{"id":71256,"date":"2026-10-12T19:30:00","date_gmt":"2026-10-12T19:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/alger16.dz\/?p=71256"},"modified":"2026-10-12T17:16:33","modified_gmt":"2026-10-12T17:16:33","slug":"reforme-du-conseil-de-securite-de-lonu-lalgerie-reclame-justice-pour-lafrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alger16.dz\/?p=71256","title":{"rendered":"R\u00e9forme du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019ONU : L\u2019Alg\u00e9rie r\u00e9clame justice pour l\u2019Afrique"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"859\" height=\"586\" src=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/alg.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-71257\" srcset=\"https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/alg.jpg 859w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/alg-300x205.jpg 300w, https:\/\/alger16.dz\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/alg-767x523.jpg 767w\" sizes=\"auto, (max-width: 859px) 100vw, 859px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Face \u00e0 un Conseil de s\u00e9curit\u00e9 qui peine \u00e0 refl\u00e9ter les r\u00e9alit\u00e9s du monde actuel, l\u2019Alg\u00e9rie plaide pour une repr\u00e9sentation \u00e9quitable de l\u2019Afrique et une participation pleine aux d\u00e9cisions internationales. \u00c0 Tripoli, Ahmed Attaf a r\u00e9affirm\u00e9 l\u2019exigence d\u2019une r\u00e9forme juste, inclusive et conforme aux revendications du continent.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Dans un monde bouscul\u00e9 par les crises g\u00e9opolitiques, la r\u00e9forme du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 devient pressante pour les pays africains qui, longtemps rel\u00e9gu\u00e9s \u00e0 la marge, exigent une repr\u00e9sentation \u00e0 la mesure de leur poids d\u00e9mographique, \u00e9conomique et politique, ainsi qu\u2019une v\u00e9ritable participation aux d\u00e9cisions de s\u00e9curit\u00e9 internationale. C\u2019est l\u2019enjeu de la 14e r\u00e9union minist\u00e9rielle du Comit\u00e9 des Dix de l\u2019Union africaine (C-10), tenue \u00e0 Tripoli, les 10 et 11 octobre derniers.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au c\u0153ur des discussions, une revendication port\u00e9e depuis plus de vingt ans : faire \u00e9voluer une institution dont la composition refl\u00e8te encore largement les rapports de force de l\u2019apr\u00e8s-Seconde Guerre mondiale. Pour les pays africains, il ne s\u2019agit plus seulement d\u2019\u00eatre consult\u00e9s sur les grandes questions internationales, mais de prendre pleinement part aux d\u00e9cisions qui engagent la paix et la s\u00e9curit\u00e9 mondiales.<br>Le choix de la Libye pour accueillir cette r\u00e9union rev\u00eat une port\u00e9e particuli\u00e8re, tant le nom du pays reste attach\u00e9 \u00e0 la D\u00e9claration de Syrte de 2005, qui a marqu\u00e9 une \u00e9tape importante dans la formulation de la position africaine sur la r\u00e9forme du Conseil de s\u00e9curit\u00e9. Depuis Tripoli, Ahmed Attaf, ministre d\u2019\u00c9tat, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, qui repr\u00e9sentait l\u2019Alg\u00e9rie, a plant\u00e9 le d\u00e9cor : \u00abNous nous r\u00e9unissons dans un contexte international d\u00e9licat o\u00f9 le syst\u00e8me multilat\u00e9ral est mis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve.\u00bb La r\u00e9forme du Conseil, a-t-il ajout\u00e9, \u00abest devenue une question de justice, de l\u00e9gitimit\u00e9 et de cr\u00e9dibilit\u00e9 du syst\u00e8me international\u00bb.<br>Pour le chef de la diplomatie alg\u00e9rienne, le d\u00e9calage entre la place qu\u2019occupe aujourd\u2019hui l\u2019Afrique dans les affaires internationales et son absence parmi les membres permanents du Conseil constitue une anomalie difficilement justifiable. En 1945, lors de la cr\u00e9ation de l\u2019ONU, la majeure partie du continent vivait encore sous domination coloniale. Depuis, les ind\u00e9pendances se sont succ\u00e9d\u00e9, les \u00c9tats africains ont rejoint les Nations unies et le continent a \u00e9t\u00e9 directement confront\u00e9 \u00e0 de nombreux conflits, sans que cette \u00e9volution se traduise par une repr\u00e9sentation permanente au sein de l\u2019organe charg\u00e9 du maintien de la paix et de la s\u00e9curit\u00e9 internationales.<br>Rappelant que \u00able continent a pay\u00e9 le prix fort des conflits depuis les ind\u00e9pendances\u00bb, Ahmed Attaf a soulign\u00e9 que \u00able monde a chang\u00e9, les rapports de force ont chang\u00e9 et la carte politique s\u2019est modifi\u00e9e, laissant \u00e9merger de nouveaux \u00c9tats, mais la structure du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 n\u2019a pas su s\u2019adapter dans la mesure requise \u00e0 cette transformation globale\u00bb.<br>Dans ce sens, Alger juge \u00abinacceptable\u00bb que l\u2019Afrique soit cantonn\u00e9e aux si\u00e8ges non permanents. D\u2019o\u00f9 la question de M. Attaf : \u00abComment un syst\u00e8me qui se pr\u00e9tend universel et l\u00e9gitime peut-il, apr\u00e8s plus de 80 ans, refuser une repr\u00e9sentation permanente au plus grand bloc r\u00e9gional de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale ?\u00bb<br>Derri\u00e8re cette interrogation se trouve un enjeu qui d\u00e9passe la seule r\u00e9partition des si\u00e8ges : celui de la l\u00e9gitimit\u00e9 du syst\u00e8me multilat\u00e9ral. Pour Alger, une institution ne peut pr\u00e9tendre repr\u00e9senter \u00e9quitablement la communaut\u00e9 internationale si une r\u00e9gion aussi importante que l\u2019Afrique demeure priv\u00e9e d\u2019un acc\u00e8s permanent aux d\u00e9cisions qui fa\u00e7onnent l\u2019ordre mondial.<br>\u00abL\u2019histoire ne peut servir de pr\u00e9texte pour figer le pr\u00e9sent\u00bb, a-t-il martel\u00e9, ajoutant : \u00abL\u2019Afrique veut passer d\u2019une participation aux cons\u00e9quences \u00e0 une participation pleine aux d\u00e9cisions, sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 avec les autres blocs et continents.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Trois priorit\u00e9s<br><\/strong>Le constant est implacable mais des priorit\u00e9s s\u2019en d\u00e9tachent clairement. Le chef de la diplomatie alg\u00e9rienne a expliqu\u00e9 que trois priorit\u00e9s en particulier sont \u00abessentielles\u00bb pour faire avancer le dossier. La premi\u00e8re consiste \u00e0 pr\u00e9server la coh\u00e9rence du mod\u00e8le africain de r\u00e9forme. Alger salue l\u2019adoption du mod\u00e8le pr\u00e9sent\u00e9 par le Comit\u00e9 des Dix, mais consid\u00e8re que cette avanc\u00e9e ne saurait suffire \u00e0 elle seule \u00e0 garantir la prise en compte des revendications du continent dans les n\u00e9gociations.<br>\u00abUn mod\u00e8le unifi\u00e9 n\u2019ouvre pas automatiquement sur une n\u00e9gociation de texte : des questions fondamentales restent \u00e0 traiter dans les cinq groupes, de mani\u00e8re \u00e9quilibr\u00e9e\u00bb, a estim\u00e9 M. Attaf. Aussi, \u00abl\u2019ouverture de l\u2019Afrique \u00e0 la n\u00e9gociation ne signifie pas qu\u2019elle renonce \u00e0 sa position.\u00bb<br>Autrement dit, l\u2019Afrique entend participer aux discussions sans diluer les principes qui fondent sa revendication. Pour la diplomatie alg\u00e9rienne, l\u2019adoption d\u2019une position commune constitue un acquis \u00e0 pr\u00e9server, notamment face \u00e0 la complexit\u00e9 des n\u00e9gociations et aux divergences qui persistent entre les \u00c9tats membres de l\u2019ONU.<br>La deuxi\u00e8me priorit\u00e9 est pr\u00e9cis\u00e9ment de maintenir cette unit\u00e9. \u00abNotre unit\u00e9 est notre force.\u00bb Le continent doit n\u00e9gocier en bloc unique, car l\u2019unit\u00e9 africaine \u00abn\u2019est pas un simple slogan\u00bb. Plus la phase est d\u00e9licate et les mod\u00e8les nombreux, plus cette unit\u00e9 doit \u00eatre rigoureuse.<br>Cette coh\u00e9sion est d\u2019autant plus importante que toute r\u00e9forme du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 suppose des compromis entre des \u00c9tats aux int\u00e9r\u00eats parfois divergents.<br>La troisi\u00e8me priorit\u00e9 consiste \u00e0 \u00e9largir le cercle des soutiens internationaux. L\u2019objectif est de convaincre que corriger la sous-repr\u00e9sentation africaine ne revient pas \u00e0 retirer des droits aux autres r\u00e9gions, mais \u00e0 renforcer la repr\u00e9sentativit\u00e9 et la cr\u00e9dibilit\u00e9 de l\u2019institution. Dans cette perspective, l\u2019Alg\u00e9rie r\u00e9affirme son attachement aux n\u00e9gociations intergouvernementales men\u00e9es dans le cadre des Nations unies, qu\u2019elle consid\u00e8re comme le seul cadre l\u00e9gitime pour parvenir \u00e0 une r\u00e9forme.<br>Le chef de la diplomatie alg\u00e9rienne a, en outre, pos\u00e9 trois conditions \u00e0 toute participation : un v\u00e9ritable consensus sur l\u2019essentiel de la r\u00e9forme, un processus inclusif, sans exclusion ni report d\u2019aucun des cinq groupes de questions, et la pleine prise en compte de la position africaine commune, avec les si\u00e8ges permanents et non permanents revendiqu\u00e9s et tous leurs privil\u00e8ges.<br>Citant le Pacte pour l\u2019avenir, il a conclu : \u00abL\u2019Afrique a attendu bien longtemps\u00bb, appelant \u00e0 passer de la reconnaissance politique \u00e0 l\u2019action concr\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Un chemin sem\u00e9 d\u2019emb\u00fbches<br><\/strong>Il est important de rappeler dans notre sujet que, fond\u00e9e sur le Consensus d\u2019Ezulwini et la D\u00e9claration de Syrte de 2005, la revendication africaine tient en deux points : deux si\u00e8ges permanents dot\u00e9s de tous les privil\u00e8ges, veto compris, et cinq si\u00e8ges non permanents au lieu de trois, choisis par l\u2019Union africaine. Plus de vingt ans apr\u00e8s, le continent attend toujours. Cr\u00e9\u00e9 en 2005 et coordonn\u00e9 par la Sierra Leone, le Comit\u00e9 des Dix d\u00e9fend cette position dans les n\u00e9gociations men\u00e9es sous l\u2019\u00e9gide de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale.<br>La revendication repose sur un argument de poids : l\u2019Afrique compte 54 \u00c9tats membres de l\u2019ONU, soit pr\u00e8s de 28 % des membres de l\u2019organisation, et repr\u00e9sente plus d\u2019un milliard d\u2019habitants. Elle occupe \u00e9galement une place importante dans les travaux du Conseil de s\u00e9curit\u00e9, notamment en raison des crises et des conflits qui touchent plusieurs pays du continent. Pourtant, aucun \u00c9tat africain ne dispose d\u2019un si\u00e8ge permanent au sein de cette instance.<br>En ao\u00fbt 2024, le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations unies, Antonio Guterres, avait lui-m\u00eame soulign\u00e9 l\u2019ampleur du d\u00e9s\u00e9quilibre, rappelant que pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des conflits inscrits \u00e0 l\u2019ordre du jour du Conseil concernaient l\u2019Afrique. Cette r\u00e9alit\u00e9 nourrit l\u2019argument des pays africains : ceux qui sont directement concern\u00e9s par les d\u00e9cisions internationales relatives \u00e0 la paix et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 doivent pouvoir participer pleinement \u00e0 leur \u00e9laboration.<br>Pour l\u2019Afrique, le d\u00e9fi est donc double : maintenir une position commune face \u00e0 ces divergences et convaincre les autres \u00c9tats que la r\u00e9forme ne peut plus se limiter \u00e0 des d\u00e9clarations de soutien. La r\u00e9union de Tripoli s\u2019inscrit dans cette recherche d\u2019un rapport de force diplomatique capable de faire \u00e9voluer les n\u00e9gociations.<br>Car au-del\u00e0 du nombre de si\u00e8ges, c\u2019est la place de l\u2019Afrique dans la gouvernance mondiale qui est en jeu.<br>G. Salah Eddine<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un monde bouscul\u00e9 par les crises g\u00e9opolitiques, la r\u00e9forme du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 devient pressante pour les pays africains qui, longtemps rel\u00e9gu\u00e9s \u00e0 la marge, exigent une repr\u00e9sentation \u00e0 la mesure de leur poids d\u00e9mographique, \u00e9conomique et politique, ainsi qu\u2019une v\u00e9ritable participation aux d\u00e9cisions de s\u00e9curit\u00e9 internationale. C\u2019est l\u2019enjeu [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":71257,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[236,36],"tags":[],"class_list":["post-71256","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-a-la-une","category-actualites"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/71256","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=71256"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/71256\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":71258,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/71256\/revisions\/71258"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/71257"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=71256"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=71256"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/alger16.dz\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=71256"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}