
Le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels franchit une nouvelle étape dans le renforcement de sa coopération avec les pays africains. Un communiqué du ministère publié lundi dernier assure que des missions techniques ont été dépêchées en République du Niger et en République du Tchad afin d’évaluer les besoins des deux pays dans le domaine de la formation professionnelle et de définir des programmes d’action adaptés à leurs priorités de développement.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des directives du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à « renforcer la coopération avec les deux pays frères ».
Au-delà du simple échange institutionnel, cette démarche ambitionne de poser les bases d’une coopération durable fondée sur le transfert de compétences et le partage du savoir-faire algérien dans un secteur considéré comme stratégique pour le développement économique.
À cette occasion, plusieurs réunions techniques spécialisées ont réuni experts et cadres des trois pays afin d’examiner les différentes composantes des systèmes de formation et d’enseignement professionnels. Ces échanges ont permis d’identifier avec précision les besoins exprimés aussi bien au niveau central que local.
Les délégations algériennes ont également effectué des visites de terrain dans plusieurs établissements de formation publics et privés, ainsi que dans des ateliers, des laboratoires et des plateformes techniques. L’objectif était d’évaluer l’état des infrastructures, l’organisation pédagogique, les équipements disponibles, les mécanismes de gestion, ainsi que les relations qu’entretiennent ces établissements avec leur environnement économique.
Ce travail d’évaluation a permis d’établir un diagnostic détaillé des besoins des deux pays, notamment en matière de renforcement des capacités humaines et institutionnelles.
Les travaux des équipes techniques ont abouti à « un accord sur un ensemble de mesures pratiques, en tête desquelles le lancement de programmes de formation des formateurs sur les plans pédagogique et technique, le renforcement des capacités des cadres centraux et des gestionnaires des établissements de formation, le développement de l’ingénierie pédagogique, ainsi que l’échange de documents et de ressources de formation ».
Il a également été convenu de « former les stagiaires dans des spécialités liées aux projets structurants prioritaires, de manière à garantir la disponibilité de compétences qualifiées pour accompagner les projets de développement économique et répondre aux besoins réels du marché du travail ».
Le programme de coopération prévoit, par ailleurs, « l’élaboration de plans de formation, selon un calendrier précis, la définition des besoins des établissements en termes de soutien pédagogique, l’activation de programmes de jumelage entre établissements et le développement de l’enseignement et de la formation à distance, tout en mettant en place des mécanismes conjoints de suivi et d’évaluation pour garantir l’exécution effective des mesures convenues ».
Cette coopération s’inscrit dans une vision plus large portée par l’Algérie, qui entend faire de la formation professionnelle un levier de son partenariat avec les pays africains. Au-delà de l’accompagnement technique, il s’agit de contribuer à la formation de compétences capables de répondre aux besoins des économies locales et d’accompagner les grands projets de développement.
Elle témoigne ainsi de « l’orientation du secteur de la formation et de l’enseignement professionnels vers l’instauration d’une coopération africaine fondée sur la mise en œuvre efficace du programme, le transfert de l’expertise algérienne et le renforcement des capacités, contribuant ainsi au développement des systèmes de formation et d’enseignement professionnels et à la préparation de compétences, en mesure de répondre aux exigences du développement socioéconomique ».
À travers cette initiative, l’Algérie confirme sa volonté de renforcer sa présence sur le continent en privilégiant une coopération fondée sur le partage des compétences et l’investissement dans le capital humain, un enjeu devenu incontournable pour relever les défis du développement économique en Afrique.
G. S. E.
