
Alors que le débat général de la 81e Session de l’Assemblée générale de l’ONU se poursuit, à New York, les grands dossiers internationaux se retrouvent au centre des échanges. Conflits, crise climatique, développement, intelligence artificielle et avenir du multilatéralisme dominent les discussions, sur fond de fortes tensions géopolitiques. Dans ce contexte, l’Algérie poursuit une intense activité diplomatique à travers Ahmed Attaf, entre coordination arabe, concertation africaine, dialogue avec l’Europe et échanges avec les responsables onusiens. Depuis mardi dernier, New York est redevenue la capitale mondiale de la diplomatie. Chefs d’État, chefs de gouvernement, ministres et délégations se succèdent à la tribune de l’Assemblée générale, pour exposer leurs positions et défendre leurs priorités, dans un contexte international marqué par la multiplication des crises et la difficulté croissante à dégager des réponses communes. Placée sous le thème « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations unies au service de tous », cette session intervient à un moment où le système multilatéral est confronté à plusieurs défis simultanés. Les conflits armés, les tensions géopolitiques, les changements climatiques, les inégalités de développement et l’essor rapide de l’intelligence artificielle obligent les États à repenser les mécanismes de coopération internationale. Dans ce sens, hier, l’Assemblée générale a consacré une importante séquence au développement, avec une réunion de haut niveau marquant le 40e anniversaire de la Déclaration sur le droit au développement, adoptée en 1986.
Quatre décennies après son adoption, cette déclaration demeure au cœur des débats sur l’égalité des chances, la participation des populations aux décisions et la répartition équitable des ressources économiques. L’ONU entend notamment réaffirmer la nécessité d’un développement inclusif, durable et participatif, alors que de nombreux pays continuent de faire face à des difficultés économiques et à des besoins importants en matière de financement. Cette question prend une dimension particulière dans le contexte actuel. Alors que l’échéance de 2030 approche, l’Organisation souligne que les progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs de développement durable restent inégaux. La 81e session cherche ainsi à dépasser le simple constat pour mettre en avant des solutions susceptibles d’être reproduites et amplifiées. La journée de mardi a été également consacrée à l’action climatique et à la transition juste. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a réuni les dirigeants autour de la nécessité d’accélérer la transition vers les énergies renouvelables, tout en renforçant le financement destiné aux pays en développement. L’enjeu dépasse désormais la seule réduction des émissions. Les discussions portent également sur la sécurité énergétique, l’adaptation au changement climatique, la résilience des populations. António Guterres a appelé notamment à une meilleure gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle, à des efforts renforcés contre le changement climatique et à une réforme des institutions internationales. Son mandat doit s’achever le 31 décembre 2026. L’intelligence artificielle constitue justement l’un des nouveaux dossiers qui prennent de plus en plus de place dans les discussions internationales. L’enjeu n’est plus seulement technologique : il concerne désormais la sécurité, l’économie, l’emploi, l’information et la capacité des États à établir des règles communes face à la téchnologie du sciècle.
À toutes ces questions s’ajoutent les conflits qui continuent de peser lourdement sur l’agenda de l’ONU. La situation au Moyen-Orient, la question palestinienne, la guerre en Ukraine, les crises en Afrique et les tensions autour des routes énergétiques internationales figurent parmi les principaux dossiers qui traversent les échanges à New York. La question palestinienne demeure l’un des sujets les plus sensibles de cette session. Les discussions interviennent alors que la situation humanitaire à Ghaza continue de mobiliser la communauté internationale et que plusieurs États réclament une action internationale accrue. Le dossier palestinien occupe ainsi une place importante dans les interventions et les rencontres diplomatiques organisées en marge de l’Assemblée générale. Les débats autour de la solution à deux États, de la situation humanitaire et du rôle des Nations unies illustrent une nouvelle fois les profondes divergences qui traversent la communauté internationale. Dans ce vaste mouvement diplomatique, l’Algérie est représentée par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de représenter l’Algérie durant cette semaine de haut niveau.
Depuis son arrivée à New York, le chef de la diplomatie algérienne a multiplié les rencontres avec des responsables arabes, africains, européens et onusiens, autour des relations bilatérales, des crises régionales et des grands dossiers de l’agenda international. Avec le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, les discussions ont, entre autres, porté sur le Sahel-Sahara, la Libye, le Soudan, le Soudan du Sud et le Sahara occidental, avec un accent mis sur les solutions et mécanismes africains. Attaf s’est également entretenu avec plusieurs homologues européens sur la coopération bilatérale et les grands enjeux régionaux et internationaux. Le ministre a, par ailleurs, rencontré le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, avec lequel il a abordé la situation au Sahel-Sahara et les défis liés au maintien de la paix. La 81e Assemblée générale se poursuit dans un contexte international marqué par de multiples crises et une recherche de nouveaux espaces de dialogue et de coopération. Le débat général se poursuivra jusqu’au 26 septembre, avant de reprendre le 28, avec plusieurs rendez-vous consacrés notamment au climat, aux pandémies et à la lutte contre le racism
G.S.E.
