
L’Algérie s’engage dans une saison moisson-battage 2026 que les autorités qualifient de stratégique, avec une mobilisation d’ampleur rarement observée. Lancée officiellement début mai 2026 dans les wilayas du Sud, avant de remonter progressivement vers les Hauts-Plateaux puis le Nord à partir de fin mai jusqu’à juillet, la campagne suit un calendrier précis dicté par la maturité des cultures et les conditions climatiques. L’objectif est clair : sécuriser la production céréalière nationale et limiter au maximum les pertes.
Dès les premières semaines, le dispositif logistique se met en mouvement à l’échelle nationale. Plus de 25 000 moissonneuses-batteuses sont mobilisées, avec des équipes techniques chargées d’assurer leur maintenance en continu. À cela s’ajoutent près de 40 000 camions et moyens de transport réquisitionnés pour acheminer rapidement les récoltes vers les centres de collecte. Les coopératives agricoles et les offices publics ont été placés en alerte maximale pour garantir une fluidité sans précédent dans les opérations.
Les autorités ont également renforcé les moyens de stockage et de conservation. Avec une capacité nationale dépassant désormais 9 millions de tonnes, grâce à de nouveaux silos et à la modernisation d’infrastructures existantes, l’État entend éviter les pertes post-récolte qui ont longtemps pénalisé la filière. Parallèlement, un dispositif spécial de prévention des incendies a été déployé : surveillance accrue, mobilisation de la Protection civile et mise en place de couloirs coupe-feu dans les zones à risque.
Cette montée en puissance s’inscrit dans une vision politique impulsée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Pour le chef de l’État, la sécurité alimentaire constitue une priorité nationale. Il a ainsi multiplié les instructions pour renforcer le soutien aux agriculteurs, notamment à travers la généralisation des semences certifiées, l’extension de l’irrigation et l’amélioration de l’accès aux financements. L’objectif affiché est de réduire une facture d’importation céréalière estimée entre 8 et 10 millions de tonnes par an, soit plus de 3 milliards de dollars.
Sur le terrain, les superficies emblavées pour cette campagne dépassent les 3,5 millions d’hectares, avec une prédominance du blé dur. Les projections tablent sur une production nationale comprise entre 35 et 40 millions de quintaux, avec des rendements variables selon les régions. Dans les périmètres irrigués du Sud, certains exploitants atteignent déjà des niveaux supérieurs à 50 quintaux par hectare, illustrant le potentiel de l’agriculture saharienne.
Au-delà des chiffres, la campagne moisson-battage 2026 se distingue par une meilleure organisation des opérations. Un système de suivi quotidien a été mis en place pour coordonner les acteurs, anticiper les difficultés et réduire les pertes. Les autorités locales, en coordination avec les services agricoles, veillent à ce que chaque phase – de la coupe au stockage – se déroule dans des délais optimisés. Si les conditions climatiques se maintiennent, cette campagne pourrait marquer un tournant pour l’agriculture algérienne. Elle incarne une volonté affirmée de renforcer l’autonomie alimentaire du pays et de structurer durablement une filière céréalière performante.
ALGER 16