
Un communiqué de la Protection civile, publié samedi soir, a indiqué que ses équipes déployées dans la wilaya d’El Bayadh ont retrouvé le corps sans vie de l’enfant tombé dernièrement dans un puits artésien asséché.
La disparition du petit Ayoub, originaire de la wilaya d’El Bayadh, a suscité une vive émotion. Après d’importantes opérations de creusement, les services de la Protection civile ont malheureusement annoncé officiellement la découverte du corps du garçon de dix ans, tombé dans un puits artésien asséché situé dans le secteur de Rakna dans la commune d’El Ghasoul.
Cet incident, profondément douloureux, a ravivé les souvenirs liés aux dangers des puits non sécurisés. Il rappelle également un drame similaire survenu un samedi de 2022, lorsque le jeune Rayan était lui aussi tombé dans un puits et avait été retrouvé cinq jours plus tard.
Ce drame, vécu comme un véritable «moment de trahison », a été décrit avec justesse par le frère de la victime, lors d’une déclaration médiatique, d’une voix empreinte de tristesse et de patience. Il a raconté comment, sous le soleil de plomb de l’été, il gardait les moutons en attendant son petit frère, parti chercher de l’eau.
Avec une innocence et une sollicitude fraternelles, l’enfant lui avait tendu une goutte d’eau. À peine son frère l’eut-il reçue et détourné le regard quelques secondes que le petit garçon disparut en un clin d’œil.
Il ne restait plus que la bouche sèche et sombre d’un puits artésien, qui avait emporté l’enfant innocent et lui avait ôté la vie.
Immédiatement après l’incident, la Direction de la Protection civile, en collaboration avec les autorités locales, les organisations, les réseaux de la société civile, les volontaires et les propriétaires de véhicules privés, a mobilisé l’ensemble du personnel et du matériel lourd disponibles pour lancer les opérations d’intervention et de sauvetage.
Pendant des heures, dans une véritable course contre la montre, tous ont travaillé sans relâche, au milieu des espoirs et des prières de la famille qui espérait encore le voir revenir sain et sauf.
L’espoir était d’autant plus grand que le père du garçon avait raconté avoir envoyé une lampe torche dans le puits et qu’Ayoub lui avait répondu d’une voix lointaine : « Je t’ai rejoint, père. »
Mais malgré cet espoir, la profondeur et la nature particulièrement difficile du puits en ont décidé autrement. Les équipes de la Protection civile ont finalement annoncé la récupération de la dépouille d’Ayoub, plongeant la wilaya d’El Bayadh dans une profonde tristesse.
Ce tragique incident remet une nouvelle fois en lumière le problème des puits artésiens abandonnés et non sécurisés, véritables dangers pour les enfants et les habitants des zones rurales et steppiques.
Malgré l’attention accordée par l’État à ces régions, notamment à travers des comités de wilaya et communaux chargés du suivi des forages et de l’identification des puits non sécurisés afin de prendre les mesures nécessaires à l’encontre des contrevenants, les comportements imprudents et les interventions anarchiques de certains citoyens continuent de constituer un facteur de risque majeur.
Pour éviter que de telles tragédies se reproduisent, plusieurs mesures de sécurité sont préconisées : sécuriser et sceller les puits, en recouvrant tous les puits artésiens et les puits d’eau, qu’ils soient utilisés ou à sec, de couvercles en béton ou en fer solidement fixés afin d’empêcher leur ouverture, notamment par les enfants. Il est également nécessaire d’obliger les propriétaires fonciers et les autorités compétentes à combler définitivement les puits asséchés devenus inutilisables, d’entourer les zones de forage de clôtures de protection et d’installer des panneaux signalant clairement les dangers.
Enfin, la sensibilisation des enfants et des passants aux risques liés à l’approche des zones de forage et des puits ouverts dans les espaces de pâturage demeure essentielle.
Car derrière chaque puits abandonné, parfois invisible au milieu des vastes étendues steppiques, peut se cacher un danger mortel. Le drame d’Ayoub rappelle, une nouvelle fois, que la sécurisation de ces ouvrages ne peut attendre qu’un autre enfant y tombe.
Abir Menasria
