqui\u00e9tante. Elles ne visent plus seulement \u00e0 d\u00e9stabiliser, mais \u00e0 tester la capacit\u00e9 de survie du pouvoir central.<br>Mais l\u00e0 o\u00f9 l\u2019analyse de Belgacem devient franchement d\u00e9rangeante, c\u2019est quand il \u00e9largit le regard au jeu international. Parce que oui, \u00e9videmment, d\u00e8s que \u00e7a commence \u00e0 vaciller quelque part, les grandes puissances d\u00e9barquent. Pas pour sauver le monde, faut pas r\u00eaver, mais pour r\u00e9cup\u00e9rer des parts d\u2019influence.<br>\u00ab Ce qui va \u00eatre int\u00e9ressant \u00e0 suivre maintenant, c\u2019est le jeu des puissances \u00e9trang\u00e8res. On a les \u00c9tats-Unis, mais surtout la Russie qui est tr\u00e8s impliqu\u00e9e \u00e0 travers Africa Corps, qui a pris la rel\u00e8ve des milices Wagner. Et l\u00e0, il y a un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 : le JNIM a demand\u00e9 \u00e0 ces forces russes de se retirer de Kidal en \u00e9change d\u2019une forme de neutralit\u00e9.\u00bb<br>\u00ab Moscou a condamn\u00e9 ces attaques, mais il faut lire \u00e7a avec prudence. Ce sont des condamnations tr\u00e8s calcul\u00e9es. La Russie est en train d\u2019ajuster sa position, surtout avec le retour progressif des Am\u00e9ricains dans la r\u00e9gion. \u00bb Et justement, ce retour am\u00e9ricain n\u2019a rien d\u2019un hasard : \u00ab On sait que des \u00e9missaires proches de Donald Trump ont tent\u00e9 de reprendre contact avec la junte malienne. Les \u00c9tats-Unis cherchent \u00e0 revenir dans le jeu, mais pas pour des raisons id\u00e9ologiques. Ils ne viennent pas pour installer la d\u00e9mocratie, ils viennent pour d\u00e9fendre leurs int\u00e9r\u00eats, de mani\u00e8re tr\u00e8s pragmatique. \u00bb Il ajoute un point essentiel, souvent sous-estim\u00e9 : \u00ab Le d\u00e9part de la France a cr\u00e9\u00e9 un vide strat\u00e9gique \u00e9norme dans la r\u00e9gion. Et ce vide attire naturellement d\u2019autres puissances : la Russie, la Chine, la Turquie\u2026 Chacun essaie de positionner ses pions dans un espace devenu instable mais strat\u00e9gique. \u00bb Et c\u2019est l\u00e0 que le probl\u00e8me devient encore plus s\u00e9rieux. Parce qu\u2019un conflit interne, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 compliqu\u00e9. Mais un conflit interne sur lequel viennent se greffer des rivalit\u00e9s internationales, \u00e7a devient un terrain de jeu g\u00e9opolitique. Et dans ce genre de jeu, les populations locales sont rarement les gagnantes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le risque de normalisation du chaos<br><\/strong>Au fond, ce qui se joue aujourd\u2019hui d\u00e9passe largement le cadre malien. Le pays est en train de devenir un point de convergence entre trois dynamiques lourdes : fragmentation interne, hybridation des menaces et comp\u00e9tition internationale. Et quand ces trois lignes se croisent, \u00e7a ne donne jamais un simple conflit local, \u00e7a donne un \u00e9picentre r\u00e9gional.<br>La vraie question n\u2019est donc plus de savoir si le Mali peut sortir de cette crise, mais \u00e0 quel prix, sous quelle forme et avec quels acteurs. Parce qu\u2019\u00e0 ce stade, ne rien changer, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 choisir. Et dans ce genre de situation, c\u2019est rarement le meilleur choix.<br><strong>G. Salah Eddine<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors de l\u2019\u00e9mission \u00ab Edition sp\u00e9ciale\u00bb diffus\u00e9e lundi soir sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision AL24 News, des experts sont revenus sur la situation s\u00e9curitaire au Mali. 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