
Lors d’un symposium commémorant le 70e anniversaire de l’exécution du martyr Ahmed Zabana, l’avocate Fatima Zahra Benbraham a mis l’accent, mardi dernier, sur le fait que son exécution par la guillotine, le 19 juin 1956, représente un acte criminel contre l’humanité et le droit. Elle a également souligné que cela avait été perpétré contre l’un des emblèmes de la résilience et de la dévotion envers la patrie.
L’avocate Fatima Zohra Benbraham a pris la parole lors de cette conférence, organisée par l’association Machaâl Echahid, dans le cadre du forum du quotidien El Moudjahid, à l’occasion de la Journée nationale des condamnés à mort et ayant pour slogan «L’exécution : entre guillotine et balles ». Elle a également évoqué les circonstances de l’exécution du martyr Ahmed Zabana, condamnant cet acte en le qualifiant de « crime contre l’humanité et crime contre la loi ». Elle en a profité pour évoquer l’exécution à la même date du martyr Abdelkader Ferradj.
Mme Benbraham a souligné également que le chahid Ahmed Zabana avait déclaré à son avocat qu’il ne ferait pas de demande de grâce au président français. « Je suis un révolutionnaire et je ne demanderai jamais la grâce jusqu’à mon dernier souffle, car je suis dans la bonne voie. »
En évoquant le rôle joué par les avocats pendant la guerre de libération, l’oratrice a souligné les restrictions imposées par les autorités coloniales françaises à nombre de ceux qui défendaient les combattants algériens, dont certains furent emprisonnés ou punis, après que les occupants français ont été convaincus qu’il s’agissait de «moudjahidine en robes noires ».
En outre, l’intervenante a relevé les diverses connotations du 19 Juin dans la mémoire nationale, car cette date est liée à l’entrée des forces d’occupation françaises en Algérie en 1830, ainsi qu’à l’exécution des martyrs Zabana et Ferradj à la même date en 1956. Elle a décrit cela comme un message politique envoyé au peuple algérien, indiquant l’impulsion persistante des autorités coloniales pour briser sa révolution, en s’appuyant sur un ensemble « de lois injustes et de mesures extraordinaires pour combattre la glorieuse Révolution », notamment l’amplification des condamnations à mort.
Pour sa part, le moudjahid Mohamed Tahar Abdesselem a partagé ses souvenirs avec le chahid Ahmed Zabana, alors qu’ils étaient incarcérés, soulignant que ce chahid emblématique manifestait une force d’âme inébranlable malgré l’annonce de sa sentence capitale, en souriant aux prisonniers et répétant constamment : « Vive l’Algérie ! »
Pour sa part, l’ancien condamné à mort Abdeddaim Abdeddaim s’est adressé aux jeunes, les appelant à s’inspirer des exploits des moudjahidine et chouhada, afin de préserver la confiance, sauvegarder les acquis de l’indépendance et renforcer l’unité nationale.
A. Menasria
