
L’Algérie est en deuil. Avec la disparition de Liamine Zéroual, le pays perd une figure majeure de son histoire contemporaine, un homme d’État, dont le parcours s’est confondu avec les moments les plus sensibles de la nation.
Né en 1941 à Batna, dans les Aurès, Liamine Zéroual appartient à cette génération forgée dans le combat pour l’indépendance. Très tôt engagé dans les rangs de l’Armée de libération nationale, il s’impose comme un officier rigoureux, formé à l’école de la discipline et du sens du devoir. Après l’indépendance, il poursuit sa carrière militaire avec constance, gravissant les échelons jusqu’à devenir l’un des cadres respectés de l’institution.
Son destin bascule au cœur des années 1990, alors que l’Algérie traverse une crise politique et sécuritaire d’une rare intensité. En 1994, dans un contexte de grande incertitude, Liamine Zéroual est appelé à assumer les fonctions de chef de l’État. Une responsabilité lourde, qu’il accepte avec gravité, conscient de l’ampleur des défis à relever.
Élu président de la République en , au terme d’un scrutin pluraliste, il engage une politique de restauration des institutions et de retour progressif à la stabilité. Son mandat est marqué par une volonté de dialogue et de réconciliation, dans un pays profondément éprouvé. Sous sa présidence, des initiatives politiques et sécuritaires sont lancées pour tenter de ramener la paix, tout en consolidant les fondements de l’État.
Mais c’est aussi par un geste rare que Liamine Zéroual marquera durablement la mémoire collective : en 1998, il choisit de raccourcir son mandat et d’organiser une élection présidentielle anticipée, ouvrant ainsi la voie à une transition politique. Une décision qui illustre sa conception du pouvoir, fondée sur le sens de l’intérêt national, plutôt que sur l’attachement aux fonctions.
Homme discret, peu enclin aux apparitions médiatiques, il s’est ensuite retiré de la vie publique. Cette retenue, parfois perçue comme du silence, a contribué à forger une image singulière : celle d’un dirigeant sobre, attaché à l’essentiel, loin des calculs politiciens.
Dans ses rares prises de parole, Liamine Zéroual n’a cependant jamais cessé d’exprimer son attachement à la stabilité de l’État et à la continuité institutionnelle. À ce titre, il avait affiché un soutien clair au Président Abdelmadjid Tebboune, notamment dans un contexte où le pays amorçait une nouvelle phase politique. Fidèle à sa ligne de conduite, il avait appelé à privilégier l’intérêt supérieur de la nation, à préserver les institutions et à accompagner les efforts visant à consolider la souveraineté et la cohésion nationale.
Ce soutien, mesuré mais significatif, s’inscrivait dans la continuité de son parcours : celui d’un homme d’État soucieux, avant tout, de la stabilité du pays, loin des clivages et des postures partisanes. Par ce positionnement, il réaffirmait sa confiance dans la capacité de l’Algérie à surmonter les épreuves et à poursuivre son chemin dans la sérénité.
Aujourd’hui, les hommages affluent de toutes parts, pour saluer la mémoire d’un homme qui aura incarné, à une période charnière, une certaine idée de l’État. Une figure de rigueur et de responsabilité, dont l’action, dans un contexte tourmenté, reste inscrite dans l’histoire politique du pays.
Avec la disparition de Liamine Zéroual, c’est une page qui tourne. Celle d’une génération de dirigeants façonnés par les épreuves et porteurs d’une vision où l’intérêt de la nation prime sur toute autre considération.
La présidence de la République avait annoncé le décès de l’ancien président de la République, le moudjahid Liamine Zeroual, survenu samedi soir à l’Hôpital militaire Mohamed Seghir-Nekkache à Alger, des suites d’une longue maladie.
A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons.
L’Algérie lui rend hommage.
Alger 16
Lors de sa rencontre avec le président Tebboune au palais d’El Mouradia, Liamine Zéroual avait déclaré :

«J’ai perçu chez le Président une forte et solide volonté d’édifier un nouvel État»
«Chaque jour, je suis de plus en plus fier d’appartenir à cette grande nation »
