Ghaza : 7 octobre 2023 – 7 octobre 2026 : les séquelles d’une guerre dévastatrice


10 October 2023, Palestinian Territories, Khan Yunis: A Palestinian boy sits among the rubble of a destroyed building, following an Israeli air attack on Khan Yunis. The Israeli military said early Tuesday that it had retaken full control of the border with Gaza, after Hamas militants breached defences at the weekend and went on a rampage through nearby communities. Photo: Abed Rahim Khatib/dpa (Photo by Abed Rahim Khatib/picture alliance via Getty Images)

Trois ans ont passé depuis le 7 octobre 2023. Trois années de feu, de ruines et d’exils, au cours desquelles Ghaza est devenue le visage le plus brutal d’une tragédie palestinienne qui ne cesse de s’étendre. Des dizaines de milliers de morts, des villes effacées, des familles dispersées et, au-delà de l’enclave, un Moyen-Orient progressivement happé par la guerre.

Le 7 octobre a ouvert une nouvelle page, mais il n’a pas commencé l’histoire. Derrière cette date se trouve une histoire bien plus ancienne : occupation, colonisation, déplacements forcés et blocus de Ghaza ont façonné depuis des décennies la vie de millions de Palestiniens.
La réponse de l’entité sioniste a rapidement transformé Ghaza en champ de ruines. Les bombardements ont frappé les quartiers, les écoles, les hôpitaux et les infrastructures essentielles. Le bilan est lourd ! Environ 75.000 Palestiniens ont été tués et plus de 175.000 blessés, selon les autorités sanitaires de l’enclave. Des familles entières ont disparu, tandis que des millions de vies ont été suspendues entre déplacements, pénuries d’eau, faim et effondrement du système de santé.
Les infrastructures de santé ont malheureusement aussi été la cible des attaques. Dans son dernier rapport de septembre 2026, l’OMS notait que seulement 19 hôpitaux fonctionnent aujourd’hui à Ghaza et aucun normalement. La source a même recensé plus de 920 attaques ciblées sur des infrastructures sanitaires avec plus de 1.700 morts parmi le personnel médical.
Les estimations conjointes de l’ONU, de l’UE et de la Banque mondiale parlent de dommages physiques atteignant 35 milliards de dollars, alors que les pertes économiques et sociales dépassent les 22 milliards dollars pour une enclave relativement petite géographiquement. D’ailleurs, imaginez-vous que les besoins de reconstruction et de relèvement attirèrent l 77 milliards de dollars, ce qui est plus que le PIB de plusieurs pays dans la région.
Mais Ghaza n’a pas seulement perdu des bâtiments. Elle a perdu des morceaux de son quotidien, de sa mémoire et de son avenir. Derrière chaque immeuble détruit se trouve une maison, derrière chaque école fermée une génération privée de classe, derrière chaque chiffre une histoire que les statistiques ne pourront jamais raconter.

Quand Ghaza est devenue une guerre régionale
Puis, les frontières de la guerre ont commencé à s’effacer.
Le Liban s’est retrouvé entraîné dans le conflit avec l’ouverture d’un front entre le Hezbollah et l’entité sioniste. En Irak et en Syrie, des groupes alliés à l’Iran ont multiplié les attaques contre les forces américaines. Au Yémen, les Houthis ont fait de la mer Rouge un nouveau théâtre de confrontation, affirmant agir en solidarité avec Ghaza.
La confrontation a ensuite atteint directement l’Iran. Après les échanges de frappes de 2024 entre Téhéran et l’entité sioniste, le conflit a franchi une nouvelle étape en 2026 avec l’implication directe des États-Unis. Une guerre née autour d’un territoire palestinien s’est ainsi progressivement rapprochée des grandes routes énergétiques et commerciales du Moyen-Orient, jusqu’aux détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb.
Pendant ce temps, la Cisjordanie n’a pas été épargnée. Raids, arrestations, violences de colons, démolitions et déplacements ont continué de rappeler que la tragédie palestinienne ne s’arrête pas aux frontières de Ghaza.

Une Palestine qui refuse de disparaître
Face aux bombes, une autre bataille s’est progressivement jouée dans les tribunaux et les institutions internationales. Le 29 décembre 2023, l’Afrique du Sud a saisi la Cour internationale de justice contre l’entité sioniste au titre de la Convention sur le génocide. La CPI a, de son côté, délivré, le 21 novembre 2024, des mandats d’arrêt contre des responsables sionistes pour des crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés.
Sur le terrain diplomatique, la guerre a produit un effet paradoxal : loin d’effacer la question palestinienne, elle l’a replacée au centre de la scène internationale. En 2025, plusieurs pays occidentaux, dont l’Espagne, le Royaume-Uni, la France, le Canada et l’Australie, ont officiellement reconnu l’État de Palestine, tandis que les condamnations internationales des actions de l’entité sioniste se sont multipliées.
Parallèlement, plusieurs grandes organisations de défense des droits humains ont qualifié les actes commis à Ghaza de génocide, même si la CIJ n’a pas encore rendu de décision définitive sur cette qualification. Dans les rues, sur les campus et dans les capitales du monde entier, les mobilisations en faveur de la Palestine ont également pris une ampleur considérable.
Trois ans après le 7 octobre, les ruines de Ghaza racontent donc une histoire qui dépasse largement la guerre. Elles racontent une population déplacée, endeuillée et meurtrie, mais qui continue de revendiquer le droit d’exister sur sa terre.
La guerre a changé le visage du Moyen-Orient. Elle a déplacé les lignes de confrontation, réveillé de vieux antagonismes et rapproché les grandes puissances d’un affrontement direct. Mais elle n’a pas effacé la question palestinienne.
Ghaza est aujourd’hui couverte de ruines. La Palestine, elle, reste debout. Et trois ans après le 7 octobre, malgré les morts, les déplacements et la destruction, une réalité demeure : on peut réduire une ville en poussière, mais il est beaucoup plus difficile d’effacer la mémoire, l’identité et l’espoir d’un peuple.
G. Salah Eddine


Plus de 22.000 étudiants et personnels éducatifs palestiniens tombés en martyrs en trois ans

Plus de 22.000 étudiants et membres du personnel éducatif sont tombés en martyrs en Palestine occupée depuis le début de l’agression sioniste, le 7 octobre 2023, contre la bande de Ghaza, tandis que des centaines d’établissements scolaires et universitaires ont été détruits ou endommagés, selon un bilan publié hier par le ministère palestinien de l’Education et de l’Enseignement supérieur.
Le nombre d’étudiants tombés en martyrs dans la bande de Ghaza s’élève à au moins 19.189 élèves dans les écoles et 1.386 étudiants dans les universités. En outre, 28.586 élèves et 3.082 étudiants universitaires ont été blessés à des degrés divers, a indiqué le ministère.
En Cisjordanie occupée, 134 élèves et 39 étudiants universitaires sont morts en martyrs, tandis que 871 élèves et 283 étudiants ont été blessés. Par ailleurs, 416 élèves et 481 étudiants universitaires ont été arrêtés.
Concernant le personnel éducatif et administratif, 805 employés des écoles et 246 enseignants et employés des universités sont tombés en martyrs dans la bande de Ghaza. En outre, 3.298 personnels scolaires et 1.493 personnels universitaires ont été blessés.
Et en Cisjordanie, sept membres du personnel scolaire sont tombés en martyrs et 26 autres ont été blessés, tandis que l’occupation a arrêté 176 enseignants et employés des écoles et 21 personnels universitaires. S’agissant des établissements éducatifs, le ministère a indiqué que l’occupation sioniste avait entièrement détruit 179 écoles publiques dans la bande de Ghaza et 105 écoles relevant de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), en plus de la destruction totale de 63 bâtiments universitaires.
En réponse à ces destructions et afin de poursuivre le processus éducatif, 700 points d’enseignement et d’apprentissage ont été ouverts dans différentes régions de Ghaza, ainsi que 12 écoles virtuelles destinées aux élèves de Ghaza, en Palestine comme à l’étranger, selon le ministère.

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