
Le système d’interconnexion des infrastructures hydrauliques des wilayas de Tlemcen, Aïn Témouchent, Oran et Sidi Bel Abbès constitue un outil stratégique pour renforcer la sécurité hydrique de l’ouest du pays et assurer un approvisionnement continu en eau potable au profit des populations concernées.
Ce dispositif permet d’optimiser l’utilisation des ressources hydriques disponibles, de transférer les volumes d’eau en fonction des besoins des différentes wilayas et de gérer les pics de consommation, garantissant ainsi une distribution régulière et sécurisée de l’eau potable dans les quatre wilayas concernées. Dans ce contexte, la wilaya d’Aïn Témouchent a bénéficié, durant le mois de juin, d’un transfert d’un million de mètres cubes d’eau en provenance du barrage de Sekkak, situé dans la wilaya de Tlemcen. Le directeur des ressources en eau de la wilaya, Miloud Kerzazi, a indiqué que ce volume a été stocké dans la retenue naturelle de Dzioua, située dans la commune d’Aïn Tolba. Le même responsable a précisé que cette opération s’inscrit dans le cadre des mesures anticipatives mises en œuvre en prévision de la période estivale, traditionnellement marquée par une forte hausse de la demande en eau potable, notamment en raison de l’afflux d’estivants sur le littoral de la wilaya. L’opération de pompage a permis de porter le volume d’eau stocké dans la retenue de Dzioua à 4,1 millions de mètres cubes, ce qui contribuera à assurer un approvisionnement régulier et stable en eau potable au profit des habitants tout au long de la saison estivale.
Par ailleurs, la station de dessalement de l’eau de mer de Chatt El Hilal a fait l’objet, au mois de mai dernier, de travaux de maintenance préventive portant sur l’ensemble de ses équipements dans le cadre des mesures visant à garantir la continuité du service public de l’eau durant les périodes de forte consommation.
Une gestion intégrée des ressources hydriques
Le plan d’action du secteur des ressources en eau de la wilaya d’Aïn Témouchent, placé sous la supervision du ministère de tutelle, repose également sur l’interconnexion des infrastructures hydrauliques afin de renforcer durablement les capacités d’approvisionnement de la wilaya.
Miloud Kerzazi a précisé que, selon les besoins, des volumes supplémentaires peuvent être mobilisés à partir des barrages de Sekkak et de Boughrara, situés dans la wilaya de Tlemcen, grâce au système de conduite de la Tafna qui relie les deux wilayas. La station de dessalement de l’eau de mer de Chatt El Hilal, implantée dans la commune de Sidi Ben Adda, constitue aujourd’hui la principale source d’approvisionnement en eau potable de la wilaya d’Aïn Témouchent. Cette infrastructure stratégique produit quotidiennement 200.000 mètres cubes d’eau dessalée. Si cette production était auparavant répartie de manière équilibrée entre les wilayas d’Aïn Témouchent et d’Oran, elle bénéficie désormais davantage à la wilaya d’Aïn Témouchent depuis la mise en service, l’année dernière, de la station de dessalement de Cap Blanc dans la wilaya d’Oran. Cette nouvelle infrastructure a permis de porter à 140.000 mètres cubes le volume quotidien alloué à Aïn Témouchent. Selon le directeur des ressources en eau de la wilaya de Sidi Bel-Abbès, Djebbar Belmerir, la wilaya bénéficiera prochainement, dans le cadre du renforcement de l’interconnexion des infrastructures hydrauliques, d’un approvisionnement en eau potable en provenance de la station de dessalement de Chatt El Hilal.
Le même responsable a fait savoir que le projet affiche un taux d’avancement très satisfaisant. Les travaux de génie civil, ainsi que la pose d’une conduite d’adduction de 900 millimètres de diamètre sur une distance de 54 kilomètres ont été achevés, tandis que l’installation des équipements techniques est actuellement en cours. Les premiers essais sont programmés pour le mois d’août prochain avant la mise en service définitive de l’ouvrage. Le projet prévoit le raccordement entre la station de dessalement d’Aïn Témouchent et la commune de Hammam Bouhadjar, où la nouvelle conduite sera connectée au réseau principal alimenté par la station de Chatt El Hilal. Dès sa mise en exploitation, cette infrastructure permettra le transfert quotidien de 38. 000 mètres cubes d’eau potable vers la wilaya de Sidi Bel-Abbès. Selon M. Belmerir, cette dernière bénéficiera également d’un second apport hydrique estimé à 30.000 mètres cubes par jour en provenance de la station de dessalement de Cap Blanc, située dans la wilaya d’Oran.
Ce projet structurant traduit l’ambition des pouvoirs publics de consolider durablement la sécurité hydrique dans l’ouest du pays.
Abir Menasria
