
– Incendies : les dernières indemnisations à achever
– Protection civile : salaires et moyens renforcés
– Numérique et agriculture : cap sur l’efficacité et l’autosuffisance
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé hier à Alger une réunion du Conseil des ministres consacrée à plusieurs dossiers importants touchant notamment au renforcement des services publics, à la modernisation de l’action de l’État et au soutien aux secteurs stratégiques, a indiqué un communiqué de la Présidence.
Au début de la réunion, le Premier ministre a présenté un bilan de l’activité gouvernementale des deux dernières semaines. Le président de la République a ensuite donné une série d’instructions portant sur plusieurs dossiers directement liés aux préoccupations des citoyens et aux capacités d’intervention de l’État.
Achever rapidement les indemnisations des victimes
D’abord, le chef de l’État est revenu sur le processus d’indemnisations des victimes des incendies ayant touché en Août dernier plusieurs wilayas de l’est du pays. Il a salué dans ce sens, la rapidité avec laquelle les opérations d’indemnisation ont été menées, notamment dans la wilaya de Jijel, particulièrement touchée par le drame. Le Président de la République, a, à cette occasion, remercié les membres du gouvernement et les responsables directement impliqués dans cette opération.
Suite à cela, Le Chef de l’Etat a ordonné l’achèvement, dans les meilleurs délais, des dernières opérations d’indemnisation qui resteraient à effectuer. .
Le président de la République a également insisté sur la nécessité de maintenir cet élan de solidarité entre l’État et les citoyens touchés. Il a estimé que cette mobilisation devait contribuer à atténuer les conséquences des pertes subies dans les wilayas concernées.
Les salaires des agents de la Protection civile augmentés
Dans le même ordre d’idées, le dossier de la Protection civile a également, occupé une place importante dans les travaux du Conseil des ministres. Le président Tebboune a estimé nécessaire de revoir le statut particulier des personnels de ce corps, au regard notamment de l’évolution des risques auxquels ils sont confrontés et de la multiplication des situations d’urgence liées aux changements climatiques.
La réforme annoncée prévoit notamment une revalorisation générale des salaires. Cette revalorisation passera par une révision des grades pour mieux adapter les postes aux différentes missions des agents de la Protection civile.
Le chef de l’État a également demandé de revoir à la hausse les indemnités versées aux agents qui interviennent sur le terrain et à leurs familles. Il a aussi insisté sur la nécessité d’assurer une formation régulière aux agents tout au long de leur carrière, afin qu’ils soient toujours prêts à intervenir dans les meilleures conditions.
Les équipements seront également modernisés. De nouveaux matériels plus performants devront être acquis progressivement, tandis que les équipements actuels seront renouvelés selon un programme établi à cet effet.
Dans les zones à forte densité forestière, la création de points et de semi-centres de surveillance est également prévue, en coordination avec le ministère de l’Agriculture. Le renforcement progressif de la flotte d’avions bombardiers d’eau figure aussi parmi les orientations retenues, en fonction des possibilités d’acquisition sur le marché international. Autre mesure annoncée : l’institutionnalisation du volontariat saisonnier au sein de la Protection civile, avec un dispositif destiné à assurer une protection élevée aux volontaires.À travers ces mesures, l’objectif est de renforcer les moyens humains et matériels de la Protection civile afin de lui permettre de faire face plus efficacement aux différents risques et d’assurer une meilleure protection des citoyens.
Un réseau numérique sécurisé
La transformation numérique de l’administration a également été au centre des instructions présidentielles.
Le Président de la République a ordonné la préparation d’un décret présidentiel consacré à la mise en place d’un plan de raccordement numérique sécurisé entre les différentes institutions et organismes de l’État.
Ce dispositif devra définir les missions des différents secteurs concernés et être placé sous la supervision de la Haute Commissaire à la numérisation.
Le président a surtout demandé que cette interconnexion ne se limite pas aux administrations centrales. Elle devra également concerner les wilayas, afin de permettre une circulation plus fluide des données locales et une meilleure coordination entre les différents niveaux de l’administration.
Cette évolution devra toutefois s’accompagner d’un niveau maximal de protection des données des citoyens, alors que la numérisation des services publics implique désormais la circulation d’un volume croissant d’informations administratives.
Mieux suivre la production céréalière
La campagne moisson-battage 2025-2026 a constitué l’autre grand dossier examiné lors de la réunion. Le président de la République a demandé la mise en place d’un suivi mensuel permettant de disposer de données précises sur les volumes
et les rendements des différentes catégories de céréales, notamment le blé tendre et le blé dur.
Les walis devront assurer un suivi précis des récoltes, tandis que le paiement des agriculteurs auprès des agences régionales de l’Office algérien interprofessionnel des céréales devra être rapidement numérisé.
Le président de la République a également demandé de renforcer la coordination avec l’Office national des statistiques et de moderniser le fonctionnement de l’Office des céréales et des instituts spécialisés dans l’agriculture.
Ces mesures visent surtout à augmenter la production agricole nationale et à réduire les importations. Un nouveau projet
de loi d’orientation agricole devra ainsi être préparé pour mieux adapter les surfaces cultivées aux besoins du pays.
Renforcer l’autosuffisance
Dans cette même logique, le président Tebboune a ordonné le lancement d’un programme national pour analyser les sols agricoles. Cette opération permettra de mieux connaître la qualité des terres et de déterminer les cultures les mieux adaptées à chaque région.
La gestion de l’eau a également été abordée. Le gouvernement devra encourager davantage l’utilisation des eaux usées traitées pour l’irrigation afin de réduire la dépendance à la pluie.
Le secteur de l’irrigation vise ainsi à récupérer 60 % des eaux usées.
Ces mesures doivent permettre de mieux utiliser les ressources disponibles et de renforcer durablement la production agricole nationale.
Le coût du Hadj maintenu à 82 millions
Enfin, le président de la République a décidé de maintenir à 82 millions de centimes le coût du Hadj pour les pèlerins algériens. Cette décsion fait suite à une proposition du ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, M.Youcef Belmehdi. Notons que les frais du Hadj ont encore enregistré cette année une hausse d’environ sept millions de centimes.
Cette instruction intervient dans le prolongement de la prise en charge publique d’une partie du coût du pèlerinage. Pour la saison 2026, une aide de 10 millions de centimes avait déjà permis de ramener le coût à 82 millions de centimes au lieu de 92 millions.
À travers les décisions prises lors de cette réunion, le Conseil des ministres a ainsi abordé à la fois des dossiers de proximité, comme l’indemnisation des victimes des incendies et la situation des personnels de la Protection civile, et des chantiers de fond liés à la transformation numérique et à la sécurité alimentaire.
Des orientations qui devront désormais se traduire par des mesures concrètes sur le terrain.
G.Salah Eddine
