Le Soudan accuse les Emirats de soutenir les FSR et de déstabiliser la région

Le Soudan a accusé ouvertement les Emirats de soutenir les Forces de soutien rapide (FSR), d’aggraver la catastrophe humanitaire dans le pays et de chercher à déstabiliser le pays et la région, présentant à la tribune de l’ONU des éléments documentant ces implications.

Le représentant permanent du Soudan auprès des Nations unies, l’ambassadeur Al-Harith Idriss, a adressé lundi de vives critiques aux Emirats en réponse aux déclarations de son représentant devant l’Assemblée générale des Nations unies, lors de sa 81e session à New York.

Al-Harith a expliqué que la catastrophe humanitaire qui s’aggrave au Soudan a été en partie provoquée et aggravée par les Emirats.

Il a indiqué que ce soutien avait été documenté par les rapports du Groupe d’experts onusien chargé par la résolution 1591, ainsi que par le rapport de la Commission d’établissement des faits, qui fait état d’un approvisionnement continu.

Al-Harith a déclaré, dans ce sens, que les allégations des Emirats quant à leurs « neutralité et innocence » dans le confit soudanais ne tiennent pas la route, car les crimes et les atrocités commis avec la complicité des Forces de soutien rapide renseignent sur un « partenariat sanglant » scellé avec cette milice.

Le représentant permanent du Soudan auprès de l’ONU a ensuite énuméré une série de pratiques qu’il attribue aux Emirats et qui viseraient à déstabiliser le Soudan et à tenter de remplacer les règles de l’ordre international.

Il a affirmé, à ce propos, que « le soutien émirati à la milice rebelle ne se limitait pas à l’achat d’armes, mais s’étendait aux efforts visant à nuire au gouvernement soudanais et à déstabiliser la région en attisant les tensions confessionnelles et la haine, tout en sapant le rôle du Soudan au sein de différentes institutions et en tentant de détériorer ses relations avec ses voisins à travers des campagnes médiatiques et l’intelligence artificielle, ainsi qu’en portant atteinte à la dignité du peuple soudanais ».

A cet effet, Al-Harith a accusé Abou Dhabi de chercher à établir une administration parallèle à Nyala, de pratiquer le nettoyage ethnique et d’utiliser des mercenaires étrangers pour attaquer les forces armées, outre la falsification de la monnaie soudanaise et la contrebande de minerais stratégiques.

Il l’a également accusé de saboter les réseaux d’énergie, d’électricité et d’eau, de prendre pour cible les barrages et les entrepôts de denrées alimentaires, ainsi que de diffuser des informations trompeuses, notamment des allégations sur l’utilisation d’armes chimiques.

Répondant au représentant émirati, Al-Harith a affirmé que le cœur du réseau de soutien extérieur aux Forces de soutien rapide a été révélé et ses agissements sont désormais documentés dans de nombreux rapports internationaux, précisant que des éléments de sociétés enregistrées aux Emirats affirment que ce pays avait engagé des mercenaires et monnayé leurs services pour transporter du matériel militaire vers les zones du conflit.

Depuis la même tribune onusienne, le ministre soudanais des Affaires étrangères, Mohieldin Salim Ahmed Ibrahim, avait appelé à l’instauration d’une paix « juste » au Soudan, insistant sur la nécessité de mettre fin aux « ingérences extérieures » et aux flux d’armes et de mercenaires.

« Le Soudan est une nation éprise de paix, mais nous aspirons également à une paix juste », a déclaré M. Mohieldin, soulignant qu’une paix durable ne pourrait être instaurée tant que persisteraient « des ingérences extérieures », notamment « l’afflux d’armes et de mercenaires » à travers les frontières soudanaises.

ALGER 16 DZ

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