Enquête PwC auprès des PDG algériens 2026 : Entre investissements et innovation, l’économie en croissance

La deuxième édition de l’enquête auprès des PDG, organisée par PwC, a eu lieu hier au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal à Alger dans un cadre qui a réuni un large éventail de ministres, d’opérateurs économiques, d’experts et de décideurs.

Placée sous le thème « Souveraineté et résilience : une nouvelle voie économique pour l’Algérie », cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de réflexion collective autour des transformations structurelles de l’économie nationale, avec l’ambition de poser les bases d’un modèle plus robuste et plus compétitif.
Le programme a été rythmé par quatre tables rondes de haut niveau, réunissant ministres, experts et acteurs économiques autour de thématiques stratégiques. Les échanges ont porté sur la valorisation du potentiel énergétique et minier, la souveraineté numérique à travers notamment le développement du cloud et de l’innovation technologique, la souveraineté sanitaire et les perspectives du secteur de la santé en Algérie, ainsi que sur le climat d’investissement, analysé à travers les réformes institutionnelles, l’évolution du système financier et le rôle de l’agriculture dans la création de valeur.
Les discussions ont également mis en avant les efforts engagés par l’Algérie pour moderniser l’exploitation de ses ressources en hydrocarbures, renforcer l’attractivité du secteur, développer les chaînes de valeur et diversifier progressivement l’économie nationale dans une logique de création de richesse durable.
Au-delà des échanges techniques, cette édition a surtout mis en lumière le rôle central des hydrocarbures dans l’équilibre économique du pays, tout en soulignant la nécessité d’une adaptation progressive aux mutations énergétiques mondiales, marquées par les enjeux de transition, de sécurité énergétique et de durabilité.

Poursuite de l’ouverture du secteur des hydrocarbures
Lors d’une table ronde de haut niveau intitulée « Énergie et mines : comment l’Algérie peut-elle transformer son potentiel énergétique et ses richesses géologiques en une puissance régionale ? », le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a pris part aux échanges aux côtés du ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, du ministre des Mines et des Industries minières, du PDG du groupe Sonatrach, d’un expert international, ainsi que du PDG de Tosyali.
Dans son intervention, le ministre d’État a d’abord replacé les dynamiques énergétiques mondiales dans leur contexte, estimant que les bouleversements actuels ne traduisent pas une rupture des marchés, mais plutôt une phase de rééquilibrage global, où les notions de sécurité et de stabilité des approvisionnements prennent une place centrale.
Il a souligné que l’Algérie dispose d’atouts structurels majeurs, notamment d’importantes réserves d’hydrocarbures et d’infrastructures stratégiques déjà opérationnelles, à l’image de ses gazoducs reliant l’Europe. Un positionnement qui, selon lui, consolide durablement le statut du pays comme partenaire énergétique fiable et prévisible.
Dans cette continuité, M. Arkab a précisé que la stratégie nationale repose sur un double axe : la consolidation des partenariats existants, en particulier avec l’Europe, considérée comme un partenaire naturel, et l’ouverture progressive à de nouveaux marchés à travers le développement du gaz naturel liquéfié (GNL), afin d’accroître la flexibilité et la portée des exportations algériennes.
Le ministre a également mis en avant la volonté de l’Algérie de renforcer ses capacités infrastructurelles, à travers des investissements continus et des projets structurants à long terme, citant notamment le projet du gazoduc transsaharien, appelé à renforcer l’intégration énergétique entre l’Afrique et les marchés internationaux. Une orientation qui confirme, selon lui, l’ambition du pays de s’imposer comme une véritable plateforme énergétique régionale.
Abordant la question du climat des affaires, il a indiqué que le lancement de l’appel d’offres « Algérie 2026 BID Round » constitue un signal fort adressé aux investisseurs internationaux. Il traduit, selon lui, la volonté de l’Algérie de poursuivre l’ouverture de son secteur des hydrocarbures dans un cadre transparent, stable et attractif, soutenu par un dispositif juridique modernisé, flexible et incitatif, intégrant également la simplification des procédures et la digitalisation des démarches administratives.
Le ministre d’État a conclu en estimant que la vision 2030 de l’Algérie repose sur une ambition claire : transformer le pays en pôle énergétique régional de référence, capable de valoriser ses ressources naturelles et de les convertir en valeur industrielle ajoutée, tout en consolidant sa position de partenaire stratégique dans la sécurité énergétique internationale.

Les mines, nouveau catalyseur de l’économie
Lors du même événement, le ministre des Mines et de l’Industrie minière, Mourad Hanifi, a mis en avant le rôle stratégique que le secteur minier est appelé à jouer dans la transformation structurelle de l’économie nationale.
Il a souligné que, grâce au travail accumulé par plusieurs générations de géologues et aux investissements publics consentis au fil des années, l’Algérie a pu révéler un potentiel minier considérable, notamment en ce qui concerne les minerais stratégiques comme le lithium. Un potentiel qu’il estime décisif dans la nouvelle phase de développement que connaît le pays.
Le ministre a indiqué qu’un plan d’action a été engagé dès 2024 afin de valoriser au maximum ces ressources. Ce programme vise non seulement l’exploitation des gisements, mais aussi leur transformation sur le territoire national dans une logique d’attractivité pour les investisseurs et de structuration progressive d’un écosystème industriel complet.
Il a insisté sur la nécessité de penser le secteur comme un continuum intégré, reliant directement les ressources naturelles aux produits finis, à travers ce qu’il a qualifié de corridor énergétique et minier.
Dans cette optique, Mourad Hanifi a exposé l’ambition de bâtir une chaîne de valeur entièrement intégrée, soutenue par des capitaux nationaux, permettant à l’Algérie de répondre d’abord à ses besoins internes avant de se positionner comme exportateur de matières premières transformées à forte valeur ajoutée. L’objectif affiché est clair : renforcer l’autosuffisance, puis générer un excédent compétitif sur les marchés internationaux.
Dans cette dynamique, il a évoqué l’ouverture progressive du secteur aux compétences nationales et internationales, notamment pour soutenir la recherche scientifique et technologique, indispensable à l’identification et à la valorisation des ressources du sous-sol.
Reconnaissant les défis inhérents à cette stratégie, notamment en matière de financement et de prise de risque, il a souligné que l’exploration reste une activité à forte incertitude, nécessitant des capitaux importants et une vision de long terme. Il a toutefois rappelé que les difficultés rencontrées en 2024 n’ont pas freiné les ambitions du secteur.
Enfin, Mourad Hanifi a indiqué que son département travaille activement à la mise à disposition de données géologiques plus précises sur le potentiel minier national, tout en accompagnant cette dynamique par le développement des infrastructures de transport et des capacités portuaires dans plusieurs régions du pays, considérées comme des leviers essentiels pour soutenir cette nouvelle orientation stratégique.

L’Algérie en pôle pharmaceutique
Lors de son intervention consacrée à la structuration de l’industrie pharmaceutique, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, a dressé un état des lieux particulièrement révélateur des transformations profondes du secteur. Une dynamique qui s’inscrit dans une ambition claire : renforcer la souveraineté sanitaire de l’Algérie et positionner le pays comme un futur pôle régional d’exportation.
Le ministre a rappelé que l’Algérie occupe aujourd’hui la première place des producteurs pharmaceutiques en Afrique. La production locale couvre désormais près de 83 % des besoins nationaux, un indicateur fort d’une réduction progressive de la dépendance aux importations et d’un basculement structurel vers l’autonomie industrielle.
Dans le même sillage, il a souligné que le pays concentre environ un tiers des capacités de production pharmaceutique du continent, avec 233 unités industrielles actives. Le secteur affichait, par ailleurs, un chiffre d’affaires estimé à près de 4 milliards de dollars en 2024, traduisant une montée en puissance continue de l’appareil productif national.
Autre indicateur significatif : la forte contraction des importations pharmaceutiques, en baisse de 60 %, parallèlement à une progression marquée des exportations, qui ont atteint 23,5 millions de dollars en 2024. Une évolution qui témoigne d’un repositionnement progressif de l’Algérie dans les chaînes de valeur régionales. Au-delà des chiffres, Wassim Kouidri a insisté sur la trajectoire stratégique du secteur, qui vise à transformer cet acquis industriel en levier d’influence économique et sanitaire à l’échelle régionale. L’objectif affiché est clair : faire du tissu pharmaceutique national un acteur exportateur structuré, capable de répondre aux standards internationaux tout en consolidant la souveraineté sanitaire du pays.

Un événement majeur
Cet événement s’inscrit dans une dynamique de renforcement du dialogue autour des grandes transformations économiques en cours, en s’appuyant sur les conclusions de la PwC Global CEO Survey, une enquête annuelle de référence menée auprès de plus de 4 500 dirigeants dans 105 pays et présentée chaque année au Forum économique mondial de Davos.
Dans sa déclinaison algérienne, cette étude se concentre sur l’analyse du climat des affaires, les perspectives de croissance des entreprises, l’attractivité des investissements, ainsi que la capacité d’adaptation de l’économie nationale face à des mutations rapides et de plus en plus complexes.
Les résultats de l’édition 2026 du CEO Survey consacrée à l’Algérie révèlent un niveau d’optimisme particulièrement élevé chez les dirigeants locaux, supérieur aux moyennes internationales. Ainsi, 83 % des chefs d’entreprise anticipent une croissance de l’économie nationale au cours de l’année à venir, contre 61 % au niveau mondial.
Cette confiance se traduit également par une orientation marquée vers l’investissement et l’innovation. Près de 43 % des dirigeants adoptent des stratégies d’investissement ambitieuses, tandis que l’intelligence artificielle générative s’impose comme un levier de transformation majeur, avec 49 % des répondants estimant qu’elle bouleversera en profondeur leurs modèles économiques.
Dans le même temps, plusieurs risques structurels continuent de peser sur les perspectives économiques. L’inflation arrive en tête des préoccupations avec 55 % des réponses, suivie des cybermenaces et de l’instabilité géopolitique. Dans ce contexte, les entreprises sont appelées à renforcer leur souveraineté opérationnelle et leur résilience, devenues des piliers centraux de la nouvelle trajectoire économique.
Au-delà de ces enseignements, les discussions ont mis en lumière les efforts engagés par l’Algérie pour moderniser l’exploitation de ses ressources en hydrocarbures, améliorer l’attractivité du secteur, développer les chaînes de valeur et accélérer la diversification de l’économie nationale dans une logique de création de richesse durable.
Cette rencontre a réuni plusieurs figures clés de l’exécutif et du monde économique, notamment le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures Mohamed Arkab, le ministre des Finances Abdelkrim Bouzred, le ministre de l’Industrie pharmaceutique Wassim Kouidri, le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables Mourad Adjal, ainsi que le ministre des Mines et des Industries minières Mourad Hanifi.
Étaient également présents, la Haute-Commissaire à la Numérisation Meriem Benmouloud, le Gouverneur de la Banque d’Algérie Mohamed Lamine Lebbou, le Directeur général de l’Agence algérienne de développement des investissements Omar Rekache, le PDG de Sonatrach Noureddine Daoudi, le président du Conseil algérien du renouveau économique Kamel Moula, ainsi que plusieurs responsables d’institutions stratégiques des secteurs énergétique et financier.
Abir Menasria

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