Par Abir Menasria
Les organisateurs du Festival culturel national de la culture et du patrimoine naïlis ont annoncé, dans un communiqué publié vendredi dernier, la tenue de la troisième édition du 6 au 10 septembre prochain, au centre culturel Ibn-Rochd de Djelfa.

Placée sous le thème «Patrimoine culturel naïli et les questions de la mémoire culturelle », cette nouvelle édition entend faire du patrimoine naïli bien plus qu’un objet de célébration : un véritable espace de réflexion sur l’identité, la transmission et la mémoire collective.
À travers une programmation mêlant rencontres scientifiques, conférences, musique, chants traditionnels, expositions artisanales et spectacles folkloriques, le festival mettra en lumière la richesse du patrimoine matériel et immatériel de la région de Sidi Naïl. L’objectif est également d’interroger son évolution face aux transformations sociales et culturelles contemporaines.
Créé pour valoriser la diversité du patrimoine naïli, le festival accorde une place particulière aux mécanismes de préservation, de transmission et de réappropriation de cette mémoire culturelle. Comme lors des précédentes éditions, les organisateurs souhaitent mettre en avant les différentes expressions de cette identité, tout en ouvrant un débat sur leur devenir.
Cette troisième édition entend ainsi «ouvrir les portes de la mémoire » et révéler « la richesse et l’authenticité du patrimoine naïli », à travers une programmation consacrée aussi bien aux arts populaires qu’à l’artisanat traditionnel. Une démarche qui vise à rappeler la profondeur de cet héritage dans le paysage culturel algérien.
Dans le cadre des préparatifs, le commissariat du festival a lancé un appel à contributions destiné aux chercheurs et spécialistes souhaitant prendre part aux rencontres académiques consacrées à la mémoire culturelle.
Les communications retenues permettront d’aborder le patrimoine naïli sous différents angles, en mettant en relation les pratiques, les objets, les récits et les formes d’expression avec les mécanismes de construction et de conservation de la mémoire collective.
Parmi les thèmes proposés figurent, notamment, les représentations de l’identité artistique à travers le vêtement traditionnel, en particulier « le burnous et la kachabia », ainsi que le patrimoine linguistique et les rapports entre mémoire et histoire.
Les savoirs traditionnels et leur devenir occuperont également une place importante. L’industrie culturelle locale, notamment le tissage, ou « El Mensej», sera étudiée à travers son rapport à l’espace culturel naïli et au rôle des femmes dans la préservation et la transmission des savoir-faire artisanaux. Le festival défend ainsi une conception du patrimoine qui dépasse la simple conservation d’objets anciens. Un burnous, une chanson, une technique de tissage ou une expression linguistique ne constituent pas uniquement des témoignages du passé. Ils portent également des récits, des gestes, des connaissances et des significations transmis de génération en génération.
Préserver un objet ne suffit donc pas toujours à préserver la mémoire qui l’accompagne. Encore faut-il maintenir les savoirs, les récits et les pratiques qui lui donnent son sens.
Une affiche née d’un concours artistique
La préparation de cette troisième édition a également été marquée par la conception de son affiche officielle. Un concours avait été organisé à cette fin, avec 14 propositions soumises à l’évaluation du jury.
À l’issue de cette sélection, organisée le 28 avril dernier, Kada Hamidi, originaire de Mascara, a été désigné lauréat.
À travers cette initiative, le festival entend également associer la création contemporaine à la valorisation du patrimoine, en donnant aux artistes l’occasion de proposer leur propre lecture visuelle de l’identité naïlie.
Ainsi, du 6 au 10 septembre, Djelfa deviendra un espace où se croiseront chercheurs, artistes, artisans et passionnés de culture autour d’une même question : comment faire en sorte qu’un patrimoine reste vivant lorsqu’il traverse les générations ?
Car la mémoire culturelle ne survit pas simplement parce qu’elle est conservée. Elle survit lorsqu’elle continue à « circuler, à être étudiée et à se transmettre ». Et, dans ce domaine, les humains ont décidément inventé une méthode assez efficace : raconter encore et encore ce qu’ils refusent de laisser disparaître.
