
Le monde célèbre, le 4 avril de chaque année, la Journée internationale pour la sensibilisation au problème des mines et l’assistance à la lutte antimines, l’occasion de souligner l’importance de l’engagement à éliminer ces armes redoutables et restes explosifs de la guerre, menaçant la vie humaine et les moyens de subsistance, et entravant le développement, d’où la nécessité de redoubler d’efforts en vue de lutter contre ce fléau, et de créer un environnement sain et durable pour les communautés affectées par les conflits armés.
La célébration de la Journée internationale pour la sensibilisation au problème des mines et l’assistance à la lutte antimines est également une opportunité pour mettre en avant la nécessité de soutenir les efforts visant à lutter contre les mines terrestres et les restes explosifs qui polluent les sols de nombreuses communautés, mais aussi de mettre la lumière sur les dangers et risques majeurs qu’ils représentent, tout en appelant à leur élimination et à la protection des civils.
Le 8 décembre 2005, l’Assemblée générale des Nations unies a proclamé la journée du 4 avril de chaque année, Journée internationale pour la sensibilisation au problème des mines et l’assistance à la lutte antimines, dans le but de renforcer les efforts internationaux en matière de déminage, d’apporter soutien aux victimes, et de sensibiliser aux moyens d’éviter ces dangers.
Les mines restent souvent enfouies dans le sol pendant de longues années, après la fin des guerres, menaçant la vie des innocents, notamment les enfants, et entravant le développement économique et agricole, les terres contaminées devenant ainsi inexploitables.
Au moment où les voix internationales s’élèvent contre l’utilisation de ces armes, les mines posées par l’occupant marocain au Sahara occidental, à l’instar de celles implantées par l’occupant sioniste dans les territoires palestiniens, continuent de faire des victimes. L’occupation marocaine persiste dans ses crimes, en utilisant ces bombes à retardement contre le peuple sahraoui et son territoire.
Le Maroc continue également de faire fi de l’ensemble des conventions internationales pertinentes et refuse d’y adhérer. Le Sahara occidental est ainsi considéré comme l’une des régions les plus contaminées par les mines, avec des estimations avoisinant les 10 millions de mines, en sus de milliers de bombes à sous-munitions et de restes d’engins explosifs disséminés de manière aléatoire, notamment le long du mur militaire marocain (mur de la honte), qui constitue le plus long champ de mines continu au monde. Ces mines ont fait plus de 6.000 victimes.
Dans une déclaration à l’APS, le coordinateur des opérations au Bureau sahraoui de coordination de l’action contre les mines (SMACO), Ghaith al-Nah, a souligné que cette journée se voulait « une occasion pour appeler les Etats, les gouvernements, les organisations et les différents partenaires à interdire l’utilisation des mines antipersonnel et à en prévenir l’usage par tous les moyens ».
Il a précisé que le peuple sahraoui est en proie, depuis 1975, à une utilisation massive et brutale de mines antipersonnel et antichars à travers les territoires sahraouis, une situation qui s’est aggravée en 1980 lorsque le Maroc a entamé la construction du mur militaire séparant ces territoires d’est en ouest et du nord au sud.
Le responsable sahraoui a également rappelé que ce mur constitue le plus long champ de mines au monde et l’une des zones les plus contaminées, exposant ainsi le peuple sahraoui à un danger permanent, rappelant que le Maroc continue d’utiliser des mines antipersonnel le long de ce mur et dans différentes zones du Sahara occidental.
==Ghaza, un champ de mines à ciel ouvert ==
Dans la bande de Ghaza, la population souffre également des dangers et du niveau de contamination causés par les mines. Cette arme destructrice a été largement utilisée par l’occupation sioniste au fil des années.
Des experts et spécialistes ont mis en garde contre la menace directe qu’elle représente pour les civils, relevant que les opérations de déminage pourraient durer entre 20 et 30 ans minimum, en raison de l’ampleur des destructions dans la région et du manque d’équipements nécessaires à leur élimination.
Le danger de ces munitions s’est accru avec le retour de nombreux habitants vers les zones qu’ils avaient quittées, après que celles-ci eurent subi de vastes destructions à la suite de l’agression sioniste.
Ces munitions constituent également un obstacle à tout effort humanitaire ou à tout projet de reconstruction.
Dans l’enclave dévastée de Ghaza, les habitants se déplacent entre les décombres de leurs maisons, des bâtiments et des hôpitaux détruits, sous une menace constante d’explosion. Plus de 90% des habitations ont été endommagées ou détruites, en sus de l’effondrement des systèmes d’eau, d’électricité et de santé. Par ailleurs, des munitions explosives sont disséminées partout, à la surface, sous les décombres et enfouies dans le sol.
Des estimations palestiniennes dans l’enclave indiquent que « plus de 20.000 engins explosifs subsistent, soit une moyenne de près de 58 engins par kilomètre carré, un taux record comparé à d’autres zones de conflit, selon l’ONU ».
Les habitants font face à un danger mortel. En effet, l’entité sioniste a largué près de 70.000 tonnes d’explosifs sur le territoire, et les estimations de l’ONU indiquent que 10 à 12 % n’ont pas explosé, transformant chaque recoin de Ghaza en un véritable champ de mines.
Les camps de Nuseirat, Maghazi, Bureij et Deir al-Balah figurent parmi les zones les plus dangereuses, en raison de la présence de près de 1.500 tonnes de munitions, ayant causé la mort et des blessures à des centaines de personnes.
L’ONU souligne que la « Convention d’Ottawa », également connue sous le nom de « Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction », constitue l’un des principaux traités de l’organisation et l’un des plus grands succès de la diplomatie internationale.