
Le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, a affirmé, vendredi dernier, l’existence d’une «convergence totale de vues» entre le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, et le président de la République algérienne, Abdelmadjid Tebboune, notamment autour du respect de la souveraineté des Etats et du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays.
Le Mali et l’Algérie semblent vouloir tourner la page des tensions diplomatiques qui avaient marqué leurs relations, ces deux dernières années. Lors d’un «Grand Oral» consacré au bilan des cinq années de la Transition au Mali, le Premier ministre malien a insisté sur la volonté des deux pays de renouer avec une approche fondée sur le dialogue et le respect mutuel. «Une convergence totale de vues existe aujourd’hui entre le Président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, et le Président algérien Abdelmadjid Tebboune, notamment sur les principes de respect de la souveraineté des Etats et de non ingérence dans les affaires intérieures», a affirmé Abdoulaye Maïga, en réponse aux questions des journalistes. Le responsable malien a néanmoins reconnu que des «divergences» avaient opposé les deux pays sur certains dossiers au cours des derniers mois. Il a, toutefois, assuré que ces divergences «sont désormais dépassées», laissant entendre une volonté de rétablir un climat plus apaisé entre Alger et Bamako. Dans son intervention, le Premier ministre malien a également insisté sur la profondeur des relations entre les deux peuples, évoquant les liens historiques, culturels et humains qui unissent l’Algérie et le Mali. Abdoulaye Maïga a notamment rappelé que plusieurs responsables des deux pays, dont lui-même, ont été formés à l’Ecole nationale d’administration d’Alger.
Un parcours qui illustre, selon lui, l’ancienneté des échanges humains et institutionnels entre les deux Etats. Il a ainsi estimé que «ces relations fraternelles doivent continuer à renforcer la coopération entre les deux pays», plaçant cette coopération dans une perspective dépassant les seules relations politiques du moment.
Pour une région stable
Au-delà du rapprochement bilatéral, le Premier ministre malien a également évoqué les enjeux sécuritaires qui concernent l’ensemble du Sahel.
Il a réaffirmé la volonté commune de travailler à la construction d’«une région pacifiée, sécurisée et débarrassée du terrorisme, du néocolonialisme et de toute prétention hégémonique».
Cette déclaration intervient dans un contexte régional marqué par la persistance de la menace terroriste, les recompositions géopolitiques au Sahel et les débats autour de la souveraineté des Etats de la région. En conclusion, Abdoulaye Maïga a voulu replacer les relations algéro-maliennes dans une logique de dialogue, malgré les tensions ayant marqué la période récente.
«Malgré les divergences qui peuvent parfois surgir en diplomatie, les relations entre le Mali et l’Algérie demeurent fondées sur le dialogue, le respect mutuel et la défense des intérêts des deux Etats», a-t-il martelé.
Un message qui traduit la volonté affichée par Bamako de réaffirmer l’importance du partenariat avec Alger, après une période de relations particulièrement sensibles. Pour le Mali, la souveraineté et la non-ingérence apparaissent désormais comme deux principes centraux autour desquels les deux capitales entendent reconstruire leur relation.
G. Salah Eddine
