{"id":66484,"date":"2026-08-18T22:00:13","date_gmt":"2026-08-18T22:00:13","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=66484"},"modified":"2026-08-18T15:01:43","modified_gmt":"2026-08-18T15:01:43","slug":"les-emirats-alimentent-les-conflits-et-destabilisent-les-pays-africains-selon-une-enquete-du-financial-times","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=66484","title":{"rendered":"Selon une enqu\u00eate du Financial Times: \u00c9mirats l\u2019ombre qui s\u2019\u00e9tend sur l\u2019Afrique"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"700\" height=\"394\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-2-1.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-66485\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-2-1.webp 700w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/image-2-1-300x169.webp 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>\u00a0Une nouvelle enqu\u00eate du quotidien britannique Financial Times vient relancer les interrogations sur le r\u00f4le des \u00c9mirats arabes unis dans plusieurs crises africaines. Publi\u00e9e r\u00e9cemment, l\u2019enqu\u00eate s\u2019int\u00e9resse notamment au recrutement et au d\u00e9ploiement de combattants colombiens au Soudan, aux c\u00f4t\u00e9s des Forces de soutien rapide (FSR) dans un conflit qui a plong\u00e9 le pays dans une catastrophe humanitaire.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon le Financial Times, pr\u00e8s de 2.000 anciens militaires colombiens auraient \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s dans le cadre d\u2019un dispositif passant notamment par une soci\u00e9t\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 bas\u00e9e aux \u00c9mirats, la Global Security Services Group (GSSG). Les t\u00e9moignages recueillis par les journalistes, ainsi que des donn\u00e9es de d\u00e9placement, des documents et des \u00e9l\u00e9ments num\u00e9riques, d\u00e9crivent un itin\u00e9raire reliant la Colombie aux \u00c9mirats, puis plusieurs points logistiques de la r\u00e9gion avant l\u2019arriv\u00e9e au Soudan.<br>L\u2019enqu\u00eate britannique d\u00e9crit ainsi un dispositif r\u00e9gional particuli\u00e8rement vaste, reliant notamment les \u00c9mirats \u00e0 la Somalie, \u00e0 la Libye et au Darfour. Plusieurs anciens combattants interrog\u00e9s affirment avoir \u00e9t\u00e9 transport\u00e9s ou form\u00e9s dans le cadre de ce r\u00e9seau. Human Rights Watch, dans une enqu\u00eate distincte publi\u00e9e en mai 2026, a \u00e9galement document\u00e9 le passage de contractuels colombiens par des installations situ\u00e9es aux \u00c9mirats avant leur d\u00e9ploiement au Soudan. L\u2019organisation estime que ces \u00e9l\u00e9ments renforcent les soup\u00e7ons d&rsquo;un soutien \u00e9mirati aux FSR, accusations que les autorit\u00e9s \u00e9miraties rejettent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le Soudan, \u00e9picentre des accusations<br><\/strong>C\u2019est au Soudan que les accusations apparaissent aujourd\u2019hui avec le plus de force. Depuis le d\u00e9clenchement de la guerre, en avril 2023, entre l\u2019arm\u00e9e soudanaise et les FSR, le conflit est devenu l\u2019un des principaux foyers de crise du continent.<br>Le Financial Times affirme \u00e9galement avoir recueilli des \u00e9l\u00e9ments faisant \u00e9tat d\u2019un r\u00f4le \u00e9mirati dans l\u2019approvisionnement et le financement des FSR. L\u2019enqu\u00eate revient, entre autres, sur le commerce de l\u2019or soudanais et sur la place de Duba\u00ef comme centre majeur du n\u00e9goce de l\u2019or africain. Une autre enqu\u00eate du m\u00eame journal d\u00e9crit le r\u00f4le croissant des \u00c9mirats dans les infrastructures portuaires, l\u2019agriculture, l\u2019exploitation mini\u00e8re et les r\u00e9seaux commerciaux africains, sur fond de recherche de ressources et de diversification \u00e9conomique pour l\u2019apr\u00e8s-p\u00e9trole. Cette dimension \u00e9conomique est essentielle pour comprendre la strat\u00e9gie attribu\u00e9e \u00e0 Abou Dhabi. L\u2019influence ne passerait plus seulement par la diplomatie classique, mais \u00e9galement par les investissements, les ports, les ressources mini\u00e8res, les r\u00e9seaux commerciaux et, selon les accusations formul\u00e9es par plusieurs sources, des relais s\u00e9curitaires. Le Financial Times estime ainsi que les \u00c9mirats ont investi massivement en Afrique ces derni\u00e8res ann\u00e9es, tandis que leurs d\u00e9tracteurs les accusent d\u2019utiliser cette puissance \u00e9conomique pour accro\u00eetre leur influence politique et s\u00e9curitaire sur le continent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Des accusations qui d\u00e9passent le Soudan<br><\/strong>Le cas soudanais n\u2019est cependant pas isol\u00e9. La Libye, la Corne de l\u2019Afrique et le Sahel figurent \u00e9galement parmi les espaces o\u00f9 l\u2019influence \u00e9miratie fait l\u2019objet de nombreuses controverses.<br>En Libye, les \u00c9mirats ont \u00e9t\u00e9 accus\u00e9s par le pass\u00e9 d&rsquo;avoir apport\u00e9 un soutien au camp du mar\u00e9chal Khalifa Haftar. Human Rights Watch rappelle notamment que des soci\u00e9t\u00e9s bas\u00e9es aux \u00c9mirats ont \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9es dans des op\u00e9rations logistiques li\u00e9es \u00e0 la Libye et que des enqu\u00eates internationales ont document\u00e9 diff\u00e9rents circuits de soutien militaire.<br>Dans la Corne de l\u2019Afrique, Abou Dhabi a parall\u00e8lement d\u00e9velopp\u00e9 une importante pr\u00e9sence \u00e9conomique et portuaire, notamment \u00e0 travers des investissements et des partenariats strat\u00e9giques. Pour ses d\u00e9fenseurs, cette politique rel\u00e8ve de la coop\u00e9ration \u00e9conomique et de la s\u00e9curisation des routes commerciales. Pour ses d\u00e9tracteurs, elle traduit au contraire une volont\u00e9 de construire une influence politique et militaire disproportionn\u00e9e par rapport \u00e0 la taille du pays.<br>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette multiplication des points d\u2019intervention qui nourrit les critiques contre la politique africaine des \u00c9mirats.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Alger avait d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 l\u2019alerte<br><\/strong>Pour l\u2019Alg\u00e9rie, les r\u00e9v\u00e9lations du Financial Times interviennent surtout dans un contexte o\u00f9 les autorit\u00e9s ont, depuis plusieurs ann\u00e9es, exprim\u00e9 leurs inqui\u00e9tudes face \u00e0 l\u2019implication de puissances ext\u00e9rieures dans les crises africaines.<br>Le pr\u00e9sident Abdelmadjid Tebboune avait \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement explicite en mars 2024, sans citer directement les \u00c9mirats : \u00ab Partout o\u00f9 il y a des conflits, l\u2019argent de cet \u00c9tat est pr\u00e9sent, au Mali, en Libye, au Soudan \u00bb. Cette d\u00e9claration visait clairement, dans le contexte de ses propos, les \u00c9mirats arabes unis.<br>Le chef de l\u2019\u00c9tat avait \u00e9galement averti que l\u2019Alg\u00e9rie ne pouvait accepter que certains acteurs ext\u00e9rieurs reproduisent en Afrique des m\u00e9thodes d\u2019intervention susceptibles d\u2019alimenter les divisions et les conflits. Cette position s&rsquo;inscrit dans la doctrine traditionnelle d&rsquo;Alger : refus de l&rsquo;ing\u00e9rence \u00e9trang\u00e8re, respect de la souverainet\u00e9 des \u00c9tats et r\u00e8glement politique des crises.<br>Le dossier soudanais constitue d\u2019ailleurs un exemple particuli\u00e8rement important de cette approche. En f\u00e9vrier 2026, Abdelmadjid Tebboune a r\u00e9affirm\u00e9, devant le Comit\u00e9 ad hoc de haut niveau de l\u2019Union africaine consacr\u00e9 au Soudan du Sud, l\u2019importance d\u2019une action africaine et d\u2019une r\u00e9solution politique des crises du continent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00ab Ne pas semer le d\u00e9sordre dans notre maison \u00bb<br><\/strong>La tension entre Alger et Abou Dhabi s\u2019est depuis d\u00e9plac\u00e9e \u00e9galement sur le terrain bilat\u00e9ral.<br>En octobre 2025, le chef de l\u2019Etat avait d\u00e9nonc\u00e9, sans nommer directement les \u00c9mirats, l\u2019attitude d\u2019un pays du Golfe qu\u2019il accusait de vouloir intervenir dans les affaires int\u00e9rieures alg\u00e9riennes.<br>\u00ab On a des probl\u00e8mes avec celui qui vient chercher \u00e0 semer le d\u00e9sordre dans notre maison \u00bb, avait-il d\u00e9clar\u00e9, ajoutant qu\u2019Alger ne pouvait accepter une ing\u00e9rence dans ses affaires int\u00e9rieures.<br>Le Pr\u00e9sident avait alors soulign\u00e9 que les relations avec la plupart des pays du Golfe \u00e9taient bonnes, citant notamment l\u2019Arabie saoudite, le Kowe\u00eft, le Qatar et Oman, mais \u00e9voquant un seul \u00c9tat avec lequel les relations \u00e9taient probl\u00e9matiques. La r\u00e9f\u00e9rence aux \u00c9mirats \u00e9tait largement comprise comme transparente.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une m\u00eame inqui\u00e9tude : l\u2019Afrique comme terrain d\u2019influence<br><\/strong>Au-del\u00e0 de la crise alg\u00e9ro-\u00e9miratie, les d\u00e9veloppements r\u00e9cents soul\u00e8vent une question plus large : celle de la multiplication des puissances ext\u00e9rieures qui cherchent \u00e0 accro\u00eetre leur influence sur un continent confront\u00e9 \u00e0 des crises s\u00e9curitaires, politiques et \u00e9conomiques.<br>L\u2019Alg\u00e9rie consid\u00e8re depuis longtemps que les solutions aux probl\u00e8mes africains doivent \u00eatre trouv\u00e9es prioritairement par les Africains eux-m\u00eames. Cette position prend une r\u00e9sonance particuli\u00e8re au moment o\u00f9 le Soudan, la Libye, le Sahel et la Corne de l\u2019Afrique restent travers\u00e9s par des conflits ou des tensions persistantes.<br>Les enqu\u00eates du Financial Times et de Human Rights Watch ne constituent pas, \u00e0 elles seules, une condamnation officielle des \u00c9mirats. Elles apportent cependant de nouveaux \u00e9l\u00e9ments et t\u00e9moignages qui alimentent les interrogations sur les r\u00e9seaux de recrutement, de financement et de soutien logistique op\u00e9rant autour de certains conflits africains. Les \u00c9mirats, de leur c\u00f4t\u00e9, rejettent les accusations de soutien militaire aux FSR.<br>Pour Alger, le constat politique demeure n\u00e9anmoins inchang\u00e9 : l\u2019Afrique ne doit pas devenir le th\u00e9\u00e2tre d\u2019une comp\u00e9tition entre puissances o\u00f9 l\u2019argent, les armes, les ressources naturelles et les r\u00e9seaux d\u2019influence prennent le pas sur la souverainet\u00e9 des \u00c9tats.<br>Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment sur ce terrain que les avertissements du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique prennent aujourd\u2019hui une nouvelle dimension. Lorsqu\u2019il d\u00e9clarait, en 2024, que \u00ab partout o\u00f9 il y a des conflits \u00bb, l\u2019argent de cet \u00c9tat \u00e9tait pr\u00e9sent au Mali, en Libye et au Soudan, le Pr\u00e9sident formulait d\u00e9j\u00e0 une accusation qui trouve, deux ans plus tard, un nouvel \u00e9cho dans les enqu\u00eates consacr\u00e9es au r\u00f4le des r\u00e9seaux \u00e9miratis dans la guerre soudanaise.<br>De Bamako \u00e0 Tripoli, de Khartoum \u00e0 la Corne de l\u2019Afrique, la bataille pour l\u2019influence africaine se joue d\u00e9sormais autant sur le terrain \u00e9conomique que diplomatique et s\u00e9curitaire. Et l\u2019Alg\u00e9rie entend rappeler qu\u2019elle refuse que cette comp\u00e9tition se transforme en d\u00e9stabilisation du continent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">ALGER 16<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Une nouvelle enqu\u00eate du quotidien britannique Financial Times vient relancer les interrogations sur le r\u00f4le des \u00c9mirats arabes unis dans plusieurs crises africaines. 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