{"id":66191,"date":"2026-08-16T00:05:00","date_gmt":"2026-08-16T00:05:00","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=66191"},"modified":"2026-08-16T02:10:33","modified_gmt":"2026-08-16T02:10:33","slug":"aquaculture-la-production-a-bondi-de-422-en-moins-de-dix-ans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=66191","title":{"rendered":"Aquaculture : La production a bondi de 422% en moins de dix ans"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"580\" height=\"350\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/alg.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-66192\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/alg.jpg 580w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/alg-300x181.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Longtemps rest\u00e9e \u00e0 la marge de la production halieutique nationale, l\u2019aquaculture alg\u00e9rienne change progressivement d\u2019\u00e9chelle. C\u2019est ce qu\u2019explique un Rapport national volontaire 2026 de l\u2019Alg\u00e9rie, pr\u00e9sent\u00e9 dans le cadre du Forum politique de haut niveau des Nations unies sur le d\u00e9veloppement durable.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En l\u2019espace de quelques ann\u00e9es, l\u2019\u00e9levage de poissons s\u2019est impos\u00e9 comme l\u2019un des leviers sur lesquels l\u2019Alg\u00e9rie entend s\u2019appuyer pour renfoncer son approvisionnement alimentaire, diversifier son \u00e9conomie et mieux valoriser ses ressources maritimes et continentales.<br>Le document rel\u00e8ve une progression spectaculaire de la production aquacole, pass\u00e9e de 1.300 tonnes, en 2015, \u00e0 pr\u00e8s de 7.000 tonnes, en 2024, soit une hausse de plus de 422%.<br>Derri\u00e8re ce chiffre se dessine surtout un changement de logique. L\u2019aquaculture n\u2019est plus consid\u00e9r\u00e9e comme une activit\u00e9 compl\u00e9mentaire \u00e0 la p\u00eache. Elle devient progressivement un instrument de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, capable d\u2019apporter une production r\u00e9guli\u00e8re, tout en limitant la pression exerc\u00e9e sur les ressources halieutiques naturelles.<br>La p\u00eache demeure \u00e9videmment un pilier du secteur. Mais ses capacit\u00e9s sont, par nature, contraintes par l\u2019\u00e9tat des ressources marines, les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques, les cycles biologiques et la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9server les stocks. L\u2019aquaculture offre, elle, une possibilit\u00e9 diff\u00e9rente : produire dans des conditions contr\u00f4l\u00e9es et assurer une disponibilit\u00e9 plus r\u00e9guli\u00e8re sur le march\u00e9.<br>Cette \u00e9volution explique l\u2019importance accord\u00e9e par les pouvoirs publics au d\u00e9veloppement des fermes aquacoles, \u00e0 la production d\u2019alevins et \u00e0 la modernisation des infrastructures. Le secteur s\u2019est \u00e9galement diversifi\u00e9 avec le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9levage de poissons d\u2019eau douce et de diff\u00e9rentes esp\u00e8ces marines.<br>La progression ne s\u2019est d\u2019ailleurs pas arr\u00eat\u00e9e aux chiffres relev\u00e9s pour 2024. Les donn\u00e9es communiqu\u00e9es en 2026 par le minist\u00e8re charg\u00e9 de la P\u00eache font \u00e9tat d\u2019une production qui devait atteindre 14.000 tonnes, en 2026, contre environ 7.000 tonnes, en 2025, avec un objectif de 20.000 tonnes \u00e0 l\u2019horizon 2027.<br>Cette acc\u00e9l\u00e9ration donne une autre dimension \u00e0 l\u2019objectif fix\u00e9 \u00e0 moyen<br>terme : faire de l\u2019aquaculture un v\u00e9ritable secteur productif, capable de peser davantage dans l\u2019offre alimentaire nationale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Passer \u00e0 une fili\u00e8re industrielle<br><\/strong>La progression enregistr\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es reste cependant une premi\u00e8re \u00e9tape. Le passage d\u2019une production de quelques milliers de tonnes \u00e0 plusieurs dizaines de milliers de tonnes suppose de r\u00e9soudre plusieurs questions : disponibilit\u00e9 des aliments, production locale d\u2019alevins, ma\u00eetrise sanitaire, cha\u00eene du froid, transformation et commercialisation.<br>Des acteurs du secteur soulignent, d\u2019ailleurs, que l\u2019Alg\u00e9rie dispose encore d\u2019un potentiel important \u00e0 exploiter, mais que la structuration de la fili\u00e8re demeure d\u00e9terminante pour transformer ce potentiel en activit\u00e9 \u00e9conomique durable. Le d\u00e9fi est donc moins de cr\u00e9er une multitude de fermes que de construire une v\u00e9ritable industrie aquacole alg\u00e9rienne, capable de produire, transformer et distribuer dans des conditions comp\u00e9titives.<br>C\u2019est aussi \u00e0 cette condition que l\u2019aquaculture pourra contribuer pleinement \u00e0 la stabilisation de l\u2019offre et des prix du poisson sur le march\u00e9 national.<br>L\u2019objectif fix\u00e9 pour les prochaines ann\u00e9es traduit cette ambition. L\u2019Alg\u00e9rie entend poursuivre la mont\u00e9e en puissance de la production aquacole et inscrire cette fili\u00e8re dans une strat\u00e9gie plus large d\u2019\u00e9conomie bleue, associant p\u00eache durable, aquaculture, valorisation du littoral, tourisme et activit\u00e9s maritimes.<br>Cette ambition reste toutefois indissociable de la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9server les \u00e9cosyst\u00e8mes littoraux. Forte de plus de 1.600 kilom\u00e8tres de c\u00f4tes m\u00e9diterran\u00e9ennes, l\u2019Alg\u00e9rie s\u2019est engag\u00e9e dans une approche de gestion int\u00e9gr\u00e9e de ses espaces c\u00f4tiers, sous le suivi du Commissariat national du littoral. Les aires marines prot\u00e9g\u00e9es repr\u00e9sentent actuellement 15,15% des eaux c\u00f4ti\u00e8res alg\u00e9riennes, une proportion appel\u00e9e \u00e0 atteindre 20% \u00e0 l\u2019horizon 2030.<br>Le d\u00e9veloppement de l\u2019aquaculture devra ainsi s\u2019appuyer sur un \u00e9quilibre entre exploitation des ressources, protection des milieux marins et am\u00e9nagement durable du littoral, afin de permettre \u00e0 cette fili\u00e8re de s\u2019imposer progressivement comme un v\u00e9ritable levier de d\u00e9veloppement \u00e9conomique local. La qualit\u00e9 de l\u2019eau, la gestion des d\u00e9chets, la protection des zones c\u00f4ti\u00e8res et le contr\u00f4le sanitaire seront donc aussi importants que le nombre de tonnes produites.<br>L\u2019Alg\u00e9rie poss\u00e8de pr\u00e8s de 1.200 kilom\u00e8tres de fa\u00e7ade maritime, auxquels s\u2019ajoutent ses barrages, retenues et ressources hydriques continentales susceptibles d\u2019accueillir diff\u00e9rentes formes de pisciculture. Le potentiel existe donc. Mais entre le potentiel et une fili\u00e8re r\u00e9ellement comp\u00e9titive, il reste encore un bout de chemin \u00e0 parcourir.<br>L\u2019aquaculture alg\u00e9rienne a d\u00e9j\u00e0 chang\u00e9 de dimension. La question n\u2019est d\u00e9sormais plus de savoir si elle peut se d\u00e9velopper, mais jusqu\u2019o\u00f9 elle peut aller et quelle valeur ajout\u00e9e l\u2019Alg\u00e9rie sera capable d\u2019en tirer ?.<br>Car produire 7.000 tonnes constitue une progression spectaculaire. Produire<br>20.000 ou 30.000 tonnes serait une performance. Mais construire autour de ces volumes une fili\u00e8re int\u00e9gr\u00e9e, cr\u00e9atrice d\u2019emploi, capable de stabiliser le march\u00e9 et, \u00e0 terme, de conqu\u00e9rir des d\u00e9bouch\u00e9s ext\u00e9rieurs, serait le v\u00e9ritable changement de cat\u00e9gorie.<br><br><strong>G. Salah Eddine<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Longtemps rest\u00e9e \u00e0 la marge de la production halieutique nationale, l\u2019aquaculture alg\u00e9rienne change progressivement d\u2019\u00e9chelle. C\u2019est ce qu\u2019explique un Rapport national volontaire 2026 de l\u2019Alg\u00e9rie, pr\u00e9sent\u00e9 dans le cadre du Forum politique de haut niveau des Nations unies sur le d\u00e9veloppement durable. 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