{"id":66503,"date":"2026-08-18T22:00:00","date_gmt":"2026-08-18T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=66503"},"modified":"2026-08-18T15:01:24","modified_gmt":"2026-08-18T15:01:24","slug":"dingerence-etrangere-au-genocide-la-main-dabou-dhabi-dans-le-sang-soudanais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=66503","title":{"rendered":"D\u2019ing\u00e9rence \u00e9trang\u00e8re au g\u00e9nocide: La main d\u2019Abou Dhabi dans le sang soudanais"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Lors de l\u2019\u00e9mission \u00ab Hadith Al Djaza\u00efr \u00bb, diffus\u00e9e lundi soir sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision AL24 News, plusieurs experts ont analys\u00e9 l\u2019implication des \u00c9mirats arabes unis dans la crise soudanaise, \u00e0 la lumi\u00e8re de r\u00e9cents rapports d\u2019enqu\u00eate et de r\u00e9v\u00e9lations de m\u00e9dias internationaux. Au c\u0153ur des \u00e9changes : le soutien apport\u00e9 aux Forces de soutien rapide (FSR), les r\u00e9seaux de recrutement et d\u2019acheminement de combattants, ainsi que les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et strat\u00e9giques qui placent le Soudan au centre des ambitions r\u00e9gionales d\u2019Abou Dhabi.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"980\" height=\"551\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/soudan2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-66511\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/soudan2.jpg 980w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/soudan2-300x169.jpg 300w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/soudan2-768x432.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 980px) 100vw, 980px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis le d\u00e9clenchement du conflit, en avril 2023, la guerre au Soudan a plong\u00e9 le pays dans une catastrophe humaine et mat\u00e9rielle majeure. Au c\u0153ur des accusations formul\u00e9es par plusieurs experts et responsables soudanais figure d\u00e9sormais le r\u00f4le attribu\u00e9 aux \u00c9mirats arabes unis dans le soutien aux Forces de soutien rapide (FSR). Recrutement de combattants \u00e9trangers, r\u00e9seaux logistiques, financement et appui militaire : les intervenants interrog\u00e9s dressent le portrait d\u2019une implication qui d\u00e9passe, selon eux, le simple soutien politique.<br>La guerre soudanaise ne se joue plus seulement dans les rues de Khartoum, dans les villes du Darfour ou sur les axes strat\u00e9giques du Kordofan. Elle se prolonge \u00e9galement au-del\u00e0 des fronti\u00e8res du pays, \u00e0 travers des r\u00e9seaux de financement, de recrutement et d\u2019acheminement de combattants et de mat\u00e9riel militaire.<br>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette dimension ext\u00e9rieure du conflit qui revient aujourd\u2019hui au centre des d\u00e9bats, alors que le Conseil de paix et de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019Union africaine, pr\u00e9sid\u00e9 par l\u2019Alg\u00e9rie, cherche \u00e0 renforcer l\u2019implication africaine dans le r\u00e8glement de la crise soudanaise et \u00e0 d\u00e9fendre l\u2019unit\u00e9 et la souverainet\u00e9 du pays.<br>Plusieurs enqu\u00eates et rapports internationaux ont document\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments concernant le soutien ext\u00e9rieur apport\u00e9 aux FSR. Le Financial Times a notamment fait \u00e9tat d\u2019un r\u00e9seau de recrutement, de formation et de transport li\u00e9 \u00e0 une entreprise bas\u00e9e aux \u00c9mirats arabes unis et impliquant pr\u00e8s de 2 000 combattants \u00e9trangers. Human Rights Watch a \u00e9galement document\u00e9 certains aspects de ces r\u00e9seaux.<br>Pour les experts interrog\u00e9s, ces \u00e9l\u00e9ments doivent \u00eatre replac\u00e9s dans une strat\u00e9gie beaucoup plus large.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une question de souverainet\u00e9 nationale<br><\/strong>Intervenant en premier dans l\u2019\u00e9mission depuis le Soudan, Mohamed Mohamadou, conseiller m\u00e9dias du Mouvement de lib\u00e9ration du Soudan, consid\u00e8re que la question du soutien \u00e9mirati aux FSR constitue d\u00e9sormais un dossier directement li\u00e9 \u00e0 la souverainet\u00e9 du pays.<br>\u00ab La question des \u00c9mirats et de leur soutien aux Forces de soutien rapide n\u2019est pas simplement une question politique ou diplomatique. Il s\u2019agit d\u2019une question qui concerne la souverainet\u00e9 de l\u2019\u00c9tat, le droit de l\u2019\u00c9tat et l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat soudanais \u00bb, affirme-t-il. Selon lui, l\u2019implication attribu\u00e9e \u00e0 Abou Dhabi ne se limite pas \u00e0 un soutien politique. Elle s\u2019inscrit dans un dispositif plus large impliquant des combattants \u00e9trangers et des moyens logistiques.<br>L\u2019intervenant \u00e9voque, entre autres, les \u00e9l\u00e9ments contenus dans des rapports consacr\u00e9s au conflit soudanais, faisant \u00e9tat de l\u2019utilisation d\u2019avions pour acheminer du mat\u00e9riel, des drones et des combattants \u00e9trangers.<br>Pour Mohamed Mohamadou, cette situation transforme le soutien ext\u00e9rieur aux FSR en \u00abquestion de s\u00e9curit\u00e9 nationale et de sang soudanais \u00bb. Il estime \u00e9galement que les avanc\u00e9es militaires de l\u2019arm\u00e9e soudanaise ont profond\u00e9ment modifi\u00e9 le rapport de force sur le terrain. Apr\u00e8s avoir repris Khartoum et plusieurs autres villes, les forces gouvernementales poursuivent leurs op\u00e9rations dans les r\u00e9gions du Darfour et du Kordofan.<br>Mais derri\u00e8re les combats, une autre bataille se joue : celle de la souverainet\u00e9 du Soudan et de sa capacit\u00e9 \u00e0 emp\u00eacher que son territoire devienne le th\u00e9\u00e2tre d\u2019affrontements entre puissances r\u00e9gionales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une strat\u00e9gie qui remonterait \u00e0 avant la guerre<br><\/strong>Pour le Dr Abdellah Abderrahman, chercheur en g\u00e9o\u00e9conomie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Clermont, en Californie, le dossier doit \u00eatre analys\u00e9 bien avant le d\u00e9clenchement de la guerre, en avril 2023.<br>\u00ab Nous sommes face \u00e0 des preuves accablantes de l\u2019alimentation d\u2019une guerre qui dure depuis avril 2023. Nous ne sommes pas face \u00e0 un soutien politique ou \u00e9conomique, mais face \u00e0 la construction d\u2019un r\u00e9seau logistique et militaire transfrontalier visant \u00e0 poursuivre la destruction du pays \u00bb, affirme-t-il.<br>Le chercheur situe notamment ses observations dans le contexte de la p\u00e9riode ayant suivi la r\u00e9volution soudanaise de 2018.<br>Il cite un rapport de l\u2019Atlantic Council publi\u00e9 cette ann\u00e9e-l\u00e0, qui \u00e9voquait d\u00e9j\u00e0 des divergences entre Abou Dhabi et Le Caire sur l\u2019avenir de l\u2019arm\u00e9e soudanaise. Selon son analyse de ce document, les \u00c9mirats d\u00e9fendaient alors une transformation profonde de l\u2019appareil militaire soudanais, tandis que l\u2019\u00c9gypte s\u2019opposait \u00e0 une remise en cause de l\u2019arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re.<br>Pour le chercheur, cette divergence est importante parce qu\u2019elle montre que la question de l\u2019arm\u00e9e soudanaise et de son r\u00f4le dans l\u2019\u00c9tat d\u00e9passe largement le cadre de la guerre actuelle.<br>Il insiste : \u00ab Nous sommes donc face \u00e0 des informations anciennes, datant m\u00eame d\u2019avant le d\u00e9but de la guerre, qui confirment les intentions des \u00c9mirats et leurs mauvaises intentions \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la s\u00e9curit\u00e9 nationale soudanaise. \u00bb<br>L\u2019analyse du Dr Abderrahman ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 la dimension militaire. Il \u00e9tablit un lien direct entre l\u2019expansion \u00e9conomique des \u00c9mirats en Afrique et leur capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper des r\u00e9seaux d\u2019influence.<br>Selon lui, l\u2019implantation \u00e9conomique permet \u00e0 certaines puissances de mieux identifier les fragilit\u00e9s sociales et \u00e9conomiques des pays concern\u00e9s. \u00ab L\u2019expansion \u00e9conomique des \u00c9mirats en Afrique et peut-\u00eatre au Soudan leur a permis d\u2019identifier certains points de faiblesse au sein de la structure de la soci\u00e9t\u00e9 soudanaise. Ils ont exploit\u00e9 la pauvret\u00e9 et la n\u00e9cessit\u00e9 \u00bb, avance-t-il.<br>Dans cette lecture, les FSR deviennent un instrument permettant \u00e0 Abou Dhabi de projeter son influence au Soudan sans engager directement une force militaire conventionnelle.<br>Le chercheur d\u00e9crit ainsi les combattants des FSR comme une \u00ab force bon march\u00e9 \u00bb, capable de servir certains objectifs r\u00e9gionaux \u00e0 moindre co\u00fbt humain et politique pour le sponsor ext\u00e9rieur. Cette logique, affirme-t-il, ne serait d\u2019ailleurs pas propre au Soudan.<br>Le Dr Abderrahman inscrit le dossier soudanais dans une g\u00e9ographie beaucoup plus large de l\u2019influence \u00e9miratie.<br>\u00ab Nous parlons du Soudan, mais nous parlons \u00e9galement de la Somalie, de la Libye, de la Syrie et du Y\u00e9men. Dans tous ces pays, les \u00c9mirats ont jou\u00e9 un r\u00f4le n\u00e9gatif\u00bb, d\u00e9clare-t-il.<br>Le chercheur s\u2019appuie \u00e9galement sur les \u00e9crits d\u2019Abdelkhaleq Abdallah, pr\u00e9sent\u00e9 comme proche des dirigeants \u00e9miratis, notamment son concept phare du \u00ab Moment du Golfe \u00bb.<br>Il estime ainsi que la politique r\u00e9gionale men\u00e9e par Abou Dhabi repose sur une ambition disproportionn\u00e9e par rapport \u00e0 ses moyens structurels.<br>Le Dr Abderrahman termine son intervention par une sc\u00e8ne qui, selon lui, illustre l\u2019\u00e9volution du regard port\u00e9 sur les \u00c9mirats par une partie de l\u2019opinion soudanaise.<br>Il revient sur un incident survenu \u00e0 Londres impliquant le Premier ministre \u00e9mirati Mohammed ben Rachid Al Maktoum. Alors que celui-ci se trouvait dans les rues de la capitale britannique, un jeune Soudanais l\u2019a interpell\u00e9 publiquement en d\u00e9non\u00e7ant la politique de son pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Des int\u00e9r\u00eats qui d\u00e9passent largement le champ militaire<br><\/strong>Pour Samir Bouaissa, professeur de sciences politiques et de relations internationales, le Soudan occupe une place particuli\u00e8re dans la strat\u00e9gie r\u00e9gionale des Emirats en raison de ses ressources et de sa position g\u00e9ographique.<br>L\u2019expert \u00e9tablit notamment un lien entre l\u2019expansion \u00e9conomique \u00e9miratie en Afrique et les ambitions s\u00e9curitaires d\u2019Abou Dhabi. Il \u00e9voque le contr\u00f4le de plusieurs infrastructures portuaires africaines et d\u00e9nonce ce qu\u2019il consid\u00e8re comme une instrumentalisation de ces positions \u00e0 des fins militaires.<br>\u00ab Les passages que les Emirats pr\u00e9sentent comme des corridors s\u00e9curis\u00e9s sont utilis\u00e9s comme des corridors militaires pour faire passer des armes ou des mercenaires \u00bb, affirme-t-il.<br>Au-del\u00e0 des ports, le chercheur pointe \u00e9galement la question de l\u2019or soudanais et, plus largement, l\u2019acc\u00e8s aux ressources naturelles africaines. Selon son analyse, les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et s\u00e9curitaires se retrouvent ainsi \u00e9troitement imbriqu\u00e9s.<br>Le volet le plus sensible \u00e9voqu\u00e9 par les experts concerne cependant les r\u00e9seaux de recrutement et de formation de combattants \u00e9trangers.<br>Le Pr Bouaissa cite, entre autres, le cas de la Global Security Services Group, pr\u00e9sent\u00e9e comme une soci\u00e9t\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9e impliqu\u00e9e dans la formation de combattants. Il \u00e9voque des entra\u00eenements portant notamment sur l&rsquo;utilisation de drones et d&rsquo;armements modernes.<br>\u00ab Cette soci\u00e9t\u00e9 est sp\u00e9cialis\u00e9e dans la formation des mercenaires et des milices aux \u00e9quipements militaires modernes, notamment les drones et les missiles \u00e0 courte port\u00e9e \u00bb, explique-t-il.<br>Selon les \u00e9l\u00e9ments \u00e9voqu\u00e9s durant l&rsquo;\u00e9mission, des combattants sont form\u00e9s dans plusieurs sites situ\u00e9s aux Emirats notamment \u00e0 Al Ghayathi et Al Wathba, avant d&rsquo;\u00eatre achemin\u00e9s vers diff\u00e9rentes plateformes r\u00e9gionales, puis vers le Soudan.<br>Anis Boukeider, professeur de sciences politiques et de relations internationales, insiste pr\u00e9cis\u00e9ment sur cette dimension logistique. Pour lui, le dossier a franchi un nouveau seuil avec l&rsquo;apparition d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments techniques permettant de relier directement certains r\u00e9seaux aux Emirats.<br>\u00ab Nous parlons de preuves techniques qui se rattachent directement aux Emirats, sans interm\u00e9diaire \u00bb, affirme-t-il.<br>Il \u00e9voque, entre autres, des donn\u00e9es issues du suivi de communications et de t\u00e9l\u00e9phones attribu\u00e9s \u00e0 certains mercenaires, ainsi que des t\u00e9moignages recueillis aupr\u00e8s de combattants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une guerre horrifique<br><\/strong>Le t\u00e9moignage rapport\u00e9 par le Dr Boukeider donne une dimension particuli\u00e8rement sombre \u00e0 ces accusations.<br>Selon lui, certains mercenaires interrog\u00e9s ont expliqu\u00e9 avoir particip\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rents conflits internationaux avant d&rsquo;arriver au Soudan. Mais leur exp\u00e9rience de la guerre aurait \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment boulevers\u00e9e par ce qu&rsquo;ils ont vu dans la r\u00e9gion du Darfour, notamment \u00e0 El-Fasher.<br>\u00ab Ils disent avoir connu les guerres en Russie, en Ukraine et dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du monde. Mais ce qu&rsquo;ils ont vu \u00e0 El-Fasher \u00e9tait, selon eux, inimaginable \u00bb, rapporte-t-il.<br>Le chercheur \u00e9voque ensuite des t\u00e9moignages faisant \u00e9tat de massacres, d&rsquo;attaques contre des civils et d&rsquo;ordres visant \u00e0 br\u00fbler des corps.<br>Le Dr Boukeider estime m\u00eame que les d\u00e9veloppements r\u00e9cents placent les Emirats face \u00e0 une nouvelle r\u00e9alit\u00e9 juridique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le risque d&rsquo;un embrasement r\u00e9gional<br><\/strong>L&rsquo;enjeu ne se limite cependant pas aux fronti\u00e8res soudanaises.<br>Depuis la Californie, le Dr Abdellah Abderrhaman, chercheur en g\u00e9o\u00e9conomie \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Clermont, en Californie, met en garde contre les cons\u00e9quences \u00e0 long terme de la multiplication des groupes arm\u00e9s soutenus par des puissances \u00e9trang\u00e8res.<br>Son inqui\u00e9tude porte notamment sur l&rsquo;affaiblissement progressif des Etats africains et la prolif\u00e9ration de forces \u00e9chappant au contr\u00f4le des institutions nationales.<br>\u00ab Lorsque vous permettez aux arm\u00e9es non r\u00e9guli\u00e8res de se d\u00e9velopper, vous menacez la s\u00e9curit\u00e9 nationale des pays voisins \u00bb, souligne-t-il.<br>Le chercheur cite, entre autres, le Soudan, le Soudan du Sud, l&rsquo;Ethiopie, l&rsquo;Ouganda, le Kenya et le Tchad, estimant que la multiplication des groupes arm\u00e9s dans cette partie du continent cr\u00e9e un risque de propagation du conflit bien au-del\u00e0 du territoire soudanais.<br>Son avertissement est particuli\u00e8rement direct : \u00ab Lorsque vous renforcez les milices, vous faites de l&rsquo;Afrique une bombe \u00e0 retardement.\u00bb<br>Cette question prend une dimension suppl\u00e9mentaire alors que l&rsquo;Alg\u00e9rie pr\u00e9side actuellement le Conseil de paix et de s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;Union africaine et cherche \u00e0 renforcer l&rsquo;implication de l&rsquo;organisation continentale dans la r\u00e9solution de la crise soudanaise.<br>Pour le Dr Abderrhaman, cette responsabilit\u00e9 place l&rsquo;Union africaine face \u00e0 un choix historique : d\u00e9fendre r\u00e9ellement la souverainet\u00e9 des Etats africains ou laisser les puissances ext\u00e9rieures fa\u00e7onner les rapports de force sur le continent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019Afrique veut reprendre la main<br><\/strong>Cette guerre qui se prolonge pose donc une question qui d\u00e9passe les fronti\u00e8res soudanaises : qui doit d\u00e9cider de l\u2019avenir des crises africaines ?<br>Alors que des r\u00e9seaux ext\u00e9rieurs sont accus\u00e9s d\u2019alimenter les conflits, l\u2019Union africaine cherche \u00e0 renforcer ses propres m\u00e9canismes de m\u00e9diation et de pr\u00e9vention.<br>La mission r\u00e9cemment engag\u00e9e par le Conseil de paix et de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 Khartoum s\u2019inscrit pr\u00e9cis\u00e9ment dans cette logique. Sous la pr\u00e9sidence alg\u00e9rienne, le CPS r\u00e9affirme son soutien au Soudan et \u00e0 la pr\u00e9servation de son unit\u00e9, de sa souverainet\u00e9 et de son int\u00e9grit\u00e9 territoriale.<br>L\u2019enjeu est consid\u00e9rable. Car derri\u00e8re les alliances, les r\u00e9seaux financiers et les calculs g\u00e9opolitiques, il reste un pays d\u00e9chir\u00e9 par plus de deux ann\u00e9es de guerre.<br>Et une r\u00e9alit\u00e9 demeure : chaque acteur ext\u00e9rieur qui transforme le conflit soudanais en instrument d\u2019influence \u00e9loigne un peu plus la perspective d\u2019une paix d\u00e9cid\u00e9e par les Soudanais eux-m\u00eames.<br>G. Salah Eddine<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors de l\u2019\u00e9mission \u00ab Hadith Al Djaza\u00efr \u00bb, diffus\u00e9e lundi soir sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision AL24 News, plusieurs experts ont analys\u00e9 l\u2019implication des \u00c9mirats arabes unis dans la crise soudanaise, \u00e0 la lumi\u00e8re de r\u00e9cents rapports d\u2019enqu\u00eate et de r\u00e9v\u00e9lations de m\u00e9dias internationaux. 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