
Le Collège technique national, convoqué en session extraordinaire, jeudi dernier, au Centre technique national de Sidi Moussa, afin de procéder à une évaluation du parcours de l’Équipe nationale A sous l’ère Petkovic, a, comme il fallait s’y attendre, débouché sur un quitus «hypocrite» au technicien suisse.
Loin de refléter la tendance quasi unanime des Algériens qui ont déjà tranché, si ça ne tenait qu’à eux, la fin de mission du sélectionneur national, la décision du Collège technique national a plus répondu à une contrainte de circonstance qui oblige la fédération, si elle venait à le faire, à payer cash et onéreusement ce renvoi. Le Collège a donc plus cherché à venir au secours de la FAF pour justifier le maintien de Petkovic à son poste. Du moins pour l’heure. D’où cette dérobade hilarante à retenir en conclusion une plaidoirie majoritaire pour la poursuite de la mission à Petkovic, mais… sans ses assistants. Sans ses collaborateurs qu’il a toujours choisis. C’est du moins ce qu’ont révélé des voix en off, en l’absence d’une communication officielle sur le sujet. Une ruse, qui se démasque elle-même, et à travers laquelle le Suisse serait poussé bien évidemment à la démission. Ni plus ni moins. Car quand une équipe échoue, le bon sens retiendrait que c’est le chef en premier qui échoue. C’est lui le capitaine qui donnait les ordres. Le paradoxe, c’est qu’il n’y a pas échec technique proprement dit, convient le même Collège. Car Petkovic et son staff ont réalisé tous les objectifs qui ont été fixés et ont même fait mieux. Mais c’est comme ça, «si Petkovic ne veut pas partir de lui-même pour éviter à la FAF de payer, alors on le laisse continuer sa mission au nom de la stabilité et de ses objectifs atteints, mais on lui signifiera qu’on ne veut plus de ses assistants dans l’espoir qu’il réagira en homme et déciderait enfin de partir par solidarité avec ses fidèles collaborateurs». Voilà en gros, terre-à- terre, la recommandation de génie du Collège technique national. Au mieux certains d’entre eux ont suivi la vague et partagé cette trouvaille, avec une certaine innocence, à voir d’un œil meilleur la présence d’une compétence nationale dans le staff. Mais a-t-on pensé aux conséquences, à cette image cocasse, délivrée après coup à l’international ? Et puis admet-on que Petkovic se sépare de ses assistants et des Algériens sont intégrés dans son nouveau staff, mais il restera le chef qui dictera tout ! Et par quelle magie la communication passerait entre tout ce beau monde, sachant que Petkovic ne parle ni arabe, ni kabyle, ni français, ni anglais d’ailleurs, même s’il arrive à coller quelques bribes ? En effet, jusque-là, celui qui fait office d’interprète entre le sélectionneur et le vestiaire, c’est bien son adjoint Morandi. Mais là ce ne sont que des détails. L’essentiel est dans cette roublardise à vouloir dicter au sélectionneur de se séparer de son staff avec lequel il a toujours travaillé. Absurde ! Sot ! Et risible comme trouvaille du Collège technique national qui n’a finalement pas eu le courage de trancher une recommandation claire : maintien du staff ou son renvoi dans son ensemble. Mais pouvait-on s’attendre à une lumière d’un Collège de «fonctionnaires à plein temps ou à mi-temps», qui n’a même pas eu l’audace de dénoncer cette position de faire-valoir dans laquelle il s’est retrouvé embourbé, à travers cette évaluation grotesque qu’on lui a imposée, pour laver la bourde de la FAF ? Car si consultation devait y avoir pour décider du maintien ou du renvoi de Petkovic, ou de ses adjoints, elle aurait dû se faire avant le renouvellement du contrat. Et ce timing faussé trahissait déjà les visées du conclave et rendaient douteuses d’entrée ses conclusions.
Djaffar Chilab
