
Chargé par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, a inauguré, jeudi dernier à Tissemsilt, une unité de production de composants et d’accessoires plastiques pour automobiles, donnant ainsi un signal fort à la relance de l’industrie nationale et à l’augmentation du taux d’intégration locale.
Relevant du groupe public des spécialités chimiques Holding ACS, l’unité «General Plastic Injection», implantée dans la commune de Khemisti, constitue l’un des projets récupérés en vertu de décisions judiciaires définitives et réintégrés dans le circuit économique national. Sa mise en service intervient quelques mois seulement après le lancement des travaux, en avril dernier, illustrant la volonté des pouvoirs publics d’accélérer la remise en activité des projets industriels concernés.
Lors de cette visite, le Premier ministre a inspecté les différentes installations de l’usine et suivi une présentation consacrée à ses activités, aux étapes de fabrication, ainsi qu’à ses perspectives de développement. Il a également souligné l’engagement des pouvoirs publics à augmenter le taux d’intégration nationale, particulièrement dans l’industrie automobile, en faisant davantage appel aux produits fabriqués localement.
Dans une déclaration à la presse, M. Sifi Ghrieb a annoncé que les opérateurs agréés en Algérie dans la fabrication et le montage automobile seront tenus, dès le début de l’année prochaine, de s’approvisionner auprès de l’unité de Tissemsilt pour les pièces plastiques pouvant être produites localement, conformément à un cahier des charges clair. Le 31 décembre prochain a été fixé comme dernier délai pour l’importation des pièces plastiques entrant dans la fabrication et le montage des véhicules, selon les précisions données à cette occasion.
Cette orientation vise à consacrer un «taux d’intégration effectif» dans l’industrie automobile et à favoriser l’émergence d’une véritable chaîne de production nationale à forte valeur ajoutée. Pour le Premier ministre, le recours aux produits nationaux doit désormais s’inscrire dans une véritable culture industrielle, alors que certaines pièces importées peuvent être produites en Algérie.
Avec une capacité de production de 251.000 pièces par an destinées à équiper près de 200.000 véhicules, l’usine ambitionne d’atteindre un taux d’intégration de 40% dans une première phase, avec l’objectif de le porter à 70% à l’avenir.
D’un coût de réalisation estimé à 5 milliards de DA, le projet devrait également contribuer au développement économique de la région à travers la création de 300 emplois directs et 500 emplois indirects. La vocation de l’unité dépasse, par ailleurs, le seul secteur automobile. Elle est appelée à répondre aux besoins de plusieurs filières, notamment l’électroménager, l’industrie des câbles, les équipements médicaux, les matériaux d’emballage et de conditionnement, les produits et articles ménagers, les produits cosmétiques, les composants de drones et les panneaux de signalisation routière.
Le développement de la filière automobile devra également s’appuyer sur la disponibilité des moules nécessaires à la fabrication des pièces plastiques. À ce sujet, M. Sifi Ghrieb a indiqué que des solutions alternatives seraient examinées lors d’une réunion technique dans le cas où les délais d’importation de ces équipements s’avéreraient longs. La même démarche sera appliquée à la filière de la carrosserie dans la wilaya de Batna, avec pour objectif de renforcer la production locale et d’élever progressivement le taux d’intégration.
Au-delà de l’industrie automobile, la visite de Tissemsilt a également été l’occasion pour le Premier ministre de réaffirmer la poursuite de l’opération de récupération et de relance des projets confisqués dans le cadre de la lutte contre la corruption. M. Sifi Ghrieb a souligné que le président de la République suit personnellement cette opération et accorde une attention particulière au respect des délais fixés pour la réintégration de ces projets dans le tissu économique national.
Selon le Premier ministre, plusieurs autres projets industriels récupérés devraient être relancés prochainement dans différentes wilayas.
L’opération, a-t-il assuré, «va bon train, sans faire de bruit», tandis que l’Etat poursuivra, sous la supervision quotidienne du président de la République, ses efforts pour remettre en activité les autres projets concernés.
L’expérience de Tissemsilt se présente comme une première étape d’un processus plus large visant à transformer des actifs récupérés en capacités productives, tout en renforçant les chaînes de production nationales. La relance de «General Plastic Injection» doit, dans cette perspective, contribuer à réduire le recours aux importations, développer les PME et les industries du plastique et créer de nouvelles activités dans les domaines du transport, de la logistique et des services.
La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, du ministre des Finances, Mohammed Lamine Lebbou, du ministre de l’Industrie, Farid Kourtel, ainsi que du président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula.
Alger 16
Intégration automobile
40% aujourd’hui, 70% demain
L’unité de Tissemsilt produira 251.000 pièces par an destinées à près de 200.000 véhicules.
Le taux d’intégration nationale, fixé à 40% dans une première phase, doit atteindre 70% à terme.
Importations
Fin annoncée pour les pièces plastiques importées
Les opérateurs de la fabrication et du montage automobile devront, dès le début de 2027, s’approvisionner localement pour les pièces plastiques pouvant être produites en Algérie. Le 31 décembre 2026
constitue le dernier délai annoncé pour l’importation de ces pièces.
Projets récupérés
D’autres usines bientôt relancées
Le Premier ministre a annoncé la relance prochaine de plusieurs projets industriels récupérés dans le cadre de la lutte contre la corruption. Leur réintégration dans le tissu économique national se poursuit
sous le suivi du président de la République.
