
La Journée mondiale du tourisme a été célébrée hier à travers le monde, mettant en lumière un secteur devenu essentiel pour plusieurs économies, notamment en Afrique du Nord. En Algérie, où le tourisme reste moins structurant que chez certains voisins, le secteur connaît néanmoins une progression notable. Le pays entend désormais mieux valoriser ses atouts naturels, culturels et patrimoniaux, à travers le développement des infrastructures, le renforcement des capacités d’accueil et l’accélération de la numérisation.
Le tourisme et l’artisanat s’imposent progressivement comme des composantes importantes du développement économique et social. Cette dynamique se traduit notamment par l’évolution des indicateurs du secteur, mais aussi par les efforts engagés pour améliorer la qualité des services et moderniser l’expérience proposée aux visiteurs. Longtemps perçue essentiellement à travers son patrimoine historique et ses vastes espaces sahariens, l’Algérie cherche aujourd’hui à mieux faire connaître la diversité de son offre touristique. Du littoral méditerranéen aux Hauts-Plateaux, des massifs montagneux aux étendues sahariennes, le pays propose une multitude de paysages et d’expériences qui peuvent répondre à des profils de visiteurs très différents.
Alger en constitue l’une des principales vitrines. En effet, la capitale offre un visage où se mêlent héritage historique, architecture, patrimoine ottoman et colonial, front de mer et vie urbaine. La Casbah, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, domine la baie et témoigne de plusieurs siècles d’histoire. À quelques kilomètres, le Jardin d’Essai du Hamma, Notre-Dame d’Afrique, le Monument des martyrs ou encore Djamaâ El-Djazaïr composent un itinéraire permettant de découvrir différentes facettes de la capitale.
Mais l’attractivité de l’Algérie ne se limite pas à Alger. À l’est, Constantine impressionne par ses ponts et ses gorges, tandis qu’Oran se distingue par son patrimoine, son ouverture sur la Méditerranée et son dynamisme culturel. Béjaïa, Jijel, Skikda, Annaba ou Tlemcen offrent, chacune à leur manière, un autre visage du pays, entre plages, reliefs montagneux, patrimoine architectural et sites historiques.
Plus au sud, le Sahara ouvre une autre dimension du tourisme algérien. Les paysages du Tassili n’Ajjer et du parc culturel de l’Ahaggar, les formations rocheuses, les vastes étendues désertiques et les oasis constituent un patrimoine naturel et culturel d’une rare diversité. Timimoun, Taghit, Djanet, Tamanrasset ou encore Ghardaïa permettent de découvrir des territoires où le paysage, l’architecture, les traditions et le mode de vie local participent pleinement à l’expérience touristique. Cette diversité représente précisément l’un des principaux atouts de la destination Algérie. Le pays peut conjuguer tourisme balnéaire, culturel, saharien, historique, de montagne et de découverte, tout en s’appuyant sur une identité gastronomique et artisanale particulièrement riche.
Des statistiques en progression
Sur le front de la fréquentation, l’Algérie a accueilli plus de 3,54 millions de touristes en 2025, confirmant l’attractivité croissante de la destination. Au-delà du nombre d’arrivées, l’enjeu consiste désormais à prolonger les séjours, accroître les dépenses touristiques et mieux répartir les flux entre les différentes wilayas et les différentes saisons. Pour le premier semestre 2026, le ministère du Tourisme n’a pas encore publié de décompte global figé, mais la tendance officielle montre une progression de plus de 20 % de la fréquentation touristique par rapport à l’année précédente.
D’ailleurs, le tourisme saharien (saison d’octobre à avril) s’est clôturé avec un bilan très positif de 470.000 visiteurs recensés dans les wilayas du Sud, parmi lesquels 47.000 étaient des touristes étrangers.
La performance du secteur se mesure également à son poids économique. Sa valeur ajoutée a atteint 537,28 milliards de dinars, tandis que l’écosystème touristique compte environ 1.500 établissements d’hébergement, représentant près de 14.000 lits, ainsi que quelque 5.500 agences de voyage et de tourisme.
Le tourisme et l’artisanat représentent, par ailleurs, près de 1,2 million d’emplois, confirmant leur contribution au tissu économique et à la création d’activités à travers le pays. Le gouvernement vise à accueillir 8 millions de touristes à l’horizon 2028-2029 en développant une offre authentique et de qualité.
Pour accompagner cette dynamique, les pouvoirs publics misent également sur le développement de nouvelles capacités touristiques. Le portefeuille foncier disponible comprend 249 zones d’expansion touristique, couvrant une superficie de plus de 57.000 hectares, mises à disposition dans le cadre des dispositifs de promotion de l’investissement. À l’échelle mondiale, le tourisme constitue un secteur économique majeur. Le secteur du voyage et du tourisme représente ainsi quelque 11,6 billions de dollars, attire environ 1,52 milliard de touristes internationaux et génère près de 370 millions d’emplois. Dans ce contexte, l’Algérie cherche à mieux exploiter ses atouts naturels, culturels et historiques pour renforcer sa présence sur les marchés touristiques.
Le numérique au cœur de la nouvelle stratégie
Cette évolution s’accompagne d’un autre chantier : celui de la transformation numérique du secteur. La numérisation des procédures administratives et le lancement d’une plateforme nationale unifiée destinée aux touristes figurent parmi les initiatives engagées pour simplifier les démarches et améliorer l’accès aux services.
La Journée mondiale du tourisme est d’ailleurs placée cette année sous le slogan « L’agenda numérique et l’intelligence artificielle pour repenser le tourisme », mettant en lumière le rôle croissant des nouvelles technologies dans la transformation de l’industrie touristique.
La ministre du Tourisme et de l’Artisanat a souligné, à ce propos, que les technologies modernes ne constituent plus de simples outils, mais deviennent un moteur essentiel de transformation du tourisme mondial. Elles permettent notamment de concevoir des offres plus flexibles, de mieux répondre aux attentes des visiteurs et de personnaliser davantage leur expérience. Zineb B.
