
Khadija Aoudia, ancienne bâtonnière du barreau de Nîmes (dans le sud de la France), a déposé une plainte auprès de la Cour de justice française à l’encontre du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, l’accusant de provocation à la haine et à la discrimination.
Cette initiative a été engagée au nom d’une association œuvrant dans les quartiers populaires, en réaction à la recrudescence des actes et discours discriminatoires constatés sur le terrain.
La plainte visant Bruno Retailleau, déposée vendredi dernier, rassemble l’ensemble de ses propos considérés comme discriminatoires depuis sa prise de fonctions à la tête du ministère de l’Intérieur, notamment à l’encontre des personnes de confession musulmane.
Me Khadija Aoudia, bâtonnière de Nîmes pour le mandat 2023/2024, affirme que « la seule manière d’éviter le débordement vers la violence, c’est le droit », car, selon elle, « le droit protège, sanctionne égalitairement sans aucune distinction ». Elle évoque des « propos discriminants à l’encontre notamment des Français de confession musulmane et qui ne sont pas dignes d’un ministre, gardien du respect de la Constitution », souligne-t-elle. Plusieurs extraits sont mentionnés dans la plainte, comme la déclaration du 29 septembre sur une chaîne de télévision française : « L’immigration n’est pas une chance pour la France. »
Au cours de cette même intervention, Bruno Retailleau affirme : « L’immigration est un des phénomènes qui a le plus bouleversé la société française depuis 50 ans sans que jamais les Français aient eu à se prononcer. »
En février 2025, sur cette même chaîne, il déclare également : « Le voile est un signe d’apartheid… »
L’avocate annonce son intention de porter l’affaire « jusqu’à la Cour européenne des droits de l’Homme », si la plainte n’aboutit pas devant la Cour de justice de la République française. Elle envisage, par ailleurs, de saisir la Commission des droits de l’Homme des Nations unies. A. Ryad
