NAPEC 2026 : Oran au cœur des nouveaux enjeux énergétiques régionaux

Oran deviendra, à partir d’aujourd’hui et jusqu’à mercredi, le point de rencontre des grands acteurs de l’énergie en Afrique et dans le Bassin méditerranéen. C’est la 14e édition du NAPEC (North Africa Energy & Hydrogen Exhibition and Conference) qui s’ouvre au Centre des conventions Mohamed-Benahmed dans un contexte marqué par la recomposition du paysage énergétique mondial.

Placée sous le thème « Towards A New Energy Mix Approach : From Energy Transition To Energy Addition, Ensuring Energy Security, Affordability, And Decarbonization », cette édition traduit une évolution importante du débat énergétique. Il ne s’agit plus seulement d’accompagner la transition vers des sources moins carbonées, mais de construire progressivement un mix capable de répondre à une demande mondiale toujours croissante, tout en préservant la sécurité des approvisionnements et la compétitivité des économies.
Hydrocarbures, hydrogène, énergies renouvelables, décarbonation et technologies numériques figurent parmi les principaux sujets abordés durant cette édition. Le Salon constitue également un espace consacré aux partenariats industriels, aux investissements et au transfert de technologies, avec la participation de plusieurs grands groupes énergétiques internationaux.
Pour l’Afrique, l’enjeu est particulièrement important. Le continent dispose d’importantes ressources énergétiques, mais doit encore renforcer ses infrastructures, ses capacités industrielles et ses mécanismes de financement afin de mieux valoriser ce potentiel. L’hydrogène constitue notamment l’un des nouveaux axes de développement, même si la concrétisation des nombreux projets annoncés reste conditionnée à la mobilisation d’investissements importants.
L’Algérie occupe naturellement une place particulière dans ces discussions. Producteur majeur de gaz et acteur historique du secteur énergétique africain, le pays cherche parallèlement à développer les énergies renouvelables, à faire émerger une filière hydrogène et à renforcer l’efficacité énergétique. La transformation numérique des activités énergétiques constitue également un axe croissant, notamment à travers l’intelligence artificielle, l’automatisation et les outils permettant d’optimiser la production et la maintenance des installations.

Une participation internationale forte
La dimension internationale constitue l’un des temps forts de cette édition. L’Union européenne participe pour la première fois officiellement au NAPEC, avec un programme consacré aux énergies renouvelables, à l’hydrogène, à l’efficacité énergétique et aux mécanismes d’investissement. L’Italie dispose également d’un pavillon national réunissant des entreprises actives dans l’énergie, l’ingénierie et les technologies, tandis que plusieurs groupes européens viennent présenter leurs solutions et rechercher de nouvelles opportunités de coopération avec les acteurs algériens.
La présence africaine est, elle aussi, particulièrement significative. Le secrétaire général de l’Organisation africaine des producteurs de pétrole (APPO), Farid Ghezali, participe au rendez-vous et doit échanger avec les responsables algériens sur l’évolution des marchés énergétiques et le renforcement du partenariat africain dans les hydrocarbures. Au-delà des rencontres institutionnelles, le NAPEC offre un espace de rapprochement entre producteurs, investisseurs et entreprises du continent autour de l’exploration, des infrastructures, du transfert de technologies et de la valorisation locale des ressources. Cette concentration d’acteurs internationaux pourrait également ouvrir la voie à de nouveaux accords. Sans préjuger des annonces qui pourraient intervenir durant les trois jours, les secteurs de l’hydrogène, des énergies renouvelables, de la décarbonation, de la digitalisation et des services pétroliers offrent plusieurs terrains pour des protocoles d’entente, des partenariats industriels ou de nouveaux contrats. L’enjeu est désormais de transformer les rencontres d’Oran en investissements et en projets concrets, en Algérie comme dans le reste du continent.
Le NAPEC 2026 offre ainsi un cadre pour confronter les stratégies, attirer les investissements et identifier de nouveaux partenariats.
Au-delà des annonces et des échanges institutionnels, l’enjeu sera surtout de transformer les ambitions affichées en projets financés, en infrastructures opérationnelles et en capacités industrielles durables.
Dans ce paysage énergétique en pleine recomposition, la question pour les pays africains n’est donc plus seulement celle de leurs ressources, mais aussi de leur capacité à les transformer localement, à maîtriser davantage les technologies et à conserver une part plus importante de la valeur créée par leurs propres industries.
À travers cette édition, l’Algérie cherche donc à se positionner au croisement de plusieurs dynamiques : puissance gazière traditionnelle, développement de nouvelles filières énergétiques, coopération africaine et ouverture sur le marché européen. Une position qui prend davantage de poids alors que la sécurité énergétique, le coût de l’énergie et la réduction des émissions deviennent simultanément des priorités pour les économies. G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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