Pétrochimie et raffinage : une Nouvelle feuille de route prochainement

Le secteur des hydrocarbures est un pilier de l’économie nationale, voire plus encore. Mais au-delà de la préservation des capacités de production et des recettes tirées des exportations, l’enjeu est désormais de mieux valoriser les ressources nationales en développant davantage leur transformation sur le territoire. Raffinage, pétrochimie et renouvellement des réserves sont, aujourd’hui, les principaux leviers d’une stratégie visant à renforcer la sécurité énergétique du pays.

Les prévisions du gouvernement inscrites dans le projet de loi de finances pour 2027 font apparaître une évolution contrastée du secteur au cours des prochaines années. Après une période de croissance limitée, en 2027 et 2028, une reprise est attendue en 2029, avec une progression de 0,5 %. Cette évolution s’inscrit dans un contexte marqué par le recul prévu des volumes exportés et par la priorité accordée à la satisfaction des besoins du marché national.
L’enjeu, pour l’Algérie, est donc de maintenir ses capacités de production et de préparer les conditions d’un redressement progressif, tout en poursuivant les investissements destinés à renforcer les activités de transformation.
La perspective d’une amélioration des performances du secteur repose notamment sur les efforts engagés en matière d’exploration-production, d’amélioration du taux de récupération des gisements et de développement des activités de raffinage et de pétrochimie. Ces segments sont appelés à jouer un rôle déterminant dans la valorisation locale des ressources et la réduction de la dépendance aux produits transformés importés. Parmi les projets structurants figure la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud, dont la mise en service est prévue en 2027, avec une capacité de traitement de cinq millions de tonnes de pétrole brut par an. Selon le ministère des Finances, cette infrastructure doit contribuer à renforcer la production nationale de carburants et à élargir la gamme des produits raffinés disponibles sur le marché. Ce projet s’inscrit dans une démarche plus large portée par Sonatrach dans le cadre de son programme de développement à l’horizon 2030. Le groupe public entend renforcer ses activités en amont, à travers l’exploration et la production, tout en développant ses capacités de transformation grâce à de nouvelles infrastructures industrielles.
L’objectif affiché est d’augmenter la part du pétrole brut transformée localement, en la faisant passer de 32 % à 53 %. Une telle évolution permettrait de valoriser une part plus importante de la production nationale avant sa commercialisation, en privilégiant les produits finis et les dérivés à plus forte valeur ajoutée.
Au-delà de l’augmentation des capacités de raffinage, le développement de la pétrochimie représente un autre enjeu industriel.
La transformation des hydrocarbures en produits destinés à différentes branches de l’industrie permet d’élargir les débouchés de la production nationale et de renforcer les liens entre le secteur énergétique et le tissu industriel. La réussite de cette orientation dépendra toutefois du rythme de réalisation des projets, de leur mise en service effective et de leur capacité à répondre aux besoins du marché.
Concilier exploration, exploitation et production
Si la transformation locale constitue un axe majeur de la stratégie nationale, le renouvellement des réserves et le maintien des capacités de production restent tout aussi essentiels. La performance de l’industrie de raffinage dépend, en effet, de la disponibilité de la matière première, tandis que la sécurité énergétique nécessite une production suffisante pour répondre à la demande intérieure et préserver les capacités d’exportation.
Ces dernières années, les investissements du secteur se sont notamment concentrés sur l’activité amont, avec le développement de périmètres déjà exploités, l’amélioration des performances des champs en production et l’intensification des opérations d’exploration. Plusieurs projets sont en cours de réalisation, tandis que d’autres sont en préparation avec les partenaires étrangers de Sonatrach.
Dans cette dynamique, l’Algérie poursuit sa politique d’attractivité des investissements dans l’exploration des hydrocarbures. Après l’appel d’offres de 2024, consacré notamment au développement du potentiel gazier, le programme Algeria Bid Round 2026 marque une nouvelle étape, cette fois orientée vers le potentiel pétrolier. Selon les données présentées dans le document de référence, cette opération porte sur sept périmètres et vise à mobiliser les investissements nécessaires à la valorisation de ressources estimées à deux milliards de barils équivalent pétrole.
Les appels d’offres constituent également un moyen de mobiliser l’expertise et les financements de partenaires internationaux dans un secteur où les opérations d’exploration nécessitent des investissements importants et s’inscrivent dans des cycles de développement souvent longs. Parmi les chantiers structurants figurent le projet de renforcement de la pression du gisement de Hassi R’Mel, ainsi que les programmes de développement des bassins de Berkine et d’Illizi. Ces opérations doivent contribuer à soutenir les capacités de production et à améliorer l’exploitation des ressources existantes.
La trajectoire annoncée pour les prochaines années met en évidence un défi central : répondre à une demande nationale en énergie qui demeure importante, tout en préservant le rôle des exportations d’hydrocarbures dans l’équilibre économique du pays.
La priorité accordée à l’approvisionnement du marché intérieur peut se traduire par une réduction des volumes disponibles à l’exportation, notamment lorsque davantage de produits sont destinés à la consommation nationale ou à la transformation locale. Cette évolution ne signifie pas, à elle seule, un recul des capacités industrielles. Elle reflète aussi un choix de valorisation des ressources, dont les effets dépendront de la montée en puissance des nouvelles infrastructures et de leur capacité à satisfaire durablement les besoins du marché.
Dans cette perspective, le calendrier des projets devient déterminant. La mise en service de la raffinerie de Hassi Messaoud, l’avancement des installations de transformation et les résultats des opérations d’exploration devront contribuer à consolider les performances du secteur, au cours des prochaines années.
La relance attendue, en 2029, avec une croissance prévisionnelle de 0,5 %, demeure ainsi liée à la concrétisation de ces investissements et à l’évolution des conditions de production et de commercialisation.
G. Salah Eddine

ALGER 16 DZ

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