
Les participants à la deuxième journée du Colloque international sur le patrimoine manuscrit en Algérie ont mis en lumière, mardi dernier à Alger, l’importante contribution des savants algériens à la diffusion du savoir dans les grandes métropoles du monde islamique, à travers un riche héritage manuscrit conservé dans de nombreuses bibliothèques et collections à travers le monde.
Lors d’une séance scientifique consacrée à l’inventaire des manuscrits algériens dans les collections privées et les bibliothèques publiques aux niveaux national et international, les intervenants ont souligné la profondeur des échanges intellectuels et culturels ayant lié l’Algérie aux différentes régions du monde islamique au fil des siècles. Les manuscrits algériens, préservés dans plusieurs pays, constituent aujourd’hui de précieux témoignages de cette dynamique scientifique et culturelle.
Dans son intervention intitulée « Les manuscrits algériens dans les collections et bibliothèques mauritaniennes », le Dr Mohamed Lamine Benabad, chercheur mauritanien, a insisté sur la valeur scientifique exceptionnelle de ces documents. Il a rappelé qu’ils représentent de véritables témoins de l’histoire intellectuelle et religieuse de l’Algérie, tout en constituant une source essentielle pour les recherches scientifiques et historiques contemporaines.
Pour sa part, le chercheur pakistanais Abdul Majid Baghdadi a mis en avant la présence significative de manuscrits algériens dans les bibliothèques du sous-continent indien, notamment au sein de la bibliothèque Ganj Bakhsh au Pakistan, ainsi que dans plusieurs institutions en Inde.
Ces fonds documentaires couvrent un large éventail de disciplines, parmi lesquelles le rite malékite, le soufisme, l’exégèse coranique, la jurisprudence islamique, la langue arabe et la littérature, illustrant l’influence intellectuelle exercée par les savants algériens bien au-delà des frontières du Maghreb.
De son côté, le Dr Ibrahim Bajis Abdelmadjid El Makdessi, dans une communication consacrée aux manuscrits algériens conservés dans la bibliothèque des Deux Lieux Saints de l’Islam, a souligné la place qu’occupent les productions scientifiques algériennes dans les grandes collections manuscrites de La Mecque, Médine et El-Qods. Il a rappelé que de nombreux érudits algériens ont contribué à l’enseignement, à la transmission des connaissances et à l’enrichissement des sciences religieuses dans ces hauts lieux du savoir du monde musulman. À travers ces différentes interventions, les participants ont mis en évidence le rôle majeur joué par les savants algériens dans la circulation des connaissances et la construction de réseaux intellectuels à l’échelle du monde islamique. Les manuscrits conservés dans plusieurs pays témoignent aujourd’hui encore de ce rayonnement scientifique et culturel qui a marqué différentes époques de l’histoire.
Organisé au Centre international des conférences Abdelatif-Rahal, sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le Colloque international sur le patrimoine manuscrit en Algérie s’est achevé mardi dernier avec la présentation des recommandations finales des participants.
Cheklat Meriem
