
La tragédie des incendies qui ont frappé plusieurs wilayas du centre et de l’est du pays a endeuillé l’Algérie. Face à cette épreuve,
le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présenté ses condoléances aux familles des victimes et décrété trois jours de deuil national, avec mise en berne de l’emblème national et annulation des manifestations festives
et compétitions sportives nationales. Sur le terrain, les secours, les services de l’État et les équipes médicales ont poursuivi leur mobilisation pour contenir les flammes, secourir les populations et prendre en charge les blessés et les sinistrés. L’Algérie s’est réveillée, vendredi dernier, dans la douleur, après une journée de jeudi particulièrement éprouvante, marquée par la propagation de plusieurs incendies dans différentes wilayas du centre et de l’est du pays. Les flammes, attisées par des conditions météorologiques difficiles, ont frappé plusieurs régions, provoquant des pertes humaines, des blessés, des évacuations et d’importants dégâts. En quelques heures, la catastrophe a pris une dimension nationale, mobilisant les services de secours, les autorités locales, les établissements hospitaliers, les services de sécurité et les structures de solidarité.
Devant cette tragédie, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a adressé, jeudi dernier, un message de condoléances aux familles des victimes. Le chef de l’État a fait part de sa profonde douleur devant la perte de plusieurs citoyens dans les incendies déclarés dans certaines wilayas du centre et de l’est du pays, exprimant sa compassion aux familles endeuillées et souhaitant un prompt rétablissement aux blessés.
Dans son message, le Président Tebboune a également souligné la dureté de cette nouvelle épreuve, intervenue alors que le processus d’indemnisation des sinistrés des précédents incendies avait déjà été engagé. Face à cette nouvelle tragédie, il a appelé à entourer les victimes de miséricorde et les familles touchées de patience et de réconfort.
Trois jours de deuil pour toute une nation
La décision présidentielle est venue donner une dimension nationale au recueillement. Le président de la République a décrété trois jours de deuil national à compter de jeudi dernier, en hommage aux victimes de cette tragédie. Durant cette période, l’emblème national est mis en berne sur l’ensemble du territoire national et les manifestations festives, ainsi que les compétitions sportives nationales sont annulées.
Le geste dépasse ainsi le cadre des seules régions touchées. Il traduit la solidarité de l’ensemble du pays avec les familles qui ont perdu des proches et avec les populations frappées par les incendies. Pendant trois jours, le deuil devient national, alors que les opérations d’intervention se poursuivent sur le terrain.
Cette décision intervient dans un contexte où les équipes de secours étaient encore engagées dans la lutte contre plusieurs foyers. La situation restait particulièrement difficile dans plusieurs wilayas de l’est et du nord-est du pays, où les incendies continuaient de mobiliser d’importants moyens humains et matériels.
Les chiffres communiqués par la Protection civile permettent de mesurer l’ampleur de la situation. Dans son bilan couvrant la période de jeudi à vendredi derniers à 7h00, la Direction générale de la Protection civile faisait état de 174 incendies enregistrés à travers plusieurs wilayas, dont 110 avaient été éteints. Les opérations se poursuivaient pour les 64 autres foyers restants.
Les foyers encore actifs étaient notamment recensés à Jijel, Skikda, El Tarf, Guelma, Annaba, Béjaïa, Bouira, Mila, Tébessa et Constantine. Jijel figurait parmi les wilayas particulièrement affectées, avec plusieurs foyers toujours en cours.
Quelques heures plus tard, dans un autre bilan arrêté vendredi dernier à 13h00, la Protection civile recensait 97 incendies au cours des dernières 24 heures, dont 68 avaient été éteints et 29 faisaient encore l’objet d’opérations d’extinction. Ces incendies concernaient notamment Skikda, Guelma, Béjaïa, Jijel, Tizi Ouzou, Annaba, Mila, Souk-Ahras, El Tarf, Tébessa, Sétif, Constantine, Bouira, Médéa et Djelfa.

La course contre les flammes
Derrière ces chiffres se trouve une mobilisation continue des équipes d’intervention. Pompiers, services de sécurité, personnels médicaux et différents intervenants ont été engagés pour tenter de contenir les incendies, protéger les populations et empêcher la progression des flammes vers les zones habitées.
Les conditions météorologiques ont cependant compliqué la tâche des équipes. Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a indiqué que plus de 70 % des incendies avaient été maîtrisés. Il a toutefois expliqué que la hausse des températures, la force et l’intensité des vents, ainsi que la forte concentration de fumée avaient rendu plus difficile l’utilisation des moyens aériens dans les opérations d’extinction.
Dans ces circonstances, la protection des populations est demeurée la priorité. Les personnes exposées aux risques ont été évacuées vers des endroits sûrs, pendant que les équipes de secours poursuivaient leur intervention au niveau des zones touchées.
La wilaya de Jijel a été au cœur de cette mobilisation. Chargé par le président de la République, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, s’est rendu jeudi dernier dans cette wilaya afin de suivre personnellement l’évolution de la situation, constater les conséquences des incendies et s’enquérir des opérations d’intervention et d’extinction.
Accompagné d’une délégation ministérielle, le Premier ministre s’est rendu dans plusieurs établissements hospitaliers ayant accueilli les blessés, notamment à Jijel, Taher et El Milia. Il s’est informé de leur état de santé, des soins qui leur étaient prodigués et des moyens mobilisés pour assurer leur prise en charge.
Au cours de cette visite, il a insisté sur la nécessité de fournir tous les soins nécessaires aux blessés et de poursuivre leur suivi médical jusqu’à leur rétablissement. Il a également réaffirmé la mobilisation de l’ensemble des moyens et ressources nécessaires pour garantir une prise en charge optimale.
À El Milia, le Premier ministre s’est rendu au chevet des blessés à l’établissement public hospitalier Bachir-Mentouri.
Sur instruction du président de la République, il a suivi les conditions de prise en charge des personnes touchées et insisté notamment sur l’accompagnement psychologique des blessés et le transfert des cas critiques vers les grands établissements hospitaliers.
Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a de son côté assuré que la prise en charge des blessés se déroulait dans les meilleures conditions. Certains blessés devaient être transférés vers l’hôpital des grands brûlés Saïd-Chibane, à Zéralda, pour recevoir les soins appropriés.
L’État au chevet des victimes et des sinistrés
Au-delà de l’urgence liée à l’extinction des incendies, les autorités ont engagé la prise en charge des populations touchées.
Le Premier ministre a souligné que, conformément aux orientations du président de la République, une attention particulière était accordée aux blessés, aux sinistrés et aux familles des victimes. L’État devait poursuivre leur accompagnement et prendre en charge leurs préoccupations, tout en mobilisant les moyens nécessaires pour remédier aux conséquences des incendies.
Le déplacement gouvernemental ne s’est pas limité aux établissements hospitaliers. À Mechat, dans la région d’El Milia, le Premier ministre a pris connaissance de la situation générale des incendies, de leur évolution et des efforts déployés pour contenir les foyers et limiter leur propagation.
Il a également inspecté plusieurs zones touchées afin d’évaluer l’ampleur des dégâts, de constater les conditions d’intervention et de s’enquérir des moyens humains et matériels engagés. La nécessité de maintenir la coordination entre les différents services a été soulignée, avec une priorité constante : protéger les citoyens.
Dans le même temps, une question essentielle s’est imposée : celle de l’origine de ces incendies.
Le ministre de l’Intérieur a annoncé, depuis Taher, l’ouverture d’enquêtes approfondies afin de déterminer les causes des incendies. Cette décision intervient notamment en raison de l’ampleur de la situation et du nombre important de foyers qui se sont déclarés dans plusieurs wilayas pratiquement au même moment. Les services de sécurité ont ainsi été chargés de faire la lumière sur les circonstances du déclenchement de ces incendies.
Une fois l’urgence passée, ces enquêtes devront permettre de déterminer les circonstances exactes des départs de feu et d’établir les responsabilités éventuelles.
La solidarité au rendez-vous
Dans cette épreuve, la mobilisation n’a pas été uniquement institutionnelle. Elle s’est également traduite par un large mouvement de solidarité.
Le Croissant-Rouge algérien a activé son dispositif d’intervention sur le terrain afin d’appuyer les efforts de l’État et de venir en aide aux familles sinistrées. Ses moyens humains et logistiques ont été mobilisés dans les wilayas touchées. Des convois de solidarité chargés d’équipements et de produits de première nécessité ont été dirigés vers les zones affectées.
Douze ambulances et plusieurs véhicules ont également été mobilisés. Des équipes d’intervention issues des comités du Croissant-Rouge algérien de Bordj-Bou-Arreridj, Constantine, Sétif et Tizi Ouzou ont été dépêchées notamment vers Jijel et Béjaïa afin de contribuer aux opérations de secours, d’accompagner les sinistrés et de renforcer les efforts engagés sur le terrain.
Le secteur de la solidarité nationale a, lui aussi, activé ses dispositifs. Une cellule de suivi installée au niveau central assure la coordination des interventions dans les wilayas touchées.
L’objectif est de garantir une prise en charge efficace des sinistrés et d’assurer la continuité de l’accompagnement psychosocial en coordination avec les autorités locales et les différents services concernés.
Des cellules de solidarité de proximité ont notamment été mobilisées à Jijel, Béjaïa, Mila et Tizi Ouzou pour accompagner les personnes et les familles évacuées vers des espaces sûrs. Elles restent mobilisées afin de soutenir les familles touchées et de répondre à leurs besoins en coordination avec les autorités locales et les services de la Protection civile.
Jijel, vendredi, entre douleur et recueillement
Vendredi dernier, alors que les opérations se poursuivaient dans plusieurs régions, la wilaya de Jijel a vécu un moment particulièrement douloureux : celui des funérailles des victimes.
Chargé par le président de la République, le Premier ministre Sifi Ghrieb a assisté aux obsèques des victimes des incendies qui ont frappé la wilaya.
Les funérailles se sont déroulées au cimetière Dar El-Baka, dans la localité de Djemaâ Beni Habibi, en présence des familles, des autorités locales et d’une foule nombreuse de citoyens venus partager la douleur des proches et témoigner leur solidarité.
Dans une atmosphère de tristesse et de recueillement, les dépouilles ont été inhumées, donnant une dimension particulièrement poignante à cette journée de deuil. La scène a également illustré l’élan de solidarité exprimé par les citoyens à Jijel et à travers les différentes régions du pays.
Présent au nom du président de la République, le Premier ministre s’est recueilli à la mémoire des victimes, priant Allah Tout-Puissant de leur accorder Sa Miséricorde et de donner patience et réconfort à leurs proches. Il a également prié pour le prompt rétablissement des blessés et pour la préservation de l’Algérie et de son peuple.
Un pays uni dans l’épreuve
Dans les mosquées, le prêche du vendredi a également été consacré à cette douloureuse épreuve. Les imams ont appelé les fidèles à faire preuve d’entraide et de solidarité avec les sinistrés et les familles des victimes.
Cet appel est venu prolonger un mouvement de solidarité déjà visible sur le terrain. Les imams ont insisté sur l’importance d’accompagner les familles touchées, de leur apporter aide et assistance et de poursuivre cet élan de fraternité.
Ainsi, au moment où les drapeaux étaient mis en berne à travers le pays, la solidarité devenait l’autre visage de cette tragédie. Secouristes, médecins, agents de sécurité, personnels de la solidarité, bénévoles et citoyens se sont retrouvés autour d’un même impératif : sauver des vies, protéger les populations et soutenir ceux qui ont tout perdu ou qui ont été directement touchés.
Pour le gouvernement, la mobilisation devait se poursuivre jusqu’à la maîtrise des derniers foyers, puis laisser place à une autre étape : celle de l’évaluation des dégâts, de l’accompagnement des sinistrés, de la reconstruction et de la recherche des causes.
Les deux journées de jeudi et vendredi derniers auront ainsi marqué le pays par la violence des incendies, mais aussi par une forte mobilisation collective. La décision du Président Tebboune de décréter trois jours de deuil national a placé cette tragédie au cœur du recueillement de toute la nation.
Aujourd’hui, alors que le pays observe encore ce temps de deuil, l’urgence demeure sur plusieurs fronts : préserver les populations, achever la maîtrise des incendies, soigner les blessés, accompagner les familles sinistrées et faire toute la lumière sur les circonstances de cette tragédie.
Derrière les flammes, ce sont des familles endeuillées, des populations éprouvées et des territoires meurtris. Mais face à l’épreuve, l’Algérie a également montré le visage d’une nation solidaire, où l’État, les secours et les citoyens se mobilisent côte à côte.
Alger 16
