L’association culturelle « Ahl El Fen » pour la musique, la danse et le théâtre, a enchanté, mardi soir le public algérois, lors d’un concert prolifique de musique andalouse, de variétés algériennes et de M’dihs, organisé à l’occasion des célébrations du Mawlid Ennabaoui Ech’Charif.

Coordonné par l’Etablissement Riadh El Feth, sous l’égide de la Wilaya d’Alger, le spectacle, accueilli à la salle Ibn-Zeydoun, a été conduit par une vingtaine d’élèves des classes moyenne et supérieure de l’association, sous la direction de Mme Nesrine Bourahla au piano.
Ainsi, une série de M’dihs de circonstance a d’abord été entonnée dans le mode Raml el Maya, avec entre autres pièces, « Zed Ennabi », « Enta Sayed », « Sal’Allah aâlik ya imam » et « Mohamed zahw’el’bal ».
La solennité de ce moment d’évocation et d’adoration du Prophète de l’Islam, Mohamed (QSSL) a été embellie par un nombreux public présent qui reprenait les refrains en chœurs, portés par des youyous nourris.
Les instrumentistes de ce bel Ensemble, dont dix musiciennes, ont enchainé dans le mode Zidène les pièces, « Ya badiê el hosn », « Charâ’llah y’ahl ezzin », « Ya mouqabil », « Siniya wel’bir » et « Ya ness djarat’li el gharayeb ».
Les enfants présents à cette soirée ont ensuite été invités à rejoindre la scène pour la pose du henné sur leurs mains, un moment hautement symbolique immortalisé par leurs parents qui ont ainsi filmé leurs enfants respectifs, vivant ce rituel qui met en valeur la transmission générationnelle et sacrée de cette pratique ancestrale.
Au même moment, l’Orchestre accompagnait ce rituel avec le générique traditionnel dit « teqdam », un chant religieux qui débute sans rythme avec la pièce « Mohamed, Mohamed », marquée à la fin de chaque boucle par des youyous, avant d’être enchainée à « Aâziz aâliya sidi R’soul Allah », un autre chant religieux à la cadence « berouali ».
Dans une ambiance de grands soirs, les instrumentistes de l’Ensemble Ahl El Fen ont évolué, 75 minutes durant, dans des accoutrements traditionnels de hautes coutures: terbouches (képis longs et rouges surmontés d’un glan en soie noire), M’harma, Caftans, Karakous, Blouses, serouals Chelka et aroubis, brodés au fil d’or (mejboud ou fetla) et ornés de ceintures dorées (mehzema) et bijoux traditionnels.
Cette grande célébration du Mawlid Ennabaoui s’est déroulée sur une scène ornée d’étoffes aux couleurs vives, en soie ou en satin sur lesquelles des plateaux drapés -supports aux friandises et autres gâteries- étaient posés, le tout bordé de dentelles dorées, sous un éclairage multicolore dégageant des atmosphères feutrées empreintes de solennité.
Créée en 2016, l’association culturelle « Ahl El Fen » pour la musique, la danse et le théâtre, qui a déjà formé jusqu’à présent plus de 200 jeunes, oeuvre à la sauvegarde, la promotion et la transmission des Arts de la scène en lien avec la richesse et la diversité du Patrimoine culturel algérien.
