{"id":64857,"date":"2026-07-23T00:32:00","date_gmt":"2026-07-23T00:32:00","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=64857"},"modified":"2026-07-23T13:34:07","modified_gmt":"2026-07-23T13:34:07","slug":"lire-ecrire-traduire-maissa-bey-limaginaire-comme-territoire-de-memoire-et-de-liberte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=64857","title":{"rendered":"Lire, \u00e9crire &amp; traduire Ma\u00efssa Bey : L\u2019imaginaire comme territoire de m\u00e9moire et de libert\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"877\" height=\"859\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-177.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-64858\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-177.png 877w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-177-300x294.png 300w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-177-768x752.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 877px) 100vw, 877px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L&rsquo;ann\u00e9e 2026 marque le trenti\u00e8me anniversaire de la publication d&rsquo;Au commencement \u00e9tait la mer, premier roman de Ma\u00efssa Bey, paru en 1996. En trois d\u00e9cennies, l&rsquo;\u00e9crivaine s&rsquo;est impos\u00e9e comme l&rsquo;une des grandes voix de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne contemporaine. \u00c0 travers une \u0153uvre riche et profond\u00e9ment humaine, elle n&rsquo;a cess\u00e9 d&rsquo;explorer les questions de m\u00e9moire, d&rsquo;histoire, de condition f\u00e9minine et les multiples interrogations qui traversent l&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour c\u00e9l\u00e9brer ce parcours litt\u00e9raire exceptionnel, les \u00e9ditions Barzakh ont r\u00e9cemment publi\u00e9 Lire, \u00e9crire &amp; traduire Ma\u00efssa Bey, un ouvrage collectif pens\u00e9 \u00e0 la fois comme un hommage, un espace de r\u00e9flexion et un t\u00e9moignage de reconnaissance envers l&rsquo;auteure.<br>Dirig\u00e9 par l&rsquo;universitaire et po\u00e9tesse tunisienne Im\u00e8n Moussa, le livre r\u00e9unit les contributions de dix universitaires, \u00e9crivains et traducteurs qui proposent autant de regards singuliers sur une \u0153uvre ayant largement d\u00e9pass\u00e9 les fronti\u00e8res alg\u00e9riennes pour trouver sa place au sein de la litt\u00e9rature francophone et bien au-del\u00e0. \u00ab Rendre gr\u00e2ce aux ann\u00e9es d\u2019\u00e9criture de Ma\u00efssa Bey nous a paru naturel et cet ouvrage collectif est un hommage modeste qui montre la singularit\u00e9 de cette aventure \u00bb, peut-on lire sur le dos du livre. Cet ouvrage rassemble des perspectives qui se r\u00e9pondent, combinant \u00e9tudes, m\u00e9moires de lecture, exp\u00e9riences de traduction et r\u00e9cits personnels, relatant ce que l&rsquo;interaction avec l&rsquo;\u0153uvre de Ma\u00efssa Bey a modifi\u00e9 dans leur propre rapport \u00e0 la litt\u00e9rature. Les contributions de Christiane Chaulet-Achour, Sylvie Brodziak, Amina Damerdji, Marion Hennebert, Monica Malmstr\u00f6m, Afif Mouats, Im\u00e8n Moussa, Mohamed Sari, Ndiaye Sarr et Barbara Sommovigo dessinent donc un tableau composite d&rsquo;une \u00e9crivaine et d&rsquo;une \u0153uvre inspirante. L\u2019universitaire et critique litt\u00e9raire, Christiane Chaulet-Achour, met en \u00e9vidence la coh\u00e9rence d&rsquo;un parcours o\u00f9 la fiction, la r\u00e9flexion et l&rsquo;engagement dialoguent \u00e9change. Les femmes y sont mises \u00e0 l&rsquo;honneur pour ce qu&rsquo;elles ont \u00e0 apporter et dont l&rsquo;auteure se fait l&rsquo;\u00e9cho et la transmettrice, une caract\u00e9ristique que l&rsquo;on peut d\u00e9crire en employant des termes cl\u00e9s tels que : enfermement, cl\u00f4ture, mutisme mais aussi \u00e9clat et recherche de libert\u00e9. Il ne faut toutefois pas se laisser abuser : le co\u00fbt de l&rsquo;\u0153uvre de Ma\u00efssa Bey ne d\u00e9pend pas uniquement d&rsquo;une attention particuli\u00e8re port\u00e9e aux femmes, il s&rsquo;agit \u00e9galement et surtout d&rsquo;une \u00e9criture, d&rsquo;un geste identifiable d\u00e8s qu&rsquo;on a parcouru quelques \u00e9crits : dialoguer avec une langue pour la transformer en un vecteur de transmission, de suggestion et de progr\u00e8s subtils mais pourtant significatifs dans les sc\u00e9nographies s\u00e9lectionn\u00e9es.<br>Elle va plus loin en r\u00e9sumant ce qui est, selon beaucoup, l\u2019une des principales qualit\u00e9s de son \u0153uvre. \u00ab Il me semble que ce qui est la caract\u00e9ristique profonde de l\u2019\u00e9criture de Ma\u00efssa Bey est cette capacit\u00e9 \u00e0 dire beaucoup en une concentration de la mati\u00e8re narrative .\u00bb<br>D\u2019ailleurs, le texte de l\u2019universitaire Sylvie Bodziak se poursuit et se penche sur l\u2019art suggestif dans les \u0153uvres de Maissa Bey, qui \u00abmanie avec talent l\u2019implicite \u00bb. D\u2019apr\u00e8s son opinion, l\u2019autrice poss\u00e8de un style d\u2019\u00e9criture \u00ab sans tapage qui raconte de terribles histoires \u00bb, un fait qui est notamment \u00ab \u00e9vident dans les titres de ses livres \u00bb Pour sa part, l\u2019\u00e9crivain et universitaire Afif Mouats inscrit sa lecture en fonction de son parcours personnel en tant qu\u2019auteur, partageant comment cette \u00e9criture a aliment\u00e9 ses propres questionnements relatifs \u00e0 la cr\u00e9ation litt\u00e9raire. L&rsquo;ouvrage accorde aussi une importance centrale \u00e0 ceux qui ont contribu\u00e9 \u00e0 ce travail de traduction, en particulier la traductrice su\u00e9doise Monica Malmstr\u00f6m et l&rsquo;Italienne Barbara Sommovigo.<br>Elles rappellent que traduire Ma\u00efssa Bey implique \u00e9galement de traduire une mani\u00e8re singuli\u00e8re d\u2019habiter le monde. En ce qui concerne la coordinatrice du projet, Im\u00e8n Moussa, elle abandonne volontairement le discours universitaire pour partager sa propre exp\u00e9rience avec les oeuvres de l&rsquo;\u00e9crivaine.<br>Lire, \u00e9crire &amp; traduire Ma\u00efssa Bey dresse le portrait d&rsquo;une \u0153uvre qui reste toujours pertinente pour interroger notre \u00e9poque, mais aussi d&rsquo;une plume qui, \u00e0 la fois subtile et forte, perp\u00e9tue son \u0153uvre de m\u00e9moire, de transmission et d&rsquo;\u00e9mancipation. <br><br><strong>Abir Menasria<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;ann\u00e9e 2026 marque le trenti\u00e8me anniversaire de la publication d&rsquo;Au commencement \u00e9tait la mer, premier roman de Ma\u00efssa Bey, paru en 1996. 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