{"id":67505,"date":"2026-08-31T22:12:00","date_gmt":"2026-08-31T22:12:00","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=67505"},"modified":"2026-08-31T15:39:47","modified_gmt":"2026-08-31T15:39:47","slug":"portee-par-lelectricite-et-les-nouveaux-besoins-energetiques-la-demande-mondiale-en-gaz-naturel-atteint-un-record","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=67505","title":{"rendered":"Port\u00e9e par l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et les nouveaux besoins \u00e9nerg\u00e9tiques: La demande mondiale en Gaz naturel atteint un record"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par G. Salah Eddine<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Le gaz naturel n\u2019a d\u00e9cid\u00e9ment pas dit son dernier mot. Alors que la transition \u00e9nerg\u00e9tique acc\u00e9l\u00e8re et que les investissements dans les \u00e9nergies renouvelables se multiplient, la demande mondiale de gaz a atteint un nouveau sommet en 2025. Avec 4.202 milliards de m\u00e8tres cubes consomm\u00e9s, le march\u00e9 mondial confirme la place encore strat\u00e9gique de cette \u00e9nergie, d\u00e9sormais sollicit\u00e9e aussi bien pour chauffer les logements que pour produire de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et alimenter les nouvelles infrastructures num\u00e9riques.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"714\" height=\"430\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/GNL-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-67506\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/GNL-1.jpg 714w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/GNL-1-300x181.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 714px) 100vw, 714px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon le Rapport mondial sur le gaz 2026, publi\u00e9 mercredi dernier par l\u2019Union internationale du gaz (IGU), la consommation mondiale a progress\u00e9 de 69 milliards de m\u00b3 en un an, soit une hausse de 1,7 % par rapport \u00e0 2024.<br>Une progression qui peut sembler mod\u00e9r\u00e9e, mais qui prend une autre dimension lorsqu\u2019elle est rapport\u00e9e \u00e0 la taille du march\u00e9. En 2025, le monde a ainsi franchi un nouveau record de consommation, confirmant que le gaz demeure au c\u0153ur du syst\u00e8me \u00e9nerg\u00e9tique mondial, malgr\u00e9 les transformations rapides du secteur.<br>La hausse de la demande a principalement \u00e9t\u00e9 aliment\u00e9e par deux moteurs : la consommation r\u00e9sidentielle et commerciale, ainsi que la production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9.<br>Le premier a enregistr\u00e9 la plus forte progression absolue de l\u2019ann\u00e9e, avec 32 milliards de m\u00b3 suppl\u00e9mentaires, notamment sous l\u2019effet des besoins de chauffage durant l\u2019hiver.<br>Mais c\u2019est bien le secteur \u00e9lectrique qui conserve sa position dominante. Les centrales \u00e9lectriques ont repr\u00e9sent\u00e9 34 % de la demande mondiale de gaz naturel en 2025, faisant de la production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 le premier d\u00e9bouch\u00e9 du combustible.<br>Ce poids s\u2019explique notamment par la capacit\u00e9 des centrales \u00e0 gaz \u00e0 r\u00e9pondre rapidement aux variations de la demande \u00e9lectrique.<br>Face \u00e0 cette consommation en hausse, l\u2019offre mondiale a elle aussi atteint un niveau in\u00e9dit.<br>La production disponible s\u2019est \u00e9tablie \u00e0 4.147 milliards de m\u00b3 en 2025, tandis que les importations nettes de gaz naturel liqu\u00e9fi\u00e9 (GNL) ont atteint un record de 580 milliards de m\u00b3.<br>Cette progression du GNL confirme surtout la transformation du march\u00e9 gazier mondial. Transport\u00e9 par voie maritime, le gaz liqu\u00e9fi\u00e9 permet aux importateurs de diversifier leurs fournisseurs et aux producteurs d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 des march\u00e9s situ\u00e9s parfois \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres. Le centre de gravit\u00e9 des exportations continue, lui aussi, de se d\u00e9placer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les \u00e9tats-Unis prennent la premi\u00e8re place<br><\/strong>En mati\u00e8re d\u2019approvisionnement, l\u2019Am\u00e9rique du Nord a d\u00e9pass\u00e9 la Russie en 2025 pour devenir le premier exportateur mondial de gaz naturel.<br>La mont\u00e9e en puissance am\u00e9ricaine est particuli\u00e8rement visible sur le march\u00e9 europ\u00e9en. Le GNL produit aux Etats-Unis a couvert plus de la moiti\u00e9 des importations europ\u00e9ennes, illustrant le poids croissant de Washington dans la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique du continent.<br>Cette \u00e9volution contribue \u00e0 redessiner les flux mondiaux de gaz. Le d\u00e9veloppement des capacit\u00e9s am\u00e9ricaines de production et de liqu\u00e9faction permet aux Etats-Unis de renforcer leur pr\u00e9sence sur les march\u00e9s internationaux, tandis que les importateurs cherchent \u00e0 multiplier leurs sources d\u2019approvisionnement.<br>Le march\u00e9 gazier devient ainsi de plus en plus globalis\u00e9, avec une circulation accrue du GNL entre les grandes r\u00e9gions consommatrices et productrices. Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de progression, le march\u00e9 pourrait conna\u00eetre un l\u00e9ger coup d\u2019arr\u00eat en 2026. L\u2019IGU pr\u00e9voit, en effet, le premier recul annuel de la demande mondiale de gaz naturel depuis 2022, avec une baisse estim\u00e9e \u00e0 environ 7 milliards de m\u00b3.<br>Cette contraction resterait toutefois limit\u00e9e. La croissance de la production aux Etats-Unis et dans d\u2019autres r\u00e9gions devrait notamment compenser une grande partie du recul attendu des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les data centers, nouveau moteur de la demande<br><\/strong>Un autre ph\u00e9nom\u00e8ne pourrait cependant modifier durablement la carte de la demande \u00e9nerg\u00e9tique : l\u2019essor des centres de donn\u00e9es.<br>Le d\u00e9veloppement rapide de l\u2019intelligence artificielle, du cloud computing et des infrastructures num\u00e9riques entra\u00eene une croissance importante des besoins en \u00e9lectricit\u00e9. En 2025, les centres de donn\u00e9es ont repr\u00e9sent\u00e9 environ 1,9 % de la demande mondiale d\u2019\u00e9lectricit\u00e9.<br>Cette consommation devrait continuer \u00e0 augmenter avec la multiplication des infrastructures n\u00e9cessaires au fonctionnement des services num\u00e9riques et de l\u2019intelligence artificielle.<br>Pour le secteur gazier, cette \u00e9volution est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante. Les producteurs et op\u00e9rateurs \u00e9nerg\u00e9tiques voient dans les centrales \u00e0 gaz une source d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 capable de fournir rapidement et de mani\u00e8re flexible les volumes n\u00e9cessaires lorsque la demande augmente.<br>Le boom num\u00e9rique pourrait donc devenir, indirectement, un nouveau facteur de soutien \u00e0 la demande de gaz.<br>Dans ce contexte, l\u2019IGU insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de poursuivre les investissements tout au long de la cha\u00eene gazi\u00e8re : production, liqu\u00e9faction, transport, regaz\u00e9ification et stockage.<br>L\u2019objectif est double : augmenter les capacit\u00e9s d\u2019approvisionnement tout en diversifiant les routes commerciales. Une infrastructure plus importante et mieux connect\u00e9e permettrait \u00e9galement aux march\u00e9s d\u2019absorber plus facilement les variations soudaines de l\u2019offre ou de la demande.<br>Le gaz naturel conserve ainsi une position particuli\u00e8re. Il doit composer avec la mont\u00e9e des renouvelables et les objectifs de r\u00e9duction des \u00e9missions, tout en restant recherch\u00e9 pour sa flexibilit\u00e9 et sa capacit\u00e9 \u00e0 contribuer \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019approvisionnement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le gaz, entre transition et s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique<br><\/strong>Le record enregistr\u00e9 en 2025 rappelle finalement une r\u00e9alit\u00e9 parfois \u00e9clips\u00e9e par les d\u00e9bats sur la transition \u00e9nerg\u00e9tique : le syst\u00e8me \u00e9nerg\u00e9tique mondial ne se transforme pas en rempla\u00e7ant instantan\u00e9ment une source d\u2019\u00e9nergie par une autre.<br>Il \u00e9volue par superposition. Les renouvelables progressent, l\u2019\u00e9lectrification s\u2019acc\u00e9l\u00e8re, l\u2019intelligence artificielle fait exploser certains besoins en \u00e9lectricit\u00e9, tandis que le gaz continue d\u2019assurer une partie de la flexibilit\u00e9 n\u00e9cessaire au fonctionnement du syst\u00e8me.<br>Pour l\u2019IGU, le gaz naturel et le GNL devraient donc continuer \u00e0 jouer un r\u00f4le central dans les prochaines ann\u00e9es, notamment en raison de leur capacit\u00e9 \u00e0 soutenir la fiabilit\u00e9 du r\u00e9seau et la s\u00e9curit\u00e9 des approvisionnements.<br>Mais cette place ne sera pas acquise \u00e9ternellement. Elle d\u00e9pendra de la capacit\u00e9 du secteur \u00e0 investir, \u00e0 innover et \u00e0 r\u00e9pondre aux exigences croissantes en mati\u00e8re de durabilit\u00e9.<br>Le paradoxe du march\u00e9 gazier mondial est donc bien l\u00e0 : au moment o\u00f9 le monde cherche \u00e0 r\u00e9duire sa d\u00e9pendance aux \u00e9nergies fossiles, ses besoins \u00e9nerg\u00e9tiques deviennent simultan\u00e9ment plus importants, plus flexibles et plus difficiles \u00e0 satisfaire. Et, pour l\u2019instant, le gaz reste l\u2019un des principaux amortisseurs de cette \u00e9quation. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par G. Salah Eddine Le gaz naturel n\u2019a d\u00e9cid\u00e9ment pas dit son dernier mot. Alors que la transition \u00e9nerg\u00e9tique acc\u00e9l\u00e8re et que les investissements dans les \u00e9nergies renouvelables se multiplient, la demande mondiale de gaz a atteint un nouveau sommet en 2025. 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