
Les élections locales constituent une échéance majeure, compte tenu de leur impact direct sur le quotidien des citoyens et le développement des collectivités locales. Dans ce contexte, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) aborde ce rendez-vous électoral en mettant l’accent sur le développement local, la proximité et la gouvernance. Pour revenir sur les priorités et les engagements du mouvement, Alger16 s’est entretenu avec M. Abdelmonaim Benhamda, chargé de la communication du Mouvement de la société pour la paix.
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ABIR MENASRIA
Alger 16 : Quelle importance revêtent ces élections locales pour le Mouvement de la société pour la paix et pour les citoyens ?
M. Abdelmonaim Benhamda : Les élections locales ne se limitent pas à l’élection des membres des conseils municipaux et de wilaya ; elles constituent une étape cruciale pour rétablir la confiance entre les citoyens et les institutions. Les citoyens sont quotidiennement en contact avec les communes et les wilayas sur des questions qui affectent directement leur vie, de l’assainissement aux infrastructures, en passant par la voirie, l’eau, l’éclairage public, les transports, les investissements et les services administratifs. Au sein du Mouvement de la société pour la paix, nous souhaitons que ces élections soient l’occasion de passer de pratiques de gestion traditionnelles à une approche du développement local fondée sur la compétence, la transparence, la responsabilité et la numérisation. Pour les citoyens, l’importance de ces élections réside donc non seulement dans le choix de leurs représentants, mais aussi dans la désignation de ceux qui seront directement chargés de gérer leur environnement et leur quotidien.
À propos des élections et de leur importance, quel est votre avis sur les élections législatives de juillet dernier ?
Êtes-vous satisfait des résultats ? Les élections législatives du 2 juillet ont constitué une étape politique majeure. Le MSP a participé activement à ce scrutin, en présentant ses listes et son programme sous le slogan «Confiance », fondé sur une vision visant à renforcer les institutions, à promouvoir la justice sociale, à autonomiser les jeunes, à construire une économie productive et à protéger le pouvoir d’achat. Les résultats définitifs ont vu le Mouvement remporter 43 sièges à l’Assemblée populaire nationale, le plaçant en quatrième position. Cependant, notre évaluation de cette expérience ne se limite pas au nombre de sièges obtenus. Nous l’apprécions également à travers le niveau de participation atteint par le mouvement, la confiance exprimée par les électeurs, les résultats organisationnels et politiques obtenus, ainsi que les enseignements que nous en avons tirés. Pour nous, les élections ne constituent pas une étape qui s’achève avec l’annonce des résultats, mais plutôt une expérience continue d’évaluation, de correction et de développement. Pour nous, se présenter à une élection ne signifie pas simplement briguer un poste, mais assumer une responsabilité envers la région et ses citoyens. Nous croyons que la réforme ne commence pas seulement au niveau des institutions centrales, mais également au niveau des collectivités locales, car la commune est l’institution la plus proche du citoyen. C’est pourquoi nous avons décidé de participer : nous souhaitons présenter un modèle de gouvernance fondé sur la proximité avec le citoyen, l’écoute de ses préoccupations, la transparence, le lien entre responsabilité et redevabilité, ainsi que la transformation des préoccupations quotidiennes en programmes et en projets concrets.
Qu’est-ce qui distingue les compétences de votre liste électorale de celles des autres candidats ?
Nous ne souhaitons pas nous engager dans des comparaisons personnelles avec les autres listes ni minimiser les compétences d’aucun candidat, car c’est le citoyen qui décide en dernier ressort. Cependant, notre liste repose sur la diversité, les compétences et la capacité à travailler collectivement, en combinant l’expérience, les diplômes universitaires, des professionnels qualifiés et le dynamisme de la jeunesse. Nous ne présentons pas seulement des noms, mais une équipe capable de comprendre et de suivre les enjeux techniques, administratifs, économiques et sociaux. Et surtout, le candidat doit être prêt à poursuivre son travail après les élections avec le même dévouement qu’avant le scrutin.
Comment se déroule le processus de préparation et de finalisation de votre liste ?
La préparation s’inscrit dans un cadre organisationnel et politique clair. Après avoir analysé les résultats des élections législatives, le Mouvement se prépare désormais aux élections locales. Pour l’élaboration des listes, nos principaux critères sont la compétence, l’intégrité, l’acceptation par le public et la capacité à servir la région, tout en veillant à assurer la présence de jeunes, de personnes qualifiées et de femmes, afin de permettre la formation de conseils qui reflètent véritablement la communauté locale. L’objectif est que la liste soit capable d’exercer efficacement ses responsabilités et non de simplement participer à la compétition électorale.
Quels sont les principaux engagements que vous faites pour le citoyen ?
Nous avons des réserves quant au concept de « promesses électorales», lorsqu’il s’agit de faire des promesses que nous ne sommes pas en mesure de tenir. Nous nous engageons plutôt à travailler, à assurer le suivi et à défendre les intérêts des citoyens dans le cadre des pouvoirs et des prérogatives légales du conseil élu. Parmi nos priorités figurent l’amélioration des services publics locaux, le désenclavement des régions, des villages et des hameaux, l’amélioration des routes et des voies d’accès, de l’éclairage public, de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement, ainsi que le soutien à l’investissement local et à la création d’emplois. Nous accordons également une importance particulière au soutien à la jeunesse et aux entrepreneurs, à la numérisation de l’administration et à la réduction des formalités administratives, à l’amélioration de la propreté, des infrastructures et du cadre de vie urbain, au renforcement de la transparence de la gouvernance et à l’implication des citoyens dans la définition des priorités de développement. Notre principe fondamental est le suivant : nous ne promettons pas aux citoyens ce que nous ne pouvons pas tenir, mais nous nous engageons sur ce que nous pouvons garantir, contrôler et assurer.
Dans le même esprit, comment votre engagement en faveur de l’autonomisation des jeunes se reflète-t-il dans votre liste de candidats ?
Nous pensons qu’autonomiser les jeunes ne se limite pas à leur donner une place sur les listes, mais implique de les associer activement à la prise de décision. C’est pourquoi nous tenons à inclure des diplômés universitaires, de jeunes professionnels et des personnes possédant de nouvelles expertises. Les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas seulement un groupe ayant besoin de soutien ; ils sont des partenaires du développement, en particulier dans les domaines de la numérisation, de la nouvelle économie, des start-up et de l’innovation. Nous souhaitons ainsi passer d’une vision des jeunes comme simple objet des politiques publiques à la reconnaissance de leur rôle en tant que partenaires dans l’élaboration et la mise en oeuvre de ces politiques.
Pour revenir au Mouvement de la société pour la paix, quelles sont vos promesses envers les citoyens ?
Quel est votre message à leur intention ? Notre message aux citoyens est simple : nous ne sollicitons pas leur confiance sur la base de slogans, mais sur la compétence, l’action et un programme clair. Nous les invitons à interroger les candidats sur leurs compétences réelles, leurs pouvoirs, leurs programmes et surtout sur la manière dont ils seront tenus responsables de leur action après les élections. Pour notre part, nous nous engageons à rester proches des citoyens, à relayer leurs préoccupations, à suivre la réalisation des projets, à défendre le droit au développement de chaque région et à faire du conseil élu un véritable espace d’action, et non une simple fonction. Nous souhaitons que ces élections soient l’occasion de reconstruire la confiance entre les citoyens et les institutions locales, car le développement de l’Algérie ne repose pas uniquement sur les décisions prises au niveau central. Il repose également sur des communes et des wilayas fortes, des élus compétents et des citoyens qui peuvent constater concrètement les effets de leur participation et de leur vote. C’est dans cet esprit que nous voulons transmettre notre message : notre confiance dans le citoyen, la confiance du citoyen dans ses institutions et notre engagement en faveur d’un véritable développement local, plaçant les élus au service du citoyen, et non l’inverse. A.M.
La suite de l’entretien dans notre prochaine édition
