
Ces dernières années, l’industrie de la sous-traitance mécanique en Algérie a connu une évolution exceptionnelle, grâce notamment aux mesures de soutien et d’assistance accordées aux porteurs de projets par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI).
Ce secteur émergent a vu le lancement de plusieurs projets à travers le pays, bénéficiant des incitations offertes par le nouveau cadre d’investissement. Nombre de ces projets sont déjà opérationnels.
Parmi ces réussites figure IDENET, une entreprise spécialisée dans la fabrication de faisceaux et de câbles électriques pour diverses usines d’électroménager et de véhicules en Algérie, notamment l’usine Stellantis d’Oran, qui produit les voitures Fiat.
En peu de temps, IDENET a connu une croissance fulgurante, passant d’une start-up de seulement 20 employés à une entreprise de production employant aujourd’hui 375 ouvriers et 122 ingénieurs, avec une forte présence féminine.
Depuis l’inauguration de son usine d’Aïn Témouchent, il y a plus d’un an, avec des investissements dépassant 360 millions de dinars algériens, l’entreprise a étendu ses activités à la production de cartes électroniques pour automobiles.
Les unités de production de l’entreprise fonctionnent actuellement à une capacité de 10 millions d’unités de faisceaux et de câbles électriques, et de 3 millions de cartes électroniques par an. L’entreprise travaille également à la finalisation de deux nouveaux projets d’expansion, avec des capacités de production respectives de 12 millions de faisceaux électriques et de 6 millions de cartes électroniques par an.
Grâce à l’augmentation continue de sa capacité de production, le nombre d’employés d’IDENET devrait doubler, pour atteindre 800 d’ici septembre prochain, date qui coïncidera avec le début de la livraison des deux projets d’expansion, selon Ali Maâmari, gérant de l’entreprise, qui s’est entretenu avec Algérie presse service.
Cette entreprise représente une remarquable réussite, étant l’un des rares sous-traitants de premier rang «Tier 1» (fournisseurs directs du client principal) du secteur automobile en Afrique.
Selon le même dirigeant, IDENET détient les certifications de qualité ISO 9001, 14001, 44001 et 26001, ainsi que les certifications EcoVadis et CyberVadis, et la certification IATIF, norme internationale de gestion de la qualité dans le secteur automobile.
Concernant le rôle de l’AAPI, Maâmeri a rappelé que l’entreprise avait bénéficié d’un soutien de grande qualité, fidèle à l’esprit des réformes mises en œuvre dans le secteur des investissements, particulièrement grâce au guichet unique et à la plateforme numérique, lui permettant d’obtenir l’accord de franchise un mois seulement après le dépôt de sa demande.
L’entreprise cherche actuellement à s’implanter sur les marchés internationaux en explorant des contrats d’exportation avec des filiales du groupe Stellantis en Europe et sur plusieurs marchés africains, a indiqué Maâmeri, qui a affirmé que son ambition ultime est de contribuer à la conception d’un véhicule 100 % algérien.
Le soutien et l’accompagnement de l’AAPI soulignés
De son côté, MHLB, dont le siège social est situé à Aïn M’lila (wilaya d’Oum El-Bouaghi), constitue un autre exemple notable. L’entreprise est passée de l’importation de pièces détachées automobiles à l’assemblage local de moteurs industriels, grâce aux avantages et au soutien apporté par l’AAPI, selon son gérant associé, Houssam El Ouaer. L’usine MHL emploie actuellement 53 personnes et possède une capacité de production de 200 moteurs par jour, notamment pour les véhicules DFM, Chery, Chevrolet et Haifey.
El Ouaer a salué le rôle de l’AAPI dans l’accompagnement des porteurs de projets, en particulier concernant les accords de transfert de technologie, soulignant que le projet avait obtenu son autorisation d’exploitation moins de six mois après le dépôt de sa demande.
Forte de cette expérience réussie, l’entreprise a revu ses ambitions à la hausse. MHLB vise désormais à porter le taux de contenu local de ses moteurs à 65% et a déposé une demande d’extension et d’attribution de terrain, via la plateforme numérique de l’AAPI, afin d’implanter de nouvelles unités de production locale de composants de moteurs, tels que des culasses, des couvre-culasses et certaines pièces moulées en aluminium.
HLB ambitionne également de concevoir son propre moteur et de le breveter, en s’appuyant sur un accord de coopération existant avec un centre de recherche universitaire.
De son côté,le directeur technico-commercial de l’entreprise Maintenance industrielle Kadda (MIK), Habib Missoum, a salué le soutien constant et l’accompagnement sur site apportés par l’AAPI à ses clients, tout au long des différentes étapes du projet.
Grâce au soutien de l’Agence, a-t-il ajouté, cette entreprise, spécialisée dans la fabrication de pièces mécaniques de précision, a pu acquérir un terrain de 25.000 mètres carrés dans la zone industrielle d’El-Bordjia, à Mostaganem, afin de réaliser un agrandissement, qui a porté ses effectifs de 100 à environ 250 employés.
Les produits de l’entreprise, notamment les arbres de transmission, les poulies et les pièces rotatives, sont destinés à répondre aux besoins du secteur automobile algérien, ainsi que des industries agricole et maritime. L’entreprise contribue à réduire la facture des importations du secteur industriel, grâce à la production locale de pièces, qui étaient auparavant entièrement importées, a ajouté Missoum, indiquant que les ambitions de l’entreprise sont axées sur un meilleur contrôle de sa chaîne d’approvisionnement grâce à la création de sa propre fonderie, une nouvelle étape stratégique de son développement.
Abir Menasria
