
Dans une déclaration, diffusée lundi soir, à l’Algérie Presse Service (APS), l’expert en questions politiques et sécuritaires Zakaria Wahbi a estimé que les opérations menées par l’Armée nationale populaire (ANP) contre les réseaux de contrebande s’imposent comme un élément central de la stratégie sécuritaire de l’Algérie.
M. Wahbi a souligné que ces actions constituent la « pierre angulaire » du dispositif national de protection des frontières et traduisent une volonté politique claire de préserver la stabilité du pays face aux défis sécuritaires émergents.
Ces opérations « illustrent la forte détermination de l’Etat à faire face aux défis liés à la sécurité régionale et sociétale », ajoutant qu’elles représentent « une étape importante dans le renforcement de la sécurité nationale et la garantie de la stabilité aux frontières du pays ».
Directeur de l’Ecole nationale supérieure des sciences politiques (ENSSP), l’expert met en avant la cohérence de la stratégie sécuritaire nationale adoptée par l’Algérie. Celle-ci, explique-t-il, « a démontré sa capacité à faire face à ce type de menaces, et qui repose sur la vigilance permanente de l’ANP, ainsi que son haut niveau de préparation et son engagement constant et rigoureux de protéger les frontières et de lutter contre la criminalité sous toutes ses formes ».
La lutte contre les réseaux de contrebande et les organisations criminelles constitue l’une des missions fondamentales de l’ANP, aux côtés de la sécurisation des frontières et de la lutte contre le terrorisme. Cette mission prend aujourd’hui une dimension stratégique dans un environnement régional instable, où les réseaux criminels développent des connexions de plus en plus étroites avec les groupes terroristes.
Selon Zakaria Wahbi, ces derniers « exploitent les failles sécuritaires et la fragilité du développement dans certains pays voisins, ce qui facilite leur expansion et menace ainsi la sécurité et la stabilité de la région tout entière ».
Dans ce contexte, la lutte contre les trafics illicites ne se limite plus à une simple question de sécurité intérieure. Elle s’inscrit dans une logique plus large de protection de la cohésion sociale et de préservation de la stabilité nationale.
L’expert souligne ainsi que l’un des défis majeurs réside dans « la protection de la sécurité sociétale face à la propagation de la drogue et de ses conséquences catastrophiques », précisant que ces réseaux criminels sont devenus aujourd’hui « un moyen entre les mains de certaines parties cherchant à déstabiliser les Etats en ciblant leur tissu social ».
Le narcotrafic, instrument de pression géopolitique
Au-delà de leur dimension purement criminelle, les réseaux de trafic de drogue sont désormais perçus comme des instruments d’influence dans les rivalités régionales.
Selon l’expert, ces organisations « ont acquis une influence grâce à leurs relations avec des décideurs dans certains pays bien connus », relations qu’elles « exploitent afin d’atteindre des objectifs politiques précis, notamment en facilitant le passage des narcotrafiquants ou en fournissant des informations stratégiques ».
Ces structures opèrent, ajoute-t-il, selon « une organisation structurée, disposant d’une direction, de ressources financières et de sources d’information », ce qui leur permet de consolider leur présence et d’étendre leurs activités à l’échelle régionale.
Dans cette perspective, Zakaria Wahbi évoque également la collusion du Makhzen avec les réseaux de trafic de drogue, accusé d’utiliser ces derniers comme instrument de pression et de chantage dans le but de porter atteinte à la sécurité nationale et à la stabilité sociale des pays de la région, ainsi que de l’Europe.
Un défi stratégique pour la région
L’évolution de ces réseaux vers des structures transnationales constitue aujourd’hui un défi majeur pour les Etats. L’expert met en garde contre le danger croissant de ces groupes, devenus des organisations transfrontalières « ayant réussi à amasser des richesses utilisées non seulement pour acquérir des équipements destinés à étendre leurs activités criminelles, mais aussi pour l’achat d’armes ».
Dans ce contexte, les opérations menées par les unités de l’ANP apparaissent comme un élément déterminant du dispositif de défense nationale. Les interventions récentes témoignent, selon les observateurs, d’une capacité opérationnelle élevée et d’une efficacité notable sur le terrain dans la lutte contre les réseaux criminels visant la sécurité du pays et de sa jeunesse.
En consolidant le contrôle des zones frontalières et en neutralisant les circuits de contrebande, l’ANP contribue ainsi à transformer les frontières nationales en véritable ligne de défense face aux menaces criminelles et aux stratégies hostiles qui cherchent à fragiliser la stabilité de l’Algérie.
G. Salah Eddine
