
Le tournage d’une partie du film The Odyssey du réalisateur britannique Christopher Nolan à Dakhla, au Sahara occidental occupé, suscite une vive controverse. Des militants et cinéastes sahraouis dénoncent cette décision et appellent au boycott de l’œuvre, estimant qu’elle contribue à légitimer l’occupation marocaine du territoire.
Les critiques émanent notamment de défenseurs des droits humains, qui reprochent au réalisateur d’avoir tourné une partie du film dans un territoire occupé sans prendre en considération son contexte politique et les résolutions internationales qui le concernent.
Citée par Democracy Now!, la directrice exécutive du Festival international du film du Sahara occidental (FiSahara), Maria Carrion, a affirmé que le tournage s’était déroulé dans la zone de la Dune blanche, à Dakhla occupée. Selon elle, des militants sahraouis avaient découvert cette opération, il y a près d’un an, et avaient adressé plusieurs appels à l’équipe du film, ainsi qu’à la société de production afin d’obtenir l’arrêt du tournage et le retrait des séquences réalisées sur place.
Maria Carrion a également dénoncé ce qu’elle qualifie de «génocide culturel » et de « nettoyage ethnique » visant le peuple sahraoui. Elle a estimé que les projets économiques et touristiques développés dans la ville occupée de Dakhla se déroulent dans un contexte marqué, selon elle, par la marginalisation et l’exclusion des populations sahraouies.
Pour sa part, le cinéaste sahraoui Abidin Mohamed Hamudi a considéré que cette affaire illustre « la manière dont le monde occidental utilise les discours sur les droits humains et la démocratie selon ses intérêts ». Intervenant depuis les camps de réfugiés sahraouis, il a indiqué qu’il lui était impossible de retourner dans sa ville natale de Dakhla, alors que l’équipe du film a pu y accéder pour y réaliser des prises de vue.
Le réalisateur sahraoui a réaffirmé que les principales revendications du peuple sahraoui demeurent le respect du droit international et des résolutions des Nations unies, ainsi que l’exercice de son droit à l’autodétermination.
À travers cette mobilisation, les militants sahraouis appellent désormais le public à boycotter The Odyssey et à soutenir les productions cinématographiques consacrées à la situation du Sahara occidental, territoire inscrit depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes de l’Organisation des Nations unies.
Ch. Meriem
