
Surnommée Alger la Blanche pour le rayonnement de ses façades immaculées dominant une baie légendaire, la capitale algérienne est une métropole vibrante où la Méditerranée enlace plus de deux millénaires d’histoire. Bâtie en amphithéâtre face à la mer, l’ancienne Icosium numide et romaine devenue la capitale de la Régence ottomane déploie une identité fascinante : le dédale mystique de sa Casbah millénaire y côtoie la majesté des boulevards haussmanniens et l’audace architecturale de la modernité. Ville de lumière, de poésie, de chaâbi et d’art de vivre, Alger captive par sa douceur méditerranéenne, la richesse de son patrimoine et la générosité légendaire de ses habitants. Accrochée à la colline face à la Méditerranée et dévalant jusqu’à la mer en une cascade de terrasses blanches, la Casbah d’Alger est une cité antique classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Fondée sur les vestiges de l’Antique Icosium et sublimée sous la Régence ottomane dès le XVIᵉ siècle, cette médina mythique est un chef-d’œuvre d’architecture bioclimatique, d’urbanisme et d’histoire. En traversant son dédale de ruelles escarpées, ses escaliers usés par les siècles et ses passages voûtés (Sabat), le visiteur pénètre dans un sanctuaire où la mémoire de la Révolution algérienne côtoie la poésie du quotidien, le murmure des fontaines et l’âme véritable d’Alger. Entre le parfum des jasmins suspendus aux balcons en fer forgé, la grandeur de ses édifices néo-mauresques comme la Grande Poste et le miroitement turquoise de ses criques littorales, El Bahdja ( La Joyeuse») offre une symphonie sensorielle unique, inscrivant à jamais dans le cœur de ses visiteurs le souvenir d’une ville immortelle, résolument tournée vers le large.
1 Tradition & culture
L’âme culturelle de la Casbah vibre au rythme du chaâbi, ce genre musical poétique et citadin né dans ses cafés populaires, popularisé par le grand maître El Hadj M’Hamed El Anka.
Le Shanghai (ou Chongai) et El Hayek Mrama incarnent à eux seuls l’âme vestimentaire d’Alger, formant un duo intemporel de l’élégance algéroise. Si le Shanghai, avec son bleu indigo d’origine marine, habille l’homme de la Casbah d’une empreinte de droiture et de culture chaâbi, El Hayek Mrama enveloppe la femme d’une aura de mystère et de grâce. Tissé de soie pure et de fil d’or, ce grand voile blanc d’une finesse extrême drapait les Algéroises d’une blancheur éclatante, symbole de pudeur et de raffinement citadin. Ensemble, le pas assuré de l’homme en Shanghai et la silhouette vaporeuse de la femme en Hayek Mrama font revivre la mémoire visuelle et poétique des ruelles de la vieille ville.
2 Patrimoine historique
Joyaux de l’art sacré algérois au bas de la Casbah, Djamaâ El Kebir et la Mosquée Ketchaoua incarnent la richesse spirituelle et architecturale de la cité. Édifiée au XIᵉ siècle sous la dynastie Almoravide, Djamaâ El Kebir est la plus ancienne mosquée d’Alger, célèbre pour son sobre style maure et ses arcades séculaires. À quelques pas, Ketchaoua, bâtie sous la Régence ottomane au XVIIᵉ siècle, impressionne par son architecture unique mêlant styles turc et néo-byzantin. Convertie en cathédrale sous la colonisation puis restituée au culte musulman à l’indépendance, elle se dresse majestueusement avec sa double tour-minaret. Ensemble, ces deux monuments classés témoignent des influences méditerranéennes et du destin mouvementé de la capitale.
3 Saveurs locales
La Rechta. Symbole par excellence du raffinement gastronomique algérois, qui se compose de fines nouilles artisanales de semoule cuites délicatement à la vapeur. Elle est traditionnellement servie lors des fêtes et réunions de famille, généreusement arrosée d’une sauce blanche parfumée à la cannelle et garnie de poulet fondant, de navets et de pois chiches.
Découverte de la semaine : La Maison de la Bataille d’Alger ( Demeure d’Ali la Pointe)
Niché au numéro 5 de la rue des Abderrames dans la Haute Casbah, le musée Ali-La Pointe est l’un des sanctuaires les plus poignants de la Révolution algérienne. C’est dans la cache secrète de cette demeure ottomane que se réfugiaient les figures clés de la Zone autonome d’Alger durant la Bataille d’Alger. Le 8 octobre 1957, encerclés par les forces coloniales, Ali la Pointe, Hassiba Ben Bouali, Petit Omar (12 ans) et Mahmoud Bouhamidi refusèrent catégoriquement de se rendre. L’armée dynamita alors le bâtiment, les élevant au rang de martyrs immortels. Aujourd’hui restaurée et ouverte aux visiteurs, cette maison conserve la mémoire de leur sacrifice ultime à travers des objets d’époque, des photographies et la reconstitution de la cavité historique, incarnant à elle seule le courage insoumis et l’âme patriotique de la Casbah.

