Gazoduc transsaharien : l’Algérie consolide sa vision énergétique régionale

Le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, est revenu lundi dernier à Oran sur la portée du Trans-Saharan Gas Pipeline (TSGP), à l’occasion de l’ouverture de la 14e édition du Salon et Conférence de l’énergie et de l’hydrogène pour l’Afrique et le Bassin méditerranéen (NAPEC 2026).

Dans son allocution, le ministre a insisté sur une dimension qui dépasse la seule logique commerciale du projet : celle d’un corridor appelé à valoriser davantage les ressources énergétiques africaines et à rapprocher le continent des grands marchés de consommation.
Cette approche donne au TSGP une place particulière dans la stratégie énergétique défendue par Alger. Le projet doit certes permettre de transporter du gaz, mais il s’inscrit également dans une réflexion plus vaste sur les infrastructures dont l’Afrique a besoin pour transformer ses ressources en véritable levier de développement. Dans une Afrique qui constitue une véritable mine d’or noir et de gaz, mais qui manque encore de relais et d’accès dans de nombreux territoires, la question des infrastructures de transport devient essentielle.
C’est précisément sur cette jonction que repose l’intérêt stratégique du TSGP. En reliant les ressources gazières du Nigeria au réseau algérien, puis aux infrastructures permettant d’atteindre la Méditerranée et l’Europe, le projet ambitionne de créer une continuité énergétique à travers plusieurs espaces africains.
Mais pour Alger, cette continuité ne devrait pas être pensée uniquement dans le sens d’une exportation vers l’extérieur. Mohamed Arkab a également mis en avant les retombées que le projet pourrait générer pour les pays traversés, notamment en matière d’accès à l’énergie et de développement économique et social. Cette dimension régionale permet de replacer le gazoduc dans une logique d’intégration : les infrastructures énergétiques peuvent servir à transporter une ressource, mais elles peuvent également accompagner l’émergence d’activités économiques, soutenir les besoins des populations et renforcer les échanges entre les pays concernés.
Sur ce point, le ministre a fait état d’avancées importantes dans les études techniques et économiques relatives au TSGP. Il a également rappelé le lancement, en juin dernier, des travaux concernant le tronçon algérien au niveau de la région d’Aoulef, dans la wilaya d’Adrar, à la suite de la cinquième réunion ministérielle consacrée au projet.
Ce passage des études aux travaux constitue un élément important dans la trajectoire du projet. Il traduit la volonté de l’Algérie de faire progresser le corridor par étapes, en tenant compte des conditions nécessaires à sa réalisation. C’est justement pourquoi Alger insiste sur une démarche «réaliste, coordonnée et responsable». Cette prudence n’enlève rien à son ambition. Elle souligne au contraire la nécessité de traiter le TSGP comme une infrastructure stratégique dont la viabilité dépendra de la convergence de plusieurs facteurs.
La disponibilité du gaz, les conditions économiques du transport, les besoins des marchés, le financement des infrastructures, la sécurité du corridor et la coordination entre les pays partenaires constituent autant de paramètres qui devront avancer de manière cohérente.
L’intérêt du TSGP dépasse la seule exportation de gaz. Le projet doit relier les ressources africaines aux marchés méditerranéens et européens, tout en renforçant les échanges énergétiques entre les pays concernés.
Pour l’Algérie, sa position géographique et son réseau gazier en font un point de liaison naturel entre l’Afrique et l’Europe. Cette ambition se prolonge avec le développement de l’hydrogène vert et du SoutH2 Corridor.
Au-delà de l’énergie, le TSGP pourrait favoriser les échanges et le développement des territoires traversés. Il s’inscrit dans une vision plus large de l’intégration africaine, où les infrastructures deviennent un outil de développement autant qu’un moyen d’acheminer les ressources. Le gazoduc apparaît donc comme un projet stratégique pour l’Algérie : relier les ressources africaines aux marchés internationaux tout en renforçant les connexions économiques du continent.
G. Salah Eddine

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Valoriser les ressources gazières africaines et renforcer les échanges avec l’Europe

Le projet de gazoduc transsaharien (TSGP), reliant le Nigeria à l’Algérie en passant par le Niger, connaît une dynamique accélérée depuis sa relance en 2022, avant d’entrer en 2026 dans une nouvelle phase à la faveur du lancement des travaux de réalisation du tronçon algérien de ce projet stratégique.
Le gazoduc, dont la longueur totale devrait atteindre environ 4.130 kilomètres, s’étendra des zones de production de gaz au Nigeria, en passant par le Niger, jusqu’à Hassi R’Mel, considéré comme l’un des principaux
centres gaziers d’Algérie. Il sera raccordé au réseau national de transport, ainsi qu’aux infrastructures existantes d’exportation vers les marchés internationaux, notamment européens.
La capacité de transport prévisionnelle du gazoduc est estimée entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de gaz par an, ce qui permettra d’acheminer des volumes supplémentaires de gaz nigérian vers les marchés régionaux et internationaux.
Le projet est développé en partenariat entre le groupe algérien Sonatrach, la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) et la société nigérienne SONIDEP.
Après plusieurs années d’études et de consultations, les trois pays ont relancé le projet en février 2022, avant de signer, en juillet de la même année, un mémorandum d’entente renouvelant leur engagement à le concrétiser.
La signature, en février 2025, du contrat portant sur l’actualisation de l’étude de faisabilité a constitué une étape importante dans l’avancement du projet. Les trois pays partenaires ont adopté le rapport final de cette étude, le 3 juin 2026, ouvrant ainsi la voie au passage à la phase de réalisation.
Le lendemain, les travaux de réalisation du tronçon algérien du projet ont officiellement débuté dans la région d’Aoulef, dans la wilaya d’Adrar, marquant le passage de la phase des études et de la planification à la concrétisation sur le terrain.
Le tracé du projet à l’intérieur du territoire algérien devra suivre le corridor de la route transsaharienne, depuis la frontière avec le Niger jusqu’à Hassi R’Mel, permettant ainsi de raccorder le gazoduc au réseau national de transport et aux infrastructures existantes d’exportation.
Le projet de gazoduc transsaharien ne se limite pas au transport de gaz naturel. Il est également considéré comme un projet d’intégration énergétique et économique en Afrique, en offrant une nouvelle voie d’acheminement aux ressources gazières nigérianes, en renforçant le rôle du Niger en tant que pays de transit et en consolidant la position de l’Algérie comme pôle énergétique reliant les ressources du continent aux
marchés internationaux, notamment européens.
Pour l’Algérie, le projet revêt une importance particulière en raison de son raccordement à la région de Hassi R’Mel et aux réseaux existants de transport et d’exportation de gaz. Il devrait ainsi renforcer les capacités
d’interconnexion énergétique et offrir une voie supplémentaire pour l’acheminement du gaz africain vers les marchés internationaux.
Le projet devrait également contribuer au développement économique et industriel tout au long de son tracé, à travers la création d’opportunités d’investissement, le développement des infrastructures et le renforcement
de la coopération entre les trois pays.
Avec le lancement des travaux sur le tronçon algérien, le projet de gazoduc transsaharien entre ainsi dans une nouvelle phase de concrétisation effective, après plusieurs années d’études, de consultations et de coordination entre l’Algérie, le Niger et le Nigeria, dans un contexte où les projets d’interconnexion énergétique en Afrique et le renforcement de la sécurité des approvisionnements, ainsi que la diversification des voies d’acheminement du gaz vers les marchés internationaux, revêtent une importance croissante.
APS

ALGER 16 DZ

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