{"id":61407,"date":"2026-05-12T00:12:00","date_gmt":"2026-05-12T00:12:00","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=61407"},"modified":"2026-05-12T03:56:34","modified_gmt":"2026-05-12T03:56:34","slug":"relations-algero-francaises-macron-veut-reprendre-le-fil-du-dialogue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=61407","title":{"rendered":"Relations alg\u00e9ro-fran\u00e7aises : Macron veut reprendre le fil du dialogue"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/macron2-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-61408\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/macron2-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/macron2-300x169.jpg 300w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/macron2-768x432.jpg 768w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/macron2-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/macron2.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Dimanche dernier \u00e0 Nairobi, au Kenya, Emmanuel Macron a probablement prononc\u00e9 la phrase la plus lourde de sens de toute sa tourn\u00e9e africaine 2026, en d\u00e9non\u00e7ant les \u00ab postures de politique int\u00e9rieure \u00bb qui ont, selon lui, \u00ab caus\u00e9 beaucoup de tort \u00bb \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie comme \u00e0 la France.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re cette sortie, le pr\u00e9sident fran\u00e7ais n\u2019a pas seulement envoy\u00e9 un message diplomatique. Il a surtout ouvert une fracture politique au c\u0153ur m\u00eame du d\u00e9bat fran\u00e7ais sur l\u2019Alg\u00e9rie. Et cette fois, difficile de pr\u00e9tendre qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une formule improvis\u00e9e ou d\u2019un simple \u00e9cart verbal. Le mot est pes\u00e9, calibr\u00e9, assum\u00e9.<br>Cette d\u00e9claration du patron de l\u2019Elys\u00e9e cache en r\u00e9alit\u00e9 une tentative de reprise de contr\u00f4le d\u2019un dossier qui, depuis pr\u00e8s de deux ans, \u00e9chappe progressivement \u00e0 Paris, au profit d\u2019une droite fran\u00e7aise de plus en plus radicalis\u00e9e sur la question alg\u00e9rienne. Une droite qui a transform\u00e9 Alger en argument \u00e9lectoral permanent, parfois m\u00eame en obsession politique. Sans jamais vraiment parler d\u2019Alg\u00e9rie d\u2019ailleurs. Ou plut\u00f4t si : d\u2019une Alg\u00e9rie fantasm\u00e9e, r\u00e9duite \u00e0 un d\u00e9cor utile pour alimenter les d\u00e9bats identitaires, migratoires et s\u00e9curitaires fran\u00e7ais.<br>La cible de Macron ne faisait d\u2019ailleurs gu\u00e8re de doute. M\u00eame sans citer directement Bruno Retailleau et ses comp\u00e8res, le pr\u00e9sident fran\u00e7ais visait clairement cette droite devenue agressive envers Alger et une \u00e9pine aux pieds du Quai d\u2019Orsay.<br>Il faut dire que le climat avait d\u00e9j\u00e0 chang\u00e9 quelques jours plus t\u00f4t. Lors d\u2019un d\u00e9placement en Ari\u00e8ge, Macron avait qualifi\u00e9 de \u00ab mabouls \u00bb \u00ab ceux qui veulent se f\u00e2cher avec l\u2019Alg\u00e9rie \u00bb. Une phrase qui avait imm\u00e9diatement provoqu\u00e9 une avalanche de r\u00e9actions indign\u00e9es dans les rangs conservateurs et \u00e0 l\u2019extr\u00eame droite. Comme si le simple fait de d\u00e9fendre une relation stable avec Alger \u00e9tait devenu, dans certains cercles politiques fran\u00e7ais, une forme de faute id\u00e9ologique. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que se situe le vrai basculement.<br>Pendant longtemps, Emmanuel Macron a tent\u00e9 de m\u00e9nager tout le monde sur le dossier alg\u00e9rien. Un coup vers Alger avec le travail m\u00e9moriel, un coup vers la droite fran\u00e7aise avec les discours sur les visas, l\u2019immigration ou la \u201cfermet\u00e9\u201d. Une diplomatie d\u2019\u00e9quilibriste devenue progressivement illisible. R\u00e9sultat : la relation franco-alg\u00e9rienne s\u2019est retrouv\u00e9e prise en otage entre calculs \u00e9lectoraux, pressions m\u00e9diatiques et rivalit\u00e9s internes fran\u00e7aises. Pendant ce temps, le dialogue politique r\u00e9el s\u2019enlisait.<br>Sur le sol du Kenya, Macron sa reconnu implicitement l\u2019\u00e9chec de cette strat\u00e9gie. Lorsqu\u2019il affirme vouloir d\u00e9fendre \u00ab une relation apais\u00e9e, constructive avec l\u2019Alg\u00e9rie\u00bb, il admet surtout que la confrontation permanente n\u2019a produit aucun r\u00e9sultat tangible. Ni sur le plan diplomatique. Ni sur le plan \u00e9conomique. Ni m\u00eame sur le plan politique int\u00e9rieur. Et c\u2019est peut-\u00eatre ce qui d\u00e9range le plus une partie de la classe politique fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une crise qui n\u2019a jamais servi la France<br><\/strong>Parce que depuis l\u2019\u00e9t\u00e9 2024, autrement dit depuis le d\u00e9but de la crise ouverte, affirm\u00e9, et toute proportion gard\u00e9e assum\u00e9 entre Alger et Paris, la question alg\u00e9rienne a progressivement cess\u00e9 d\u2019\u00eatre un sujet de politique \u00e9trang\u00e8re pour devenir un instrument de politique int\u00e9rieure fran\u00e7aise.<br>\u00c0 mesure que l\u2019\u00e9ch\u00e9ance pr\u00e9sidentielle de 2027 approche, certains responsables politiques ont trouv\u00e9 dans l\u2019Alg\u00e9rie un exutoire parfait. Un sujet inflammable, \u00e9motionnel, charg\u00e9 historiquement, capable de mobiliser instantan\u00e9ment une partie de l\u2019\u00e9lectorat. L\u2019Alg\u00e9rie est ainsi devenue une sorte d\u2019alibi politique commode.<br>Quand l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise ralentit, on parle d\u2019immigration alg\u00e9rienne. Quand la droite veut montrer sa fermet\u00e9, elle parle d\u2019Alger. Quand l\u2019extr\u00eame droite veut r\u00e9activer les vieux r\u00e9flexes identitaires, elle convoque la m\u00e9moire coloniale et les tensions bilat\u00e9rales. Le probl\u00e8me, c\u2019est qu\u2019\u00e0 force de transformer un partenaire strat\u00e9gique en objet de surench\u00e8re \u00e9lectorale, Paris a fini par fragiliser ses propres int\u00e9r\u00eats.<br>Car derri\u00e8re les pol\u00e9miques t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es et les d\u00e9clarations martiales, il existe une r\u00e9alit\u00e9 beaucoup plus concr\u00e8te. L\u2019Alg\u00e9rie est un partenaire \u00e9nerg\u00e9tique majeur. Un acteur central dans la stabilit\u00e9 m\u00e9diterran\u00e9enne et sah\u00e9lienne. Un march\u00e9 important pour les entreprises fran\u00e7aises. Un pays avec lequel la France partage une histoire humaine d\u2019une densit\u00e9 presque unique. Des millions de personnes, des familles, des m\u00e9moires crois\u00e9es, des int\u00e9r\u00eats s\u00e9curitaires et \u00e9conomiques imbriqu\u00e9s. On ne g\u00e8re pas ce type de relation comme un d\u00e9bat de plateau t\u00e9l\u00e9 entre deux chroniqueurs surexcit\u00e9s cherchant des extraits viraux pour les r\u00e9seaux sociaux. Mais l\u2019\u00e9poque adore transformer les dossiers strat\u00e9giques en spectacles \u00e9motionnels permanents. \u00c9trange mani\u00e8re de faire de la g\u00e9opolitique.<br>En r\u00e9alit\u00e9, le discours de Macron traduit aussi une inqui\u00e9tude plus profonde : celle de voir la France perdre progressivement du terrain en Afrique et en M\u00e9diterran\u00e9e \u00e0 force d\u2019entretenir des rapports conflictuels avec ses partenaires historiques. Le contexte international a chang\u00e9. Les \u00e9quilibres g\u00e9opolitiques aussi. L\u2019Alg\u00e9rie diversifie d\u00e9sormais ses alliances, renforce ses partenariats avec la Chine, l\u2019Italie, la Turquie, les \u00c9tats-Unis ou encore plusieurs pays africains. Paris n\u2019est plus en position de monopole diplomatique ou \u00e9conomique comme autrefois.<br>Et \u00e0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e, certains commencent probablement \u00e0 comprendre qu\u2019entretenir artificiellement une crise avec Alger pour satisfaire quelques agendas \u00e9lectoraux internes devient un luxe strat\u00e9gique que la France ne peut plus vraiment se permettre.<br>Le plus int\u00e9ressant dans cette s\u00e9quence, finalement, ce n\u2019est pas seulement ce qu\u2019Emmanuel Macron a dit. C\u2019est le moment o\u00f9 il choisit de le dire. Depuis l\u2019Afrique. Depuis Nairobi. Comme si le pr\u00e9sident fran\u00e7ais cherchait aussi \u00e0 envoyer un signal plus large au continent africain : celui d\u2019une France qui tente de corriger une partie de ses erreurs relationnelles et discursives.<br>Reste maintenant une question essentielle : est-ce un v\u00e9ritable tournant politique ou simplement une parenth\u00e8se verbale avant le retour des m\u00eames tensions d\u00e8s la prochaine pol\u00e9mique m\u00e9diatique parisienne ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un r\u00e9veil relativement tardif<br><\/strong>La question traverse d\u00e9sormais tous les d\u00e9bats \u00e0 Paris comme \u00e0 Alger. Pourquoi Emmanuel Macron choisit-il seulement aujourd\u2019hui de parler avec cette clart\u00e9, apr\u00e8s des mois de tensions, de d\u00e9clarations hostiles et de surench\u00e8res politiques ayant profond\u00e9ment d\u00e9grad\u00e9 le climat entre les deux pays ? La r\u00e9ponse se situe probablement \u00e0 plusieurs niveaux.<br>D\u2019abord, il y a le calendrier politique fran\u00e7ais. \u00c0 un peu plus d\u2019un an de la fin de son second mandat, Emmanuel Macron n\u2019a plus r\u00e9ellement de campagne \u00e0 pr\u00e9parer ni d\u2019\u00e9lectorat \u00e0 s\u00e9duire. Cette libert\u00e9 nouvelle change forc\u00e9ment le ton. C\u2019est d\u2019ailleurs ce qu\u2019a laiss\u00e9 entendre Dominique de Villepin, figure de la diplomatie fran\u00e7aise et probable candidat \u00e0 la pr\u00e9sidentielle de 2027, en soulignant que le chef de l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais pouvait d\u00e9sormais parler sans calcul \u00e9lectoral imm\u00e9diat. Mais derri\u00e8re cette lecture politique se cache une r\u00e9alit\u00e9 beaucoup plus concr\u00e8te, presque brutale pour certains milieux \u00e9conomiques fran\u00e7ais : pendant que Paris s\u2019enfermait dans une crise diplomatique aliment\u00e9e par des d\u00e9bats de politique int\u00e9rieure, l\u2019Alg\u00e9rie, elle, continuait d\u2019avancer. Et le monde avan\u00e7ait avec elle.<br>Dans plusieurs secteurs strat\u00e9giques, les signaux se multiplient. Les \u00c9tats-Unis acc\u00e9l\u00e8rent leurs positions dans l\u2019\u00e9nergie et la s\u00e9curit\u00e9. La Chine renforce sa pr\u00e9sence industrielle et logistique. L\u2019Italie consolide m\u00e9thodiquement ses partenariats \u00e9nerg\u00e9tiques. L\u2019Inde, la Turquie ou encore certains pays du Golfe multiplient les approches. Pendant ce temps, une partie de la classe politique fran\u00e7aise continuait \u00e0 parler d\u2019Alger avec les r\u00e9flexes d\u2019un autre si\u00e8cle, comme si la relation bilat\u00e9rale pouvait encore fonctionner sur des rapports de pression ou de nostalgie implicite.<br>Le probl\u00e8me pour Paris, c\u2019est que le monde r\u00e9el fonctionne rarement sur les fantasmes t\u00e9l\u00e9visuels des plateaux politiques. Les march\u00e9s, les investissements et les alliances avancent vite. Tr\u00e8s vite. Et dans cette comp\u00e9tition, chaque crise diplomatique finit par avoir un co\u00fbt.<br>Ces derniers mois, ce co\u00fbt a commenc\u00e9 \u00e0 devenir visible. Dans certains cercles \u00e9conomiques fran\u00e7ais, le constat est d\u00e9sormais assum\u00e9 presque ouvertement : la strat\u00e9gie de confrontation avec Alger n\u2019a rien produit de tangible. Ni avantage diplomatique. Ni gain commercial. Ni influence suppl\u00e9mentaire. Elle a surtout cr\u00e9\u00e9 un vide que d\u2019autres puissances ont exploit\u00e9 avec beaucoup plus de pragmatisme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un bras de fer sans issue<br><\/strong>C\u2019est dans ce contexte que les d\u00e9clarations d\u2019Emmanuel Macron prennent tout leur sens. Elles ne surgissent pas de nulle part. Elles s\u2019inscrivent dans une tendance plus large, port\u00e9e depuis des mois par plusieurs figures politiques fran\u00e7aises exp\u00e9riment\u00e9es, qui avaient tr\u00e8s t\u00f4t compris qu\u2019un affrontement permanent avec Alger menait dans une impasse.<br>Dominique de Villepin fait partie de ceux qui ont tent\u00e9 de remettre le d\u00e9bat sur un terrain rationnel. Hier encore, il rappelait que la relation franco-alg\u00e9rienne repose sur des \u00abint\u00e9r\u00eats partag\u00e9s \u00bb, loin des slogans \u00e9lectoraux et des postures identitaires. Pour lui, l\u2019exploitation politique du dossier alg\u00e9rien rel\u00e8ve davantage d\u2019une m\u00e9canique \u00e9lectorale que d\u2019une v\u00e9ritable vision strat\u00e9gique.<br>La veille d\u00e9j\u00e0, Jean-Luc M\u00e9lenchon avait emprunt\u00e9 une voie similaire, mais avec son style beaucoup plus frontal. Le leader de La France insoumise avait salu\u00e9 la visite \u00e0 Alger de la ministre fran\u00e7aise d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e aux Arm\u00e9es et aux Anciens combattants, Alice Rufo, qu\u2019il d\u00e9crit comme une d\u00e9marche \u00abintelligente \u00bb et \u00ab plus r\u00e9aliste que celle de monsieur Retailleau qui a envie de recommencer la guerre d\u2019Alg\u00e9rie \u00bb.<br>Derri\u00e8re la formule provocatrice, le message reste le m\u00eame : une partie de la classe politique fran\u00e7aise continue d\u2019aborder l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 travers des r\u00e9flexes h\u00e9rit\u00e9s de l\u2019\u00e9poque coloniale, totalement d\u00e9connect\u00e9s des r\u00e9alit\u00e9s g\u00e9opolitiques actuelles. M\u00e9lenchon parle m\u00eame d\u2019une \u00ab mentalit\u00e9 coloniale \u00bb, expression lourde, mais r\u00e9v\u00e9latrice du niveau de fracture que ce sujet provoque aujourd\u2019hui en France.<br>Et puis il y a les voix plus discr\u00e8tes, mais parfois plus redoutables politiquement. Comme celle de S\u00e9gol\u00e8ne Royal. Parce qu\u2019elle ne se contente pas de d\u00e9noncer l\u2019instrumentalisation politique, elle en d\u00e9crit concr\u00e8tement les m\u00e9canismes m\u00e9diatiques.<br>Lorsqu\u2019elle explique avoir refus\u00e9 de participer au reportage \u00ab Compl\u00e9ment d\u2019enqu\u00eate \u00bb consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie sur France 2, qu\u2019elle jugeait \u00ab injurieux \u00bb et \u00abpolitiquement orient\u00e9 \u00bb, elle pointe quelque chose de plus profond : la fabrication progressive d\u2019un r\u00e9cit hostile devenu rentable dans certains espaces m\u00e9diatiques et politiques fran\u00e7ais.<br>Plus r\u00e9cemment encore, elle mettait en garde contre l\u2019utilisation politique de l\u2019affaire Christophe Gleizes pour maintenir artificiellement une logique de confrontation avec Alger. Comme si certains courants avaient d\u00e9sormais besoin de la crise pour exister politiquement.<br>C\u2019est probablement l\u00e0 que se situe le fond du probl\u00e8me. Depuis plusieurs mois, la relation franco-alg\u00e9rienne semble avoir cess\u00e9 d\u2019\u00eatre un sujet diplomatique classique pour devenir un objet de consommation politique int\u00e9rieure fran\u00e7aise. Une sorte de carburant id\u00e9ologique permettant d\u2019activer des r\u00e9flexes identitaires, s\u00e9curitaires ou m\u00e9moriels aupr\u00e8s d\u2019une partie de l\u2019\u00e9lectorat.<br>Mais \u00e0 Nairobi, Emmanuel Macron a sembl\u00e9 vouloir casser cette m\u00e9canique. Pas totalement. Pas brutalement. Mais suffisamment pour envoyer un signal clair.<br>Reste maintenant \u00e0 savoir si ce signal sera r\u00e9ellement suivi d\u2019effets \u00e0 Paris. Parce qu\u2019entre les d\u00e9clarations pr\u00e9sidentielles et l\u2019appareil politique, m\u00e9diatique et id\u00e9ologique qui s\u2019est construit autour de l\u2019anti-alg\u00e9rianisme ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le foss\u00e9 est devenu immense.<br>Au fond, le probl\u00e8me d\u00e9passe largement Macron lui-m\u00eame. Ce qui se joue aujourd\u2019hui en France autour de l\u2019Alg\u00e9rie r\u00e9v\u00e8le quelque chose de plus profond : l\u2019incapacit\u00e9 persistante d\u2019une partie du d\u00e9bat politique fran\u00e7ais \u00e0 sortir d\u00e9finitivement du logiciel postcolonial. Comme si certains continuaient \u00e0 regarder Alger avec les r\u00e9flexes d\u2019un pass\u00e9 r\u00e9volu, sans voir que le rapport de force psychologique, diplomatique et \u00e9conomique a profond\u00e9ment chang\u00e9. Les prochains mois et la derni\u00e8re ann\u00e9e du mandat du Pr\u00e9sident Macron seront d\u00e9cisifs pour relancer la machine diplomatique conjointe.<br><strong>G. Salah Eddine<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dimanche dernier \u00e0 Nairobi, au Kenya, Emmanuel Macron a probablement prononc\u00e9 la phrase la plus lourde de sens de toute sa tourn\u00e9e africaine 2026, en d\u00e9non\u00e7ant les \u00ab postures de politique int\u00e9rieure \u00bb qui ont, selon lui, \u00ab caus\u00e9 beaucoup de tort \u00bb \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie comme \u00e0 la France. Derri\u00e8re [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":61408,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[236,36],"tags":[272,1630],"class_list":["post-61407","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-a-la-une","category-actualites","tag-algerie-france","tag-emmanuel-macron"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/61407","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=61407"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/61407\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":61409,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/61407\/revisions\/61409"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/61408"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=61407"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=61407"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=61407"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}