Risques sanitaires sur les Produits agricoles marocains : Les alertes se multiplient en Europe

Le Makhzen poursuit une stratégie controversée à l’international, cette fois dans le secteur alimentaire, où les exportations agricoles marocaines font l’objet d’une vigilance accrue dans plusieurs pays européens. Ces dernières semaines, les alertes se multiplient concernant la présence de résidus chimiques et de métaux lourds dans certains fruits, légumes et céréales, entraînant des contrôles renforcés et, dans certains cas, le retour de cargaisons.

Plusieurs médias européens, notamment espagnols, ont mis en lumière les inquiétudes liées à la qualité de ces produits, évoquant des substances toxiques détectées dans certaines importations. Ces préoccupations ont été amplifiées par un avertissement récent en France concernant la présence de métaux lourds dans des céréales, du riz et certains légumes, alimentant le débat sur la sécurité alimentaire et les normes d’importation.
Dans ce contexte, le député français Benoît Piteau, membre du parti des Verts, a qualifié la situation de « scandale sanitaire comparable à celui de l’amiante », estimant que la question des produits contenant du cadmium constitue un risque majeur pour la santé publique. Il a notamment souligné que certains produits importés contiendraient naturellement des niveaux élevés de ce métal lourd, tout en regrettant la poursuite des importations pour des raisons diplomatiques et commerciales.
Le cadmium, classé cancérogène par l’Organisation mondiale de la santé depuis 1993, suscite une inquiétude croissante dans plusieurs pays européens. Ce métal pénètre dans la chaîne alimentaire notamment via l’utilisation d’engrais phosphatés, dont une partie est issue du Maroc. L’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a d’ailleurs rappelé que le cadmium est une substance cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction, associée notamment aux cancers du pancréas, de la vessie et de la prostate.
Parallèlement, certaines voix au Maroc même s’inquiètent de la situation. Une étude récente évoque l’utilisation « indiscriminée » de produits chimiques par 86 % des agriculteurs marocains, pointant l’absence de contrôle strict et la vulnérabilité du système agricole face à l’usage de substances potentiellement dangereuses. Cette situation alimente les critiques d’associations de consommateurs et d’organisations environnementales, dénonçant des risques pour la santé publique.
Selon le journaliste marocain Badr El Aidoudi, basé en Espagne, les exportations agricoles marocaines rencontrent des obstacles croissants sur les marchés internationaux, en raison de scandales liés notamment aux engrais, à la qualité de l’eau utilisée dans l’irrigation et à la gestion des ressources hydriques dans un contexte de crise de l’eau. Ces éléments, combinés à des accusations de concurrence déloyale liées aux coûts de production plus faibles, ont suscité des protestations d’agriculteurs européens, notamment en France, où des cargaisons de légumes marocains ont été détruites lors de manifestations.
La controverse s’étend également à la question du Sahara occidental, certains acteurs dénonçant l’exportation de produits issus de ce territoire sous étiquette marocaine, malgré les décisions de la Cour de justice de l’Union européenne rappelant l’illégalité de l’exploitation des ressources du territoire sans le consentement du peuple sahraoui.
Dans ce contexte, la multiplication des alertes sanitaires et des tensions commerciales place les exportations agricoles marocaines sous une surveillance accrue, transformant un enjeu économique en question géopolitique sensible.
À mesure que les marchés européens renforcent leurs exigences sanitaires et environnementales, la question dépasse désormais le simple commerce agricole. Elle devient un test de crédibilité pour les normes de production, mais aussi pour la transparence des chaînes d’approvisionnement. Car dans un monde où la sécurité alimentaire est devenue stratégique, la confiance se construit lentement… et peut se perdre en une seule cargaison.
Abir Menasria

ALGER 16 DZ

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