Loi d’exécution de prisonniers palestiniens : La réaction forte de l’ambassadeur de Palestine à Alger

L’ambassadeur de Palestine en Algérie, Dr Faiz Abu Aita, a tenu, hier, une conférence de presse au siège de l’ambassade, à Alger, devant une salle comble de journalistes locaux et internationaux. Ses propos, chargés d’émotion et de gravité, ont porté un message sans compromis contre l’occupation sioniste et ses dernières mesures législatives, notamment l’adoption d’une loi autorisant l’exécution de prisonniers palestiniens.

Dès son introduction, l’ambassadeur a brossé un tableau apocalyptique de la situation humanitaire à Ghaza et en Cisjordanie. Selon ses chiffres, la dernière guerre a causé plus de 70 000 morts, des dizaines de milliers de disparus, plus de 150 000 blessés et plus de deux millions de déplacés, contraints de survivre dans des camps de fortune sous des tentes, exposés au froid et à l’insécurité. Les terres palestiniennes ont été saisies, les habitations détruites, rendant certaines zones quasi inhabitées et invivables.

« La bande de Ghaza est devenue un enfer sur terre », a lancé l’ambassadeur, la voix ferme. « Il s’agit d’un déplacement systématique des populations autochtones, d’un crime contre l’humanité, qui ne peut rester impuni. » Il a souligné que cette politique se poursuit sous couvert de légalité, poussant les civils à abandonner leurs maisons et leur patrimoine, qu’ils soient à Ghaza ou en Cisjordanie.

Abu Aita a ensuite dressé un portrait glaçant des conditions des prisonniers palestiniens, victimes de tortures brutales : chocs électriques, attaques par des chiens, humiliations publiques, exposition à l’eau froide et chaude et privation totale de dignité. Faisant référence à son propre passé, il a déclaré : « J’ai été emprisonné pendant huit ans dans les prisons de l’occupation. Ces années étaient dures, mais comparées à ce que vivent aujourd’hui les prisonniers palestiniens, elles ne valent même pas une heure. » Selon lui, la nouvelle loi n’est pas une simple mesure juridique, mais un instrument de terreur systématique, permettant d’exécuter des prisonniers à tout moment, y compris lors de transferts. Il a révélé que, récemment, quatre corps ont été retrouvés près d’une université, victimes d’exécutions sommaires.

L’ambassadeur n’a pas épargné la Knesset israélienne : « Ben Gvir, condamné pour terrorisme, est aujourd’hui ministre et vote pour tuer des milliers de prisonniers. » Il a également dénoncé la loi sur la « judaïsation de l’État », qu’il considère comme un appel au nettoyage ethnique, excluant tous les non-juifs et poursuivant une politique systématique de dépossession et de domination territoriale.

Abu Aita a également évoqué la situation à la mosquée Al-Aqsa : « Depuis 33 jours consécutifs, la liberté de pratiquer nos rites religieux est niée, qu’il s’agisse de la Nuit du Destin ou de l’Aïd. Il s’agit d’une politique systématique visant à contrôler l’identité religieuse et culturelle du peuple palestinien. » Le silence de la société civile, selon lui, permet à l’occupation de poursuivre ses exactions. « Chaque jour où le monde se tait, les crimes continuent », a-t-il insisté.

Appelant la communauté internationale à une action immédiate, Abu Aita a demandé la coopération totale avec la Cour pénale internationale, le soutien aux enquêtes sur les crimes de guerre et l’exécution des mandats d’arrêt contre les responsables, dont Benjamin Netanyahou et Ben Gvir. Il a appelé à isoler la Knesset et les tribunaux sionistes sur la scène internationale, considérés, non pas comme des institutions légitimes, mais comme des entités criminelles.

Il a réclamé la libération immédiate de tous les prisonniers politiques palestiniens, la fin de la politique d’emprisonnement arbitraire et la mise en place d’enquêtes indépendantes et transparentes sur toutes les tortures et exécutions survenues ces dernières années.

En clôture, l’ambassadeur a livré un message de résilience et de détermination : « Le Palestinien est le propriétaire de cette terre, le gardien de ses Lieux saints. Peu importe les lois racistes ou les tentatives de nettoyage ethnique, nous resterons les maîtres de notre terre. Nous sommes patients, mais nous continuerons à défendre notre peuple et notre patrie jusqu’à ce que nous la récupérions. » Enfin, il a exprimé sa gratitude envers le peuple algérien et les médias locaux : « Votre soutien est crucial pour faire entendre la voix de la Palestine au niveau international. »

Dans un monde où l’indifférence semble souvent plus forte que la justice, les mots de Dr Abu Aita résonnent comme un appel à réveiller les consciences. La Palestine n’est pas seulement un territoire occupé, mais un symbole de résistance, de dignité et de persévérance face à l’injustice. Et si la communauté internationale reste silencieuse, ce peuple continuera de porter son combat avec courage, rappelant que la vérité et la justice finissent toujours par émerger, même au coeur de l’oppression.

Amira Benhizia

ALGER 16 DZ

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