{"id":60778,"date":"2026-04-29T00:28:00","date_gmt":"2026-04-29T00:28:00","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=60778"},"modified":"2026-04-29T16:32:45","modified_gmt":"2026-04-29T16:32:45","slug":"de-langleterre-a-lafrique-puis-lasie-le-palmares-xxl-de-riyad-mahrez","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=60778","title":{"rendered":"De l\u2019Angleterre, \u00e0 l\u2019Afrique puis l\u2019Asie : Le Palmar\u00e8s XXL De Riyad Mahrez"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"900\" height=\"600\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/image-242.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-60779\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/image-242.png 900w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/image-242-300x200.png 300w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/image-242-768x512.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Samedi dernier, dans une finale tendue de la Ligue des champions asiatique, Al-Ahli s\u2019est impos\u00e9 face \u00e0 Machida Zelvia sur la plus petite des marges. Un but, un seul, suffisant pour \u00e9crire une nouvelle page d\u2019histoire. Et dans cette page, comme souvent quand le sc\u00e9nario devient s\u00e9rieux, le ballon passe par les pieds de Riyad Mahrez. Une passe d\u00e9cisive, propre, chirurgicale, presque \u00e9vidente pour lui, mais d\u00e9cisive pour tout le reste du monde.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mahrez venait de s\u2019offrir un dix-septi\u00e8me troph\u00e9e dans une vitrine d\u00e9j\u00e0 trop \u00e9troite pour son g\u00e9nie. Ce n\u2019\u00e9tait pas seulement un titre de plus ; c\u2019\u00e9tait la signature d\u2019un homme qui, d\u2019un continent \u00e0 l\u2019autre, prouve toujours sa valeur.<br>Cette insolente r\u00e9ussite pour notre l\u00e9gende alg\u00e9rienne prend racine bien loin des pelouses tondues au millim\u00e8tre de Jeddah ou de Manchester. Tout commence sur le bitume de Sarcelles dans cet anonymat o\u00f9 l\u2019on apprend que le talent ne suffit pas s\u2019il n\u2019est pas port\u00e9 par une confiance in\u00e9branlable. Avec Le Havre. Rien de spectaculaire en surface pour Riyad, mais d\u00e9j\u00e0 quelque chose de visible pour ceux qui savent regarder : sa mani\u00e8re de jouer comme si le temps ralentissait autour de lui. \u00c0 ce moment-l\u00e0, personne ne parle encore de l\u00e9gende.<br>\u00c0 l\u2019\u00e9poque, Mahrez \u00e9tait ce gamin trop fr\u00eale, ce gaucher dont on louait la technique mais dont on craignait la fragilit\u00e9. Pourtant, sous ses pieds, le ballon semblait d\u00e9j\u00e0 ob\u00e9ir \u00e0 des lois physiques diff\u00e9rentes.<br>Puis arrive l\u2019Angleterre pour une modique somme de 300 000 livres sterling et avec elle, le moment o\u00f9 les histoires deviennent improbables. Leicester City. Une \u00e9quipe cens\u00e9e survivre en Championship r\u00e9ussit \u00e0 la remporter et \u00e0 monter en Premier League, le plus grand des championnats de football. C\u2019est le premier troph\u00e9e, mineur soit-il, de Mahrez. Cette ascension lui vaut une convocation en \u00e9quipe nationale pour la Coupe du monde 2014 o\u00f9 il ne jouera que 45 minutes contre la Belgique.<br>Mais bon, bref, revenons en Angleterre. En Premier League, lors de la premi\u00e8re saison, Mahrez \u00e9tait encore rempla\u00e7ant, on ne lui faisait pas assez confiance. Il ne dispute que des matchs en fin de saison. Ces matchs ont \u00e9t\u00e9 cruciaux car oui, Leicester a r\u00e9ussi l\u2019improbable : le club s\u2019est maintenu en remportant ses cinq derniers matchs, alors qu\u2019il semblait condamn\u00e9. Des matchs o\u00f9 Mahrez avait jou\u00e9 un r\u00f4le important. C\u2019\u00e9tait surtout la seconde saison de Premier League qui va ouvrir le compteur des troph\u00e9es d\u2019une carri\u00e8re qui en sera charg\u00e9e. Mahrez devient titulaire indiscutable, le meneur m\u00eame de Leicester dans ce qui va \u00eatre appel\u00e9 par tout le monde un miracle. Leicester sous la conduite de Claudio Ranieri r\u00e9ussira \u00e0 d\u00e9crocher la Premier League devant les g\u00e9ants que sont Arsenal, Manchester City ou encore Manchester United. Et au c\u0153ur de cette anomalie historique, Mahrez devient l\u2019un des visages du miracle. Dribbles courts, d\u00e9cisions rapides, gestes justes dans les moments o\u00f9 tout le monde h\u00e9site. Ce n\u2019est plus une promesse, c\u2019est une confirmation brutale : ce joueur-l\u00e0 ne subit pas l\u2019histoire, il l\u2019influence. Il sera d\u00e9cern\u00e9 meilleur joueur de Premier League cette saison-l\u00e0. Le premier v\u00e9ritable troph\u00e9e de sa carri\u00e8re est une Premier League, rien que \u00e7a.<br>Il participera \u00e0 la Ligue des champions la saison suivante avec Leicester o\u00f9 il y restera deux saisons m\u00eame. Ensuite, c\u2019est la course pour le signer entre les cadors anglais mais c\u2019est Manchester City qui tient l\u2019accord et qui en fait le plus cher joueur arabe de l\u2019histoire. \u00c0 City, c\u2019est le sommet du football organis\u00e9, calibr\u00e9, presque scientifique. Beaucoup s\u2019y perdent. Lui s\u2019y adapte. Il devient un joueur de pr\u00e9cision, un joueur de sc\u00e9narios millim\u00e9tr\u00e9s, capable de briller dans les matchs o\u00f9 chaque d\u00e9tail est une fronti\u00e8re entre victoire et frustration. Pendant ces saisons, les titres s\u2019encha\u00eenent : quatre championnats et deux finales de Ligue des champions de l\u2019UEFA, avec une victoire \u00e0 la fin en 2023 contre l\u2019Inter Milan. Une victoire qui s\u2019ajoute \u00e0 une FA Cup et \u00e0 un championnat au cours de la m\u00eame ann\u00e9e o\u00f9 City a roul\u00e9 sur l\u2019Europe. Il d\u00e9crochera d\u2019ailleurs deux FA Cup dans sa carri\u00e8re, trois Coupes de la Ligue anglaise et m\u00eame une Community Shield, l\u2019\u00e9quivalent de la Supercoupe en Angleterre. Mahrez s\u2019installe d\u00e9finitivement dans une cat\u00e9gorie \u00e0 part, celle des joueurs qui gagnent partout, dans tous les contextes.<br>Mais son histoire ne se r\u00e9sume jamais \u00e0 l\u2019Europe. Au milieu de sa carri\u00e8re \u00e0 City, il remporte le titre qu\u2019il a qualifi\u00e9 de \u201cplus cher \u00e0 ses yeux\u201d et qu\u2019il ne changerait pour rien au monde. Il devient un des artisans de la victoire de l\u2019Alg\u00e9rie en CAN 2019. En \u00c9gypte, le capitaine ne se contente pas de jouer, il porte, il assume, il d\u00e9cide. Le coup franc contre le Nigeria reste un moment grav\u00e9 dans la m\u00e9moire collective. Ce soir-l\u00e0, Mahrez n\u2019est plus seulement un joueur de club, il devient un fragment de fiert\u00e9 nationale.<br>Qu\u2019ajouter de plus \u00e0 cette histoire ? Pourquoi ne pas suivre la tendance des plus grands joueurs qui ont choisi de se diriger vers le nouveau p\u00f4le footballistique \u00e9mergent, celui de l\u2019Arabie saoudite ? Il re\u00e7oit une offre qui ferait de lui le 5e joueur le mieux pay\u00e9 au monde apr\u00e8s Ronaldo, Messi, Brozovic et Karim Benzema. C\u2019est Al Ahli, un des cinq clubs du fonds souverain d\u2019Arabie saoudite, qui veut en faire sa premi\u00e8re star.<br>Pour Riyad, c\u2019est une nouvelle \u00e9tape, souvent jug\u00e9e \u00e0 tort comme une fin de parcours : l\u2019Arabie saoudite. Al-Ahli. Un championnat diff\u00e9rent, une dynamique diff\u00e9rente, mais un m\u00eame joueur. Parce que les grands ne disparaissent pas, ils d\u00e9placent simplement leur terrain de jeu. Et encore une fois, il gagne. Encore une fois, il d\u00e9cide. Encore une fois, il appara\u00eet l\u00e0 o\u00f9 il faut, quand il faut.<br>Certains estimeront m\u00eame que parmi les joueurs transf\u00e9r\u00e9s en Arabie saoudite, c\u2019est celui qui aura la plus grande r\u00e9ussite, m\u00eame plus que Ronaldo ou Benzema.<br>La finale de samedi dernier s\u2019inscrit dans cette logique presque d\u00e9routante. Un match verrouill\u00e9, ferm\u00e9, o\u00f9 chaque espace doit \u00eatre arrach\u00e9. Et dans ce type de rencontre, les joueurs ordinaires disparaissent. Les autres, ceux qui ont une lecture diff\u00e9rente du jeu, laissent une trace. La passe d\u00e9cisive de Mahrez n\u2019est pas un exploit isol\u00e9. C\u2019est une signature.<br>Avec ce 17e troph\u00e9e, son parcours prend une dimension presque historique. Non pas parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un chiffre impressionnant, mais parce qu\u2019il traverse les contextes sans jamais se diluer. Angleterre, Afrique, Europe, Asie. Quatre univers footballistiques diff\u00e9rents, quatre exigences diff\u00e9rentes et une constante : l\u2019impact.<br>Ce qui frappe dans son histoire, ce n\u2019est pas seulement ce qu\u2019il a gagn\u00e9, mais la mani\u00e8re dont il l\u2019a gagn\u00e9. Sans bruit inutile, sans rupture artificielle, en laissant le ballon parler \u00e0 sa place. Dans un football moderne souvent satur\u00e9 de vitesse et de puissance, Mahrez reste un joueur de temps, de justesse et d\u2019intelligence.<br>Qu\u2019il joue sous la pluie fine du nord de l\u2019Angleterre, sous la chaleur \u00e9touffante d\u2019\u00c9gypte ou dans l\u2019effervescence des nouveaux stades saoudiens, Riyad Mahrez reste le m\u00eame : un esth\u00e8te souverain. Ce 17e titre n\u2019est qu\u2019une balise de plus sur un chemin de gloire qui traverse les cultures et les fuseaux horaires. Il ne court pas apr\u00e8s les records, ce sont les records qui tentent de le rattraper. En regardant Mahrez aujourd\u2019hui, on ne voit pas un joueur en fin de carri\u00e8re, on voit un ma\u00eetre qui continue de donner des le\u00e7ons de football, nous rappelant \u00e0 chaque contr\u00f4le de balle que la vraie classe est \u00e9ternelle et que les l\u00e9gendes ne s&rsquo;\u00e9teignent jamais, elles changent simplement d&rsquo;horizon.<br><strong>G. Salah Eddine<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Samedi dernier, dans une finale tendue de la Ligue des champions asiatique, Al-Ahli s\u2019est impos\u00e9 face \u00e0 Machida Zelvia sur la plus petite des marges. Un but, un seul, suffisant pour \u00e9crire une nouvelle page d\u2019histoire. 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